La salubrité de Port-au-Prince, une affaire de gros sous: Comment comprendre les limites de l’approche utilisateurs/payeurs


Plusieurs ignorent les raisons pour lesquelles la grande région métropolitaine de port-au-prince et plus particulièrement la ville de port-au-prince se retrouve ensevelie sous des tas de fatras où quoique l’on dise et quoique l’on  fasse, il demeure toujours impossible de garder la ville propre. En effet depuis plus de vingt ans maintenant, en particulier à partir de mars 1991, les grands manitous de la bourgeoisie avec la complicité de l’usaid ont intégré un modèle de gestion Utilisateurs / payeurs dans la gestion de la collecte des résidus solides dans le pays principalement à port-au-prince.

Selon ce modèle, l’État par l’entremise du service resposable de la collecte des résidus solide ( SMCRS : Service Métropolitain de Collecte des Résidus Solides) devra travailler en partenariat public / privé avec les entreprises privées pour collecter les déchets à port-au-prince  et ce en fonction de la capacité de payer des villes et des quartiers pour être plus précis. En d’autres termes, le SMCRS et les entreprises de sous-traitance s’occuperont de néttoyer seulement les quartiers qui rapportent au gouvernement en matière d’impôt et de fiscalité et les autres quartiers où les prélèvement fiscaux seront faibles à cause du faible pouvoir d’achat des ménages qui y vivent devaient se débrouiller pour nettoyer eux-mêmes leurs quartiers puisque ni le SMCRS ni non plus les entreprises privées ne procéderont au nettoyage de ces quartiers.

Pour la petite histoire, et pour la mémoire de ceux qui réfléchissent présentement sur le problème de la salubrité de Port-au-Prince, j’aimerais leur dire que ce modèle de gestion Utilisateurs / payeurs a été proposé par plusieurs acteurs du monde des affaires dont les dupuis, les boulos et les lerouge et plus particulìèrement les experts de l’usaid lors d’une colloque – coférence -débat organisé à l’hôtel Hollyday Inn au champs de mars au début du mois de mars 1991 en collaboration le ministère des Transports et des Travaux Publics (TPTC ) dirigé par Frantz Vérella avec la mairie de port-au-prince dirigée à l’époque par Evans Paul dit Kplim.

 Au cours de cet événement, tous les acteurs présents étaient d’accord avec ce modèle de gestion discriminatoire. Cepedant, sauf les représetants des comités de quartier, Cocoq : Confédération des Comités de Quartier s’opposaient vivement à ce modèle qu’ils qualifiaient de discriminatoire et injuste à cause des critères de ce choix et également à cause des conséquences de ce modèle de gestion. Malgré les doutes et les avertissements que les représentats de Cocoq avaient fait au maire Kplim et au Ministre Fanfan Vérella car ces derniers étaient les derniers à parler pour clôturer le colloque-conférence-débat, aucun de ces responsables n’avait mentionné de doute et de réserve sur cette forme de gestion discrimiatoire que proposaient le milieu des affaires, les experts de Usaid et tant d’autres agences interationales présentes.

Depuis ce colloque, la ville de Port-au-Prince avait cessé d’être propre puisque la mairie de port-au-prince qui a seulement la responsabilité de gérer le service de la voirie était devenue impuissante face au problème de l’accumulation des immondisses sur presque toutes les artères de la Capitale Nationale. Les employés de la voirie assemblaient les déchets par petites piles puis en gosses piles attendant le service des TPTC et du SMCRS puis de la Compagnie Privée de l’Époque Hervé Lerouge pour les collecter et les enfouir dans les sites de décharge. D’un côté les camions de SMCRS étaient toujours en panne et d’un autre, la compagnie privée ne disposait pas assez de camions pour offrir un service adéquat, non plus cette compagnie H L se plaignait des irrégularités de ses paiements par le ministère et le programme de financement de Usaid et enfin, c’était toujours un bras de fer entre les responsables du ministère, la mairie de port-au-prince, les compagnies privées impliquées et du ministère de l’intérieur.

Or puisque personne n’était satisfaite, le résultat de cette politique qui prévaut encore aujourd’hui, les quartiers les plus pauvres restaient souvent avec leurs déchets en attendant que la pluie tombent pour les voir décendre au bas de la Ville mettant ainsi port-au-prince sous des châteaux et des montagnes de déchets.

Ce qu’il faut comprendre dans l’échec de ce modèle de gestion, c’est d’une part une méconnaissance de la sociologie de port-au-prince par les acteurs dont le milieu des affaires impliqué dans la mise en place de cette politique et de ce modèle de gestion fondé sur la soif du profit par un secteur privé antisocial car si port-au-prince est la capitale de Haïti, par contre les gens riches formant la nouvelle bourgeoisie n’habitent plus la capitale; également, ces acteurs ne saisissent pas d’une part l’importance de maintenir propre la Capitale du pays et d’autre part, ces mêmes acteurs ne comprenaient pas que port-au-prince referment trop de poches de pauvreté comme Bel-air, Saint-Martin, Nazon, Carrefour-Feuilles, Route – des – dalles, Martissant, Christ-Roi, Bicentenaire, Sans-Fil et Tokyo. Tous ces quartiers habitent des gens qui vivent au jour le jour et bien qu’ils payent plus de taxes et d’impôt que le reste des autres ménages des autres quartiers comme Turgeau, Lalue, Bois-Vernat, Pacot, Babiole, Bourdon, Bois-patate, Avenue Martin-Luther King Sud, Cabane Créole.

En fait, port-au-prince de part sa sociologie économique ne correspondait pas au critère d’application d’un modèle de gestion fondé sur la base utilisateurs / payeurs compte tenu que les habitants de port-au-prince ont le plus faible niveau de revenu comparativement à Delmas, Pétion-ville et Carrefour qui habitent les fonctionnaires publics, les gros commerçants, la bourgeoisie. En Haïti, la bourgeoisie habite dans les hauteurs alors que les pauvvres habitent en ville. Je me souviens d’un professeur d’économie de développement qui s’amusait à dire, concernant les déchets à port-au-prince, les riches payent pour emballer et envoyer leurs fatras au peuple, ce qui rend leurs quartiers très propres  cependant, le peuple les leur livre au bas de la ville devant et dans leurs magasins où ils ont tous les jours pour mieux les respirer. Il est vrai que depuis le 12 janviers 2012 qui a poussé la bourgeoisie à rester beaucoup à pétion-ville, ce sont les petits commerçants au bas de la ville qui respirents ces fatras néanmoins à l’époque où le professeur parlait de cet état de fait, son ironie se vérifiait dans la réalité et du système d’exclusion qui règne dans le pays.

à suivre…

Hermann Cebert

 

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