Qui financent la violence et la misère en Haïti: les familles les plus riches de Haïti

3 avril 2015

Le philosophe éveillé

expérience de la solitude

Je remercie tous mes fidèles lecteurs qui ne cessent de grossir chaque jour et qui m’ont fait part de leurs commentaires et de leurs questions et,  j’en profite aujourd’hui pour répondre à certaines de ces questions. À ceux qui se demandent si je suis contre les gens riches de Haïti et de la bourgeoisie, je leur répond non.

Je ne suis pas contre ces gens-là cependant, je suis contre leurs pratiques commerciales et leurs idéologies de haine raciale et commerciale sans oublier leurs appétits pour la violence et la terreur qu’ils ne cessent de financer à travers les complots d’assassinats et de coup d’état politique et économique dans le pays.

Je suis pour un capitalisme national mais responsable socialement en termes de répartitions de richesses compte tenu que l’état est un très mauvais répartiteur de richesses dans le pays.

De plus je conçois mal un capitalisme qui s’articule autour de la violence mafieuse et du monopole archaïque et rétrograde par conséquent, je suis pour un capitalisme national où la concurrence et les règles font loi comme cela se pratique dans les pays développés.

Je suis pour une pluralité de leaders d’hommes et de femmes d’affaires venant de partout dans le monde désireux de faire prospérer le pays en vue d’améliorer la qualité et les conditions de vie de tous les haïtiens puisque le pays possède assez d’atouts pour permettre à quiconque de prospérer en affaires tout en jouissant de notre climat enchanteur et envié.

Espérant avoir répondu sans détours à cette qui préoccupait plusieurs de mes lecteurs, j’espère que chaque lecteur continuera de me faire parvenir leurs questions et il me fera toujours un plaisir immense de les répondre. Merci, bonne lecture à tout un chacun.

Dans cet article j’aborde la question du projet d’extermination de tous les Haïtiens par les familles les plus riches de Haïti. Selon mon constat, si les riches continuent de pratiquer le modèle économique de type féodal qu’ils ont présentement, il est fort probable que d’ici cinq à dix ans d’assister à l’extermination pure et simple de tous les haïtiens.

En fait pour bien comprendre cette constatation  et l’affirmation qui la complète, il faut se référer au taux de chômage grandissant dans le pays, au taux d’inflation galopante imposée par les philosophies commerciales de la bourgeoisie commerciale du pays et également, il faut se référer aux actions souterraines en matière des sources de financement des régimes de terreurs dans le pays.

Tous les experts et chercheurs internationaux admettent quasi unanimement que la bourgeoisie de Haïti est l’une des bourgeoisies les plus réactionnaires du monde. Elle ne produit quasiment rien en terme de biens industriels et agricoles et, elle pratiques un capitalisme archaïque et féodal.

Elle possède des monopoles dans tous les secteurs de l’activité économique du pays sans oublier la haine qu’elle éprouve pour tout le peuple Haïtien.

Cette bourgeoisie n’entretient aucun lien de fraternité avec le reste de la population et le plus souvent les membres de cette bourgeoisie préfèrent s’accoupler entre eux au lieu de se mêler avec la population locale du pays.

Il est vrai que la production agricole et industrielle ont diminué terriblement en Haïti au cours de ces vingt dernières années à cause des problèmes politiques.

Cependant tout le mal actuel du pays ne vient pas seulement des groupes politiques bien que ces derniers aient pu faire preuve d’un  manque  flagrant de leadership et de responsabilité durant cette longue et triste période politique dans le pays.

Durant ces deux dernières décennies les troubles politiques ont été majoritairement supportés et financés par les élites écoomiques et financières du pays: les cinq familles les plus riches du pays ont financé les régimes de terreur en vue de combattre toute volonté de changement social, économique et politique parce que voulant conserver leurs monopoles dans tous les secteurs de l’activité économique du pays.

De même, les familles riches du pays ont profité pour fermer leurs entreprises dans le pays jusqu’à diminuer leurs investissements réels dans le pays préférant pratiquer la mise en sac ou l’emballage puisque cette catégorie d’affaires leur est devenue plus rentable.

Si autrefois, les hommes et femmes d’affaires de Haïti faisaient de la sous-traitance pour les compagnies Nord-Américaines, depuis plus de vingt ans, ces derniers ont préféré acheter ce qu’ils produisaient autrefois pour ne pratiquer que l’emballage.

 En fait malgré ce changement de spécialisation qui auraient dû être plus circonstancielle diraient certains selon une certaine approche de réalisme d’affaires, cette nouvelle activité est plutôt devenue leur principale activité de production affaiblissant ainsi les capacités productives du pays.

Les industriels et les commerçants de Haïti important de plus en plus les denrées en vrac deviennent  tout à coup de simples acheteurs et transformant pour ainsi dire tout le pays en une porcherie où le peuple est considé comme du bétail que les  commerçants doivent nourrir avec les biens importés.

Les commerçants de Haïti sont les seuls au monde à augmenter les prix des biens non en fonction des réalités du marché international et des variations des prix internationaux mais comme bon leur semble.

Ils commande le moindrement possible. Ils cachent les biens pour créer une rareté artificielle  puis, après trois, six ou douze mois, ils remettent les mêmes produits sur le marché avec des augmentations extrêmement élevées.

Ils ne se soucient pas de la qualité des produits puisqu’ils sont les seuls importateurs, le peuple n’a aucun choix que de consommer ces produits avariés.

De cette pratique commerciale, il en résulte la chèreté de la vie et des taux d’inflations qui défient l’entendement.

En l’espace de seulement deux ans, soit après le tremblement de terre du 12 janvier 2010 qui a ravagé complètement plusieurs régions du pays, les prix des produits de première nécessité ont connu des hausses variant de 12% à 43% alors que sur le marché iternational les variations sont nettement en dessous de celles enregistrées en Haïti.

Évidemment, il ne faut pas négliger les différentes augmentations de prix que les commerçants avaient déjà appliqués sur les produits et les services qu’ils offrent sur le marché local. En effet, de 199o 2010 qui a marqué l’arrivée d’un sentiment et d’une volonté de changement dans le pays, les prix des biens de première nécessité avaient connu des augmentations de 1200%  alors que tous ces biens avaient été importés de l’étranger ou les augmentations n’avaient pas dépassées 100%.

La bourgeoisie de Haïti est anti-productive elle d’abord et avant tout une bourgeoisie de consommation qui importe tout de l’étranger et  se faisant elle procède à l’extermination pure et simple de l’ensemble du peuple haïtien.

Cette bourgeoisie étrangle volontairement tout un peuple obligé de s’agénouiller pour se ouvrir, se vêtir et s’abriter et de ce point de vue il implique que chaque haïtien a le devoir de se révolter contre cette bourgeoisie qui l’extermine à petits feux mais sûrement.

Plusieurs se demandent avec raisons de juger les criminels notoires comme jean-claude duvalier mais personne, y compris les journalistes engagés, n’osent soulever la question d’un jugement au criminel de ceux qui pillent les richesses du pays et qui l’extermine.

Oui, si personne ne se soulève contre les agissements de cette bourgeoisie, ce sont tous les haïtiens vivant dans le pays qui risquent d’être exterminé par cette bourgeoisie assoiffée de sang et de richesse.

Les bourgeois de Haïti doivent changer leurs façons de faire les affaires dans le pays et ils doivent s’identifier au pays et éprouver au moins un certain nationalisme à défaut d’un nationalisme tout court. Il est intolérable de les voir laisser le pays s’éffondrer à cause de leur éloignement avec le peuple et le pays.

Hermann cebert

Voici un tableau des différentes variations des prix des biens de premières écessités trouvé sur le site de radio métropole de haïti:

Mardi, 20 avril 2010 10:24

Haïti: Les prix du marché, toujours trop haut

Le volume du riz importé a augmenté au cours des deux dernières semaines à Port-au-Prince. Toutes les marques de riz qui ont été vendus dans le commerce avant le tremblement de terre se trouvent maintenant sur le marché de la Croix-des-Bossales.

Les prix des haricots noirs et du riz importé ont diminué sur le marché de la Croix-des-Bossales ces deux dernières semaines, toutefois les prix restent haut par rapport au prix du marché avant le séisme du 12 janvier. La baisse des prix du riz importé observé cette semaine est en partie due à la diminution des prix du riz sur le marché international.

Sur les marchés de Port-au-Prince et jacmel, l’observatoire des prix constate que malgré le volume d’aide alimentaire et à part quelques exceptions, le prix des produits alimentaire, depuis le séisme du 12 janvier ne cesse d’augmenter même si l’on constate un léger ralentissement de la hausse des prix.

Prix du marché à Croix-des-Bossales (Port-au-Prince)

Riz importé (6 lbs) Avant séisme 120 Gdes – le 12 mars 135 Gdes (+ 13%)
Riz local (6 lbs) Avant séisme 240 Gdes – le 12 mars 200 Gdes (-17%)
Haricots rouge (6 lbs) Avant séisme 180 Gdes – le 12 mars 225 Gdes (+ 25%)
Haricots noir (6 lbs) Avant séisme 170 Gds – le 12 mars 150 Gdes (-12%)
Maïs importé (6 lbs) Avant séisme 80 Gdes – le 12 mars 100 Gdes (+ 25%)
Maïs local (6 lbs) Avant séisme 60 Gdes – le 12 mars 75 Gdes (+ 25%)
Le petit mil (6 lbs) Avant séisme 70 Gdes – le 12 mars 100 Gdes (+43%)
Farine de blé (6 lbs) Avant séisme 60 Gdes – le 12 mars 75 Gdes (+25%)
Sel Avant le séisme 20 Gdes – le 12 mars 20 Gdes (0%)
Sucre blanc Avant le séisme 130 Gdes – le 12 mars 150 Gdes (+15%)
Sucre non raffiné Avant le séisme 120 Gdes – le 12 mars 125 Gdes (+4%)
L’huile de cuisine (alberto et Rika) 1 Gal Avant le séisme 250 Gdes – le 12 mars 250 Gdes (0%)
Spaghetti importé sac 175 g Avant le séisme 12 Gdes – le 12 mars 12 Gdes (0%)
Le charbon en gros sac avant le sésime 600 Gdes – le 12 mars 700 Gdes (+17%)

Prix sur le marché de Jacmel

Riz importé (6 lbs) Avant séisme 132 Gdes – le 12 mars 150Gdes (+ 14%)
Riz local (6 lbs) Avant séisme 360 Gdes – le 12 mars 300 Gdes (-17%)
Haricots rouge (6 lbs) Avant séisme 210 Gdes – le 12 mars 240 Gdes (+ 14%)
Haricots noir (6 lbs) Avant séisme 150 Gds – le 12 mars 195 Gdes (+30%)
Maïs importé (6 lbs) Avant séisme 90 Gdes – le 12 mars 120 Gdes (+ 33%)
Maïs local (6 lbs) Avant séisme 60 Gdes – le 12 mars 72 Gdes (+ 20%)
Le petit mil (6 lbs) Avant séisme 90 Gdes – le 12 mars 120 Gdes (+33%)
Farine de blé (6 lbs) Avant séisme 120 Gdes – le 12 mars 120 Gdes (0%)
Sel Avant le séisme 45 Gdes – le 12 mars 45 Gdes (0%)
Sucre blanc Avant le séisme 150 Gdes – le 12 mars 180 Gdes (+20%)
Sucre non raffiné Avant le séisme 132 Gdes – le 12 mars 144 Gdes (+9%)
L’huile de cuisine Alberto 1 Gal Avant le séisme 250 Gdes – le 12 mars 265 Gdes (+6 %)
L’huile de cuisine Rika 1 Gal Avant le séisme 275 Gdes – le 12 mars 250 Gdes (-9 %)
Spaghetti importé sac 175 g Avant le séisme 13 Gdes – le 12 mars 15 Gdes (+ 20%)
Le charbon en gros sac avant le sésime 300 Gdes – le 12 mars 350 Gdes (+17%)

N/ Radio Métropole Haïti

http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_econ_fr.php?id=17585

à suivre

Hermann Cebert


Au delà du Kidnapping des jeunes Moscoso par Clifford Brand et de l’arrestation de ce dernier

3 avril 2015

Au-delà de l’implication des Brandt dans le Kidnapping des Jeunes Moscoso : Comment comprendre la naisance des dictatures féroces en Haïti

Il n’était un mystère pour personne que plusieurs éléments de la bourgeoisie commerciale et de mise en sac d’Haïti étaient férocement impliqués dans la violence systémique du pays. Les seules difficultés avaient toujours été de trouver le support des gouvernements américains dans la lutte pour combattre les bourgeois criminels responsables de cette violence permanente et qui empêche au pays de prendre son envol et du coup assurer son développement.

Pour bien comprendre l’arrestation de Clifford Brandt en lien avec le Kidnapping des jeunes Moscoso, il faut d’une part comprendre les buts visés par le kidnapping, élément fondamental dans une stratégie de peur globale et de violence globale, puis d’autre part comprendre l’interprétation par les américains du blocage systématique du développement du pays.

Les bourgeois comme Clifford Brand ont une vision monopolistique de l’économie et du développement d’Haïti c’est-à-dire, ils ne tolèrent aucune compétition économique dans le pays. Pour eux, seuls leurs monopoles dans toutes les sphères d’activité économique sont meilleurs par conséquent ils sont toujours prêts à créer des conditions de violence extrêmes pour créer la peur chez les investisseurs étrangers et des sommes astronomiques sont disposées pour financer cette terreur.

Selon certain, la gestion de la violence par la bourgeoisie est une entreprise super-structurée avec à la fois la représentation de toutes les familles riches du pays mais également avec la participation financière de celles-ci.

D’abord le contexte du kidnapping et de la violence généralisée. Étant toujours informé de l’arrivée et de la présence d’hommes d’affaires et d’investisseurs étrangers dans le pays, ce sont eux qui dirigent et contrôlent la chambre de commerce du pays et surtout, puisque tout homme et femme d’affaires raisonnables savent pour venir faire affaire au pays, ils doivent passer par les chambres de commerce car c’est de fait la première porte d’entrée pour eux.

Or, voilà qu’en Haïti c’est de cet endroit que siègent ceux qui refusent la présence d’investisseurs étrangers dans le pays et c’est là également que se trouvent les bandits légaux pour répéter le président de la république.

La bourgeoisie dominante du pays est violente et criminelle et, cette domination par la violence se structure par le féodalisme, les monopoles, la corruption, la cupidité et l’avarisme. Quant à la domination criminelle elle se structure par l’implication des groupes armés dont les anciens militaires, les policiers en fonction, les anciens policiers et des mercenaires recrutés dans les gangs de dealers de drogue colombiens, américains, français, canadiens, italiens et haïtiens.

De partout dans le monde, la bourgeoisie d’Haïti est toujours en recrutement de tueurs à gage pour commettre des actes de banditisme et d’assassinats dans le pays et ces criminels arrivent souvent comme des touristes au pays et repartent immédiatement après avoir commis leurs actes criminels sans laisser de traces.

C’est l’argument que semblent soutenir quelques écrits sur les assassinats de Durocher Bertin, Guy Malary, Antoine et Georges Izméry, Yves Volel, Jean Dominique pour ne citer que ceux-là

Un autre élément du contexte du kidnapping est également l’arrivée d’investisseurs et d’hommes et femmes d’affaires dans le pays. En effet, l’élément fondamental et explicatif du kidnapping est l’intérêt économique puis par ricochet financier et monétaire.

Cependant le caractère économique qu’il est véritablement question dans cette affaire est global et non spécifique comme le kidnapping peut vouloir l’exprimer ou le traduire.

Si l’on se base sur la rançon demandée par les présumés kidnappeurs, quoique un montant important, on risque de se tromper énormément car la rançon n’est pas représentative des buts visés et des intérêts enjeux. La rançon est plutôt une petite miette dans la balance des profits recherchés. Pour cause, 2.5 millions de dollars pour Clifford Brand est une simple dépense de soirée au Casino puisque ses richesses et celles de sa famille est un million fois de plus que ce petit montant.

Par contre lorsqu’on associe l’acte du kidnapping aux intérêts de classe du bourgeois haïtien dont les retombées économiques et financière on se rend compte que le kidnapping correspond à un projet plus vaste de la bourgeoisie dont les familles bourgeoises les plus riches du pays sont les principales bénéficiaires.

Le kidnapping dont Clifford Bandt semble être le cerveau, s’inscrit dans un vaste projet de terreur et de criminalité engagée par la classe possédante du pays et il s’étend sur une très grande période avec des objectifs systémiques, ceux du maintient des privilèges de cette classe de riches en Haïti.

Étant intéressé par les secteurs économique, social, politique et culturel du pays, j’ai constaté que la violence et les crimes odieux apparaissent dans le pays lorsque des projets d’affaires étaient en cours en Haïti. C’était le cas de l’arrivée de l’homme le plus riche du monde dans le pays. Avant tout au long de l’actualité de cette venue, des assassinats sont commis, des menaces étaient faites sur la personne du président selon certaines rumeurs à ce sujet, des policiers sont assassinés avec des liens de liaisons de non correspondance entre les accusés et les victimes termes que j’ai développés dans deux articles.

En ce sens, il est évident que le véritable contexte du kidnapping de Clifford Brandt sur les Moscoso ne visait pas seulement ou peut-être à extorquer cette famille mais plutôt à créer un précédent criminel dont les objectifs consistaient à faire peur les investisseurs du nouveau parc industriel de Caracol dans le but de permettre à la bourgeoisie d’être les propriétaires de ce site.

Le seul problème des opérateurs de la violence dans le pays, c’est que les membres de cette bourgeoisie ne soupçonnaient pas que le choix du site avait été une stratégie de l’administration américaine qui a décidé une fois pour toute que le pays doit se développer et ce avec ou sans la participation des tenants de la bourgeoisie d’Haïti telle qu’elle est présentement. La maison blanche et les Clinton connaissent très bien les manœuvres de cette bourgeoisie criminelle et féodale.

De plus, l’administration du président Américain Barak Obama sait très bien que pour aider véritablement Haïti, il faut tenir à l’écart un nombre important de bourgeois haïtiens qui ont été identifiés dans le rapport de Walter E Fontroy comme étant opposés systématiquement au développement et à la stabilité de Haïti.

En ce sens, Clifford Brandt et la grande majorité des financiers qui supportent l’instabilité et les monopoles dans le pays ignoraient que les services secrets américains sous ordres du président Barak Obama et suivant les demandes de l’ex-président américain Bill Clinton avaient à l’œil les agissements des bourgeois criminels dans le pays. Voilà pourquoi on est parvenu à l’arrestation de Clifford Brand.

Selon toute vraisemblance, c’est lors de la dernière rencontre entre Bill Clinton et le président accompagné de son premier ministre que le président Joseph Michel Martelly et le Premier Ministre Laurent Salvador lamothe avaient été informés de l’avancement du projet Radar sur la Bourgeoisie d’Haïti. Comme mesures prises par la présidence et le gouvernement, on peut penser au changement de commissaires de gouvernement, choix de nouveaux responsables au sein et, à la tête de la police nationale et nomination de nouveaux fonctionnaires au sein de l’appareil étatique.

En revanche, alors que tout se mettait en place pour attraper les bourgeois sous radar des services secrets américains, une vague de protestation a envahi le pays avec des politiciens véreux insouciants et corrompus qui ont toujours été supportés et protégés par la bourgeoisie mafieuse et criminelle afin de servir de véritables troubles fêtes dans le pays.

Une simple parenthèse dans la présence de ces politiciens sur la scène politique nationale consiste à comprendre pourquoi certain politiciens demeurent actifs depuis plusieurs décennies alors que d’autres sont souvent obligés de partir pour l’exil et de toujours prendre la fuite.

La réponse est simple, ils sont toujours protégés par les mercenaires travaillant pour la bourgeoisie de plus ils sont toujours financés par cette bourgeoisie. Cela étant, ils constituent l’arme politique réactionnaire au service de la bourgeoisie dont les intérêts de celle-ci.

Selon certain, parmi ces politiciens, il y a des anciens ministres, des anciens députés, des anciens maires, des anciens militaires, des anciens sénateurs, des membres d’organisations populaires etc. qui travaillent de façon magique et naturelle pour les mêmes intérêts ceux de la bourgeoisie. On les reconnait par leur pouvoir d’action et d’influence sur la chose politique du pays.

Certaines divisions politiques majeurs au sein de la classe politique du pays dans les années 80, 90 et 2000 permet d’identifier sans difficulté ces politiciens corrompus qui collaborent avec la bourgeoisie toute puissante d’haïti.
Première partie
Hermann Cebert


Les Familles extrêmement Riches de Haïti sont en Train d’Exterminer les Haïtiens: L’extermination des haïtiens prévue Dans 5 ans ou 10 ans encore

3 avril 2015

Je remercie tous mes fidèles lecteurs qui ne cessent de grossir chaque jour et qui m’ont fait part de leurs commentaires et de leurs questions et,  j’en profite aujourd’hui pour répondre à certaines de ces questions. À ceux qui se demandent si je suis contre les gens riches de Haïti et de la bourgeoisie, je leur répond non. Je ne suis pas contre ces gens-là cependant, je suis contre leurs pratiques commerciales et leurs idéologies de haine raciale et commerciale sans oublier leurs appétits pour la violence et la terreur qu’ils ne cessent de financer à travers les complots d’assassinats et de coup d’état politique et économique dans le pays.

Je suis pour un capitalisme national mais responsable socialement en termes de répartitions de richesses compte tenu que l’état est un très mauvais répartiteur de richesses dans le pays. De plus je conçois mal un capitalisme qui s’articule autour de la violence mafieuse et du monopole archaïque et rétrograde par conséquent, je suis pour un capitalisme national où la concurrence et les règles font loi comme cela se pratique dans les pays développés.

Je suis pour une pluralité de leaders d’hommes et de femmes d’affaires venant de partout dans le monde désireux de faire prospérer le pays en vue d’améliorer la qualité et les conditions de vie de tous les haïtiens puisque le pays possède assez d’atouts pour permettre à quiconque de prospérer en affaires tout en jouissant de notre climat enchanteur et envié.

Espérant avoir répondu sans détours à cette qui préoccupait plusieurs de mes lecteurs, j’espère que chaque lecteur continuera de me faire parvenir leurs questions et il me fera toujours un plaisir immense de les répondre. Merci, bonne lecture à tout un chacun.

Dans cet article j’aborde la question du projet d’extermination de tous les Haïtiens par les familles les plus riches de Haïti. Selon mon constat, si les riches continuent de pratiquer le modèle économique de type féodal qu’ils ont présentement, il est fort probable que d’ici cinq à dix ans d’assister à l’extermination pure et simple de tous les haïtiens.

En fait pour bien comprendre cette constatation  et l’affirmation qui la complète, il faut se référer au taux de chômage grandissant dans le pays, au taux d’inflation galopante imposée par les philosophies commerciales de la bourgeoisie commerciale du pays et également, il faut se référer aux actions souterraines en matière des sources de financement des régimes de terreurs dans le pays.

Tous les experts et chercheurs internationaux admettent quasi unanimement que la bourgeoisie de Haïti est l’une des bourgeoisies les plus réactionnaires du monde. Elle ne produit quasiment rien en terme de biens industriels et agricoles et, elle pratiques un capitalisme archaïque et féodal. Elle possède des monopoles dans tous les secteurs de l’activité économique du pays sans oublier la haine qu’elle éprouve pour tout le peuple Haïtien. Cette bourgeoisie n’entretient aucun lien de fraternité avec le reste de la population et le plus souvent les membres de cette bourgeoisie préfèrent s’accoupler entre eux au lieu de se mêler avec la population locale du pays.

Il est vrai que la production agricole et industrielle ont diminué terriblement en Haïti au cours de ces vingt dernières années à cause des problèmes politiques. Cependant tout le mal actuel du pays ne vient pas seulement des groupes politiques bien que ces derniers aient pu faire preuve d’un  manque  flagrant de leadership et de responsabilité durant cette longue et triste période politique dans le pays.

Durant ces deux dernières décennies les troubles politiques ont été majoritairement supportés et financés par les élites écoomiques et financières du pays: les cinq familles les plus riches du pays ont financé les régimes de terreur en vue de combattre toute volonté de changement social, économique et politique parce que voulant conserver leurs monopoles dans tous les secteurs de l’activité économique du pays.

De même, les familles riches du pays ont profité pour fermer leurs entreprises dans le pays jusqu’à diminuer leurs investissements réels dans le pays préférant pratiquer la mise en sac ou l’emballage puisque cette catégorie d’affaires leur est devenue plus rentable. Si autrefois, les hommes et femmes d’affaires de Haïti faisaient de la sous-traitance pour les compagnies Nord-Américaines, depuis plus de vingt ans, ces derniers ont préféré acheter ce qu’ils produisaient autrefois pour ne pratiquer que l’emballage.

 En fait malgré ce changement de spécialisation qui auraient dû être plus circonstancielle diraient certains selon une certaine approche de réalisme d’affaires, cette nouvelle activité est plutôt devenue leur principale activité de production affaiblissant ainsi les capacités productives du pays.

Les industriels et les commerçants de Haïti important de plus en plus les denrées en vrac deviennent  tout à coup de simples acheteurs et transformant pour ainsi dire tout le pays en une porcherie où le peuple est considé comme du bétail que les  commerçants doivent nourrir avec les biens importés.

Les commerçants de Haïti sont les seuls au monde à augmenter les prix des biens non en fonction des réalités du marché international et des variations des prix internationaux mais comme bon leur semble. Ils commande le moindrement possible. Ils cachent les biens pour créer une rareté artificielle  puis, après trois, six ou douze mois, ils remettent les mêmes produits sur le marché avec des augmentations extrêmement élevées. Ils ne se soucient pas de la qualité des produits puisqu’ils sont les seuls importateurs, le peuple n’a aucun choix que de consommer ces produits avariés. De cette pratique commerciale, il en résulte la chèreté de la vie et des taux d’inflations qui défient l’entendement.

En l’espace de seulement deux ans, soit après le tremblement de terre du 12 janvier 2010 qui a ravagé complètement plusieurs régions du pays, les prix des produits de première nécessité ont connu des hausses variant de 12% à 43% alors que sur le marché iternational les variations sont nettement en dessous de celles enregistrées en Haïti. Évidemment, il ne faut pas négliger les différentes augmentations de prix que les commerçants avaient déjà appliqués sur les produits et les services qu’ils offrent sur le marché local. En effet, de 199o 2010 qui a marqué l’arrivée d’un sentiment et d’une volonté de changement dans le pays, les prix des biens de première nécessité avaient connu des augmentations de 1200%  alors que tous ces biens avaient été importés de l’étranger ou les augmentations n’avaient pas dépassées 100%.

La bourgeoisie de Haïti est anti-productive elle d’abord et avant tout une bourgeoisie de consommation qui importe tout de l’étranger et  se faisant elle procède à l’extermination pure et simple de l’ensemble du peuple haïtien. Cette bourgeoisie étrangle volontairement tout un peuple obligé de s’agénouiller pour se ouvrir, se vêtir et s’abriter et de ce point de vue il implique que chaque haïtien a le devoir de se révolter contre cette bourgeoisie qui l’extermine à petits feux mais sûrement.

Plusieurs se demandent avec raisons de juger les criminels notoires comme jean-claude duvalier mais personne, y compris les journalistes engagés, n’osent soulever la question d’un jugement au criminel de ceux qui pillent les richesses du pays et qui l’extermine.

Oui, si personne ne se soulève contre les agissements de cette bourgeoisie, ce sont tous les haïtiens vivant dans le pays qui risquent d’être exterminé par cette bourgeoisie assoiffée de sang et de richesse. Les bourgeois de Haïti doivent changer leurs façons de faire les affaires dans le pays et ils doivent s’identifier au pays et éprouver au moins un certain nationalisme à défaut d’un nationalisme tout court. Il est intolérable de les voir laisser le pays s’éffondrer à cause de leur éloignement avec le peuple et le pays.

Voici un tableau des différentes variations des prix des biens de premières écessités trouvé sur le site de radio métropole de haïti:

Mardi, 20 avril 2010 10:24

Haïti: Les prix du marché, toujours trop haut

Le volume du riz importé a augmenté au cours des deux dernières semaines à Port-au-Prince. Toutes les marques de riz qui ont été vendus dans le commerce avant le tremblement de terre se trouvent maintenant sur le marché de la Croix-des-Bossales.

Les prix des haricots noirs et du riz importé ont diminué sur le marché de la Croix-des-Bossales ces deux dernières semaines, toutefois les prix restent haut par rapport au prix du marché avant le séisme du 12 janvier. La baisse des prix du riz importé observé cette semaine est en partie due à la diminution des prix du riz sur le marché international.

Sur les marchés de Port-au-Prince et jacmel, l’observatoire des prix constate que malgré le volume d’aide alimentaire et à part quelques exceptions, le prix des produits alimentaire, depuis le séisme du 12 janvier ne cesse d’augmenter même si l’on constate un léger ralentissement de la hausse des prix.

Prix du marché à Croix-des-Bossales (Port-au-Prince)

Riz importé (6 lbs) Avant séisme 120 Gdes – le 12 mars 135 Gdes (+ 13%)
Riz local (6 lbs) Avant séisme 240 Gdes – le 12 mars 200 Gdes (-17%)
Haricots rouge (6 lbs) Avant séisme 180 Gdes – le 12 mars 225 Gdes (+ 25%)
Haricots noir (6 lbs) Avant séisme 170 Gds – le 12 mars 150 Gdes (-12%)
Maïs importé (6 lbs) Avant séisme 80 Gdes – le 12 mars 100 Gdes (+ 25%)
Maïs local (6 lbs) Avant séisme 60 Gdes – le 12 mars 75 Gdes (+ 25%)
Le petit mil (6 lbs) Avant séisme 70 Gdes – le 12 mars 100 Gdes (+43%)
Farine de blé (6 lbs) Avant séisme 60 Gdes – le 12 mars 75 Gdes (+25%)
Sel Avant le séisme 20 Gdes – le 12 mars 20 Gdes (0%)
Sucre blanc Avant le séisme 130 Gdes – le 12 mars 150 Gdes (+15%)
Sucre non raffiné Avant le séisme 120 Gdes – le 12 mars 125 Gdes (+4%)
L’huile de cuisine (alberto et Rika) 1 Gal Avant le séisme 250 Gdes – le 12 mars 250 Gdes (0%)
Spaghetti importé sac 175 g Avant le séisme 12 Gdes – le 12 mars 12 Gdes (0%)
Le charbon en gros sac avant le sésime 600 Gdes – le 12 mars 700 Gdes (+17%)

Prix sur le marché de Jacmel

Riz importé (6 lbs) Avant séisme 132 Gdes – le 12 mars 150Gdes (+ 14%)
Riz local (6 lbs) Avant séisme 360 Gdes – le 12 mars 300 Gdes (-17%)
Haricots rouge (6 lbs) Avant séisme 210 Gdes – le 12 mars 240 Gdes (+ 14%)
Haricots noir (6 lbs) Avant séisme 150 Gds – le 12 mars 195 Gdes (+30%)
Maïs importé (6 lbs) Avant séisme 90 Gdes – le 12 mars 120 Gdes (+ 33%)
Maïs local (6 lbs) Avant séisme 60 Gdes – le 12 mars 72 Gdes (+ 20%)
Le petit mil (6 lbs) Avant séisme 90 Gdes – le 12 mars 120 Gdes (+33%)
Farine de blé (6 lbs) Avant séisme 120 Gdes – le 12 mars 120 Gdes (0%)
Sel Avant le séisme 45 Gdes – le 12 mars 45 Gdes (0%)
Sucre blanc Avant le séisme 150 Gdes – le 12 mars 180 Gdes (+20%)
Sucre non raffiné Avant le séisme 132 Gdes – le 12 mars 144 Gdes (+9%)
L’huile de cuisine Alberto 1 Gal Avant le séisme 250 Gdes – le 12 mars 265 Gdes (+6 %)
L’huile de cuisine Rika 1 Gal Avant le séisme 275 Gdes – le 12 mars 250 Gdes (-9 %)
Spaghetti importé sac 175 g Avant le séisme 13 Gdes – le 12 mars 15 Gdes (+ 20%)
Le charbon en gros sac avant le sésime 300 Gdes – le 12 mars 350 Gdes (+17%)

N/ Radio Métropole Haïti

http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_econ_fr.php?id=17585

à suivre

Hermann Cebert


Le Président Joseph Michel martelly ne demandera pas au gouvernement Dominicain de respecter les droits de Haïti et des Haïtiens en République Dominicaine: Selon des rumeurs, il aurait deux enfants avec des dominicaines en république dominicaine

27 février 2015

Ces jour-ci, on dirait que la famille du Président de Haïti, Joseph Michel Martelly décide de faire partir plusieurs rumeurs dont les unes ne valent pas l’autre. Hier c’était la rumeur du probable divorce de son fils Olivier martelly avec son probable divorce, aujourd’hui c’est d’autres enfants qu’il aurait en république dominicaine et qui l’aurait empêché de défendre les intérêts des haïtiens et de Haïti.

Pourquoi cette famille veut-elle à tout prix être dans les médias et faire la une des journaux? Peut-être que le régime martelly – evans paul – laurent lamothe – conille devait s’occuper d’augmenter la production du pays pour réduire sa dépendance et également s’interesser à organiser les élections générales dans le pays pour faciliter la stabilité et la reprise économique du pays au lieu de publier des rumeurs par-ci et par-là pour  rester vedette et populaire dans le pays dans le pays.

En effet, suite à la pendaison d’un Haïtien par des racistes dominicains qui haïssent tous les noirs du monde et en particulier les Haïtiens qui vivent dans ce pays, une dernière rumeur voudrait que les raisons pour lesquelles le Président Martelly a pris du temps pour intervenir en faveur des Haïtiens qui subissent tous les préjugés du peuple raciste que sont les dominicains, ce serait parce que le président Mulâtre haïtien Joseph Michel martelly aurait deux ou trois enfants avec des femmes dominicaines en République dominicaine.

Si telle est véritablement le cas, où les intérêts et les relations de faimille du président martelly deviennent plus importants pour martelly que les intérêts du pays et de tous les Haïtiens, alors il pourrait revenir au peuple haïtien et de toutes les forces vives du pays d’exiger le départ du gouvernement martlly-Evans Paul K-Plim.

Par ailleurs, devant les menaces que les dominicains font sur Haïti parce que tout un peuple décide de se mobiliser et de manifester, les autorités dominicaines semblent demander à Evans paul et à Martelly de s’excuser, il paraitrait évident que Martelly et le Gouvernement Dominicain se préparent à envahir Haïti.

Depuis quand des racistes dominicains pouvaient exiger des excuses parce qu’ils chassent les haïtiens qu’ils ont déjà exploités dans des champs de cannes- à- sucre?

Est-ce qu’il faut s’excuser pour nous avoir pendu un Haïtien sur la place publique et brûlé notre drapeau?

Est-ce qu’il faut s’excuser parce qu’ils décident d’entrer venir pêcher dans les eaux haïtiennes, arrêter et kidnappé des haïtiens vivant à Anse-à-Pitres?

Est-ce qu’il faut s’excuser parce les dominicains sont des descendants d’anciennes prostituées venues de l’espagne et qu’aujourd’hui encore, la république dominicanie est devenue un gros pays bordel à ciel ouvert?

Est-ce qu’il faut s’excuser parce que les politiciens dominicains n’arrivent pas à offrir des alternatives économiques et sociales au peuple dominicains et que ces politiciens dominicains sont obligés de développer un racisme, des préjugés et une haïtianophobie contre les haïtiens?

Est-ce qu’il faut s’excuser parce que le régime Martelly a vendu donné tous les contrats des travaux de construction et de reconstruction aux entrepreneurs dominicains pendant même que les bourgeois haïtiens mangent à la même table raciste avec les bourgeois racistes dominicains?

Est-ce qu’il faut s’excuser pour n’avoir pas demandé pardon au peuple dominicain pour avoir humilié tout un peuple de ne pas avertir les représentants dominicains à pétion-ville avant de lancer la grande manifestation pacifique?

Est-ce qu’il faut s’excuser au peuple et au gouvernement dominicain pour acheter chaque année 3 à 4 milliards de dollars de leurs produits ce qui les permettent de s’enrichir et de garantir leurs développement tout en étant leur meilleur partenaire économique?

Si le régime Martelly-Evans Paul K-Plim s’excuse au peuple et au gouvernement dominicain, ou qu’ils se mettent ensemble pour envahir Haïti, qu’ils interviennent avec tous ceux et toutes les puissances et les organisations internationales qui veulent l’annexion d’Haïti, alors ils verront comment nous les Haïtiens, nous sommes capables vider la république dominicaine de tous ses habitants qui ne sont pas Haïtiens.

Leurs terres c’est notre terre et c’est nous qui lavion libérer de toutes les formes d’esclavages. Qu’ils prennent cela pour dit et compris et qu’ils se taisent pour toujours. 

à suivre …

Hermann Cebert


Pourquoi Le premier ministre laurent salvador lamothe et le président joseph michel Martelly décident-ils de libérer Clifford Bandt de la prison des croix-des-bouquets? Maintenant que le premier ministre Laurent lamothe a libéré Clifford Brandt pour 50 millions de dollars, que va-t-il faire avec cet argent?

11 août 2014

Le Peuple haitien mérite justice et doit réclamer de cette justice maintenant.

 

Il y a déja plus d’une année que la rumeur courait concernant l’évasion de Clifford Brandt de la prison de Croix-des-bouquets, et ce avec la complicité du président Joseph Michel Martelly et de son Premier ministre candidat Laurent Salvador Lamothe, dont la famille avait versé 50 millions de dollars à l’exécutif pour cette libération, je veux croire que la population va enfin décider de se débarasser définitivement de ce régime macoute et mulâtre.

Clifford Brandt, évadé grâce à des éléments de l’APENA, la police enquête, selon Gary Desrosiers

Evasion de la Croix-des-Bouquets : La police offre un million de gourdes pour la capture de Clifford Brandt et dément à la fois l’évasion de « Sonson La Familia » et la thèse de l’action d’un commando pour libérer les détenus

Dispositions spéciales dans toute l’aire métropolitaine en vue de retrouver les fugitifs

La police a officiellement confirmé dimanche, en fin d’après-midi, l’évasion de nombreux prisonniers de la prison civile de la Croix-des-Bouquets, dont l’homme d’affaires Clifford Brandt qui avait été appréhendé fin 2013 pour implication présumée dans le kidnapping et le grand banditisme.

Le bandit présumé Woodly Ethéart (alias Sonson La Familia) ne figure pas parmi les évadés,contrairement aux fortes rumeurs qui circulaient à ce sujet.

Le porte-parole adjoint de la police, l’inspecteur Garry Desrosiers, qui n’était pas en mesure de fournir le nombre exact d’évadés, informe que la chasse est donnée aux fugitifs dont 10 ont déjà été repris. Quatre agents pénitentiaires et 2 employés civils qui avaient été pris en otage par des détenus, ont été libérés. Un agent pénitentaire, Wilfrid Placide, et un détenu, Johnny Dorciné, ont été blessés.

La police offre un million de gourdes à toute personne qui permettrait de retrouver l’homme d’affaires Clifford Brandt, annonce l’inspecteur Desrosiers.

Le porte-parole adjoint de la police a démenti les informations qui avaient circulé pendant toute la matinée selon laquelle les prisonniers, dont Brandt, ont pu sortir de la prison suite à l’intervention d’un commando. Des riverains avaient pourtant laissé entendre à des journalistes qu’il s’agissait d’un commando d’au moins 15 hommes montés à bord de 3 véhicules.

L’inspecteur Desrosiers annonce des dispositions de sécurité spéciales dans toute l’aire métropolitaine en vue d’appréhender les fugitifs. Il promet également un rapport détaillé sur le nombre d’évadés par rapport à l’effectif de 899 détenus que comptait la prison avant les incidents. [jmd/RK]


La grande Alliance des Martelly avec la Bourgeoisie

12 mai 2014

Selon certaines rumeurs qui circulent présentement à Port-au-Prince, le président Joseph Michel Martelly et la famille de sa belle fille, auraient pris tous les soins nécessaires pour présenter seulement au peuple haïtien et au monde entier la femme de son fils, Olivier martelly, son altesse, le prince et héritier, comme Bianca Joseph et non avec le véritable nom de famille de celle-ci afin de cacher les véritables objectifs et intérêts en arrière de cette grande alliance entre le président de la république et l’une des grandes familles moyennement riche du pays.

Avec mariage d’Olivier Martelly et de Bianca, la famille Martelly et une famille moyennement riche du pays, c’est toute une alliance qui se forme entre le monde musical, le monde de la politique et du commerce qui procède à une main mise sur plusieurs secteurs clés de la vie économique, politique et culturel du pays. Néanmoins, selon certain, ce mariage a causé plusieurs frictions au sein des catégories de la bourgeoisie du pays et en particulier au sein des familles les plus riches du pays.

On se souvient que la famille Mevs dont Grégory Mevs, à qui le président Martelly avait confié la direction de la FAES et de la recherche d’investissement pour le pays qui, à cause de ce mariage Olivier-Bianca avait décidé de remettre sa démission de cette institution de financement économique et social. Les Mevs et les Brandt, les Flambert, les Berhman sont déjà les familles qui profitent le plus du régime Marterlly- Lamothe. Cependant qu’en est-il véritablement de la vraie famille de Bianca désormais josph martelly? qu’est-ce que le régime veut cacher au peuple haïtien en cachant le nom de famille de Bianca?

Si certain pensent que les familles brandt et mevs étaient dans la course pour former cette grande alliance avec la famille martelly et saint rémy, il semble selon les rumeurs qui circulent dans le pays actuelle que se soit les Boulos qui auraient gagné la palm de Olivier martelly. on a déjà assisté au retrait des boulos du journal le matin haiti de plus, on peut également remarquer un potionnement de Joseph martelly vers le Parti PUN de jean-claude duvalier ainsi que les différentes sorties de martelly contre les mauvaises gestions du premier ministre laurent salvador lamothe.

Peut-être que tout cela a pour objet principal la contruction de deux groupes issus de l’extrême droite haïtien soit les néopartisans de jean-claude duvalier et les martellistes mulâtres de petion-ville sous la gouverne de laurent salvador lamothe.

Quelle est donc l’actualité et quelles sont les dernières nouvelles de Olivier martellier et sa femme Bianca Boulos si c’est avec l,un des boulos que le fils de martelly s’est véritablement marié mais que le président a bien voulu caché au peuple. Où se trouve olivier martelly et sa femme présentement.

Certainement on sait que Olivier et sa mère, l’une des femmes de martelly sont poursuivis pour mauvaise gestion et usurpation de titres par deux avocats néanmoins, il semble qu’il soit plutôt des intérêts famliaux qui forcent olivier martelly et sa femme à se taire publiquement et agir férocement dans les coulisses du pouvoir en obtenant faveurs et faveurs des différents ministres et ministères du pays. 

Actuellement les questions à se poser sur olivier et bianca, c’est à combien s’élève déjà leur fortune et également à combien s’élève les fortunes et richesses des martelly, des saint-rémy et de tout ceux qui profitent actuellement du régime. On sait que les caisses de l’état sont vides et on que ni les martelly ni lamothe le premier ministre ne font le commerce alors qu’est ce qui les ont permis de s,enrichir aussi rapidement dans le pays. J’attends les confirmations au sujet du vrai nom de famille de la femme de olivier martelly, Bianca. le peuple a droit à cette vérité.

à suivre…..

Hermann Cebert


La nécessité de repenser le rôle, les fonctions et la qualité des médias en Haïti, partie 3

9 mai 2014

Les hommes et les femmes d’affaire de l’industrie de l’information, de la presse et donc des médias du pays doivent augmenter leur offre de produits journalistiques c’est-à-dire offrir plus de contenus et des contenus de qualité pour rendre leurs investissements rentables et concurrentiels par rapports aux autres médias qui innondent le marché haïtien.

En produisant des contenus de qualité, c’est-à-dire des documentaires, des enquêtes, des recherches, des entrevues, des débats, des discussions, des rencontres, des reportages, des productions radiophoniques, des biographies, de la reconstitutions d’événement et de faits historiques et culturels sur les divers problèmes et solutions concernant le pays, les médias haïtiens peuvent devenir rentables tout en améliorant les choses dans le pays.

Très certainement cela demande beaucoup d’argent et beaucoup de talents cependant pour atteindre ces objectifs il leur faut des projets et des plans d’action et une fois qu’ils auront mis tout en place, il leur suffira de rechercher et de trouver les financements nécessaires.

En Haïti, les entrepreneurs de l’industrie des médias et de l’information oublient souvent qu’en tant secteur industriel, l’information être exportée et importée par conséquent c’est en offrant des contenus de qualité qu’ils pourront exporter et gagner de l’argent. Il faut que l’on cesse d’importer des produits médiatiques et journalistiques de l’étranger venant souvent de la France, de la Suisse, du Canada, de la Belgique, des États-Unis qui n’on souvent aucune application dans le pays ou qui tendent à dévaloriser le pays et ses citoyens.

Bien souvent, les reportages, les documentaires, les enquêtes ques les médias haïtiens achètent de l’étranger coûtent énormément chers et on peut imaginer les effets que de telles dépenses en devises étrangères ont sur les côuts d’investissement et sur les marges de bénéfices.

D’ailleurs, combien de fois si ce n’est jamais, de voir des délégations d’entrepreneurs des médias accompagnant les délégations gouvernementales haïtiennes à l’étranger en quête d’opportunités et de partenariat. Pourtant, on devait les voir surtout dans les relations Sud-Sud du pays. Pour certain projets par exemple on plusieurs médias pouvaient se mettre ensemble pour réaliser un documentaire à buts et objectifs d’exportation afin de diminuer les coûts.

Malheureusement, nous sommes encore loin de ces possibilités d’affaires. Comme conséquence, plusieurs médias, radios, télévisions et journaux sont tributaires et à la merci de quelques compagnies donneuses de publicité conditionnelle.

Des stations comme Radio Télé Quisqueya, Radio Télé Caraïbes, Radio Ibo, Radio Vision 2000, radio Antilles Internationale, Radio Ginen, Radio Télé Zénith, Journal Le Nouvelliste Haïti, Journal le Matin Haïti, Haïti en Marche, Haïti progrès, Haïti Observateur, Radio Lumière, radio Soleil, radio Tropic, Radio Toxic, Radio Négritude, Radio 4VEH etc. sont obligées d’adapter leurs contenus aux idéologies des Classes dominantes pour survivre et pour ne pas perdre leurs publicités. Par ailleurs, qui dit s’adapter, dit également compromis et compromissions avec des intérêts divergeants et tout cela rend impossible l’établissement d’une société démocratique, juste et égalitaire. Voilà pourquoi je m’en moque souvent des journalistes et des directeurs de médias en Haïti qui se disent indépendants, militants et engagés alors qu’ils dépendent fondamentalement des publicité des familles et des hommes et femmes plus riches du pays comme les Mevs, de Brandt, de Madsen, de Auguste, de Berhman, de Mourra, de Deschamps, de Soucy, de Biggio, de Braun, de Saliba, de Lauture, de flambert, de Tardieu, de Boulos, pour ne citer que ceux-là.

D’ailleurs on a vu comment comment les Boulos ont procédé avec le journal Le Matin Haïti suite à leur alliance avec les martelly-lamorthe. Ils ont quitter le quotidien alors que à l’instar de CNN, de Ici Radio Canada, de Deutch Welle, de France 24, de AL Jazera, de Euro News, de BBC etc, c’était malgré tout le média haïtien qui avait de grandes possibilités de revenus avec son portail internet. Des intérêts de classe et familiaux ont poussé les boulos à laisser tomber ce qui pouvait être une entreprise médiatique rentable.

à suivre…

Hermann Cebert


Haiti : Lettre ouverte au président François Hollande à l’occasion de la visite en France de son homologue haïtien: une mentalité d’esclave de nos organisations de défense des droits humains

19 février 2014

Cependant, je trouve rabaissant que des organisations de défense des droits humains aillent se plaindre au président de la France contre un gouvernement haïtien. Il faut que les leaders des droits humains comprennent comment ça fonctionne avec les organisations au niveau des pressions qu’elles peuvent faire contre leurs propres gouvernement au niveau international.

Il leur aurait été plus efficace de déléguer un groupe de citoyens directement à paris à l’occasion de la rencontre du Président de Haïti en France ce, en collaboration étroite avec les organisations de défense des droits humains en France organiser des manifestations de protestation contre la présence du Président Haïtien. Par contre, de cette façon, et encore moins avec des groupes œcuménique des droits humains, 

qui reçoivent leur financement directement de la France.

C’est cela que je peux me permettre d’identifier comme la mentalité de colonisé. J’espère que la prochaine fois, ces groupes de droits humains que je respecte énormément pour ce qu’ils font et déjà fait dans la lutte pour les droits Humains en Haïti cependant je déteste cette façon de faire: faire appel au roi de France d’intervenir, certes auprès du commandeur Joseph Michel Martelly ce qu’il est véritablement, dans le cas des violations de nos droits humains.

(Hermann Cebert).

 

Voici la lettre envoyée au président de la France:

La reconstruction d’Haïti doit être basée sur la démocratie et les droits humains

Monsieur le Président,
A l’occasion de la visite officielle en France du président Michel Martelly, les 20 et 21 février, nos organisations vous appellent à inscrire la protection des droits humains à l’agenda des discussions avec votre homologue haïtien.
La France, qui est important bailleur d’Haïti doit continuer de répondre au besoin de reconstruction de ce pays ravagé par le tremblement de terre de 2010. Cet exigence est d’autant plus grande que l’on connait les indemnités injustes exigées par la France et versées par Haiti au moment de son indépendance. Pour autant, le statut de partenaire privilégié de la France doit également l’encourager à exprimer ses inquiétudes sur le déficit démocratique et de protection des droits humains en Haïti et à soutenir les autorités haïtiennes  face aux défis de la corruption , de la justice, de la violence politique et de l’aide humanitaire.
Le phénomène de la corruption qui gangrène l’ensemble de la société haïtienne est facilité par la faiblesse de l’Etat de droit et des institutions démocratiques. Les autorités haïtiennes n’étant pas parvenues à organiser les élections municipales et sénatoriales de 2011, le Sénat fonctionne avec uniquement deux tiers de ses membres et les conseillers municipaux ont été remplacés par des nominations faites de manière arbitraire par arrêté présidentiel. Les élections municipales et parlementaires doivent être organisées au plus vite.
Par ailleurs, malgré d’importants efforts financiers de la communauté internationale, la justice haïtienne reste partiale et mal formée. 80% de la population carcérale est en détention préventive prolongée, Jean-Claude Duvalier n’a toujours pas été jugé pour les crimes internationaux qu’il a commis lorsqu’il était à la tête de l’Etat et les faits de corruption notamment liés à l’aide extérieure restent très souvent impunis. La mise en place du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire n’a pas réussi à garantir l’indépendance du pouvoir judiciaire, ni la diminution de la corruption. La France doit apporter son soutien au renforcement de l’indépendance et des capacités de la justice tout en appelant à la lutte contre l’impunité des auteurs des crimes les plus graves commis en Haïti.
L’importante aide humanitaire déployée suite au tremblement de terre a contribué à sauver des vies mais n’a pas permis de renforcer le tissu économique haïtien, ni de résoudre durablement la crise humanitaire. 150 000 personnes vivent toujours dans les camps et on assiste à la création de nouveaux bidonvilles, comme Canaan. Au cours de l’année 2013, les cas d’expulsions forcées se sont multipliés. De nombreuses victimes ont vu leurs biens brûlés et saccagés. Nos organisations appellent la France à dénoncer ces actes d’expulsions forcées et à soutenir des politiques publiques qui garantissent les droits des populations, en particulier le droit au logement.
Il faut enfin souligner un  contexte inquiétant, d’accroissement d’actes de violence et d’intimidation à l’encontre de militants de la société civile qui appellent à la protection des droits humains en Haïti. Nos organisations vous appellent à cet égard à soutenir la mise en place d’une enquête indépendante pour faire la lumière sur les circonstances exactes de l’assassinat de Daniel Dorsinvil, membre fondateur du Groupe alternatif de justice (GAJ) et coordonnateur général de la Plate-forme des organisations haïtiennes des droits humains (POHDH), et de son épouse Girldy Larèche le samedi 8 février 2014.
Haïti doit prendre toutes les mesures nécessaires pour permettre l’existence d’une société civile dynamique qui puisse être critique du pouvoir en place. L’aide économique de la France doit permettre de répondre à ces importants défis. La protection des droits humains doit être le socle de la reconstruction en Haïti, sans quoi elle ne sera pas durable et ne répondra pas aux besoins fondamentaux de la population.
Confiants de l’attention que vous voudrez bien porter à notre requête, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre haute considération.
Signataires :
FIDH
RNDDH – Réseau national de défense des droits de l’Homme
CEDH – Centre œcuménique des droits humains
LDH – Ligue des droits de l’Homme


Tentative d’Évasion de Clifford Brandt de la prison de Croix des Bouquets, Haïti:Le président Joseph Michel Martelly était pour faire évader son ami

18 février 2014

Le président Joseph Michel Martelly était pour faire évader son ami Clifford Brandt , l’un des membres du groupe criminel Les Bandits Légal, dont aurait fait partie le président de Haïti, Joseph Michel Martelly dans la nuit du 17 au 18 février 2014. Selon certaines rumeurs qui circulent présentement à Port-au-Prince, des bandits armées venus de Santo Domingo et vivant depuis une semaine à Pétion-ville à la base du groupe criminel Bandit Légal se seraient rendu à la nouvelle prison de Croix des bouquets pour procéder à l’évasion du Fameux Bourgeois, Clifford Brand détenu dans cette prison pour avoir kidnappé des jeunes de la famille Moscoso, de l’une des cinq familles les plus riches qui pillent et assassinent les haïtiens.

Cette tentative d’évasion du Kidnappeur aurait causé une fois de plus la mort d’un vaillant policier qui faisait sa patrouille routinière et préventive. Le régime Néo-duvaliériste de façon légale et illégale continue d’assassiner les enfants du peuple qui s’impliquent de façon active dans la démocratisation du pays. Il paie ses bandits pour orchestrer des meurtres et aujourd’hui, il procède par l’illégalité à l’évasion de celui qui est accusé de kidnapping. Le régime crée et tente donc de créer de l’instabilité suite aux échecs du Fameux Dialogue inter-haïtien modéré par l’Église Catholique. Surtout cette tentative par les Bandits Légal du président Martelly et de son premier ministre Laurent Lamothe arrive après également l’assassinat d’un couple dirigeant d’une grande organisation des droits de l’homme.

Est-on en droit de se questionner sur l’appui que le président américain Barak Hussein Obama venait de donner au président Martelly? Ou encore, Ne devait-on pas se questionner davantage sur le type de démocratie forte que le président Martelly avait clairement indiqué au président américain? Et enfin, est-on en face de la nouvelle démocratie martellyenne avec la création dans l’ombre de l’armée d’Haïti qu’on vient de nous informer déjà opérationnelle dans le pays?

Devant cette possibilité de faits réels à conséquences probablement criminelles dans le pays, Haïti semble se trouver devant l’avènement d’une grande et sordide vague de terreur dans le pays. Et comme à l’habitude, ce seront toujours les enfants du peuple qui vont tomber sous les balles assassines de ce régime narco-trafiquant. Sans se limiter de penser, nous sommes dans cette perspective de compréhension, devant l’avènement de grands massacres dans le pays car avec Prosper Avril, Jean-Claude Duvalier et Evans Paul désormais conseiller de représentations publiques du régime et dont on semble lier les intérêts avec ceux de la république dominicaine qui massacre déjà nos compatriotes, il n’est pas déraisonnable d’affirmer que très bientôt les régime néo-duvaliériste-fasciste procèdera à plusieurs exécutions sommaires des gens issus de tous les niveaux de la société haïtienne.

Haïtiens de toutes horizons, l’heure est extrêmement grave pour Haïti, chaque personnalité, chaque groupe chaque dirigeant d’organisation, de la presse parlée, écrite de quelque plateforme qu’ils produisent des critiques contre le régime des Martelly-Lamothe, doit assurer sa propre et leur propre sécurité car le régime semble vouloir procéder à des exécutions sommaires un peu partout dans le pays puisqu’il ne veut nullement faire de compromis pour retourner le pays à la constitutionnalité et à la normalité fonctionnelle et souveraine de l’ensemble des institutions démocratiques du pays.

Peuple Haïtien, surveillons désormais le voyage en Europe du président Joseph Michel Martelly, celui qui a troqué le droit de nos frères haïtiens en république dominicaine contre les intérêts économiques, monétaires et politiques des princes du régime royal de Martelly-Lamothe, pour constater qu’à partir du retour du président pour voir et assister à la férocité et à la cruauté du régime néo-duvaliériste. Apparemment vrai, le président en complicité avec des mercenaires dominicains vont commettre des crimes horribles et inimaginables contre la population haïtienne et ce sera à chaque haïtien de se défendre pour mieux défendre les intérêts majeurs du pays. Sinon ce sera la Dictature La Plus Criminelle que Martelly et la bourgeoisie imposera définitivement au pays. En Europe le président va seulement chercher l’aval et l’adhésion de quelques puissances coloniales qui nous en veulent encore d’avoir arraché notre indépendance de 1804 celle qui a également hisser l’homme noir et tous les noirs en Général aux qualités d’Homme qu’ils avaient toujours été.

Hermann Cebert


Comment comprendre le discours de l’antisémitisme et l’antisionnisme Actuel en France et en Europe:Les Juifs doivent revoir leur modèle de communiation

1 février 2014

Le philosophe éveillé

expérience de la solitude

Dans les précédents articles sur mes comparaisons entre le peuple juif et les Indigènes d’Hayti (les Haïtiens), j’avais essayé de prendre le peuple juif et l’État d’Israël comme exemple pour les Indigènes d’Hayti à la fois sur le plan organisationnel qu’en ce qui concerne les modèles de communication que ce peuple utilise pour se faire respecter et tolérer dans un monde qui leur est souvent hostile et intolérant, voire toujours hostile et toujours intolérant pour ce que les juifs et Israël veulent demeurer, un peuple croyant dans leur Dieu Unique et un État d’Israël comme la Terre promise pour les Enfants d’Israël.

Si du point de vue organisationnel tout reste encore à développer et en ce sens je prendrai le temps et au moment opportun pour y revenir car il y a tellement de chose encore à développer, néanmoins vu actuellement la montée de l’antisémitisme et l’antisionisme en Europe et plus particulièrement en France avec les extrêmes droites européennes dont la grande alliance de Dieudonné Mbala-Mbala (un humoriste français ) avec le parti extrême droite Front National (FN), j’estime approprié d’aborder et de critiquer les limites du modèle de communication des organisations juives et de quelques personnalités juives incluant humoristes, poètes, philosophes, intellectuels, journalistes et animateurs par rapport à la Grande Importance de devoir de Mémoire en ce qui concerne Les Crimes Atroces que cette communauté a subis sous le règne des nazis et de leurs collaborateurs dans les différents pays de l’Europe dans les années 1930-1945.

Selon mon regard, certes extérieur de l’Europe et extérieur de la communauté juive unitaire dans le monde, mes propos peuvent être mal saisis et mal interprétés cependant, c’est ce même éloignement qui me permet de garder mon objectivité sur les quelques critiques que j’entends évoquer, pour inviter s’il en est vraiment nécessaire et important, les organisations de communications juives à revoir leur communication par rapport au devoir de mémoire que leur doit l’humanité mais également par rapport à la responsabilité qu’il leur incombe concernant les autres peuples et les autres communautés immigrantes en occident.

Pour ce dernier point de leurs responsabilités envers les autres communautés méprisées et humiliées, j’estime que les organisations juives dans le monde sont trop sectaires et s’intéressent trop et uniquement trop aux problèmes de leur propres et à leurs seules communautés oubliant, ou ignorant, ou encore méprisant les difficultés des différentes autres communautés bien que dans les faits, si les autres communautés n’intéressaient elles aussi à leurs problèmes et à leurs situations cette reproche que je formule à l’endroit des organisations juives n’auraient aucun sens et aucune raison d’être.

Toutefois, malgré ce fait et cette réalité, je peux pousser cette critique vers une autre dimension en disant que les juifs seraient mieux perçus par le reste du monde si on les voyait souvent défendre également d’autres causes que les leurs comme par exemple, se prononcer contre le racisme en France que les noirs africains, les arabes et les maghrébins subissent continuellement en France et dans les pays européens. Malheureusement, et c’est là le véritablement glissement dans les communications des organisations juives, trop de juifs, je veux parler des artistes, des philosophes, des journalistes, bref des intellectuels de tout acabi, se prononcent sur trop de sujets et sur trop de chose en Europe.

Comme conséquence de cette présence importante des juifs dans les médias européenens et français, il y a des dérapages et des provocations involontaires qui montrent une trop grande présence des juifs dans les médias européens alors qu’ils sont dans les faits bien minoritaires que le nombre que les médias font ressortir. L’idée ce n’est pas d’empêcher les artistes, philosophes, humoristes et intellectuels juifs mais surtout et plus particulièrement de se borner à leurs spécialités et d’envoyer toutes demandes d’intervention et d’opinions des juifs sur des sujets litigieux et controversés soient acheminés vers les organisations juives qui ont des points de vue plus réfléchis et plus structurés que les quelques personnalités publiques de la communauté juive ne peut pas avoir toutes seules.

Un autre point assez important qui semble affecter l’image des juifs dans le monde et plus particulièrement en Europe et en Amérique c’est l’impression d’une sorte de marchandisation que les juifs et leurs organisations semblent donner des crimes qu’ils ont subis sur les régimes nazis européens contrairement au devoir de méroire qui semble leur véritable but visé.

En d’autres termes plusieurs seraient portés à dire que les juifs et leurs organisations en font un peu trop dans leur rappel de mémoire lorsqu’ils évoquent toujours les crimes subis par les nazis à la moindre occasion comme par exemple dans les questions de cohabitation avec les autres communautés dans lesquelles ils vivent en dehors d’Israël, sur les questions religieuses et d’accommodement, ainsi que dans des conflits de voisinnage pour ne citer que ceux-là.

Oui tout le monde peut être d’accord sur l’importance de se rappeler de tous les atrocités que certains juifs avaient été victime au cours de la deuxième guerre mondiale néanmoins, ce n’est pas pour autant le seul fait et le seul événement marcabre du genre humain que nous devons nous souvenir et là où le bas peut blaisser c’est qu’il est rare d’entendre les communautés et les organisations juives se rappeler de l’esclavage que les africains et les Indigènes d’Hayti (les haïtiens) ont subi ainsi que de la dette morale des anciennes puissances coloniales et esclavagistes européenne dont la France, La Grande Bretagne, l’Espagne, Le Portugal, La Belgique, Les Pays-Bas etc. À mon Avis, Un Véritable Musée de l’Hollocauste des juifs devait être un musée où certe il y a tout pour me rappeler les crimes indignes des nazis mais également, tout aussi pour me rappeler et rappeler tout le monde les barbaries de l’esclavagisme des européens en Amérique, en Afrique, dans les Caraïbes, en Océanie en ce sens que tout le monde et tous les génocides seraient présents.

De même, lorsque je considère le traitement que reçoivent mes frères africains en Israël dont les israéliens demandent de se foutent dehors comme des chiens en détruisant leurs maisons, leurs voitures et leurs commerces, je ne crois pas qu’il s’agit de chose tolérable qui pousserait les autres communautés à toujours être sympathiques aux problèmes antisémitiques ou antisionistes.

Or, ce que certains juifs et tous les juifs considèrent comme anormal en Europe et en France en particulier, ils les font chez eux. Jusqu’à tout récemment, je visionnais plusieurs manifestations des extrémistes juifs et israéliens contre les communautés africaines vivant en Israël qui me consternaient tout en me demandant, comment un peuple qui est toujours victime de racisme des blancs peut ou pourrait se comporter ainsi de telle sorte que même de jeunes enfants avec leurs parents en arrière prenaient part à ces manifestations pour expulser des africains qui ne demandent qu’à vivre tranquillement. Malheureusement, je n’ai encore entendu aucune organisation de défenses des intérêts juifs comme le congrès juif critiquer ouvertement ces agissements des juifs en Israël. Pourtant je n’invente rien là et on n’a qu’à visionner quelques vidéos sur You tube pour voir les différents traitements   que reçoivent les africains en Israël.

Visionnez ces vidéos et cliquez sur ces liens pour vous faire une idée:

https://www.youtube.com/watch?v=vLFCv9quBKM

racisme et camps anti-noir en israel 9avril2011

https://www.youtube.com/watch?v=5_kp_2zD3e4

Par ailleurs, comme me le faisait remarquer, dernièrement un ami, en Europe plusieurs intellectuels juifs alimentent le racisme contre les noirs les arabes, les musulmans et les maghrébins alors qu’en Amérique c’est souvent contre les noirs, les latinos et les asiatiques qu’ils alimentent le racisme. En particulier, les hommes politiques français d’origine juive s’en prennent souvent contre les noirs, les arabes, les musulmans et les maghrébins en les plaçant comme des bouc-émissaires afin de détourner le regard des blancs racistes vers ces diverses communauté et les Émissions comme Tout le Monde en Parle de Thiery Addison qui passait sur TV5 ou encore celle de Laurent Ruquier On Est Pas Couché et tant d’autres encore sont des espaces où l’on peut constater comment certains intellectuels et artistes français d’origine juive tapent sur les autres communautés minoritaires et plus particulièrement très visibles en France.

De toutes ces évidences, je condamne certes toutes formes de racisme contre les juifs, de même je veux que les organisations juives et les israéliens se montrent plus justes dans leurs problèmes qu’il s’agisse de traitements que les frères appliquent aux immigrants africains en Israël.

Il est bon de crier au secours, haut et fort, de rappeler aux autres ce qu’ils t’ont fait ou ce qu’ils te font, lorsqu’on est victime mais, il est encore plus honorable lorsqu’on défend les droits des autres et ce jusqu’à se dénoncer lorsqu’on est aussi bourreau pour d’autres que son bourreau l’est pour soi. Et, on a qu’à écouter la station mondiale et internationale des juifs Radio Shalom qui émet ses émissions partout pour se rendre compte pourquoi et comment les juifs se préoccupent uniquement d’eux-mêmes et qu’ils ne s’intéressent guère aux malheurs et la souffrances des autres communautés minoritaires et visibles en Occident.

C’est extrêmement regrettable d’arriver et de constater ce nombrilisme juif dans le monde comme quoi dirait-on, ils ne se mélangent pas avec les autres peuples, les autres cultures plus particulièrement les communautés de souches africaines, ils se ferment sur leur propre communauté.

   Référence:

How the Israeli People Treat African Refugees

 https://www.youtube.com/watch?v=vLFCv9quBKM

https://www.youtube.com/watch?v=5_kp_2zD3e4

https://www.youtube.com/watch?v=pqJGvfAe85I

RACISME SUPRÉMACISTE ET ANTI-NOIR À TEL AVIV, EN ISRAËL

https://www.youtube.com/watch?v=WoZOAchMvEA

À suivre

Hermann Cebert


Actualité état de santé de pilote de Formule 1 Michael Schumacher et dernière nouvelles

31 décembre 2013

Actualité état de santé de pilote de Formule 1 Michael Schumacher et dernière nouvelles.


Actualité état de santé de pilote de Formule 1 Michael Schumacher et dernière nouvelles

31 décembre 2013

English: Michael Schumacher at a press confere...

English: Michael Schumacher at a press conference at the 2005 US Grand Prix (Photo credit: Wikipedia)

Michael Schumacher

De rares nouvelles sur la santé de Michael Schumacher depuis son hospitalisation à Grenoble

Six mois après son grave accident de ski à Méribel (Savoie), l’ex-champion allemand de Formule 1 Michael Schumacher est sorti du coma et a quitté l’hôpital de Grenoble ce lundi 16 juin. Il est maintenant hospitalisé à Lausanne (Suisse). Toujours dans la plus grande discrétion.

« Michael a quitté le CHU de Grenoble afin de continuer sa longue phase de réadaptation. Il n’est plus dans le coma ». C’est par ce communiqué laconique que Sabine Kehm, porte-parole de la famille Schumacher, a donné, ce lundi matin, les dernières nouvelles de l’ancien pilote de Formule 1. Sans en dire plus, précisément, sur son état de santé.

C’est la règle depuis plusieurs mois : la famille du champion se refuse a donner la moindre information sur l’évolution de son état. Tout juste avait-on appris qu’il avait était entré en phase de réveil le 30 janvier. Sabine Kehm avait demandé aux journalistes, venus du monde entier, de quitter l’hôpital de Grenoble et de laisser la famille en paix.

L’hôpital de Lausanne annonce son admission

Dans le communiqué de ce lundi, elle n’indique pas non plus où le pilote a été transféré. C’est le porte parole du Centre hospitalier universitaire de Vaud, à Lausanne (Suisse), qui a donné vendu la mèche en confirmant que le pilote a été admis dans l’établissement au cours de la matinée de ce lundi. « Sa famille est avec lui, dans un espace aménagé spécialement pour préserver leur intimité et pour assurer les meilleurs soins possibles », a-t-il précisé. 

Alors que l’accident de Schumacher avait attiré une foule de médias du monde entier au CHU de Grenoble, son départ a été tenu secret et aucune conférence de presse n’est prévue. « Nous demandons à tous de bien vouloir, à l’avenir, respecter le fait que cette longue phase de réadaptation ne se déroulera que dans le cadre privé », précise l’entourage du septuple champion du monde.

Les dates à retenir depuis l’accident

Le 30 mai dernier, votre émission « Enquête de région » s’intéressait – entre autres – au cas Schumacher. France 3 Alpes avait réalisé un reportage de 15 minutes sur l’accident du pilote, son hospitalisation et le traitement médiatique de ces événements.

« Enquête de région » revient sur l’accident et son traitement médiatique.

Le 29 décembre 2013, Schumacher avait violemment heurté un rocher de la tête en skiant à Méribel en compagnie de son fils et d’amis. Il avait été hospitalisé à Grenoble, souffrant de lésions crâniennes « diffuses et sérieuses ».

Plongé dans un coma artificiel, Schumacher avait étéplacé en phase de réveil le 30 janvier 214, processus très long consistant à diminuer progressivement les sédatifs. Il montrait depuis « des moments de conscience et d’éveil », selon son entourage, muet sur d’éventuelles séquelles et distillant sa communication au compte-gouttes en réponse à des rumeurs récurrentes. A cette annonce, un anesthésiste-réanimateur du CHU de Bicêtre (région parisienne), interrogé sur les sorties de coma artificiel et non spécifiquement sur le cas de Schumacher,  avait souligné que la route pouvait « être très longue »: « on a vu des patients s’améliorer entre un an et trois ans après l’accident ».

Le 17 février 2014, la justice avait classé sans suite l’enquête sur son accident, excluant toute responsabilité d’un tiers, la famille conservant la faculté d’agir au civil.

le 12 mars 2014 : « Nous sommes et restons confiants que Michael va s’en sortir et se réveiller. Il y a quelquefois des petits signes encourageants. Mais nous savons également que nous devons être patients », avait fait savoir l’entourage du champion.

Le 4 avril 2014 « Michael fait des progrès sur son chemin (…) Nous sommes à ses côtés pendant ce long et difficile combat, avec l’équipe du CHU de Grenoble, et restons confiants », indiquait Sabine Kehm. Interrogé, Denis Safran, chef du service d’anesthésie-réanimation à l’hôpital européen Georges-Pompidou à Paris, estimait difficile de tirer des conclusions en l’absence de précisions sur sa phase de réveil. « Cela peut être bon signe: il commence à avoir des réactions d’éveil réel. Mais le niveau de la réaction n’étant pas précisée, ça veut tout dire et rien dire », disait-il alors.

Le 13 avril 2014 à la télévision allemande, Sabine Kehm jugeait « impossible » de faire le moindre pronostic, car « même les médecins n’en font pas ». Dans ce genre de blessures au cerveau, « chaque cas est un cas à part », expliquait-elle.

 

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GRENOBLE, France

– L’ancien pilote de Formule 1 Michael Schumacher a subi une deuxième intervention chirurgicale et son état de santé s’est légèrement amélioré, près de deux jours après avoir subi un traumatisme crânien lors d’une chute en ski dans les Alpes françaises, a annoncé mardi le personnel de l’hôpital de Grenoble où il était soigné.

Les médecins refusaient cependant d’affirmer qu’il était «hors de danger», mais ils considéraient qu’ils avaient réussi à «gagner du temps» grâce à cette seconde opération. Ils jugeaient toujours son état comme «critique» et «fragile».

«Il ne faut pas se dire « c’est gagné ». Il faut se dire qu’il y a des hauts et des bas et que c’est un peu mieux qu’hier, que globalement sur 24 heures c’est un peu mieux qu’au début. Mais il faut rester réaliste», a déclaré le chirurgien Gérard Saillant, directeur de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière qui est présent à Grenoble en tant qu’«ami».

Après avoir réalisé un examen lundi soir, les spécialistes ont constaté à leur surprise que l’état de santé de l’ancien pilote s’était amélioré, ce qui leur offrait «une fenêtre d’opportunité» pour pratiquer une nouvelle chirurgie afin d’évacuer un hématome au cerveau. La famille de Schumacher a donné son accord à cette intervention chirurgicale, qui s’est déroulée de façon «satisfaisante» durant la nuit.

Une fois cette opération terminée, les médecins ont procédé à un autre examen qui leur a permis de conclure que l’Allemand avait pris «légèrement» du mieux et que son état de santé était meilleur que la veille.

L’ancienne gloire de l’écurie Ferrari était toutefois encore plongée dans un coma artificiel.

Impact violent

 

Dimanche, Michael Schumacher s’est blessé alors qu’il skiait hors des sentiers battus avec son fils de 14 ans à la station de ski Méribel. Même s’il portait un casque, il s’est violemment heurté la tête contre une roche après avoir effectué une chute. Selon le quotidien allemand Bild, son casque se serait brisé lors de l’impact et à leur arrivée, les secouristes se sont aperçus qu’il y avait «beaucoup de sang».

L’Allemand a d’abord été emmené à l’hôpital de Moûtiers, mais son état s’est dégradé rapidement et il a été transféré vers le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Grenoble par hélicoptère.

À son arrivée au CHU, l’ancien pilote était dans un état très agité et il n’était pas capable de répondre aux questions qui lui étaient posées. Les médecins l’avaient ensuite opéré une première fois.

Schumacher qui célébrera son 45e anniversaire de naissance le 3 janvier est un habitué de Méribel, où il possède un chalet. Il pratique le ski depuis plusieurs années.

Michael Schumacher est dans un état critique à l’hôpital de Grenoble après une chute à ski dans une zone hors-piste de la station de Méribel, en Savoie. Dans la soirée, l’hôpital a indiqué qu’il était dans un état « critique » et qu’il a dû subir une deux interventions neuro-chirurgicales.

Michael Schumacher s’est gravement blessé en chutant ce dimanche alors qu’il skiait à Méribel, en Savoie. Selon l’hôpital de Grenoble, il se trouve dans un « état critique« . Il souffrirait d’une hémorragie cérébrale et a dû être opéré une deuxième fois dans la nuit de dimanche à lundi « pour résorber un oedème« , d’après France bleu Isère.

Au moment de l’accident, il était avec son fils de 14 ans dans une zone hors-piste de « proximité », c’est-à-dire, entre deux pistes balisées. « Il était casqué et a tapé contre un rocher. Les secours sont intervenus rapidement, à 11h15. Il était choqué, un peu agité mais conscient« , a déclaré le directeur de la station Christophe Gernignon-Lecomte à France Info.

Le septuple champion du monde a brièvement perdu connaissance mais était conscient à l’arrivée des secours. Il souffre d’un traumatisme cranien. Dans un premier temps, la préfecture de Savoie indiquait que ses jours n’etaient pas en danger, précisant tout de même que la blessure est « sérieuse » car la tête de l’ancien pilote de F1 aurait heurté un rocher.

Etat « critique »

Michael Schumacher a d’abord été conduit à l’hôpital de Moûtiers, puis transféré à Grenoble. L’hôpital indique qu’il va effectuer des scanners. La famille de Michael Schumacher l’a accompagné, notamment sa fille, son fils et son gendre.

Peu avant 18h, une voiture de la gendarmerie a déposé le chirurgien parisien Gérard Saillant, proche de Michael Schumacher, à l’hôpital de Grenoble. Le professeur avait opéré le pilote après un accident au Grand prix de Grande-Bretagne en 1999. Il est aussi connu pour avoir soigné les genoux du footballeur Ronaldo. Il est également le président de l’Institut du cerveau à Paris.

En début de soirée, après un moment de confusion et des informations contradictoires, l’hôpital de Grenoble sort de son silence. Michael Schumacher « souffrait d’un traumatisme crânien grave avec coma à son arrivée, qui a nécessité immédiatement une intervention neurochirurgicale« , a expliqué le CHU, ajoutant qu' »il reste dans un état critique« .

 


Boisrond-Tonnerre mémoires pour servir à l’histoire d’Haïti, ÉTUDE HISTORIQUE ET CRITIQUE

24 décembre 2013

Timbre poste d'Haïti commémorant le 150e anniv...

Timbre poste d’Haïti commémorant le 150e anniversaire de la Révolution haïtienne. (Photo credit: Wikipedia)

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Qui détient les plus grosses réserves d’or du monde ?

21 décembre 2013

Selon les dernières données du World Gold Council publiées août 2013, les banques centrales des différents pays qui déclarent leurs avoirs conservent dans leurs coffres près de 31.910 tonnes d’or. La zone euro, si on y inclut les réserves de la BCE, détient à elle seule 10.783 tonnes du précieux métal. 

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1. La banque centrale des Etats-Unis reste celle qui stocke le plus d’or au monde, en particulier à Fort Knox dans le Kentucky. Elle détenait 8.133 tonnes du métal jaune au deuxième trimestre 2013 (soit 357 milliards de dollars au prix de l’once en août), selon les données du World Gold Council. Un montant qui n’a pas varié depuis 2006. 

2. L’Allemagne est en deuxième position avec 3.391 tonnes d’or.

3. Peu de gens le savent mais le Fonds monétaire international détient également en propre de grandes quantités de lingots d’or. Le FMI se retrouve ainsi en troisième position avec 2.814 tonnes d’or.  (c) Afp

4. L’Italie est le deuxième pays européen à conserver le plus d’or dans les coffres de sa banque centrale : 2.452 tonnes 

5. Pendant longtemps, la France possédait la quatrième plus grosse réserve d’or au monde. Mais le gouvernement a cédé entre 2004 et 2009 près de 589 tonnes du précieux métal. Les réserves s’élèvent désormais à 2.435 tonnes, soit environ 80 milliards d’euros au prix du marché en août. Il est également à noter qu’à elles trois, la France, l’Italie et l’Allemagne disposent de réserves supérieures à celles des Etats-Unis. 

6. La Chine, dont les habitants sont très friands du métal jaune, renferme 1.054 tonnes de lingots dans les coffres de sa banque centrale, après une acquisition de près de 454 tonnes au deuxième trimestre 2009. 

7. La Suisse est l’une des places fortes de l’or. L’Etat abrite dans ses coffres plus de 1.040 tonnes du métal jaune.

8. La Russie est le deuxième pays émergent de ce classement. Moscou détient ainsi 996 tonnes d’or. Elle a dépassé le Japon fin 2010 et continue d’augmenter de façon conséquente ses stocks.

9. Le Japon détient 765 tonnes d’or depuis 2001 et, malgré la montée en puissance de la Chine et de la Russie, reste dans le top 10 mondial.  

10. La banque centrale des Pays-Bas conserve 612 tonnes du métal précieux. Il s’agit du 5ème pays européen présent dans le top 10 mondial.  

11. L’Inde, après avoir acquis 200 tonnes d’or au quatrième trimestre 2009, détient aujourd’hui 558 tonnes du précieux métal.

12. La Banque centrale européenne (BCE) possède dans ses coffres 502 tonnes d’or. 

13. La Banque centrale de Turquie a augmenté de manière importante ses réserves au cours de ces dernières années. Elle possède désormais 441 tonnes du précieux métal dans ses coffres. 

14. Malgré sa modeste taille, l’île de Taiwan détient plus de 424 tonnes d’or.

15. Le Portugal est 15ème avec des réserves de 382 tonnes. 

16. Le Venezuela est le premier pays d’Amérique latine de ce palmarès avec des stocks d’or qui s’élèvent à 366 tonnes.

17. Après avoir plus que doublé ses réserves en 2008, l’Arabie saoudite, dont l’Agence monétaire saoudienne (SAMA) est dirigée par Mohammed al-Jasser, est passée devant le Royaume-Uni et détient désormais 323 tonnes du métal jaune.

18. La banque centrale du Royaume-Uni conserve dans ses coffres 310 tonnes d’or.  

19. Le Liban, dont les réserves n’ont pas bougé depuis plus de 10 ans, détient 287 tonnes d’or.  

20. Entre 2005 et 2007, l’Espagne a vu ses réserves fondre progressivement de 523 à 282 tonnes de lingots du précieux métal.  

Source : Le Nouvel Observateur


La prière de Boukman au Bois-Caïman:Boukman appelé Dutty Boukman ou Zamba Boukman

10 novembre 2013

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Comment peut-on comprendre les limites de la science occidentale par rapport au coronavirus covid-19: le temps comme facteur décisif et explicatif

« Le dieu qui a créé la terre, qui a créé le soleil qui nous donne la lumière.
Le dieu qui détient les océans, qui assure le rugissement du tonnerre.

Dieu qui a des oreilles pour entendre : toi qui es caché dans les nuages, qui nous montre d’où nous sommes, tu vois que le blanc nous a fait souffrir.
Le Dieu de l’homme blanc lui demande de commettre des crimes.
Mais le Dieu à l’intérieur de nous veut que nous fassions le bien.
Notre dieu, qui est si bon, si juste, nous ordonne de nous venger de nos torts.
C’est lui qui dirigera nos armes et nous apportera la victoire.
C’est lui qui va nous aider.
Nous devrions tous rejeter l’image du dieu de l’homme blanc qui est si impitoyable.
Écoutez la voix de la liberté qui chante dans tous nos cœurs »


Le Vodou et la Paix: Vodou se Relijyon pou lapè – Vodou ak Lapè

9 novembre 2013

 

 

     
 
Le sujet qu’a proposé S.E. Monsieur l’Ambassadeur Paulo Cordeiro de Andrade Pinto, Honorable Ambassadeur du Brésil en Haïti, thème sur lequel j’ai été enjoint de me pencher aujourd’hui, d’y réfléchir et de venir vous en rendre compte à ce Séminaire sur la Religiosité Afro-américaine au Brésil et en Haïti : « Vodou et Paix » annexe, à mon avis, par une coordination enthousiasmante deux concepts qui me semblent tout à fait indépendants, fort controversés tous les deux évidemment et, dans les deux cas, extrêmement fluides et fluctuants… celui de Vodou, d’une part, et de Paix, de l’autre.

Incidemment, je les trouve controversés parce que pour certains Haïtiens, et particulièrement pour ceux qui ont grandi et étudié au sein d’une certaine école à tendance féodale faite pour ceux qui doivent s’estimer supérieurs par ce qu’ils évoluent au sein d’un groupe qu’ils appellent pompeusement « Principauté », au point de se croire les seuls capable d’organiser tous seuls des élections dans leur pays en plein XXIème siècle, le Vodou veut dire une certaine chose. Il en va tout autrement pour les autres qui se sentent tout aussi Haïtiens qu’eux et aussi chez eux.

Citons en exemple ces propos que nous relevons de la bouche d’un des représentants du premier groupe:

·        « Le Vodou n’est qu’une activité profane, qu’une sorte de sorcellerie satanique qui ne comprend que des danses orgiastiques qui n’ont rien de religieux. Sans dogme, sans doctrine, sans moralité, sans moyens de sanctification, en un mot sans système de valeurs, le Vodou ne présente qu’un culte voué à des créatures spirituelles autres que Dieu et ne cultive que la haine chez ses adeptes. Maléfique donc, concluait ainsi un soir le Père catholique Claude Etienne à la Radio Nationale le 6 Mai 1986, le Vodou doit être détruit. »

 

On peut évidemment concevoir que dans l’esprit de ces gens, le Vodou ne saurait jamais servir d’instrument capable d’engendrer la paix dans aucune société. Et pour notre part, nous ajouterions même, bien qu’en souriant, que nous cesserons jamais de dire des vérités à leur sujet et nous cesserons jamais aussi de les pointer de l’index, que le jour où eux, ils cesseront de mentir au sujet du Vodou.

 

Pour les autres Haïtiens, cependant, pour ceux qui constituent la majorité de la population, le Vodou est une religion vivante, conçue et élaborée par le génie culturel de leurs Ancêtres Amérindiens et Africains, religion qui avait existé depuis la plus haute antiquité. Selon eux, pas meilleure ni moins bonne qu’une autre, le Vodou répond de la façon la plus adéquate aux aspirations spirituelles du peuple de ce pays.

En tant que religion, le Vodou est cru par eux, et est toujours pris au sérieux par cette vaste majorité, ce qui d’ailleurs n’a jamais rien eu à voir avec son acceptation par  les instances officielles. Il a toujours proposé des solutions morales aux problèmes nationaux et pour cette raison, il a créé chez nous l’ambiance sociale nationale Vodou qui est indiscutable. Elle a aussi entretenu l’atmosphère de solidarité reconnue qui vise à porter la majorité des membres de la nation haïtienne à fraterniser entre eux et à s’accorder une aide mutuelle.

Aux yeux donc du Vodouisant, le Vodou s’est toujours présenté comme étant une Tradition religieuse, une cosmogonie, une cosmologie, une mythologie, un art de vivre et un corpus de savoir dont la philosophie s’exprime dans l’oralité. Son volet purement religieux sert de charnière non seulement à toutes les activités spirituelles, mais encore à toutes celles qui relèvent des domaines variés de l’économie, de la santé, de la politique…, du social en général.

Il tend donc à rendre hommage à un Dieu Unique en vertu de cette unique raison que Celui-ci, ou Celle-ci, qu’on nomme familièrement « Papa Bondjé, Bondjébon ou Bondjé Manman mwen », se trouve être la Source de toutes vies et le Principe Premier de la Création et aussi dirige avec compétence depuis des millénaires ou même des millions d’années le « Gouvernement de l’Univers. »

Pris en ce sens, le Vodou se présente donc en tant que véritable moteur de développement, en tant que véritable modèle, en tant que parangon, en tant que prototype du monde sensible dans lequel nous vivons. Et, naturellement comme tels, nous pouvons sans trop de difficulté manier ce concept et l’articuler autour d’une certaine idée que nous nous faisons de la Paix, paix que nous recherchons tous ici, aujourd’hui, en Haïti.

Après une mûre réflexion sur le thème proposé, nous réalisons que les idées de Paix et de Religion semblent avoir été de tous temps des compagnons naturels qui cheminèrent ensemble à travers le cours de l’histoire de l’humanité.

Ensemble, ils ont fait leur route dans le monde, conditionnant la vie de bien des peuples de cultures différentes, et dans bien des pays. Serait-ce parce que ces temps derniers de nombreux leaders de diverses religions, des Ayatollah par exemple, ou plus près de nous, des « pasteurs blasés » ont eu à conduire leur peuple souvent avec une violence certaine, et qu’ils auraient engendré des fois des guerres qui souvent peuvent sembler être des guerres d’extermination, serait-ce ce qui aurait donner au sujet tout son intérêt ?

 

Il est généralement admis qu’une religion qui se veut digne de ce nom ne peut être considéré comme valable que si elle s’institue en tant que source de paix pour les individus et pour les sociétés au sein desquelles elle se pratique et cela semble être aussi un axiome tout aussi évident que d’affirmer que tous les êtres humains dans le monde recherchent naturellement la spiritualité, la tranquillité et la paix.

Mais, quand on est Haïtien et qu’on est aussi Vodouisant, peut-on tout de même s’oublier et parler, en ce 22 Août 2005, en toute décence,  de religion, de guerre et de paix sans tenir compte du fait que le 22 Août ramène l’anniversaire de cet évènement extraordinaire qui aboutit à la création de la Nation ? Cette date, en somme, ramène pour nous l’anniversaire de ce premier Congrès Panafricain qui eut lieu chez nous, en Haïti, Le Bois Kayiman et ce Congrès déboucha sur l’un des moments les plus déchaînés de l’histoire des révolutions : la guerre d’Indépendance?

En somme, du 14 au 21 Août 1791, 200 Hougans et une Mambo s’étaient réunis dans une clairière du Nord du pays, lieu de répit qui portait alors le nom de Bois Kayiman dans le but de mettre au point cette révolte finale des esclaves de St. Domingue.

Un ancien esclave du nom de Boukman Dutty en était le chef. Mais on doit aussi rappeler ici sans vouloir déranger le repos de leur âme, les noms de certains des leaders héroïques tels Georges Biassou, celui qui, peu de temps plus tard, avait fait de Toussaint Louverture son aide de camp, aussi bien que les noms de Jean François, de Jeannot l’intrépide, de Romaine la Prophétesse, de Marie Kenge, de Halaou, de Sans Souci, de Petit Noël, de Tellier, de Cagnet, de Va Malere, de Cacapoul, de Lamour Dérance… et de tant d’autres anonymes guerriers qui entrèrent vivants dans l’histoire de notre pays sous le vocable globalisant et collectif de « Marrons Inconnus. »

La révolte qui s’en suivit débuta en effet le lendemain, le 22 Août 1791. Elle fut épique en fait d’accomplissements tout autant sur le terrain que par ses répercussions dans le monde. Les habitations de L’Acul, du Limbé, de Flaville et de Le Normand s’envolèrent immédiatement en fumée. Au dire des historiens, St. Domingue devint instantanément un enfer dans lequel les plantations s’embrasèrent et fumèrent pendant des mois.

Transformée au bout de deux ou trois ans en véritable guerre d’Indépendance, cette révolte dura treize longues années. Bien sure, il y eut sans nul doute, des batailles où les Français furent mis en déroute et d’autres où les esclaves durent reculer et réorganiser leurs mouvements de résistance.

Mais la victoire finale advint à Vertières le 18 Novembre 1803. Le succès revint aux esclaves qui réussirent à renverser, une fois pour toutes, l’ordre colonial qui s’était installé sur cette terre depuis plusieurs siècles. Ainsi se termina le temps de l’esclavage à St. Domingue. Cette guerre devait établir, sinon pour le monde entier, tout au moins pour le nouveau pays qu’il engendra, Haïti, un nouvel ordre social axé sur un système où devaient désormais régner la liberté, la fraternité, l’amour, la justice, l’équité, l’égalité et la paix pour tous, et à jamais.

Sur de telles bases, s’était forgée la nation haïtienne.

Ce faisant, ces fondements établissaient ce pays comme étant la première nation noire et indépendante du monde et, du même coup, ils mettaient fin au vieux mythe de suprématie blanche, à la mode à cette époque. Haïti se voulait d’être un parangon de liberté pour tous, une sorte de Mecque non seulement pour les esclaves importés d’Afrique qui se trouvaient à St. Domingue, mais aussi pour tous ceux qui se sentaient opprimés et abaissés n’importe où dans le monde.

L’impact de cette victoire contraignit par exemple la France à vendre sa possession américaine, la Louisiane, pour seulement une valeur de 15 Million de dollars, c’est-à-dire environ à 10 centimes américains l’hectare.

Simon Bolivar, le héros de l’Indépendance du Venezuela, de la Colombie, du Pérou, de la Bolivie et de l’Equateur, en deux fois, reçut du support en argent, en armes et en munitions des Haïtiens contre la simple promesse de libérer les esclaves partout où il serait victorieux.

Francisco Miranda, un autre général Vénézuélien sollicita et reçut aussi de l’aide des Haïtiens. En 1820, ce furent les Grecs qui demandèrent à leur tour et reçurent aussi de l’aide de cette jeune nation dans leur lutte de libération contre les Turcs.

Or, à la lumière de cette glorieuse histoire, on est amené à se demander qu’est-ce que c’est que la guerre et qu’est-ce que c’est que la paix, et comment avec une nouvelle compréhension de la guerre, de la paix, et aussi du Vodou pourrait-on atteindre cette idéal de paix tant souhaitée par tous ? Quelles seraient donc les caractéristiques essentielles qu’on trouverait dans le Vodou, en tant que religion traditionnelle haïtienne, qui pourraient être utilisées dans une perspective de recherche de paix et comment la vision du monde vodou pourrait-elle être utilisable avec efficacité.

Disons d’abord qu’il ne faudrait pas que l’on se sente gêné par le fait que le Vodou s’exprime dans l’oralité. On y trouve encore aujourd’hui une vaste panoplie de documents oraux très respectés dans notre société. Ce sont nos contes, nos proverbes, nos charades, nos chansons d’enfants, nos prières et nos chansons sacrées.

Ensemble, ils constituent de véritables véhicules qui charrient les parties essentielles de la philosophie populaire haïtienne. Tout cela fait partie de notre patrimoine et il ne tient qu’à celui ou à celle qui veut d’en tenir compte ou tout bonnement de les rejeter. Evidemment, l’honnêteté intellectuelle la plus élémentaire permet à tous de comprendre que nul ne saurait prétendre appréhender et comprendre aucun fait significatif haïtien ou même cette religion, et partant aucune partie de l’âme haïtienne, en y faisant abstraction.

Avouons ensuite qu’il faudrait aussi saisir le fait que le Vodou n’est pas une religion apostolique. Elle ne cherche jamais à convertir des âmes. Ses vérités religieuses sont naturellement comprises par tous. Elles se doivent d’être comprises par tous comme étant évidentes à la raison de tous. Tous les individus considérés comme intellectuellement normaux ne devraient pas avoir besoin de persuasion ou de coercition pour les accepter.

L’existence de Dieu et aussi son pouvoir sur l’univers, l’immortalité de l’âme, la liberté de la volonté sont tous, pour le vodouisant, des vérités tellement évidentes par elles-mêmes que chacun peut les travailler à sa propre façon. Ceci fait partie de l’héritage commun de tous les Haïtiens et surtout de l’héritage familial. De telles caractéristiques ne peuvent que rendre stupéfaits ceux qui essaient de dogmatiser en matière de Vodou afin de rendre leur religion similaire aux religions chrétiennes.

Il est vrai que quand on veut chercher on peut bien trouver des points qui sont communs à toutes les religions, particulièrement en ce qu’il s’agit de la croyance, du culte ou de la façon d’adorer ou d’honorer la Divinité, et surtout quant il s’agît de la moralité.

 

a)     Sur le plan de la Croyance, il convient tout de même de préciser que :

Le sujet et l’objet du Vodou s’exprime par la croyance en Dieu, le Grand Maître, en les Lwa ou Divinités qu’on appelle aussi Vodou, Zangn, Zing, Congo ou Orisha, Pwen, Gad.., dépendant de l’origine ethnique de celui ou de celle qui le sert en un endroit particulier du pays, et révérence est toujours faite aux Ancêtres qui sont ceux qui ont légué aux Haïtiens la terre où ils sont nés et la plus grande partie de leur savoir pratique.

« Djé pa l’óm ou Nèg pa Bondjé » répète souvent le Vodouisant pour affirmer que, selon lui, dans sa croyance, aucun individu ne peut se réclamer d’être Dieu même s’il s’appelait Jésus Christ, Dessalines ou Toussaint Louverture. Dès lors qu’un individu a eu un corps et une existence sur terre, celui-ci ou celle-ci est considéré comme étant potentiellement imparfait et est automatiquement exclu de ce qualificatif qu’on désigne sous le vocable de Dieu.

Dans le Vodou, Dieu est clairement compris comme étant cet Etre unique et immatériel, comme étant cet Etre suprême doué d’émotion, de volonté et naturellement du maximum d’intelligence et de savoir. Parmi ses attributs, il faut compter avec son omniscience, son omnipotence, sa bonté infinie et son sens de la justice.

Généralement perçu comme étant masculin, « Papa Bondjé », il est nettement féminin dans les cas de détresses, « Bondjé Manman mwen ! » Il est le Créateur de tout ce qui existe et qui vit, Il se manifeste en tout ce qui vit, dans le fait même de vivre. Pour le Vodouisant, il n’y a aucun risque de Panthéisme puisque cet Etre Suprême est perçu comme étant une personne.

A la fois immanent et transcendant, Dieu n’est jamais absent ni distant. Tout au plus, Il ne peut être que, des fois, endormi, dans son sommeil.

Rapportée dans un grand nombre de livres d’Histoire, la prière de Boukman au Bois  Kayiman montrait déjà combien Dieu était Celle qui créa le soleil, la lune, les étoiles, la terre et la mer. Elle réside par-delà les nuages d’où Elle fait au besoin tomber la foudre et gronder le tonnerre. Elle dispense les pluies fertilisantes qui font pousser les plantes. Infiniment bonne, Elle diffère du Dieu des blancs qui semble n’avoir soif que des larmes des humains. Ce paragraphe est ma propre traduction en Français de cette prière qui suit :

 

Lapriyè Boukman

 

Bondje ki fè solèy ki klere nou anwo,

Ki souleve lanmè, ki fè gwonde loray,

Bondje la zòt tande kache nan yon nuyaj,

E la a, li gade nou, li wè tou sa blan an fè.

 

Bondje blan an mande krim e pa nou an vle byenfè.

Men Dje pa nou an ki si bon òdonnen nou vanjans.

Li va kondui bra nou, li va bann asistans.

 

Jete pòtre Dje blan an ki swaf dlo nan je nou.

Koute la libète ki pale nan kè nou tout.

 

Trop vaste et trop grand pour être appréhendé par aucune intelligence humaine, tout ce qu’on peut savoir de Dieu ne peut se reconstituer qu’approximativement à partir d’une somme d’images que le Vodouisant appelle « Lwa. »

 

Les Lwa sont des images détaillées de Dieu. Ils en seraient comme des facettes ou comme des énergies vibrantes et agissantes qui émaneraient d’Elle, des figures parfois éblouissantes et rayonnantes (Lwa blancs) qui laisseraient entrevoir sous forme d’hommes, de femmes ou même d’enfants, certains de Ses traits ou de Ses caractéristiques.

N’ayant jamais eu de corps ni de substances, les Lwa sont toujours justes et bons. Ils sont la Source et la Vertu de toutes les vertus, en même temps qu’ils sont aussi ceux qui planent par dessus tout ce que l’on peut exprimer par des paroles.

Les Lwa peuvent donc être compris, et se doivent d’ailleurs toujours de l’être, comme étant des énoncés d’une doctrine qui s’exprimerait par l’Exemplarité, c’est-à-dire par l’exposition d’archétypes ou de modèles exemplaires de choses sensibles et transcendantes dont l’ensemble constitue le Dieu de l’inconscient collectif du Vodouisant haïtien.

L’ensemble des Lwa montre bien qu’il ne s’agît plutôt que de concepts qui transforment en personnes sacrées des idées les plus abstraites et les plus générales, un peu comme les (a + b) le font en mathématiques, mais qui contiennent toujours des notions vitales pour le monde. En tant que concepts, ils réduisent les données du sensible à l’intelligible et ils permettent ainsi de mieux organiser les connaissances.

Les Ancêtres sont tout autre chose, une autre catégorie d’esprits qui accompagnent la Divinité de la Mort, Baron Samedi. Ce sont les Guédés. Ils sont toujours salués en fin de cérémonie quelque soit le rite.

Mais, il ne suffit pas d’être mort pour être qualifié d’esprit Guédé ou Ancêtre, il faut encore que ce défunt ait vécu une vie bien remplie, intègre et morale, une vie de « gwètò. » Le terme de gwètò nous vient de la langue Fon des Béninois. Il serait constitué par la particule « gwè » qui veut dire connaissance et « tò » qui veut dire celui qui le possède. L’implication est que la mort est le lieu de vérité et qu’en fait de connaissances on ne peut donner que ce que l’on a. Les « gwètò » sont en réalité ceux qui possèdent la connaissance.

 

 

b)  Au niveau du culte

En tant que religion, le Vodou englobe la vie comme un tout et le culte touche pratiquement tous les aspects de cette vie. A strictement parler, seul Dieu à travers les Lwa est honoré, adoré ou vénéré dans les cérémonies vodou et celles-ci  généralement s’accompagnent de sacrifices, d’offrandes, de prières, de chants sacrés, de tambours et de danses.

Très mince, donc, se trouve être l’espace qui sépare le sacré du profane, le spirituel du temporel. Géographiquement, à travers le pays, on trouve une quantité de Hounfò ou Temples vodou où les gens se réunissent pour des cérémonies. A ceux-là, il faut ajouter les lieux de pèlerinage, la mer, le seul fleuve qui arrose le pays qui porte le nom de Legba Atibon, (le fleuve Atibon-ito), certaines montagnes et certaines rivières qui sont reconnues pour avoir été sacralisées par la présence de la Divinité.

Mais cela a toujours amusé les Vodouisants quand ils se rendent compte que leurs interlocuteurs confondent des fois ces lieux avec Dieu lui-même et parlent d’animisme !

 

c)   Quid de la Moralité.-

L’un des aspects les plus pratiques de la croyance et  de la pratique du Vodou s’observe particulièrement quand on considère la conduite des gens. Cette conduite est basée sur un certain ordre, un ordre cosmique bien établi. « L’ordre sur terre se doit d’être un reflet de l’ordre cosmique. »

Au centre de la moralité se trouve donc être le respect que l’on doit à la vie de soi-même et des autres, vie qui est comprise comme étant le plus grand don de Dieu au monde et à l’humanité. Afin de protéger cette vie et de la garder le plus longtemps possible, Dieu a inséré tous les individus au sein d’une communité ou collectivité, et c’est au sein de cette collectivité que l’individu poursuit son destin et sa vie individuelle.

Le fait que Dieu lui-même puisse être perçu comme étant homme ou femme, garantit conceptuellement l’égalité fondamentale entre les hommes et les femmes et le fait pour lui de pouvoir être représenté des fois par des enfants, les jumeaux ou marassa par exemple, garantit les droits de l’enfant.

La conservation et la promotion de la vie sont en conséquence les principes déterminant de la moralité dans le Vodou. La diffusion de cette idée est garantie par l’existence même de la collectivité.

De vivre, donc, en harmonie avec la communité devient une obligation morale commandée par Dieu lui-même en vue de la promotion de la vie sur terre.

En tant que religion, le Vodou fournit ainsi les bases idéologiques, l’infrastructure sur laquelle repose cette conception morale qui est essentiellement centrée sur la vie, vie qui doit s’orienter sur celle de la communauté.

C’est ce qui aurait donné naissance à cette phrase célèbre lancée par le philosophe africain John Mbiti, phrase qu’il aurait lancé dans son traité African Religions and Philosophy à la page 108:

 

 « Je suis parce que nous sommes, et puisque nous sommes, en conséquence je suis. »

 

Elle fût dite en Anglais mais la traduction française est mienne.

Mais ce qui importe, est l’implication qui voudrait qu’il y ait une obligation morale pour tous de maintenir des rapports harmonieux avec tous les membres de sa communauté, de faire tout son possible pour réparer les torts et les cassures que l’on pourrait faire à cette chaîne d’harmonie sociale nécessaire à la survie de tous. On doit toujours travailler au renforcement des liens familiaux et communautaires, tout spécialement en s’appliquant à toujours utiliser les principes de paix, de tolérance, de justice, de bonté, de générosité et d’altruisme.

Ceci ne répond pas qu’à un besoin social, mais à une obligation religieuse qui a à voir avec Dieu, avec les Lwa et avec la volonté des Ancêtres. Ces derniers y veillent toujours et ne manqueront jamais de punir sévèrement tous les contrevenants à ces principes fondamentaux de la vie.

En conséquence, la différence qui existe entre une société vodouisante et une autre qui se réclamerait d’une autre idéologie religieuse est que la crainte en ce domaine ne se dirige pas obligatoirement qu’envers un individu qui aurait pu se sentir lésé et/ou qui voudrait, peut-être, en tirer revanche, ni ne se dirige envers un certain jugement dernier qui adviendra peut être dans le futur, mais dans le Vodou cette justice est immanente et s’exprime envers Dieu, envers les Lwa et envers les Ancêtres qui, eux, sont immuables, permanents et implacables.

Dans le but d’aider l’individu à poursuivre une vie éthique, Dieu a pourvu l’homme d’une possibilité extraordinaire : « l’oracle du cœur. » Ceci équivaut un peu à ce que d’autres pourraient appeler « la voix de la conscience ». C’est la loi et la voix de Dieu qui s’expriment dans le cœur de chacun.  L’individu ne vit en paix avec lui-même que quand il obéit à cette voix de sa conscience.

 

Dans le cas contraire, quand il désobéit, il vit dans la tourmente, dans un état constant de peur et de crainte, crainte des réactions naturelles de la puissance de Dieu ou des Ancêtres.

L’un des moyens les plus courants qu’utilise Dieu pour punir un parjure est généralement la foudre ou le tonnerre, d’où l’importance que prend pour tout Haïtien de  prêter serment pour assurer que ce qu’il dit est vrai: « Tonè krazé’m ou Que le tonnerre m’écrase ! » et dans la langue vodou ou Fon parlée au Bénin : « So djèmen ! »

A cause de l’attachement profond de l’Haïtien à sa société, il pratique généralement un sens profond de la justice.

Sans justice, la vie de la communauté devient impossible car, cette société perd son harmonie. Les victimes d’injustices font automatiquement appel à Dieu qu’ils prennent à témoin, parce qu’ils savent que Dieu est avant tout JUSTICE et Justice Absolue. Il voit et sait tout et n’aime pas les injustices.

La moralité dans le Vodou aurait donc par ce fait une dimension cosmique !

 

 

La Vision Du Monde Vodou.-

 

Ce que nous avons vu jusqu’ici montre bien que le Vodouisant croit en Dieu et en les esprits. Le monde, selon lui, est peuplé de Lwa et d’esprits, certains désincarnés tels les esprits de Dieu, des Lwa ou des morts, et d’autres encore sont incarnés tels les nôtres, les animaux ou les plantes. Le Vodouisant croit en les Lwa et en ses ancêtres. Mentalement, il place tous ces esprits de Dieu ou des Lwa à un niveau supérieur au dessus de celui des humains, des animaux, des plantes et des autres objets inanimés.

Toutes ces réalités, selon lui, existent et s’agencent selon un ordre bien hiérarchisé qui aurait été établit dès les débuts du monde par Dieu qui, Lui, serait la source de tout ce qui existe et qui vit. C’est le Règlement !

Il s’agît là d’une vision de la vie qui serait essentiellement spirituelle et dans la quelle les entités qui sont des esprits et les gens se trouvent être en constantes interactions.

Le monde des humains se trouve être, de plus, au centre de tout cet univers spirituel puisque cette vision fait dépendre Dieu et les autres êtres spirituels des humains. C’est aux humains qu’il convient d’organiser des cérémonies afin de les permettre de s’exprimer, de les nourrir, les honorer et, en un certain sens, les entretenir ! Ceci dévie considérablement de la vision de ceux qui croient qu’ils doivent réclamer de Dieu un quelconque pain quotidien.

La vision du monde vodou est donc anthropocentrique.

Les mauvaises choses qui sont toujours menaçantes pour la vie des hommes parsèment le grand chemin de la vie comme des embûches sur la route des humains, comme des avertissements contre les mauvais choix qu’on aurait pu faire ou comme des causes de punitions éventuelles. Ils suscitent toujours la réflexion et contribuent à la formation du « gwètò ».

La liberté de la volonté, l’un des dons les plus précieux de Dieu aux humains, doit donc guider l’individu dans ses volitions. Souvent, on arrive difficilement à saisir la ou les raisons pour lesquelles on a fait un mauvais choix. Est-ce pourquoi, il est des fois nécessaire d’avoir recours à un expert qui serait Hougan ou Mambo, c’est-à-dire prêtre ou prêtresse du Vodou pour qu’il ou elle vous aide à retrouver les vrais raisons qui vous ont poussés à faire ce choix.

Le Vodouisant, en somme, croit que tous les éléments qui se trouvent dans cet univers sont en fait interconnectés, reliés les uns aux autres et aussi liés à Dieu et aux autres êtres spirituels. Rien n’arrive par chance ou par hasard. Quand on n’arrive pas à percevoir ces liens, on parle alors de causes invisibles. Mais les arrangements des choses  sont faits par Dieu et ils sont toujours ordonnés par Lui, car c’est Lui, Dieu qui est la source ultime et absolue de l’harmonie universelle, de l’harmonie de la création.

Le but dans la vie consiste donc à obéir à cet ordre cosmique pré-établi et universel et toutes déviations à cette prescription fondamentale, à ce règlement, constituent en fait de mauvais choix. Ils ne peuvent être que fatals pour l’individu. Ce serait comme vouloir attenter à la vie du monde, à l’ordre des choses, à l’harmonie primordiale et à l’équilibre cosmique.

Déranger cet équilibre constitue donc une transgression grave et partant, un acte immoral. C’est comme attaquer le bon ordre de fonctionnement du monde, de la nature et de la paix qui devait garantir au monde la vie, sa croissance, sa survie.

 

Comment la Paix est-elle conçue dans une telle vision ?

 

Pour comprendre la vision que se fait le Vodouisant du concept de paix, il convient donc de s’écarter un peu des concepts poétiques qui l’opposent généralement aux conflits et aux guerres. La paix, pris dans son contexte Vodou, doit être perçue en fonction des concepts d’ordre, d’harmonie et d’équilibre universels.

La paix devient alors une valeur religieuse puisque les notions d’ordre, d’harmonie et d’équilibre dans la société et dans l’univers constituent des fonctions qui conditionnent la vie et qu’elles auraient été établie par Dieu. L’obligation qui est faite de les maintenir est de ce fait, religieuse.

Il s’agît aussi d’une valeur morale puisque la bonne conduite qui est requise de tous comprend les notions d’ordre, d’harmonie et d’équilibre qui doivent être préservés.

 

La Paix en tant que Vie bien remplie.

 

On a déjà pu se rendre compte du fait que la promotion et l’amélioration de la vie constituaient des principes fondamentaux de la moralité dans le Vodou. Le but qui doit être atteint pour qu’une conduite soit morale est en conséquence celui de la plénitude de la vie.

Une vie est considérée comme étant bien remplie quand elle est caractérisée par de la reconnaissance matérielle, sociale et spirituelle, quand son propre réseau de relation avec le monde spirituel, humain et matériel est vu comme étant satisfaisant.

C’est alors que l’on atteint ce niveau d’existence qu’on peut qualifier de paix, une paix qui conditionne la vie, maintient la bonne santé, prévoit l’absence de conflits, une vie pleine de vigueur et force, de joie, de prospérité… C’est le moment où tout ce que l’on peut désirer de la vie est atteint.

Quand certaines choses considérées comme étant essentielles manquent encore dans la vie, par exemple santé, époux ou épouse, enfants, moyens de survie pour soi ou pour sa famille, ou même quand on a tout cela et qu’on ne jouit pas de bonnes relations avec ses voisins vivants ou morts, on ne peut pas dire que l’on a la paix ou qu’on a une vie bien remplie.

La richesse matérielle tout seul ne suffit pas pour satisfaire l’individu si elle n’est pas accompagnée d’une vie morale intègre ou de ce que nous avons appelé plénitude de vie. Cette richesse desséchée n’est jamais considérée comme souhaitable ni enviable.

Toutes actions qui viseraient à entraver le développement d’autrui et qui empêcheraient à autrui d’atteindre la plénitude de sa vie sont considérées comme étant des accrocs et des entraves à la paix.

L’égoïsme et l’injustice, même quand ils ne sont pas accompagnés d’actes de violence, sont toujours considérés comme des actes anti-sociaux et, en conséquence, ils sont compris comme des actions antagoniques à l’établissement d’un climat de paix.

 

La Paix, résultat d’une vie harmonieuse.-

 

L’harmonie est un cas particulier, fondamental et précis de la pensée vodou. Généralement, dans les cas de dispute, on n’essaie même pas de nier ou de contrebalancer les différences. Tous les efforts sont plutôt fait pour trouver une façon dans laquelle peuvent coexister harmonieusement ces différences.

A un niveau tout à fait personnel, une telle harmonie consiste à essayer de concilier les désirs des individus avec les moyens que l’on a. On essaye de mieux coordonner la pensée des gens et à harmoniser les sentiments. On tente plutôt de les re-expliquer par ou avec d’autres phrases ou d’autres images mentales afin de permettre à tous de poursuivre sans se fâcher ses devoirs moraux et religieux.

Celui qui arrive à bien faire cela est celui qui connaîtra la paix intérieure car, dans une communauté, l’harmonie intérieure se retrouve quand on arrive à maintenir des relations extrêmement faciles et fluides avec tous ceux qui vous entoure, qu’on les voit ou qu’on ne les voit pas.

L’interaction harmonieuse avec les autres conduit normalement au renforcement de tous ceux qui se trouvent concernés et cela fait avancer en chacun la croissance de vie. Dans le cas contraire, elles sont une influence pernicieuse qui affaiblit le groupe, menace l’harmonie de l’existence de tous, et même la vie de la communauté.

Delà peut-on comprendre l’expression créole souvent utilisée par le vodouisant à qui on demande comment il va. Il répond tout de suite qu’ « il brûle, m ap boule, m ap debat a la vi a. » Il brûle parce qu’en fait, il fait des efforts pour se percevoir en tant qu’un cierge, comme une bougie, comme une énergie et conscient qu’il lui faut toujours agir activement en faisant des efforts simplement pour continuer à survivre. Il se débat.

Quand il dit simplement « Pé bouch ou » ou, en Français, donne la paix à ta bouche, c’est qu’il constate que tous les efforts ont été fait jusqu’ici pour maintenir cette harmonie, cet équilibre, cette bonne conduite, et que seul ce qu’on va, ou qu’on peut dire peut les détruire.

On interpelle ainsi une valeur cosmique et morale vodou qui se doit d’être préservée afin de maintenir La Paix dans la famille ou dans la société et peut être même dans le monde international, ce qui engendrerait les disputes et les guerres, et où il n’y a toujours que des perdants.

 

Max G. Beauvoir

Ati National Federasyon Nasyonal Vodouyizan Ayisyen (F.N.V.A.)

Mariani 22 Août 2005

 
 

Les cinq règles de la rhétorique conspirationniste

29 septembre 2013

Par Emmanuel Taïeb

 

 

"The Gunpowder Plot Conspirators", de Crispin de Passe l'Ancien (1605)
 
Le discours conspirationniste ne se désigne pas nécessairement comme «conspirationniste», même s’il développe un argument du complot, parce que le conspirationnisme est socialement et médiatiquement délégitimé (1). Il résiste donc à cette labellisation exogène jugée infamante, se présentant plutôt comme l’analyse politique d’une situation donnée, le plus souvent sous la forme d’une dénonciation véhémente d’une «conspiration», et comme l’auxiliaire d’un peuple auquel il révèle ce qui lui est caché. Le décalage sémantique entre la catégorie analytique et la catégorie pratique est ici extrême, puisque le conspirationnisme se présente en fait comme un anticonspirationnisme.

 

 
Le conspirationnisme ne se donne pas non plus comme un discours prélogique ou irrationnel. Au contraire, il a importé et adapté le discours de la raison et de la science, essayant de produire une contre-expertise sur des enjeux publics, ou tâchant de susciter des controverses sur ses sujets de prédilection. Donc, le conspirationnisme se veut un discours qui entend démontrer et convaincre. Il repose en apparence sur des observations du réel, sur des hypothèses, et sur des résultats. Comme le note Émile Poulat, «l’imaginaire peut déraisonner, mais il raisonne toujours abondamment, avec un souci inlassable de preuves, de citations et d’arguments» (2). Dès lors, où sont les failles de ce discours, comment l’identifier, et pourquoi qualifier un tel discours de conspirationniste ? La réponse à ces questions se fera à la fois d’un point de vue général, et en s’appuyant sur un document ayant circulé sur Internet concomitamment à la campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1) et dénonçant la volonté de puissance de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : une série anonyme de trente-deux diapositives intitulée « Le vaccin de la conspiration », et qui déploie une rhétorique conspirationniste archétypale (3).

1 – Nier la complexité du réel

Premièrement, le conspirationnisme nie la complexité du réel, dont il va proposer une explication univoque et monocausale. Il ne s’embarrasse pas de contre-exemples, et donne à une même cause — l’action d’un groupe d’individus — des effets variés et une puissance capable d’aller contre la volonté des acteurs du monde social. Philippe Corcuff, analysant la tendance au complotisme des travaux sur la propagande de Chomsky, évoque à ce propos « un certain recul théorique des discours critiques », qui substituent l’intentionnalisme d’élites économiques et médiatiques à une perspective sociologique accordant toute leur place aux rapports de force entre et au sein des champs sociaux (4). Dans le cas du diaporama « Le vaccin de la conspiration », c’est l’Organisation mondiale de la santé qui tient le rôle du conspirateur principal — le mot «mondiale» pesant ici de tout son poids —, alliée aux laboratoires pharmaceutiques, car, affirme le texte, « l’OMS dispose de l’autorité d’obliger tout le monde dans les 194 pays à se faire vacciner de force en automne, d’imposer des quarantaines et de limiter les voyages ». Alors même qu’en 2004, autour de la possible pandémie de grippe aviaire, c’était l’OMS qui alertait les gouvernements, sous la forme d’une « prophétie de malheur officielle » caractéristique (5), c’est elle désormais qui est dénoncée comme actrice d’un autre malheur, et fait l’objet d’une prophétie de destruction mondiale de l’humanité de type conspirationniste.

 

 
Le discours conspirationniste s’apparente-t-il pour autant à de la manipulation ? La réponse à cette interrogation ne peut qu’être nuancée, au sens où les conspirationnistes croient réellement à l’existence du complot qu’ils dénoncent. Ce n’est pas qu’ils tirent des conclusions fausses, mais ils font reposer les éléments factuels retenus sur des prémisses erronées. Ce mélange du «vrai» et du «faux» est en soi une forme de manipulation du réel. Mais il s’agit moins ici de manipuler pour tromper que de manipuler pour convaincre. Car leur certitude, que les citoyens sont toujours-déjà manipulés, conduit les conspirationnistes à afficher leur répugnance pour toute utilisation de techniques manipulatoires. Pour autant, comme le rappelle Philippe Breton, il y a manipulation quand « la raison qui est donnée pour adhérer au message n’a rien à voir avec le contenu du message lui-même » (6). Si le faible écart entre le fond du message diffusé et l’ambition première de ses diffuseurs peut laisser penser que toute manipulation est absente du discours complotiste, parce que l’adhésion au principe du complot structure le propos même du message, il serait hasardeux de s’en tenir à la «raison» d’adhésion la plus manifeste. Car le discours conspirationniste n’est qu’un élément d’une idéologie politique plus vaste, et ne s’y réduit pas. C’est cette idéologie politique plus globale qui est la «raison» première du discours, comme vecteur et comme médium au-delà de son message propre. La manipulation apparaît quand la raison donnée à l’utilisation du médium s’écarte du contenu du message en circulation. L’ambition du conspirationnisme demeure tout de même que le récepteur du message y adhère en vertu du seul contenu du message et de la révélation qu’il propose. C’est-à-dire qu’il s’arrête au message sans questionner le médium. Par cette toute-puissance du message, le conspirationnisme ne vise pas à désinformer, mais à faire adhérer.

2 – Etablir des corrélations factices

Deuxièmement, le conspirationnisme fonctionne par la corrélation factice de faits ou de discours autonomes. Le conspirationnisme peut ainsi s’appuyer sur des propos divergents qui démontrent que la réalité est camouflée par les comploteurs. Ça a été le cas le 11-Septembre avec l’avion qui s’est écrasé sur le Pentagone, où des témoignages ont divergé sur la taille ou le bruit fait par l’avion, générant immédiatement des théories qui concluaient que la «version officielle» était fausse et qu’«on» voulait nous cacher quelque chose.

Parfois même, un seul fait prétendu ou un seul discours suffit pour accréditer le complot. En 1922, le ministre allemand des Affaires étrangères, Walter Rathenau, est assassiné par des nationalistes d’extrême droite qui considéraient qu’il était l’un des «sages de Sion», car il paraissait en connaître le nombre. En effet, dans l’une de ses déclarations, Rathenau avait parlé métaphoriquement de «300 personnes» guidant les destinées de l’Europe (7).

 

"The Committee of 300", de l'auteur conspirationniste John Coleman
À l’inverse, et le plus souvent, on peut relier entre eux une série de faits dont la convergence jusque-là inaperçue dévoile le complot. Faits réels, invérifiables, ou faux, mis en récit accusatoire, et qui font preuve. Le texte du « vaccin de la conspiration » prétend ainsi que « l’OMS a fourni le virus de la grippe aviaire vivant à la filiale de Baxter en Autriche », qu’ensuite « ce virus a été utilisé par Baxter pour fabriquer 72 kilos de matériel vaccinal en février », et qu’enfin « Baxter a ensuite envoyé ce matériel à 16 laboratoires dans quatre pays sous un faux étiquetage, désignant les produits contaminés comme du matériel vaccinal, déclenchant presque de cette façon une pandémie mondiale ». À elle seule, cette simple incrimination d’un laboratoire —d’autant plus facile à faire que le texte étant sans auteur, il ne saurait y avoir de poursuite judiciaire contre sa source —, entre dans le cadre des controverses scientifiques ou économiques propres au régime pluraliste. Mais le saut qualitatif qu’opère le discours conspirationniste est visible dans l’alliance — financière et surtout criminelle — qu’il prétend dévoiler entre l’OMS et ce laboratoire pharmaceutique. Plus explicite, la dénonciation poursuit : « L’OMS, une agence des Nations Unies, semble jouer un rôle clé dans la coordination des activités des laboratoires, des compagnies pharmaceutiques et des gouvernements, dans l’accomplissement de l’objectif de réduction de la population et la prise de contrôle politique et économique de l’Amérique du Nord et de l’Europe. » En effet, « dans de (sic) cadre des plans pandémiques spéciaux décrétés dans le monde entier, en particulier aux États-Unis en 2005, en cas d’urgence pandémique, les gouvernements nationaux doivent être dissous et remplacés par des comités de crise ». Cette fois, tout est dit, l’ambition de contrôle mondial, et de substitution des gouvernements légitimes par l’OMS est dévoilée. Si dans la suite du tract électronique sont également incriminées l’ONU et l’UE, c’est sur l’OMS et sa présidente, Margaret Chan, dont une photo peu avantageuse est d’ailleurs présentée, que se focalise le propos. Et au sein même de l’OMS sur un petit groupe agissant baptisé groupe «d’élite», qui la financerait et contrôlerait également les principaux médias. Nulle critique des «dominants» ici, sinon imaginaires, et la thèse d’un complot qu’on pourrait qualifier de «médico-industriel» suit le schéma classique de la révélation du groupe de conjurés ou d’initiés qui, en dernière instance, pèse sur les destinées humaines.

De même, il est possible de relier entre elles des déclarations convergentes pour indiquer que les locuteurs participent d’un même complot, et se trahissent en tenant un discours commun. Ce type de corrélations est visible dans certains travaux sur la propagande. À rebours d’une démarche sociologique qui attribuerait la tenue de propos identiques à l’appartenance des énonciateurs à un même groupe social ou politique, à une socialisation identique, ou à une conviction identique, ces travaux considèrent que l’émergence d’un positionnement médiatique jugé dominant est la marque d’une main invisible, ou d’une connivence entre politiques et journalistes, qui imposerait une vision conforme à des intérêts supérieurs, au détriment d’une information fiable. La contagion des idées irait donc ici du gouvernement vers des journalistes formellement libres, dont la fidélité au positionnement du pouvoir n’a pu être implantée dans leur esprit que par une action extérieure concertée (8). La présomption d’un pouvoir occulte capable de contrôler la production politique et médiatique d’une société fournit une analyse intentionnaliste, mécaniciste et complotiste, qui repose sur la vision d’une société homogène qui ne serait traversée ni par des contradictions internes, ni par des résistances à la réception des messages médiatiques ou politiques.

Le conspirationnisme projette donc un monde social fantasmatique où les groupes humains ne sont pas autonomes dans leur pensée, mais manipulés et régis par des puissances extérieures. Il apparaît ici comme une mode de reconduction sécularisée de l’idéologie de la dépossession des actions humaines par une instance supérieure, semblable à celle qu’ont véhiculée historiquement les Églises (9).

3 – Eliminer des vérités irréductibles à la théorie

 

 
Troisièmement, le conspirationnisme fonctionne à l’élimination de vérités irréductibles à la théorie. C’est-à-dire que le conspirationnisme est imperméable à la contre-démonstration, et ne retient que ce qui va dans le sens de la présence du complot. De ce point de vue, le complotisme est virtuellement inarrêtable. Par exemple, l’administration de la preuve philologique que Les Protocoles des sages de Sion sont apocryphes n’atteint pas leurs zélateurs. L’argument de ceux qui résistent étant que ce sont peut-être des faux matériellement, mais qu’ils sont authentiques selon l’esprit (10) ; ou bien que l’on peut éliminer les Protocoles comme texte, mais qu’il y a bien un complot juif mondial visible à l’oeuvre quotidiennement ; ou bien encore que si les Protocoles ne décrivent pas l’actualité, ils sont une prophétie (11). Ce qui compte, c’est la «Théorie», peu importent les quelques points marginaux qui ne la rejoignent pas tout à fait. Sourd à la réfutabilité comme à la falsifiabilité — à propos des rumeurs, Jean-Noël Kapferer se demandait d’ailleurs comment il serait possible de soumettre à un test empirique des récits impliquant le diable (12) —, le discours complotiste entend se prémunir contre tout démontage, au nom de l’importance de la cause qu’il défend, ou de la mise en garde qu’il opère. À la limite, l’absence de faits tangibles, comme la mise à l’épreuve du corpus sur lequel se fonde la théorie du complot, ne parvient pas à empêcher la diffusion du message complotiste ; car c’est bien lui, et l’idéologie qu’il promeut, qui sont premiers (13).

4 – Etablir une structure mythique de l’histoire

 

"La foire aux Illuminés", de Pierre-André Taguieff (Mille et une nuits, 2005)
 
Quatrièmement, le conspirationnisme s’appuie sur l’établissement d’une structure mythique de l’histoire. Les théories du complot reposent en effet sur une vision du déroulement historique selon laquelle le complot est le moteur de l’histoire, et les actions humaines n’y sont jamais accidentelles. Tout ce qui arrive est perçu comme l’effet d’actions intentionnelles. Tout est prévu, tout a été prévu par des agents, et tout obéit à un immense plan caché. Et si tout obéit à un destin programmé, il ne sert à rien d’agir car on ne peut aller contre ce plan. On retrouve là encore la dépossession des actions humaines au profit d’une transcendance ou d’un groupe dominant. Selon Taguieff, en effaçant l’imprévisibilité de l’histoire, le dogme du complot « fournit à bon compte le sentiment de pouvoir maîtriser le présent, prévoir l’avenir et déjouer les pièges du futur, sur la base d’une connaissance supposée des causes profondes de la marche du monde » (14). À cet égard, le conspirationnisme est un historicisme au sens de Popper, puisqu’il accorde à une nouvelle Providence sécularisée la capacité de peser sur les destinées du monde. Selon Popper, la thèse du complot repose sur l’idée que pour expliquer un phénomène social, il faut découvrir ceux qui ont intérêt à ce qu’il se produise. Partir de la fin, en quelque sorte, pour découvrir mécaniquement une intention à l’action qui a produit l’effet observé, même si l’acteur à l’origine de l’action a agi sans intention particulière. S’il tire des bénéfices de l’effet, alors c’est qu’il en est bien à l’origine ; même si une pluralité d’acteurs ont pu agir au même moment que lui. Dans le cas de la pensée de Marx, par exemple, non seulement son matérialisme historique est un historicisme, mais surtout l’idée que le monde social a pris la forme que la classe dominante a voulu lui donner, fait abstraction de l’indétermination du social, et le réduit à une épreuve de force entre groupes opposés. Popper indique que le conspirationnisme est une forme de superstition ou de croyance religieuse sécularisée, dont l’historicisme n’est qu’une modalité (15).

Ce faisant, le complot est un « réenchantement désenchantant » du monde, qui produit deux effets contradictoires. D’un côté, il réenchante sur le mode de la révélation. Malgré la publicité des actions politiques en démocratie, ou à cause d’elle, voire l’impératif de transparence, le besoin reste fort d’accéder à une supposée réalité cachée. La mécanique narrative complotiste repose sur le renversement de l’ordre des choses pour lui substituer un ordre plus conforme aux soupçons que peut nourrir le groupe. Le recours au complot affirme que le monde n’est pas tel qu’il se donne visiblement, même si cette affirmation peut être inquiétante. Les esprits s’apaisent à la révélation du complot (« tout devient clair »), mais ils peuvent aussi s’exalter, car ils croient pouvoir mettre fin au complot par l’action. D’un autre côté, ce réenchantement est en même temps désenchantement : même si on peut découvrir le plan, la puissance de l’ennemi rend fataliste et pessimiste quant à toute capacité d’action humaine ; la dépossession et la réification des acteurs apparaissant totales et irrémédiables.

5 – Identifier les signes du complot

Enfin, le conspirationnisme repose sur une surinterprétation de faits perçus comme autant de signes. Pour les théoriciens du complot, tous les faits sont des signes qui peuvent dévoiler le complot, si l’on parvient à les décrypter correctement et à ne pas s’arrêter à leur apparence. Dès lors, tout est réinterprété dans le sens du complot : une déclaration politique, un geste, un symbole (triangles maçons, étoiles, etc.), ou bien simplement des faits, comme le nombre de doses de vaccin H1N1 commandées par les autorités sanitaires françaises (plus de 90 millions) qui paraît suspect parce que trop massif, ou leur insistance à ce que toute la population soit vaccinée. Dans « Le vaccin de la conspiration », et à défaut de preuves, quelques «signes» anecdotiques sont distillés savamment pour accroître l’étrangeté de la situation. Sans craindre de se contredire d’ailleurs, puisque le texte affirme une première fois que le choix de rebaptiser «grippe A» la grippe d’abord dénommée «porcine» a été opéré par l’OMS « dans une tactique de reconnaissance de son origine artificielle » (l’organisation se trahissant, donc), puis une seconde fois (dans une partie visiblement ajoutée pour un public français) que ce choix a été fait « afin de ne pas froisser les producteurs de porcs ».

Dans tous les cas, la matérialité observable des signes prouve la matérialité inobservable du complot. Si le complot n’est pas visible directement, sa puissance et son échelle font qu’il ne peut rester absolument secret, et qu’il se manifeste sous des formes qu’il faut repérer. L’observation des signes, la transformation de détails en révélateurs deviennent alors le moyen non seulement de voir le complot, mais aussi de devenir initié. Il faut «savoir» trouver puis décoder des signes qui n’apparaîtront pas aux yeux des profanes. Et cette capacité permet de diffuser des informations inédites et donc de bénéficier d’une plus-value journalistique sur le marché de l’information (16). Le groupe des initiés vient alors se superposer au groupe des comploteurs, conduisant à un conflit permanent entre ceux qui veulent éventer le complot et ceux qui veulent le cacher. Ici, le mythe conspirationniste radicalisé constitue une machine à fabriquer des ennemis absolus, voués à être détruits, afin que l’histoire puisse reprendre son cours normal. C’est là que l’imaginaire du complot prend toute sa dimension politique, car, en désignant un ennemi, il procède à l’intégration du groupe des initiés, durcit une opposition eux/nous, et surtout incite à la mobilisation contre le groupe ennemi. Comme le note encore Taguieff, le mythe conspirationniste « fonctionne comme une incitation efficace à la mobilisation et un puissant mode de légitimation ou de rationalisation de l’action, aussi criminelle soit-elle » (17). C’est aussi là que se révèle sa nature apocalyptique, car la lutte entre les conjurés, qui en tendent asservir l’humanité, et les initiés, ne peut être qu’une lutte à mort ; et l’on notera au passage qu’Alfred Rosenberg et Hitler avaient lu littéralement Les Protocoles des sages de Sion, y trouvant matière à leur lutte absolue contre une domination juive mondiale fantasmée (18). Et une lutte pour se prémunir également de la destruction programmée par les comploteurs car, comme l’écrit Paul Zawadzki, « Les Protocoles des Sages de Sion représentent l’un des exemples les plus extrêmes du processus d’auto-victimisation antisémite, qui par la logique d’autodéfense contre une conspiration mondiale légitime d’avance le passage à l’acte meurtrier » (19).

 

 
C’est pour cette raison que le conspirationnisme doit être pris au sérieux, non pas tant dans son fond, que dans sa dimension idéologique et mystique. Car s’il est réenchantement du monde, c’est parce qu’il promet aux initiés d’accéder au monde invisible, pas celui de Dieu dans un univers sécularisé, mais celui de ses vrais maîtres. Et cette révélation est d’ailleurs désormais librement accessible à tous par le biais notamment d’Internet, qui autorise le rayonnement d’informations qui seraient restées confidentielles dans un autre état des structures de la sphère publique. Comme l’écrit Corcuff : « le “complot” s’est démocratisé » (20). Son analyse partage d’ailleurs avec celle des rumeurs d’avoir été saisie concomitamment par plusieurs disciplines scientifiques (21). À la fois parce qu’il s’agit d’un objet en apparence plastique, persistant dans le temps, et capable de nourrir aussi bien des analyses fonctionnalistes que d’autres le considérant comme une tentative d’institutionnalisation d’une idéologie singulière au cœur du jeu politique.

Notes :
(1) Véronique Campion-Vincent, La société parano. Théories du complot, menaces et incertitudes, Paris, Payot, 2005, p. 13.
(2) Emile Poulat, « L’esprit du complot », Politica Hermetica, « Le complot », n°6, 1992.
(3) Le 24 septembre 2013, on trouvait ce document sur : http://www.slideshare.net/blogaujourlejour/le-vaccin-de-la-conspiration-1948411 (posté le 3 septembre 2009). Vraisemblablement traduit de l’anglais, il concerne essentiellement le cas américain, mais au moins une diapositive, sans doute ajoutée pour le lectorat français, et d’ailleurs rédigée dans une police de caractère différente, s’arrête sur la situation française. Sur ce mode « rumoral » et électronique de circulation de chaînes d’alertes, cf. Emmanuel Taïeb, « Persistance de la rumeur. Sociologie des rumeurs électroniques », Réseaux, 106, 2001, p. 231-271.
(4) Philippe Corcuff, « Chomsky et le “complot médiatique”. Des simplifications actuelles de la critique sociale », Calle Luna, septembre 2006.
(5) Francis Chateauraynaud, « Annoncer le pire à l’échelle mondiale. La pandémie de grippe aviaire entre gestion des risques et prophétie de malheur (1997-2007) », Document de travail du GSPR, EHESS, Paris, février 2008, p. 2.
(6) Philippe Breton, La parole manipulée, Paris, La Découverte, 2002.
(7) Pierre-André Taguieff, La foire aux Illuminés. Ésotérisme, théorie du complot, extrémisme, Paris, Mille et une nuits, 2005, p. 185.
(8) On retrouve ce travers dans les écrits d’Anne Morelli, à propos des intellectuels et journalistes soutenant les frappes de l’OTAN sur la Serbie en 1999, qu’elle accuse d’être « engagés aux ordres de l’OTAN », ou de se blottir « sous l’aile protectrice de l’oncle Sam ». Au moins ici, les comploteurs sont identifiés (A. Morelli, Principes élémentaires de propagande de guerre. Utilisables en cas de guerre froide, chaude ou tiède…, Bruxelles, Labor, 2001, p. 71 ; A. Morelli, « Les principes de Ponsonby et la propagande de la République », in D. Rolland, D. Georgakakis, Y. Déloye (dir.), Les Républiques en propagande. Pluralisme politique et propagande : entre déni et institutionnalisation, Paris, L’Harmattan, 2006). Chez Chomsky, le vecteur du complotisme est un plus vague « système » médiatico-économique. Contre cette perspective, cf. Philippe Corcuff, « “Le complot” ou les mésaventures tragi-comiques de “la critique” », Calle Luna, avril 2005.
(9) Marcel Gauchet rappelle ainsi que les sociétés religieuses ont attribué à Dieu le déroulement du temps historique, ont dépossédé les individus de ce qui aurait pu leur revenir, et ont reconduit l’idée d’hétéronomie sans passer à l’autonomie de la volonté humaine (M. Gauchet, Le désenchantement du monde. Une histoire politique de la religion, Paris, Gallimard, 2005, p. 43).
(10) P.- A. Taguieff, op. cit., pp. 62-63.
(11) C’est ce que pense le Times quand il présente les Protocoles le 8 mai 1920. Il les dénoncera comme faux par la suite (Léon Poliakov, La causalité diabolique, tome 2, Paris, Calmann-Lévy/Mémorial de la Shoah, 2006 [1985], p. 339).
(12) Jean-Noël Kapferer, Rumeurs. Le plus vieux média du monde, Paris, Seuil, 1995 [1987], p. 290.
(13) Les études de propagation des rumeurs ont montré que l’importance de la cause à défendre l’emportait sur la véracité du message en circulation. C’est visible dans le cas des « décalcomanies au LSD », rumeur diffusée notamment par la profession médicale, au nom de la lutte contre la drogue (V. Campion-Vincent & J.-B. Renard, Légendes urbaines. Rumeurs d’aujourd’hui, Paris, Payot, 1998, pp. 195-205).
(14) P.-A. Taguieff, op. cit., p. 84.
(15) Karl Popper, La société ouverte et ses ennemis, tome 2, Paris, Seuil, 1979 [1962-1966], pp. 67-68.
(16) C’est typiquement ce que font Thierry Meyssan et le Réseau Voltaire en « vendant » des informations inédites révélant la « vraie » nature des phénomènes observés.
(17) P.- A. Taguieff, L’imaginaire du complot mondial. Aspects d’un mythe moderne, Paris, Mille et une nuits, 2006, p. 9.
(18) Cf. P.- A. Taguieff, Prêcheurs de haine. Traversée de la judéophobie planétaire, Paris, Mille et une nuits, 2004, p. 674 ; Philippe Burrin, Ressentiment et apocalypse. Essai sur l’antisémitisme nazi, Paris, Seuil, 2004.
(19) Paul Zawadzki, « Théorie du complot », in E. DeWaresquiel (dir.), Le siècle rebelle. Dictionnaire de la contestation au xxe siècle, Paris, Larousse, 2004, p. 902.
(20) Ph. Corcuff, « “Le complot” ou les mésaventures tragi-comiques de “la critique” », art. cit.
(21) Philippe Aldrin, « Penser la rumeur. Une question discutée des sciences sociales », Genèses, 2003/1, n°50.

L’auteur :
Professeur des Universités à l’Université Lyon 2 et à Sciences Po Grenoble, Emmanuel Taïeb a consacré plusieurs articles à l’analyse du conspirationnisme et des rumeurs. Il est l’auteur de La guillotine au secret. Les exécutions publiques en France, 1870-1939, Paris, Belin, coll. « Socio-histoires », 2011.

Ce texte a été adapté de l’article «Logiques politiques du conspirationnisme» paru originellement dans la revue Sociologie et sociétés (Presses de l’Université de Montréal), vol. 42, n° 2, 2010, p. 265-289. Il est disponible en intégralité sur Erudit.org. Merci à Emmanuel Taïeb, à la rédaction de Sociologie et sociétés et aux Presses de l’Université de Montréal de nous avoir autorisé à en reproduire cet extrait ici.

 

 

Mardi 24 Septembre 2013

 

 http://www.conspiracywatch.info/Les-cinq-regles-de-la-rhetorique-conspirationniste_a1123.html

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Selon certains magnats de la finance, une guerre majeure se prépare …

1 septembre 2013

By on 28 août 2013 • 

 
 

Selon certains magnats de la finance, une guerre se prépare …

 

« Des milliers de milliards de dollars de dettes seront restructurés et des millions d’épargnants prudents vont perdre des pourcentages importants de leur pouvoir d’achat réel exactement au pire moment de leur vie. Cette fois-ci encore, ce ne sera pas la fin du monde, mais le tissu social des nations dépensières sera étiré et dans certains cas il se déchirera. Il est triste de constater que bien trop souvent dans l’histoire économique, la guerre a toujours été la conclusion logique de la dynamique du chaos économique. Nous pensons que la guerre est une conséquence inévitable de la situation économique mondiale actuelle », écrit Kyle Bass, un investisseur américain qui parie sur l’effondrement des pays d’Europe, cité par le blog financier américain Zero Hedge.

Dans un email adressé aux adhérents de ses bulletins d’avis boursiers, Larry Edelson, un gourou de la bourse américaine, prophétise lui aussi la guerre. Il y explique qu’il a étudié depuis une trentaine d’années les « cycles de guerre », c’est-à-dire, les cycles qui prédisposent les sociétés à entrer dans le chaos et la haine, qui aboutissent à des guerres civiles et des guerres internationales.

« Je ne suis probablement pas le premier à examiner ces modèles très distinctifs dans l’histoire. Il y en a eu d’autres avant moi, Raymond Wheeler en particulier, qui a publié la chronique qui fait le plus autorité en matière de guerre, et qui couvre une période de 2.600 années de données. Toutefois, très peu de personnes sont disposées à discuter de ce problème de nos jours. Et si je me base sur ce que je vois, les implications pourraient être absolument énormes pour 2013.»

Charles Nenner, un analyste de Goldman Sachs réputé pour la justesse de certaines de ses prévisions, parle quant à lui d’une guerre majeure qui devrait débuter au cours de cette année.

Quant à Jim Rogers, un autre investisseur américain influent, pense aussi qu’il pourrait y avoir une guerre.

« Une poursuite des plans de sauvetage en Europe pourrait aboutir à déclencher une autre guerre mondiale », a-t-il affirmé.

« Ajoutez de la dette, la situation empire, puis c’est l’effondrement. A ce moment-là, tout le monde recherchera un bouc émissaire. Les politiciens accusent les étrangers, et nous revoilà dans la seconde guerre mondiale, ou une guerre mondiale de toute façon » explique-t-il.

Marc Faber, un analyste en investissement suisse, estime qu’une guerre serait plus le fait des Américains. Selon lui, ils pourraient la provoquer pour détourner l’attention sur la mauvaise situation économique du pays. Il croit que le pétrole du Moyen-Orient pourrait fournir le prétexte d’un conflit pour les États-Unis, la Chine, mais aussi la Russie.

Sources : Zero Hedge / Le Journal du Siècle

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Publié par Hermann H Cebert


Affaire Jean Serge Joseph : Après les Sénateurs, les Députés recommandent la mise en accusation de Martelly, Lamothe et Sanon déclarés « parjures »

23 août 2013

La commission d’enquête sur le décès troublant du magistrat, qui a transmis son rapport final vendredi après-midi au bureau de la Chambre basse, demande également que des poursuites judiciaires soient engagées contre le doyen Raymond Jean-Michel et Me Gary Lissade

Publié le vendredi 23 août 2013

 

La commission spéciale de la Chambre des Députés chargée de faire la lumière sur la mort suspecte, le mois dernier, du juge Jean Serge Joseph, a recommandé vendredi la mise en accusation du Président Michel Martelly, du Premier ministre Laurent Lamothe et du ministre de la justice, Jean Renel Sanon, coupables de « parjure », selon les conclusions du rapport d’enquête, a appris en exclusivité Radio Kiskeya de sources parlementaires.

Le document a été remis en début d’après-midi au président de la Chambre basse, Jean Tholbert Alexis.

Il y a deux semaines, une commission sénatoriale enquêtant sur le même dossier avait abouti à des recommandations similaires, provoquant un lever de boucliers des élus proches du pouvoir qui, depuis, paralysent le fonctionnement de la Chambre haute afin d’empêcher la tenue d’une séance plénière sur cette affaire explosive, extrêmement embarrassante pour le chef de l’Etat et son régime.

Les commissaires de la Chambre basse, qui ont finalement rendu leur verdict au bout de maintes péripéties, accusent les principaux représentants de l’Exécutif d’avoir harcelé le juge Joseph en le soumettant, deux jours avant sa mort, le 13 juillet, à des pressions insupportables. Il leur est également reproché d’avoir entrepris une campagne mensongère en niant en bloc les faits qui se seraient passés lors d’une réunion secrète, tenue le 11 juillet au cabinet de Me Gary Lissade, ex-ministre de la justice et conseiller juridique du Président de la république.

Outre le jugement par devant la haute cour de justice de MMM. Martelly, Lamothe et Sanon, la commission d’enquête a également recommandé des poursuites judiciaires contre Me Lissade et le doyen du tribunal civil de Port-au-Prince, Me Raymond Jean-Michel. Ce dernier est accusé d’avoir conduit le défunt magistrat à cette rencontre où l’ordre lui aurait été intimé de mettre fin rapidement aux poursuites judiciaires engagées contre la famille présidentielle, objet d’une plainte pour corruption présumée. spp/Radio Kiskeya

http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article9726

 

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Publié par Hermann H Cebert


Quand Israël impose la contraception à ses Éthiopiennes :Les Israëliens font la discrimination etdu nettoyage ethnique contre les noirs

21 août 2013

Par

Le mystère est enfin levé sur l’étonnante baisse de 50 % du taux de fécondité des Juifs éthiopiens d’Israël depuis 2000. Après cinq années de démentis successifs, le gouvernement israélien a admis qu’il avait instauré un système de contraception des femmes immigrées d’origine éthiopienne avant leur arrivée en Israël. L’affaire a fait grand bruit en décembre dernier, après la diffusion par la télévision israélienne d’un reportage dans l’émission d’éducation Vacuum.

Trente-cinq immigrées éthiopiennes y affirment avoir été forcées d’accepter, il y a huit ans, une injection de Depo-Provera, un agent contraceptif de longue durée, au risque de ne pas être autorisées à pénétrer sur le territoire israélien. « Ils nous disaient qu’il s’agissait d’un vaccin », raconte une femme interrogée par la journaliste Gal Gabbay, rapporte dimanche le quotidien israélien Haaretz. « Ils nous disaient que les gens qui ont beaucoup d’enfants souffrent. » « Nous leur disions que nous ne voulions pas l’injection », affirme de son côté Emawayish, une autre Éthiopienne.

« Nous étions effrayées » (immigrée éthiopienne)

« Ils nous répondaient que, si nous n’en voulions pas, nous n’irions pas en Israël. Et que nous ne serions pas autorisées non plus à accéder au bureau du Joint [American Jewish  Joint Distribution Committee, la plus grande organisation humanitaire juive, NDLR] et que nous ne bénéficierions pas d’aides ou de soins médicaux. Nous étions effrayées, insiste-t-elle. Nous n’avions pas le choix. » D’après le reportage, l' »opération » avait lieu dans des ateliers situés dans des camps de transit. La pratique était ensuite répétée tous les trois mois après l’arrivée des femmes dans l’État hébreu.

Des accusations qui, en décembre, ont été formellement démenties par le Joint. D’après l’organisme, cité par Haaretz, les ateliers de planning familial faisaient partie des services fournis aux immigrants afin de leur apprendre à espacer les naissances d’enfants. « Nous ne leur conseillons pas d’avoir de petites familles », affirmait à l’époque le Joint. « C’est une question personnelle, mais nous les informons de cette possibilité. »

Volte-face

Même son de cloche du côté du ministère israélien de la Santé, qui jure, en décembre, « ne pas recommander ou ne pas essayer d’encourager l’usage du Depo-Provera ». Toutefois, le ministère ajoute que, si ces injections ont réellement été administrées, cela s’est fait sans son consentement. La diffusion du reportage a en tout cas provoqué l’ire de l’Association pour les droits civiques en Israël (ACRI), qui, dans une lettre, a demandé la « fin immédiate » des injections et le lancement d’une enquête.

Six semaines plus tard, le professeur Roni Gamzu, directeur général du ministère de la Santé, intime l’ordre de mettre un terme à la pratique, a révélé Haaretz. Dans une directive officielle, il demande à tous les gynécologues du pays de « ne pas renouveler les prescriptions de Depo-Provera pour les femmes d’origine éthiopienne ou d’autres femmes qui, pour toutes sortes de raisons, ne comprennent pas les implications de ce traitement ». Le ministère souligne néanmoins que cette consigne « ne constitue pas une prise de position ni un constat des faits » à propos de cette contraception forcée.

Discriminations

Pour le porte-parole de l’ACRI, Marc Grey, cette lettre constitue « un aveu important que ce phénomène a bien existé ». Une mauvaise publicité dont l’État hébreu se serait bien passé. Lui qui a déjà été épinglé en 2012 pour ses campagnes haineuses d’expulsion de réfugiés africains ne l’avait pas été jusqu’ici concernant les Juifs falashas (ou Beta Israël), et donc citoyens israéliens. Longtemps coupés des autres communautés juives, les Juifs d’Éthiopie n’ont été reconnus comme tels qu’en 1975 par le gouvernement israélien. Celui-ci a organisé, notamment dans les années 1980 et 1990, deux vastes opérations de rapatriement, permettant à 35 000 d’entre eux de s’installer en Israël.

D’après l’AFP, ils seraient aujourd’hui plus de 120 000, dont 80 000 sont nés en Afrique, mais nombreux sont encore ceux à devoir affronter d’énormes différences culturelles et des discriminations au sein de la société israélienne.

http://www.lepoint.fr/monde/quand-israel-force-ses-ethiopiennes-a-la-contraception-30-01-2013-1622050_24.php

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Publié par Hermann H Cebert


Rapport de la Commission spéciale

10 août 2013

Haïti-Parlement-Justice

Affaire Jean Serge Joseph : La commission d’enquête sénatoriale recommande la mise en accusation du chef de l’Etat, du Premier ministre et du ministre de la justice

Accusant Michel Martelly, Laurent Lamothe et Jean Renel Sanon d’avoir commis un « crime de haute trahison », les commissaires, qui devaient soumettre jeudi après-midi leur rapport à l’assemblée des Sénateurs, confirment la tenue de la fameuse réunion du 11 juillet et demandent le limogeage du doyen du tribunal civil de Port-au-Prince, Raymond Jean-Michel, suivi de poursuites judiciaires

Publié le jeudi 8 août 2013

La commission sénatoriale spéciale chargée d’enquêter sur le décès suspect du juge Jean Serge Joseph a recommandé la mise en accusation du Président Michel Martelly, du Premier ministre Laurent Lamothe et du ministre de la justice, Me Jean Renel Sanon, accusés tous trois de « crime de haute trahison » et d’avoir menti à la nation, selon les conclusions du rapport final de la commission consulté par Radio Kiskeya.

Dans ce document qui devait être transmis au bureau du Sénat jeudi après-midi lors d’une séance en assemblée, les enquêteurs ont clairement établi que, contrairement aux déclarations des plus hautes autorités haïtiennes et de leurs collaborateurs, le 11 juillet dernier, le défunt magistrat avait été conduit à une réunion aux allures de convocation, au cabinet de Me Garry Lissade, conseiller présidentiel.

En charge du dossier des graves accusations de corruption dont font l’objet l’épouse du chef de l’Etat, Sophia Martelly, et son fils Olivier, Joseph s’étai vu intimer l’ordre de bloquer immédiatement la procédure judiciaire enclenchée au tribunal correctionnel de Port-au-Prince, lit-on dans ce rapport accablant également pour le doyen tribunal civil de Port-au-Prince.

En raison des lourdes responsabilités présumées de Me Raymond Jean-Michel dans cette affaire, il est demandé sa révocation et des poursuites judiciaires à son encontre. spp/Radio Kiskeya

Témoignage Exclusif de Rachel Acéla Joseph, veuve du Juge Jean Serge Joseph, au micro de Marvel Dandin

 

Intro et Mise en contexteLes Faits

: que s’est

-il passé au juste ?a)

 

Qui a vu ? Qui a entendu ?b)

 

Qui a fait quoi

? Qui n’a pas fait quoi

? Analyse des Données

collectées à partir d’auditions de témoins etd’acteurs

 Interprétation des faitsRecommandationsa)

 

D’ordre général

 b)

 

D’ordre spécifique

 Conclusions

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le samedi 13 Juillet 2013, vers les 20 heures, est survenu à
l’ 
hôpital BernardMevs dans la commune de Delmas, la mort du juge Jean Serge Joseph, magistrat
en charge du dossier de l’ 
enquête
sur l’ 
épouse et le fils du président de laRépublique, tous deux accusés de corruption, de concussion, de détournement
de biens publics et d’usurpatio
n de fonction. En effet, le juge y a été transportépar les soins de sa famille vers les 3 heures le même jour dans un état jugé parles responsables du centre hospitalier de non coopérant, ce qui sous-entenddans le jargon médical un état comateux, un état
d’inconscience. Pass
é la phasede triage, le patient a été admis par le docteur Linda Théodore, urgentiste enrotation ce soir-là, qui a immédiatement requis les services du docteur BarthGr
een, un professeur de l’ 
Université de Miami qui, dans le cadre du partenariatexistant entre le centre hospitalier Bernard Mevs et le centre universitairefloridien, assurait la rotation ce soir-là. Le malade a été pris en charge, examiné,et les soins que requérait son cas lui ont été prodigués, selon les indications dudossier médical du patient Jean Serge Joseph.Le diagnostic auquel les médecins sont parvenus à
la suite d’un test au scanner
réalisé sur place mais interprété par un groupe de médecins travaillant ensynergie, tant en Haïti
qu’en Floride,
a révélé une hémorragie massive au niveau
de l’ 
hémisphère droit du cerveau, ce qui a provoqué une hémiplégie gauche.
L’imagerie produite par le test au scanner a été communiqu
é au docteur ArielHenry, neurochirurgien affilié à
l’ 
hôpital Bernard Mevs. Le médecin a décidé
d’ 
opérer immédiatement
sur la base de l’image
rie qui lui a été communiquée,mais quand il est arrivé à
l’ 
hôpital et a vu le patient face à face, et communiquéavec les médecins
qui s’en
étaient chargés avant lui, il a changé
d’avis et
préféréattend
re que selon la pratique le sang coagule avant d’ 
opérer, car la source du
saignement n’avait pas pu
être identifiée.
Le patient a été maintenu sous observation jusqu’à ce que le docteur Green ait
annoncé à la famille que le cas du juge ne leur laissait qu
e très peu d’espoir.L’événement le plus redoutable est arrivé, le soir du même jour, vers les 20
heures, le juge Jean Serge Joseph a succombé des complications de son accidentvasculaire cérébral.Ce décès pour le moins suspect a soulevé un véritable émoi au niveau de toutela nation, et certains secteurs ont immédiatement mis en cause la responsabilitéde
l’administration Martelly
Lamothe dans l’explication de ce
décès. Les rumeursde toutes sortes on laissé
entendre qu’une certaine
réunion à laquelle le jugeaurait été convoqué et à laquelle auraient participé et le président de laRépublique, et le Premier ministre, et le ministre de la justice ; et pendantlaquelle des pressions indues auraient été exercées, et des menaces déplacéesauraient été proférées seraient à la base des troubles qui auraient conduit chezle juge Joseph a un accident vasculaire cérébral. La nation a été bouleversée et
l’est encore. Des explications sont
exigées et des enquêtes réclamées tant par
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

des citoyens s’exprimant en leur nom propre et au nom de leur attachement
à ladémocratie, que par des organisations de la société civile se positionnant au nomde leur mission de défense des droits et libertés de la personne, et aussi tant parl
es partis et organisations politiques s’insurgeant contre une possible menace
à
l’ 
indépendance de la justice
, a l’ 
équilibre des pouvoirs publics, et aussi contreune possible atteinte aux acquis démocratiques, et enfin un possible péril de
l’ 
état de droit en Haïti.Le Senat de la République a attendu trois jours durant pour voir si la justice se
serait saisie de l’affaire. Le constat ayant été
négatif 
, au cours d’une
conférencedes présidents
de commissions a l’extraordinaire, et sur la demande du
présidentde la commission Justice et Sécurité publique et du président de la commissionDroits Humains et Anti-Corruption du Senat, une résolution a été adoptée a laséance en assemblée plénière qui a suivi la conférence des présidents. Ainsi, endate du 17 Juillet 2013, une commission spéciale
d’ 
enquête a été formée dessénateurs :
 
Pierre Francky EXIUS
, président de la Commission Justice et Sécuritépublique ;
 
Westner POLYCARPE
, président de la Commission Sante Publique etPopulation ;
 
François Anick JOSEPH
, président de la Commission Intérieur etCollectivités Territoriales ;
 
Steven Irvenson BENOIT
, premier secrétaire du Bureau ;
 
et
Joseph Joël JOHN
, deuxième secrétaire du Bureau.
Cette commission spéciale d’enquête a pour mission
de faire le jour sur lescirconstances ayant entouré la mort du juge Jean Serge JOSEPH. Cettecommission bénéficiait
d’une
période de huit (8) jours ouvrables pour enquêteret produire son rapport. Aussi, dès la fin de la séance, cette commission
s’est
-ellemise au travail, élisant en son sein un président (François Anick JOSEPH) et unrapporteur (Westner POLYCARPE). La méthode de travail a donc étéimmédiatement adoptée et un agenda bâti. Une correspondance a été adresséeau président du sénat
lui demandant d’adresser des correspon
dances a certains
dignitaires de l’Etat afin qu’ils se rendent disponibles pour rencontrer les
membres de la commission. Les travaux de la commission ont débuté dès le
lendemain avec des séances d’audition de témoins et de collecte de données
documentaires.
Les Faits
1.- Tout a commencé le jeudi 16 Octobre 2012, quand Maitre Newton Louis SaintJuste a adressé une lettre au Parquet de Port-au-Prince pour dénoncer des actesque le dénonciateur qualifie de corruption. Le dénonciateur basait son accusation
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

sur le fait que l’épouse du président (Madame Sophia Saint Remy Martelly) et
son fils (Olivier Martelly) présidait chacun une commission présidentielle quidisposait de grands fonds issus des caisses du trésor public. Cela a causé uncertain émoi dans les
medias de la capitale car, c’était la première fois qu’uncitoyen osait s’aventurer sur ces sentiers non encore explorés par les bâtisseurs
vertueux de la démocratie.2.-
Cela ne devait pas s’arrêter la, car le commissaire du gouvernement près le
Tribunal de Première instance de Port-au-Prince allait convoquer Maitre SaintJuste aux fins de fournir plus de détails sur sa dénonciation. Aussi Maitre SaintJuste a-t-il répondu à cette convocation du commissaire du gouvernement levendredi 24 Aout 2012. Le dénonciateur ayant été entendu, le commissaire du
gouvernement a décidé séance tenante de classer l’affaire sans suite.
3.- Quelques jours plus tard, soit le samedi 1
er
Septembre 2012, Monsieur Joseph
Guyler C. Delva, secrétaire d’Etat a la communication a pu
être entendu sur les
ondes de Radio Quisqueya, précisant avec un brin de certitude, que l’argent quedépensaient l’épouse du président de la République Madame Sophia Saint Remy
Martelly et son fils Olivier Martelly provenait de dons du secteur privé.4.- La famille présidentielle allait contre-attaquer quand le lundi 3 Septembre2012, par le biais de son avocat Maitre Reynold Georges, elle annonçait sa
volonté d’intenter une action en diffamation contre Maitre Newton Saint Juste.L’avocat a précisé qu’aux termes de l’article 196 du Code civil haïtien, les époux
se supportant mutuellement, le président avait le droit de passer des ressourcesa son épouse.5.- Le lendemain, soit le mardi 4 Septembre 2012, Maitre Saint Juste revient a lacharge en adressant une nouvelle correspondance au commissaire du
gouvernement pour suggérer qu’il y avait lieu d’ouvrir une enquête judiciaire sur
la base des déclarations de Maitre Georges, car de telles déclarations pouvaientêtre considérées comme preuve de la concussion dont il faisait état. Dans cette
même lettre, Maitre Saint Juste fait une nouvelle dénonciation d’usurpation de
fonction, infraction punissable par la loi haïtienne.6.-
L’affaire devait par la suite prendre corps au point d’avoir une existence
propre a elle-même. La famille présidentielle, selon tous les indices disponibles et
découverts, a mis en branle toutes les garnisons qu’elle avait
à sa disposition
pour essayer d’étouffer l’affaire ou même de la noyer. Aussi des pressions
avaient-elles été exercées sur le commissaire du gouvernement de Port-au-
Prince Maitre Jean Renel Senatus pour qu’il procède
à
l’arrestation de Maitre
Saint Juste, pour injures à
la présidence et diffamation. Maitre Senatus n’a pas
pu résister aux pressions qui selon ses propres termes ont été exercées sur lui

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

par le ministre de la justice Maitre Jean Renel Sanon. Il a démissionné de sonposte le 26 Septembre 2012.7.- Le Octobre 2012, le ministre de la justice a répondu à une invitation de lacommission justice et sécurité publique du sénat. Il a, au cours de cette réunion,nié toutes les allégations du commissaire du gouvernement.8.-
L’affaire a connu entre temps une certaine accalmie jusque vers la troisième
semaine de janvier, soit le 22 Janvier 2013 quand un citoyen répondant au nomde Enold Florestal fait une citation au correctionnel pour usurpation de fonction.
Cette action vise l’épouse et le fils du président, respectivement Madame Sophia
Saint Remy Martelly et Olivier Martelly. Monsieur Florestal constitue Maitres André Michel et Newton Louis Saint Juste comme avocats.9.-
Le 19 Mars 2013, l’affaire a effectivement démarré au palais de justice de
Port-au-Prince quand le tribunal est officiellement lie. Le juge Jean Serge Joseph
est en charge de l’affaire et a décidé de
la reporter à la huitaine.10.- A la huitaine, les avocats Michel et Saint Juste ne se présentent pas. Le juge
fait une sommation d’audience au 14 Mai 2013. Les avocats ne se présententtoujours pas, l’affaire est reportée au 21 Mai 2013. A cette date, le
juge Joseph aprononcé un jugement avant-
dire droit reportant l’affaire au 11 Juin, suivi d’un
autre report au 18 Juin 2013.11.-
Le mardi 18 Juin 2013, l’affaire est entendue, mais la plaidoirie se déroule
autour des vices de forme contenus dans le juge
ment du juge Joseph. L’affaire
est alors à nouveau reportée au mardi 02 Juillet 2013.12.- Ce mardi-
là, l’affaire est à nouveau entendue par devant le juge Jean Serge
Joseph. A cette occasion, les avocats Newton Louis Saint Juste et André Michelplaident et demandent au tribunal de citer comme témoins à comparaitre des
grands commis de l’Etat tels le premier ministre, le ministre des finances, etc. Le
tribunal rend un jugement avant-dire droit dans lequel il sollicite le commissaire
du gouvernement qu’il obtienne du président de la République l’autorisation pour
ces grands commis de
l’Etat de comparaitre par devant le tribunal correctionnelaux termes de l’article 400 du Code d’instruction criminelle.
13.-
Mais l’avocat de la famille présidentielle n’encai
ssera pas le coup. Ilinterjette appel dès le 08 Juillet 2013. Le commissaire du gouvernement fait de
même. Le texte de l’appel précise qu’ils ont demandé à la cour d’appel de Port
-au-
Prince de revenir sur ce jugement pour ‘torts et griefs causes a la fami
lle
présidentielle par cette décision’.

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

14.- Le mardi 09 Juillet 2013, le doyen du tribunal de Première instance de Port-au-Prince Maitre Raymond Jean Michel prend le juge Jean Serge Joseph dansson véhicule de service et se rend avec son passager selon le doyen lui-même aurestaurant Table de Cajus au Champ de Mars pour discuter quinze ou vingt
minutes durant d’une question simple. Selon le doyen, le juge voulait seulement
savoir si le pouvoir exécutif exerçait des pressions contre lui.Mais selon les récits confies par le juge a plusieurs de ses amis et acquaintances,
c’est plutôt le doyen qui l’a amené à rencontrer l’avocat de la famille
présidentielle au cabinet de Maitre Gary Lissade.15.- Rentré de Washington en toute urgence, rappelé selon ses dires par legouvernement, Monsieur Léon Charles rencontre Monsieur Enold Florestal le
mercredi 10 Juillet 2013, et lui propose d’abandonner la poursuite, de laissertomber l’affaire, de retirer sa plainte contre la famille présidentielle. Monsieur
Florestal refuse. Devant son refus, Monsieur Charles fait monter les enchères etappelle au téléphone le premier ministre Monsieur Laurent Lamothe. Celui-cientretient Monsieur Florestal pendant quelques minutes. Il lui propose en outre
un poste à l’extérieur du pays et de l’argent pour qu’il se décide à abandonner la
poursuite initiée contre la famille du président.16.-
Le juge Jean Serge Joseph confie à son ami le juge Morin qu’il a été invite
par le doyen a rencontrer de très hautes personnalités du gouvernement autour
de l’affaire initiée contre la famille présidentielle et dont il avait la charge. Le jugeMorin lui conseille de ne pas s’y rendre. Plus tard, il revient dire au juge Morinqu’il en a parlé à son ami et conseiller Maitre Samuel Madistin qui lui a dit
 
qu’ilpouvait s’y rendre mais qu’il n’avait aucune concession a faire. Le juge Morin
hausse les épaules et ne dit plus rien.17.- On est le jeudi 11 Juillet 2013, les services de météorologie avaient annoncé
un cyclone et l’alerte rouge a été déclarée le
 jour précédent. Les travaux des
cours d’assises dans la région métropolitaine avaient été momentanément
suspendus. Ce jeudi, les locaux du palais de justice de Port-au-Prince avaient étépratiquement presque vides. Mais le juge Jean Serge Joseph qui aux dires de sespairs ne rate presque jamais un jour de travail était venu sur les lieux. Comme il
avait remarqué qu’il n’y avait presque pas d’activités, il est retourne chez lui
àCabaret. Vers 12h30, il est en conversation au téléphone avec son épouse quand
le doyen qui n’arrêtait pas de l’appeler au téléphone appelle a nouveau. Il
renvoie son épouse pour répondre au doyen qui lui dit (selon les témoignages
concordants et de l’épouse du juge et du doyen) avoir besoin de lui. Le juge
Joseph demande que le doye
n lui accorde une heure pour qu’il le rejoigne. Arrive
au palais de justice, le juge Joseph gare son véhicule dans les parages duparquet et continue a longer a pied la cour du palais vers le sud pour rejoindre le
doyen qui l’attend déjà dans son propre vé
hicule en marche. Le juge était

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

accompagné de son agent de sécurité, l’officier de police Johnny Pierre et de son
cousin et confident Berlens Joseph plus connu sous le sobriquet de Ti Sourit. Ledoyen instruit le juge de laisser là ses accompagnateurs car
lui n’avait personne
avec lui. Au moment de démarrer, le juge plaisante au huissier Figaro : « Tu asvu avec qui je suis sorti.» Il était près de 15 heures et le véhicule du doyen file
vers l’est de la capitale. Destination
: selon le doyen, le même restaurant demardi (Table de Cajus) ; selon les récits confies par le juge a son épouse, ses
amis et acquaintances, le cabinet d’avocat de Maitre Gary Lissade.
18.- Vers 19h, le véhicule du doyen revient avec les mêmes occupants : le doyenJean Michel et le juge Joseph. Le juge qui est déposé là ou son véhicule
l’attendait (sur la cour du Parquet) ordonne à son cousin de transférer un sac de
riz de son véhicule à celui du doyen. Ce qui est vite fait. Au moment de vider les
lieux, le doyen s’enquiert
: « Qui est en charge de la sécurité du juge ?» Et
Johnny Pierre répond par l’affirmative. Alors le doyen lui confie
: « Juj la nanmen w.» Et le juge rentre chez lui, selon ses proches visiblement paniqué.19.- Rentre chez lui, le juge appelle son épouse comme il le lui avait promisavant son départ pour la réunion. Le juge Joseph explique alors à son épouse
qu’il ne peut lui faire un compte rendu de la réunion par téléphone car il a des
suspicions que son téléphone est sous écoute. Il promet à
son épouse d’aller
emprunter un autre appareil de téléphone afin de lui raconter de fil en aiguille larencontre.20.- Le vendredi 12 Juillet 2013, le juge, comme a son habitude se rend aupalais de justice. Il retient tous ceux qui passent devant son bureau pour leurexplique
r sa mésaventure d’hier soir. Il pousse dans son bureau le juge Morin etlui raconte ce qui s’est passe, va au bureau du juge Saint Vil et lui racontel’histoire, le juge Surpris pénètre dans les bureaux du juge Saint Vil, il lui raconte
aussi la même hist
oire. Mais le juge Surpris le prend a partie pour s’être rendu àune réunion inopportune et pour ne pas avoir averti d’avance ses amis juges. Ilprend dans son bureau Madame Ketly Julien de l’organisation IMED et lui racontel’histoire, celle
-ci lui propos
e de revenir pour enregistrer l’histoire le lendemain.L’avocat Madistin auquel il avait parlé plus tôt de la question revient à sonbureau et juge Joseph lui explique comment la réunion s’était déroulée.
 21.- Ce même vendredi 12 Juillet 2013, Madame Ketly
Julien de l’IMED s’était
rendue au bureau du doyen Jean Michel accompagnée de Madame Jacqueline
Charles du Miami Herald. Cette visite devait permettre à Madame Charles d’avoir
une entrevue avec le doyen afin de rendre compte des problèmes du Tribunal deP
remière Instance, des juges d’instruction, et de l’accompagnement de l’IMED autribunal. Selon Madame Julien, cette entrevue n’a duré que vingt minutes. Selonle doyen, elle aura duré deux heures. L’important dans tout cela, c’est que le
doyen a raconté à
la commission sénatoriale d’enquête que pendant tout ce

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

temps-
là, le juge Joseph n’arrêtait pas de venir a son bureau. Chaque fois, il était
occupé et ne pouvait recevoir le juge. Selon le doyen, le juge se serait présentéà son bureau sept ou huit fois de suite. Au bout du compte, le juge est parti en
demandant au doyen de l’appeler et lui passant un numéro de téléphone, avec laprécision qu’il s’agit d’un numéro de Natcom que tous n’avaient pas à leurdisposition et que c’est le numéro qu’il utilisait po
ur appeler son épouse.22.-
Le doyen n’a pas appelé le juge ce soir
là. Le juge s’est rendu à l’Estèrepuisqu’il avait rendez
-vous avec son épouse pour ramener celle-ci a Port-au-
Prince le même soir. C’est l’épouse qui prend l’initiative et demande au jug
e son
époux de lui raconter ce qui s’était pass
é à la réunion du jeudi. Il fait un récitexhaustif à
son épouse de la teneur de la réunion, de l’identité des participants
et de leur prise de position.23.-
 Vendredi soir, le juge Joseph est rentre de l’ 
Estère ramenant avec lui sonépouse Rachel (qui devait répondre a un rendez-vous chez un dermatologue), sa
fille de 11 ans Jessica, boss Fito (un plombier qui était parti avec lui a l’ 
Estère
aux fins d’ 
évaluer
les couts d’un travail a
réaliser), et Berlens Joseph son angegardien. Ce soir-là, tout semblait calme et rien ne prédisposait quiconque àappréhender
l’ 
événement fatal qui allait survenir quelques heures plus tard.24.- Vers les deux heures le samedi 13 Juillet 2013, Rachel est tirée de sonsommeil par le bruit de quelque chose qui tombe. Elle regarde dans la directiondu bruit et voit son mari Jean Serge Joseph essayer de ramasser un récipientdans lequel il pissait. Le récipient tombe une seconde fois. Alors Rachel vole ausecours de Jean Serge en prenant elle-même le récipient
et le tenir pour qu’il
pisse. A ce moment, Jean Serge trébuche et Rachel le retient de son bras droit.Elle lui pose une question à laquelle il ne pouvait répondre
. Il n’avait plus l’usage
de sa langue. Rachel appelle Berlens qui descend dans la chambre ou se
trouvaient le couple et l’enfant. Berlens
reçoit
l’ordre d’aller chercher de l’aide
auprès du propriétaire de la maison. Il revient avec une réponse négative. Rachel
lui intime l’ordre de rester avec Jean Serge pendant qu’elle partait chercher le
propriétaire. Elle le trouva aussitôt sortie dans la rue, et les deux sont allés
chercher de l’aide
auprès des policiers cantonnes au commissariat de Cabaret.Les policiers viennent avec Rachel et le propriétaire et aussitôt embarquent JeanSerge dans le véhicule
de la police qui n’avait pas assez de carburant pour le
trajet, et Jean Serge a été descendu du véhicule de la police pour êtreréembarqué dans son véhicule de service. Il est conduit à
l’ 
hôpital Bernard Mevsou il a été pris en charge.25.- Le fait le plus brut qui ressort de tous les récits et que tous les témoins ont
rapporté, c’est que le juge Joseph avait été visiblement paniqué et qu’il était aux
dires de certains au bord de sombrer dans une quelconque dépression. Il étaitagité et demandait conseil à tous. Mais il avait une décision arrêtée
selon ce qu’il

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

avait confié à certains: celle de siéger à nouveau le mardi 16 Juillet 2013 pour
entendre l’affaire et se dessaisir comme dit
-il on le lui avait demandé. Par lasuite, il démissionnerait et quitterait le pays.
RESUME DES AUDITIONS
 
Berlens Joseph
,
homme de confiance du Juge Jean Serge Joseph,
quiaurait aussi été entendu par le RNDDH, quatre juges de la CSPJ, et autres entitésdans le cadre de
l’enquête, est né le 19
-10-1988. Il accompagne toujours le juge dans son véhicule, dans son appartement à cabaret et dans sa maison, à
l’Estère. Berlens (alyas Ti Sourit) déclare:” se denpi nan lane 1999 mwen konnen
 jij la. Li voye m lekòl, mwen rann li sèvis, mwen t ap jere yon sibèkafe pou li,
enpi li vin mande m pou m akonpanye l lè l ap monte potoprens… Abitid jij la,
nan jou travay, se soti bò 6 zè nan maten li ale nan biwo, jis rive 4-5 kèapremidi. Li pa janm dòmi pòtoprens, se kabarè li dòmi. Se jij la ki toujou kondimachin li, li pa gen chofè.Souvan se ak Mèt Madisten l ap pale sou konsèy kòman pou l abòde dosye kikonsènen madanm ak pitit Michèl Mateli, ansanm ak minis yo ki dwe parèt nantribinal.Nan jedi 11 jiyè 2013 nan maten, jij Sèj te nan tribinal la, li di fòk li ale kabarè,enpi li dwe mande madanm li otorizasyon pou l al rankontre ak minis jistis lamenm jou apremidi a. Dwayen an rele jil Sèj bò 2 zè apremidi konsa pou yo pranrandevou nan pakè a. Rive nan pakè a, machin dwayen an pa gen ni chofè, nisekirite, li gen yon kòstim ble sou li, yon chemiz blan ak yon kòl wouj. Motèmachin dwayen an te deja ap mache. Dwayen an, se yon moun ki pale soupwent lang. Machin dwayen an, se yon Nisann patwòl blan ak vit tente. Dwayenan di Sèj, li pa bezwen ale ak sekirite, l ap monte nan machin dwayen an. Li te
bò 3 zè, 3 zè edmi nan apremidi… Lè yo deplase, gen 2 lòt machin ki derape
dèyè yo.Lè yo retounen bò 6 zè apremidi konsa, jij Sèj mande m pou m pran diri a ki tenan machin li pou m mete l nan machin dwayen an. Diri a se 10 mamit nan yonsak angrè jo n, ki make agro-sèvis. Pandan nou sou wout pou ale kabarè, mtande jij Sèj pale ak mèt Madisten. M tande jij Sèj di l ap retounen kanada. Li dimèt Madisten se nan biwo mèt Gari Lisad li te rankontre ak otorite yo. M tande lsite non minis jistis la Jan Renèl Sanon, prezidan Mateli, premye minis la LoranLamòt ak yon lòt mesye ankò ki te nan rankont la. Lòt mesye a, se yon mèt, mpa sonje non l. Sou wout la, pandan plizyè fwa telefòn jij Sèj sonnen, m tande ldi dwayen, kòmkwa se ak dwayen an l ap pale.

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

Lè l rive aswè menm jedi a, li di m al achte gatorèd pou li ak yon galon dlo.Pandan lannuit la, li pa janm ka dòmi, li gentan bwè tout galon dlo a, li di m lisanti vant li cho.Nan vandredi 12 jiyè 2013, nan maten, Jij Sèj di m dwayen an di l bezwen l ijan.Pat gen tribinal jou sa lakòz tanpèt Chantal. Lè jij Sèj rive nan tribinal la, li finpale ak dwayen an, m wè jij Sèj rele plizyè lòt jij pou l pale ak yo, tankou: jijLama Belizè, jij Wilnè Moren, jij Bèj O. Sipri, majistra Yanik. Li pale ak yonmadanm ki pa jij, m tande l rele l Keti ou byen Ketli.Li te bò 2 zè apremidi jij Sèj di nou prale kabarè, soti kabarè pou n ale lestè. Lènou rive lestè, li pran madanm li, pitit li Jesika pou nou retounen kabarè, paske jij Sèj te di l pral mennen madanm li kay doktè samdi13 jiyè 2013 nan maten.Pandan lannuit la, mwen pa dòmi nan menm chanm lan ak Sèj, se Jesika pitit fiyli a, ki gen 11 lane, ki vin rele m nan chanm kote m ap dòmi an, bò inè di matenpou l di m papa l malad. Lè m desann jij Sèj di m l ap mouri, li pa ka pale byen, lap pèdi langaj li, li poupou sou li, li pipi sou li, li sye anpil, zye l koule dlo, li di lpa wè byen, li wè doub, li eseye pran papye pou l ekri, li pa ka ekri, men l lage, livin pèdi konesans. Madanm li gentan fè demach machin lapolis. Lapolis di yo pagen gaz nan machin yo, se nan machin jij Sèj nou blije monte, se pote nou pote jij Sèj ki kontinye poupou sou li, li vomi nan machin li, sou tout rad li ak sou radnou k ap pote l la. Nou te prale ak li nan lopital Petifrè, men polisye a di lopitalBèna Mez pi pre. Nou rive nan lopital la bò 2 zè edmi dimaten. Yo konsilte l, yofè analiz pou li. Se sèl souf jij la k ap monte. Apre yo fin fè analiz la, yo di l pralmouri. Se bò 7 tè edmi nan aswè jou samdi 13 jiyè 2013 la jij la mouri nan lopitalBèna Mez. Apre lanmò a, fanmiy lan deside pran mò a pou n rantre ak li lestè
pou n mete l nan mòg “Merite”.
M pa konnen ki kote mò a ye konnyè a.
Ketly Julien, responsable de IMED
, a rencontré la Commission vers 11h30du matin le 19-07-
2013. Elle déclare:” Nan kad apui ak kabinè enstriksyon yo
pou yon òganis founi materyèl biwo ak sèvis entènèt, mwen te twouve m nantribinal premye enstans pòtoprens la jou vandredi 12 jiyè 2013 bò midi edmikonsa. Jij Sèj te nan kare dwayen an, lè m kwaze ak li. Lè m gade l, li di m libezwen m ijan, jodya menm. Mwen al fè ti pale ak li nan koulwa a. Mwen di l: mpa konprann vizaj ou, sanble w malad, ou merite yon ti repo. Mwen wè vizaj liblèm, tankou yon moun ki fatige anpil. Mwen di l m pa ka rete. Li ensiste, li di mse jodya pou n pale. Mwen di l m ap retounen pita. Efèktivman mwen retounen,li te deja bò 2 zè edmi nan apremidi menm jou vandredi 12 jiyè a nan biwo jijSèj. Grefye a te absan. Li di m te gen yon premye rankont nan semenn lan pouplanifye yon lòt rankont ak minis jistis la nan biwo mèt Gari Lisad. Mwen reponnli: m pa kwè w te ale nan rankont la Sèj. Li di m: pitit, m nan ka, se bagaylanmò. Li di m, se pa sèlman mèt Gari Lisad ki te nan rankont la ak minis jistis la.Te genyen tou prezidan an Michèl Mateli, ak premye minis la Loran Lamòt. Li di

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

se premye fwa m twouve m nan sitirasyon parèy. Li di pandan Michèl Mateli appale ak li, li fè eksprè krache ki soti nan bouch Mateli ap tonbe sou vizaj mwen,enpi l ap pase dwèt li devan vizaj mwen pandan l ap fè m menas, ak tout kalitepawòl pou eseye imilye m. Jij Sèj kontinye pou l di m, li eseye eksplike yo dosyea pa nan men l ankò, men yo egzije l pou l mete bout nan dosye a pou pita madi16 jiyè 2013 la. jij Sèj rakonte m, se sèlman mèt Gari Lisad ki te yon ti jan pranpitye pou li, apre sa, tout lòt yo te agresif ak li. Pou sa ki konsènen Mateli, li temechan ak anpil move pawòl. Alòs mwen menm Ketli, mwen mande jij Sèj,kòman li te fè ale nan rankont la. Li reponn mwen, se Dwayen Remon Jan-Michèlki te konseye l, ki te akonpanye l, enpi se nan machin dwayen an ansanm ak dwayen an li te ale. Enpi li di m: Ketli, m santi m ka mouri. Gen bagay ki pi gravtoujou, Se lòd yo pase dwayen an ki dakò pou dosye a fini madi 16 jiyè 2013. Sèjkontinye pou l di: Alò, m t ap gade kòman m te ka kontoune kesyon an, pou m
te ka mande moun yo, kidonk ‘Sofya ak Olivye Mateli, ansanm ak Minis yo pou
yo ta desann nan tribinal la pou m ta fè yo peye amand si yo pa vini, enpi m tachèche yon jan pou depoze dosye a. Alò, mwen Ketli, m pwopoze jij Sèj, pou mekri tout deklarasyon l yo sou papye, mwen antann ak li m ap anrejistre l, m ap
filme l enpi pou m gaye dosye a nan laprès pou pwoteksyon l…. Li dakò
. Noupran randevou pou m pase lakay li lestè jou samdi 13 jiyè 2013 bò 8 tè nan
maten….. Anvan lè samdi 8 tè maten rive, mwen rele Jij Sèj, se yon dam ki
reponn pou di Jij Sèj malad, li lopital. Alò mwen rele dwayen Remon Jan Michèl.Li pa reponn. Mwen rele l ankò, li pa reponn. Se jis dimanch 14 jiyè 2013dwayen an rele m pou l di se legliz li te ye, se sa ki fè l pat ka reponn. Mwen toupwofite di dwayen an, jij Sèj te gentan di m se li menm dwayen an ki te òganizerankont la, enpi se li menm dwayen an ki te akonpanye Sèj nan rankont la.Dwayen an pa reponn anyen. Li pito pale de dosye materyèl biwo ak entènètnou te tanmen pale vandredi a. Mwen rele jij Bèna Senvil ki di m wi, li konfimese dwayen an ki mennen jij Sèj nan rankont lan. Jij Bèna Senvil menm dakò ak 
mwen fòk gen komisyon ankèt ki monte pou fikse responsablite yo….
Mwen menm Ketli, mwen pa t ap pale nan radyo. Se lè m tande deklarasyondwayen Remon Jan Michèl nan radyo, kote l deklare pat janm gen rankont,mwen santi m endiye, se sa ki fè nan dat madi 16 jiyè 2013 mwen deside di toutsa m konnen de dosye a nan radyo. Mwen dispoze parèt devan tribinal pou mtemwaye..
Maitre Samuel Madistin
a été entendu par la Commission Sénatoriale le
vendredi 19 juillet 2013. L’ancien Sénateur Madistin nous a rappelé qu’il avait
déjà adressé une lettre dans laquelle il a témoigné par écrit, et par conséquent,
’il est prêt à se rendre au tribunal pour confirmer ses érits.
Maitre Samuel Madistin nous a dit que le Juge Jean Serge Joseph lui a confié quelors de la rencontre du jeudi 11 juillet 2013, dans un élan de sympathie et depit
ié de Maitre Gary Lissade à l’égard du juge Serge, ce conseiller de Michel

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

Martelly, a pris soin de compléter à la plume sa carte de visite qu’il a remise au
Juge Jean Serge Joseph. Cette carte de visite existe.
Maitre Madistin a attiré l’attention des
membres de la commission sur unemployé du parquet, dénommé Figaro, qui avait parlé à Serge. Le juge Serge adit ceci à Figaro
: “ ou wè nan ki machin m monte, pou m soti, se nan machindwayen an…..” 
 Maitre Samuel Madistin nous a promis de nous aider à approcher la famille du
regretté défunt pour les suites de l’enquête.
 
Doyen Raymond Jean Michel
a été entendu par la commission sénatoriale levendredi 19 juillet 2013 de 1 h 40 à 3 h 29. Donc pendant une période de 1 h 49
minutes. La commission s’est excusée
 
du fait qu’elle s’est présentée pour luidemander audience, alors qu’elle avait déjà adressé une lettre de demanded’audience pour le lundi 22 juillet 2013. Alors, le doyen a appelé un responsablede la CSPJ pour demander l’autorisation de recevoir la co
mmission.
L’autorisation a été accordée au téléphone, par Maitre Elibert de la CSPJ.
 
Le doyen a déclaré: “ mwen resevwa nou ak yon doub chapo: kòm majistra asi,ak kòm administratè…
  Asiz kriminèl louvri nan dat 08 jiyè 2013. Jij Sèj vini kote m pou l di m li bezwenm nan dat madi 9 jiyè 2013 nan biwo m pandan m ap resevwa jire yo ak toutdifikilte sa reprezante. Jij Sèj ensiste pou l di m se ijan, enpi se konfidansyèl,paske se yon sitiyasyon ki dwòl.. Li te anviwon 10 zè 30 nan maten.. Mwenpwopoze l pou n ale yon kote pou n pale, san sekirite, san chofè. Nou ale, bòmidi edmi konsa, nan tèminis ri pave nan ansyen tribinal travay la. Jij Sèj rakontem li viktim de otorite deja, kote nou ye a pa ofri ase sekirite pou n pale, pito nouale lòt kote. Alò, mwen ale ak li nan rèstoran Table de Cajus, dèyè mize a. Jij Sèjpoze m kesyon pou l mande m, èske m pa resevwa okenn kout fil. Mwen reponn:non. Jij Sèj di m Mèt Nyoutonn Senjis ak mèt Andre Michèl evoke atik 400 an,sepandan avoka gouvènman an pa replike pou di pèsonaj sayo pa ka deplasekonsa. Lè n fin pale, nou retounen nan pakè a, nou pa manje nan restoran an.Nan dat mèkredi 10 jiyè 2013, bò inè apremidi, batonye a di nou dwe fè yonbagay, paske ministè edikasyon dekrete alèt wouj lakòz ouragan Chantal. Mwenblije sispann tout odyans pou 48 èdtan. Mwen rantre lakay mwen bò 3 zè edminan apremidi. Radyo m koute, se radyo Alelouya FM.Nan dat jedi 11 jiyè 2013 bò 9 vè nan maten, CSPJ rele m pou l otorize mreprann aktivite tribinal la. Nan anviwon 10 zè edmi nan maten, CSPJ rele ankòpou verifye si m rive nan tribinal la.

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

Bò inè edmi pou rive 2 zè apremidi, Jij Sèj rele m, li di m l ap vini kote m. Li tenan biwo a deja denpi maten, li te ale. M pat wè l. Lè jij Sèj rive nan pakè a, li tebò 3 zè 25 apremidi, li gare machin li. Mèt Rigo Diplan te nan pakè a, men l patwè m. Bò 3 zè 35 nan apremidi, jij Sèj monte nan machin mwen, enpi l di m annale menm ti kote a ankò, kivledi nan restoran Table de Cajus. Jij Sèj poze mmenm kesyon an ankò, èske m pa janm resevwa okenn apèl ni dirèk ni endirèk ki soti nan pouvwa egzekitif la. Mwen reponn li: non. Nou pase apeprè 15 a 20minit nan paking restoran an ki pat gen anpil machin, enpi nou retounen nanpakè a. Nou pa janm rantre anndan restoran an. Lè n retounen, mwen depoze jijSèj nan paking tribinal la, enpi 2 mesye yo ki te ak li yo mete yon sak ki gen 10mamit diri, soti nan machin li pou mete nan machin mwen.Nan dat vandredi 12 jiyè 2013, bò inè edmi nan apremidi, mwen rankontre nanpakè a ak Ketli Jilyen ansanm ak Jaklin Chal, moun Miyami Erald sou pwojèfinansman materyèl biwo ak entènèt. Se IMED ak USAID ki ofri finansman an. JijSèj rantre plizyè fwa omwen 7 a 8 fwa nan biwo a pandan m ap pale ak medamyo. Vè 3 zè 25 nan apremidi menm jou vandredi 12 jiyè a, jij Sèj rele m pandan m tenan tribinal la, pou l di m li ale lestè. Li bay mwen nimewo telefòn prive madanmli. Mwen kite biwo m bò 4 trè edmi pou rive 5 kè apremidi, enpi mwen rive lakaymwen bò 5 kè edmi pou rive 6 zè aswè. Ant 6 zè edmi ak 7 tè aswè mwen alelegliz. Se nan legliz batis Chekina, nan dèlma 33 m mache. M pa konn bwè gwo
alkòl, menm konn bwè ti byè Prèstij mwen, ak yon byè ki rele “prezidennte” 
 Nan dat samdi 13 jiyè 2013 nan maten mwen mennen madanm mwen al priyegantye boje. Mwen rele jij Sèj, mwen pa jwenn li. Mwen rele ankò, se yon vwafanm ki reponn, se madanm jij la ki di m jij la mete telefòn li nan chaj, lè lretounen l ap rele m, li te deja 9 vè 30 nan maten. Mwen rele ankò, san repons. Apre m ensiste, yo reponn mwen pou di m jij Sèj lopital Bèna Meuz. Lè sa li te 11zè edmi nan maten. Mwen di m ap vin wè l lopital la. Antretan, mèt Madisten relem pou l enfòme m sou maladi jij Sèj, li di m se emoraji ki pi pre lanmò. Bò 8 tè45 nan aswè yo rele m pou di m jij Sèj mouri. Mwen rele mèt Madisten kikonfime m lanmò a.Dimanch 14 jiyè 2013, mwen rele Ketli Jillyen ki di m jij Sèj te di l se mwen ki temennen l nan yon rankont ki gen prezidan Mateli ladan l, alòske se pandan 2 sèlfwa m rankontre ak prezidan Mateli. Se nan dat 17 oktòb 2012 nan seremoni ponwouj la ak nan dat 26 desanm 2012 pou m te al salye prezidan an. Anplis, mwen jij denpi lane 2001, mwen ponkò janm ale nan kabinè mèt Gari Lisad.
Mwennome sibstiti komisè pòtoprens nan dat 9 oktòb 1976, 
apresa nan tribinaltravay nan dat 10 jen 2001, apresa jij syèj nan tribinal sivil nan dat 31 janvye2003, enpi m nome dwayen nan dat 16 mas 2012.

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

M pa janm konnen jij Sèj soufri okenn maladi.
Maitres Bernard St. Vil et Berge O. Surpris, juges au Tribunal dePremiere Instance de Port-au-Prince,
ont été entendus par la commissionsénatoriale le 19 juillet 2013. Ils ont déclaré: Jij Sèj te ale nan rankont la. Nanrankont la, jij Sej di se yon sèl moun ki te mwen agresif, se mèt Gari Lisad,apresa tout lòt yo te brital. Li manifèste dezi pou l retounen kanada. Li te mandepou l syeje madi 16 jiyè 2013 pou l te eseye retounen sou desizyon l te dejapran. Li te mande nou konsèy si l posib pou l retounen sou desizyon an. Nou tedi l li pat dwe ale nan reyinyon an. Jij Sèj te panike, li pale ak tout moun soudosye a, menm moun ki pa nan domèn dwa. Li rele Fanfan. Gen plizyè moun kite wè lè l te prale nan reyinyon an, tankou Fatal, tankou polisye Djonni
Rachelle Acélat Joseph
, épouse du Juge Jean Serge Joseph, a été entendue
par la commission le 20 juillet 2013 à l’Estère. Elle a beaucoup hésité às’exprimer puisqu’elle a peur pour sa sécurité et la sécurité de sa fille Jessi
ca,dont le père est le Juge Jean Serge Joseph. Après avoir été mise en confiance
par la commission, elle déclare: “ nan dat jedi 11 jiyè 2013 la, Sègo al nan
travay. Li rele m bò 2 zè apremidi pou l di m li pral nan reyinyon lakay mèt GariLisad, pou l al rankontre ak minis jistis la. Mwen di l pa ale. Li di m pa enkyete mpaske se dwayen an k ap mennen l, li fè dwayen an konfyans. Lè l sot nanrankont la, li rele m bò 7 tè aswè. Nan aswe jou jedi a Sègo rele m li di m li paka rakonte m sa k pase nan reyinyon an kounye a paske li sispèk gen moun kapkoute sa lap di nan telefòn li an. Li dim lap prete yon lot telefòn pou l ka rele m.Li al dòmi kabarè. Vandredi 12 jiyè 2013, Sègo al nan travay. Lè l vin chèche nou lestè nanapremidi, menm vandredi 12 jiyè a, moun ki te nan machin lan, se mwen menmmadanm li, m chita dèyè ak pitit nou an Jesika, ansanm ak Andèson ki te vindesann machinn lan lè l rive boudèt, enpi ti Sourit chita devan. M te gen pou male kay yon doktè dèmatològ nan samdi maten 13 jiyè. Denpi vandredi apremidili te kòmanse rakonte m sa k te pase jou jedi nan reyinyon an. Li di m nanapremidi jou jedi 11 jiyè a, dwayen an bouke rele l pou mande l kote l ye, paskemoun yo ap tann li. Li di m, li mande dwayen an ki kote moun yo ap tann li, eskese nan pakè a. Dwayen an reponn pou di non se pa nan tribinal la, se nan kabinèmèt Gari Lisad. Lè Sègo rive nan tribinal la, li di m dwayen an te deja sou volanmachin li, enpi dwayen an di l pa ka ale ni ak chofè ni ak sekirite. Li di m se yo 2sèl ki te nan machin lan. Ti Sourit ak Djonni rete ap tann li nan pakè a. Li di m lèl rive nan reyinyon an li wè mèt Gari Lisad, minis Jistis la Jan Renèl Sanon,Michèl Mateli, Loran Lamòt ak mèt Vandal. Li di m, Mateli agrese l pou l di l: kibò w konn wè madanm ak pitit prezidan al jije. Minis jistis la li menm, li di se mèt Vandal ki lakoz, paske l te mal plede dosye a. Sègo di anfas presyon l ap pran, liblije dakò l ap fè yon koreksyonèl espesyal pou pase dosye a jou madi 16 jiyè2013 la. Lè l fin dakò a, mesye yo mande l kisa l ap bwè. Li reponn li pa bezwen

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

anyen. Dwayen an di: « ou ka bwè yon ti bagay, paske m konnen w renmenSòmting. » Mwen di l, li pat dwe bwè ni manje nan men moun sayo. Enpi lreponn pou l di m: mwen deja bwè l. Apresa Sègo di m li pa santi l ka kontinyerete dòmi menm kote li abitye dòmi yo, li santi lavi l andanje, li vle retounen alenan peyi kanada. Anvan l te kite rankont la, Sègo di m mèt Gari Lisad renmèt liyon ti kat ki gen adrès ak nimewo telefòn li. Mèt Gari Lisad ekri ak bik, yonnimewo espesyal sou kat la menm lè a, anvan l renmèt li kat la.Nan aswè vandredi a, li te vle nou ale nan relasyon seksyèl, men m pat vle.Mwen kouche sou yon ti kabann ak Jessica, Sègo li menm, li kouche sou yon lòtkabann tou pre. Pandan lannuit la, bò inè dimaten konsa, Sègo leve pou l al pipi,m tande bokit la tonbe yon premye fwa, pandan l bese pou l pran bokit la, bokitla tonbe ankò. Mwen gentan leve pou m soutni l, paske l panche pou l tonbe,mwen mete l sou kabann mwen te kouche a. Lang li vin lou. Mwen rele mèt kayla ki rete tou pre. Mwen fè Jesika gentan al rele ti Sourit ki dòmi nan chanm anlèa, enpi m ale nan komisarya polis la pou m jwenn sekou pou m jwenn machinpou mennen m ak Sègo lopital. Machin polisye yo pa gen gaz, mwen bay yo klemachin Sègo a. Pandanstan, Sègo poupou sou li, li vomi, li sye anpil. Mwen releplizyè nan fanmiy li ki nan peyi kanada ak nan peyi dayiti. Gen nan fanmiy ki dim ale nan lopital kanape vè ak li, gen lòt ki konseye m ale lopital Petifrè ak Sè oubyen lopital kominotè. Gen yonn nan polisye yo nan machin lan ki di m lopitalBèna Meuz la pi pre, al ladan l pou premye swen.Chak ane Sègo toujou fè tout kontwòl kò l. Li pa janm soufri ni tansyon, ni sik, nikolèstewòl. Doktè Sèj Vètilis konn kontwole tou.Lè l rive lopital Bèna Meuz la, li kontinye vomi, yo pran san pou fè analiz, yo di lpa soufri sik ni kè, se tansyon l ki wo. Yo bay li piki, yo mete sewòm pou li. Sègomouri, Sègo pèdi lavi l
Mezanmi, se mwen ak Jesika ki pèdi…. Tanpri ede m jwenn jistis souple…..
 8-
Fritz Joseph
, entendu le 20 juillet 2013, est le frère ainé du juge Jean Serge
Joseph. On s’est entretenu sur la sécurité du cadavre du juge et du processusdevant aboutir à l’autopsie médico
légale. L’entente familiale a conclu lanécessité que l’autopsie soit réal
isée aux Etats-unis et/ou au Canada. Il paraitque certains membres du gouvernement haïtien ont tout fait pour récupérer deforce, le cadavre du juge. A un certain moment, il y a eu de sérieuses
contrariétés empêchant le cadavre de partir pour l’étranger.
Ce 20 juillet 2013, le
cadavre n’avait pas encore quitté le teritoire haïtien.
 9-
Docteur Serge Vertilus
a reçu la commission le samedi 20 juillet 2013 àSaint-
Marc. Le médecin a confirmé que le Juge Jean Serge Joseph n’a souffertd’aucun trouble métabolique ni de problèmes cardio
-vasculaires depuis plusieurs

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

années qu’il joue le rôle de médecin de la famill
e. Le médecin a été voir le Juge
Jean Serge Joseph à l’hopital Bernard Meuz. Il a constaté une hémiplégie, quicorrespond à une atteinte de l’hémisphère cérébrale. Un autre médecin del’hopital a essayé d’interpréter un cliché de CT Scan qui correspondrait
au patient
Jean Serge Joseph, comme une plage ayant envahi presque tout l’hémisphère
cérébral droit.10-
Maitre Jean Wilner Morin
a été entendu par la commission sénatoriale le22
 juillet 2013 au Palais de Justice qui nous a déclaré: “Biwo m twouve l an
fasbiwo Jij Sèj. Biwo jij Sèj toujou rete louvri lakòz li pa gen klimatizè. Jij Sèj toujourive nan biwo anvan m puiske l ap soti kabarè, li souvan pran bonè. Mwen menmse bò 8 tè 30- 9 h nan maten m rive.Depi apre desizyon l te pran pou mande fanmiy Mateli ak minis gouvènman anparèt nan tribinal, jij Sèj toujou ap mande m si desizyon an kòrèk. Mwen di ldesizyon an bon.Mèkredi 10 jiyè 2013, jij Sèj di m dwayen an envite l nan yon rankont nan kabinèyon mèt avoka, ak lòt moun eske l ka ale. Mwen konseye l pou pa ale nanrankont la. Bò inè apremidi menm mèkredi 10 jiyè a, li di m li fenk sot pale ak mèt Madisten li di m ki pa opoze ak rankont la, puiske se otorite peyi a, noukapab toujou dyaloge. Mwen pa rankontre ak li nan jedi 11 jiyè a. Vandredi 12 jiyè 2013, m t ap pran syèj nan tribinal ti moun, nan ri Petyon. Lèm rive, sal la pa klimatize, m pa ka rete. Mwen deside retounen vin jwenndwayen an nan pakè a pou l regle zafè syèj la. Mwen tou rankontre ak ansyenkomisè Manès ki rele m pou l di m konsa: ou pa tande Sèj te ale nan yon rankontayè jedi 11 jiyè a ansanm ak dwayen ak yon bann lòt otorite ki fè l menas ak gwo presyon?. Lè m kwaze ak Sèj, mwen santi l panike, enpi l di m: mon chè, sewou ki te gen rezon, m pat dwe ale nan rankont la.Lè m rive kote dwayen an, menm jou vandredi 12 jiyè a, m tou pwofite didwayen an mwen okouran li te mennen jij Sèj nan yon rankont sou dosye mètNyoutonn lan ak lòt moun, enpi m konnen rankont la te mal pase. Dwayen anreponn mwen pou l di: se pa konsa sa te pase, m ap rele w, pou n pale sou sa.Dwayen an pa janm rele m. Se pou rezon sa, lè m vin tande jij Sèj mouri, mwenmande konvokasyon asanble jeneral jij yo.Lè m rive nan odyans la, mèt Vye mande m depòte m de dosye a. Mwen dakò,mwen deside rantre lakay mwen.Se nan samdi 13 jiyè 2013 nan apremidi, yon ti fanmiy mwen aprann mwenlanmò jij Sèj. M rele yon lòt jij pou konfimasyon. Ansyen komisè Gasan konfimelanmò a. Mwen rele dwayen an plizyè fwa, li pa janm reponn telefòn.

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

Nan dimanch 14 jiyè 2013, bò 3 zè apremidi, dwayen Remon Jan-Michèl rele mpou l di m li te legliz, se sa k fè l pat ka reponn telefòn. Dwayen an di m li tandey ap di anpil bagay sou lanmò jij Sèj la. Lè m mande l eksplikasyon, li reponnmwen pou l di: jij Sèj te vini kote l pou l mande l konsiltasyon sou dosye a. Alò,pou evite twòp monte-desann, li ale ak jij Sèj nan yon restoran pou yo pale. Lèyo fin pale, yo retounen nan tribinal la. Dwayen an kontinye pou l di m li sezitande yo di prezidan Mateli te menm fache nan rankont la, enpi se dwòg li blijekonsome pou l kalme.
Se tout sa m konnen de dosye a….
 11-
Le ministre de la justice
qui avait été prié par la commission sénatorialede se faire accompagner par les responsables de
l’USP, de l’USGPN, de la CATTEAM, n’avait pas informé
 
le directeur de la Police qu’il devait avertir ces
responsables. Le directeur de la Police a confié que le ministre de la justice ne luiavait pas mis au courant. Au cours de la rencontre, le directeur de la police a
même essayé d’appeler au téléphone ces
responsables. Mais, le ministre de la justice lui a demandé de ne pas insister, parce que ces responsables sontprobablement partis avec Michel Martelly pour le cap-haïtien ce lundi 22 juillet2013.
Le ministre de la justice déclare: “ m tande nan radyo,
yo di m te prezan nanrankont nan biwo mèt Gari Lisad, kote jij Jan Sèj Jozèf ta patisipe. Se yonrankont imajinè. Se yon revelasyon post-mortem, se yon plezantri, se yon blag. Yo menm di jij Sèj ta pote diri pou mwen. Enpi, yon rankont konsa, omwen mèt Vandal, avoka fanmiy lan ta dwe prezan.Jij Sèj te desezi de dosye a, alò m pa wè pou ki sa m ta enterese ak jij Sèj. Anplis, Gari Lisad, se yon avoka, pou ki sa m ta oblije ale nan biwo l pou yonrankont, m te ka envite l nan biwo m. Menm si m konnen adrès kabinè mèt GariLisad, ri dèyè rezèvwa, tou pre ministè planifikasyon an, m pa janm ale nankabinè mèt Lisad ni lè m te avoka, ni pandan m minis jistis.M te pale ak dwayen Remon Jan-Michèl, li di m li pat okouran de okenn rankontkonsa. M pa sonje ki dènye fwa m rankontre ak dwayen an. Antouka, n patrankontre ak dwayen an jou jedi 11 jiyè 2013 la.Pou sa ki konsènen nominasyon jij Sèj, se minis Pòl Deni ki te nonmen l, se paMateli ki te nonmen jij Sèj. M pa di Mateli fè manti paske l di se li ki te nonmen
 jij la, men se sou gouvènman Preval la jij Sèj te nonmen.” 
 
Se samdi 13 jiyè 2013 nan aswè m te okouran de lanmò jij Sèj…..
 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

Maitre Lamour, accompagné de maitre Théodore
 
nous a confié:” nan dat
vandredi 12 jiyè 2013 bò 10 zè edmi pou 11 zè nan maten, mwen ale nan pakèa, mwen rankontre ak mèt Moren ki mete m okouran de pakèt presyon jij Sèj sibinan rankont li te patisipe ayè jedi 11 jiyè a nan kabinè mèt Lisad, ansanm ak lòtotorite egzekitif la. Lè m rive nan biwo jij Sèj m wè l piye sou biwo l, l ap pale ak mèt Madisten. Mwen te akonpanye ak yon moun. M santi se yon pawolikonfidansyèl, m pa rete nan biwo a. Pandan m deplase, se Sèj ki rapousuivmwen pou l di m bagay yo rèd, pouvwa a fache anpil kont li ak kont dwayen an. Yo di yo fache ak dwayen an, paske l distribiye dosye a bay jij ki pa jij pouvwa a.Jij Sèj di m Mateli ak Loran Lamòt fache paske yon jij vle voye madanm ak pititprezidan nan prizon. Yo egzije pou dosye sa fini wèpawè jou madi 16 jiyè 2013.Jij Sèj di m se nan kabinè Gari Lisad rankont la dewoule, men Gari Lisad ak minis jistis la pat agresif ak li, se Mateli ak Lamòt ki te agresif. Jij Sèj di m, anvan ldeplase, mèt Gari Lisad renmèt li kat vizit li. Jij Sèj te montre grefye Sajès katvizit la. M konstate jij Sèj te panike anpil.Samdi 13 jiyè nan maten, mèt Manès rele m pou l di m jij Sèj fè yon Stwok, lilopital. Li di m, ou wè kòman nèg yo anraje. M rele mèt Madisten samdi swa kikonfime m Sèj mouri. Mèt Madisten di m l ap pran responsablite l pou l denonsefè a.Nou pa dwe bliye, lè yo te bay komisè Lyonèl Konstan Bobren, aktyèl direktèegzekitif CSPJ a, lòd pou l arete Gayo Dòsenvil, se nan kabinè Gari Lisad pouvwaa te konvoke mèt Bobren pou fè djòb sal sa. Pami moun ki te nan rankont sila, tegen: premye minis Gari Koniy, Gari Lisad, minis jistis la, minis zafè etranje a ki seLoran Lamòt ak mèt Bobren. Lè sa a, mèt Bobren te deside renmèt demisyon l,olye l te vyole lalwa. Se lè sa yo te nonmen jan Renèl Senatis komisè.
La commission sénatoriale s’est rendue à l’hopital Be
rnard Mevs pour rencontrerles responsables de ce centre de soins, dont les
Dr. Jerry et Marlon Bitar, etDr. Ariel Henry
. Nous avons visité les divers services de ce centre,
particulièrement l’accueil, qui nous paraissent fonctionner selon les principes
dedéontologie médicale.
Le patient Jean Serge Joseph a été admis à l’hopital le samedi 13 juillet 2013 à 3
heures du matin par Dr. Linda Théodore. Le patient a été rapidement pris en
charge par les services d’urgence. Il était en coma profond, avec myosis
 bilatéral.
Selon l’anamnèse effectuée par le médecin de garde, à partir des parents dupatient, il n’y a pas eu d’antécédants personnels d’hypertension artérielle, nid’autres troubles métaboliques nécessitant un suivi médical régulier.
 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

Nous avons lu les images de CT SCAN de la boite cranienne, montrant unhématome intra-cérébral, avec oedème péri-lésionnel correspondant à unemassive hémorragie cérébrale gauche, avec compression ventriculaire.
Le diagnostic d’Accident Vasculaire Cérébral hémorragique gauc
he est posé. Cet
 A.V.C. provenant probablement d’une hypertension artérielle, étant de pronostictrès sombre, n’a pas pu être l’objet d’une intervention chirurgicale, selon l’avisdes experts présents, compte tenu de l’état clinique et du bilan des examens
 pré-opératoires. Malgré tous les soins intensifs, et les tentatives de réanimation,le patient Jean Serge Joseph est décédé ce samedi 13 juillet 2013 à 8 heures dusoir.
Les médecins et techniciens de l’hopital n’ont pas pu se prononcer sur aucun
évènement qui pourrait éventuellement précéder ou provoquer la poussée ou la
crise hypertensive ayant conduit à l’installation de l’Accident Vasculaire Cérébral.
 
La commission sénatoriale salue l’esprit d’ouverture des responsables de l’hopital
Bernard Mevs qui ont offert à la commission, leur totale et franche collaboration.La commission sénatoriale a entendu le mardi 23 juillet 2013,
maitre JosephManès Louis
 
qui a déclaré: “ nan dat 10 jiyè 2013 jij Sèj rele m pou l di m li
bezwen m. Mwen reponn li m ap pase kote l kabarè.Nan dat jedi 11 jiyè, mwen pale nan telefòn ak mèt Moren, ak mèt Bobren ki dim rankont ant jij Sèj ak otorite yo te fèt kay Gari Lisad. Mwen pale tou sou dosyea, ak Fito ki se vwazen ak pwopriyetè kay kote Sèj rete a. Vandredi 12 jiyè 2013, Fito di m li wè Sèj, li pale ak Sèj ki di l kòman li regrèt lite ale nan rankont la, paske l santi l pa byen menm. Nan apremidi, Sèj sotilestè ak madanm li ak pitit li. Rive aswè, li pran zam ki te nan men sekirite l la.Samdi 13 jiyè 2013 lè m aprann Sèj malad, li ale lopital Bernard Mevs, mwendesann nan lopital la bò 10 zè nan maten pou m al wè l. Men lè m rive nanlopital la yo di m se pa lè vizit.
 Analyse des Données recueillies lors des Auditions des Témoins et Acteurs de
l’Evénement
 
D
e l’analyse des
donnees fournies par les
témoins et acteurs de l’évènemententendus à l’occasion des auditions tenues
tant au sénat de la république que
dans d’autres espace selon la personne a auditionner
, sa disponibilite et le degrede serennite necessa
ire pour l’audition et le deroulement de l’enquete en
general. Les differents temoins et acteurs auditionnes nous ont permis de

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

comprendre qu’a partit du mardi 02 Juillet 2013, le juge Jean Serge Joseph,
ayant pris la decision de citer a comparaitre des gr
ands commis de l’Etat, a
donne une impulsion toute particuliere a une affaire en apparence banale, mais
qui avait toutes les possibilites d’imposer un virage a 180 degres aux faits et
gestes legaux et politiques en Haiti. Il faut signaler que des le depart, la famillepresidentielle a pris tres au serieux la denonciation portee par maitre NewtonLouis Saint Juste devant le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince,maitre Jean Renel Senatus, faisant etat de corruption et de concussion aux plushautes sp
heres de l’Etat, indexant a l’occasion l’epouse et le fils du president de
la Republique.
La presidence s’est retrouvee dos au mur quand «
la femme de Cesar a été vuenue.
» Il fallait sortir de l’impasse. Et pour ce faire, tous les moyens etaient
corrects et toutes les troupes etaient mobilisees.Une affaire qui peut paraitre simple aux yeux de celui qui ne sait pas trop ce quesont les meandres de la politique. Mais compliquee pour qui sait lire avec deslunettes psychologiques les actions et reactions politiques dans un etat domine
par le grand banditisme, le mepris du droit et l’indecete impunite.
Qui sont-ils lesacteurs impliqués dans cette affaire ?I.-
Il s’agit en tout premier lieu d
e Me Newton Louis Saint Juste. Jeune et brillantavocat de la cap
itale, il a pris sur lui d’initier une action en justice contre ce qui a
ses yeux lui parraissait inacceptable. Beaucoup de personnes en parlaient certes,
mais tres peu de gens pensaient a faire quoi que ce soit a propos de l’affaire.
 II.-
Mais l’affaire a vite été classee sans suite par le commissaire dugouvernement d’alors Me Jean Renel Senatus. Elle a rebondi en Septembre et atraine quelque temps avant de recevoir une impulsion particuliere de la part d’un
citoyen denomme Enold Florestal qui a fait une citation au correctionnel.III.-
Quand le 02 Juillet 2013, le juge Jean Serge Joseph, en charge de l’affaire a
sorti son jugement avant dire droit, un peu tout le monde a commence apressentir une tempete juridico-politique. Suivent quelq
ues jours plus tard l’appelde Me Vandal et du commissaire Delille. Mais on se souviendra que l’affaire n’apas été rien qu’une simple action en justice. C’était une affaire eminemment
politique. Alors des moyens politiques devaient etre utilises pour obtenir desresultats probants.IV.-
C’est ainsi qu’entreront en jeu les grands negotiateurs qui a partir du mardi
09 Juillet 2013 imprimeront un autre cours a la reponse de la famillepresidentielle. Dans cette saga juridico-politique, certains se positionnaient pour
marquer des points politiques, alors que d’autres se trouvaient en position de
perdre de serieux points politiques : mais tous sur le terrain du droit. Alors, ceux

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

qui envisageaient la possibilité de perdre des points avaient tout de suite compris
qu’il fallait utiliser
même en apparence le terrain du droit pour éviter de perdre.L
’avocat d
e la famille présidentielle ayant fait une piètre prestation raconte-t-on,il fallait dans cette opération a la fois étriquée, compliquée et périlleuse faireappel aux gros cylindrés.
 Aussi, les services d’un grand cabinet
ont été requis pour agencer et coordonner
les lignes d’attaque de l’ 
équipe menée au score. V.- Le rôle du cabinet de Me Gary Lissade doit être compris dans sa dimensionhistorique. Ce cabinet a déjà été utilise par les services gouvernementaux quandil fallait exercer des pressions sur le commissaire du gouvernement de Port-au-
Prince d’alors Me Lionel Constant Bourgoin. Il avait été demande a celui
-ci deprocéder
a l’arrestation de Mr Gaillot
Dorsainvil, ancien président du ConseilElectoral Provisoire qui avait organise les élections aux cours desquelles MrMichel Joseph Martelly est parvenu a la présidence
du pays. C’est dans cecabinet qu’a eu lieu la
réunion a laquelle avaient participe le Premier ministre
d’alors (Gary Conille), son ministre de la Justice (Michel Pierre Brunache), son
ministre des Affaires étrangères (Laurent S. Lamothe), le commissaire dugouvernement près le Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince (Lionel C.Bourgoin), etc. Ce cabinet semble être le lieu de prédilection des grands
complots contre l’ 
état de droit en Haïti. La commission a eu la chance et leprivilège
d’avoir l’actuel Premier ministre Laurent S. Lamothe accompagne de
plusieurs membres de son cabinet dont Michel Pierre Brunache. Tous ontconfirme avoir participe a une réunion
a ce cabinet du temps ou l’un était
ministre des affaires étrangères
et l’autr
e ministre
de la justice. Ils n’ont certes
pas précise les raisons de cette réunion
en dehors des locaux de l’administration
publique. Mais tout le monde sait que par la suite le commissaire Bourgoin a dudémissionner de son poste car il avait refuse de souscrire aux demandes de sessupérieurs du moment. VI.- L
’on compr
endra surement quelle expertise ce cabinet a du développer dansla gestion des dossiers gouvernementaux a scandale. Me Lissade, ayant en sapossession un badge de conseiller juridique du président, se doit de justifier sontitre et peut être son salaire. Il doi
t trouver la sortie juridique d’un dossier juge
politique. Mais, y avait-il un détour juridique possible dans un dossier ou le jugeen charge a déjà émis un jugement avant dire-droit ?Deux choses sont à retenir ici. A) Le dossier présente une image pas trop propredu président de la Republique, de sa famille, et de son administration. Il fallait enfinir au plus vite pour passer de cette distraction à
autre chose. Mais l’affaire
allait durer, car les tribunaux étant
en vacance avec l’ouverture des assisescriminelles le 08 Juillet 2013, l’appel
interjeté
et par le Parquet et par l’avocat de
la famille présidentielle ne seraient entendus
qu’en Octobre
à la réouverture des

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

tribunaux. On co
urait alors le risque d’endurer le supplice des gorges chaudes
pour environ trois mois encore. Donc, il fallait trouver le détour juridique pour
sortir au plus vite de l’imbroglio juridico
-politique. Ainsi, le ministre de la justice aconfirme au cours de
son audition qu’il y avait une sortie juridique simple. Les
parties qui ont fait appel feront le retrait de leur appel. Ils adresseront unerequête au doyen du tribunal de Première Instance pour lui demander un rejugé.Le doyen prendra une ordonnance abréviative demandant au juge un siègespécial
pour entendre l’affaire a nouveau et ainsi obtenir ou bien que le juge se
déporte
de l’affaire ou qu’il
émette un nouveau jugement qui renverrait la familleprésidentielle
blanchie de l’affront de la plainte.
 VII.-
Rien de tout cela ne peut se faire sans l’aval, le support et l’implication du
doyen. Voila pourquoi le doyen Jean Michel est-il devenu le personnage central
de l’affaire. L’appel ayant été
interjeté le 08 Juillet 2013, le mardi 09 Juillet 2013le doyen Jean Michel entre en action. Il raconte à la commission que le juge est
venu le trouver en son bureau pour lui poser une question. Mais c’était tellementsensible et confidentiel qu’ils ont du tous les deux quitter les locaux du palais de
 justice pour aller en parler ailleurs.
Ils sont d’abord partis vers les locaux del’ancien tribunal du travail. La, le juge
déclare
ne pas se sentir a l’aise et
réclameun espace plus sécuritaire. Ils partent à nouveau vers le restaurant Table deCajus au Champ de Mars
. Ils n’entrent pas dans le restaurant, ils restent dans le
véhicule
(celui du doyen) dans l’aire de stationnement du restaurant. Aussi n’est
-il pas possible de vérifier avec les tenanciers si ces deux clients remarquablesavaient été reçus ce jour-la. Mais ils vont en ce lieu secret pour faire quoi ? Le
 juge, dit le doyen, n’avait qu’une seule question a lui poser
: « Aviez-vous reçudes appels des gens du pouvoir exécutif 
concernant le jugement que j’ai
rendu ?» Personne ne comprend en fait pourquoi cette question en apparence
anodine n’aurait pas pu
être posée au bureau du doyen. Mais en plus, le doyen
affirme qu’ils sont restes la dans l’aire de stationnement du restaurant pendant
vingt minutes pour cette seule question. Il faut croire comme le chante Garouque : « Le monde est stone.»Cependant, le récit du juge à ses amis ose être diffèrent de celui du doyen. Pour juge Jean Serge Joseph, il a été conduit a une rencontre avec les avocats de la
famille en vue d’ 
être persuade de rencontrer le ministre de la justice aux fins detrouver une issue a la crise provoquée par son jugement avant dire-droit. Deux jours plus tard, le juge est conduit une fois de plus par le doyen, sans chauffeurni agent de sécurité au même restaurant, a la même aire de stationnement.Toujours selon le doyen sur demande du juge. Définitivement, le juge doit avoir
été victime d’une foudre amoureuse pour cette aire de stationnement. La
conversation dure encore une vingtaine de minutes. Le sujet : la même questionangoissante du juge.

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

Mais le récit du juge est different. Il y a eu progression. Cette fois, il a étésommé
de rencontrer le ministre de la justice qu’il a en maintes instances
antérieures refusé de rencontrer. Le
 juge Joseph qui s’était rendu
à son bureauce jour-la mais est reparti très tôt car les locaux du palais de justice étaient
pratiquement vides a cause de l’alerte rouge
déclarée en raison du passage ducyclone Chantal. Il est retourne chez lui à Cabaret. Peut être pour fuir le doyenqui le harcelait
d’appels
téléphoniques. Il est environ 13 heures et il parle autéléphone avec son épouse. Le doyen appelle a nouveau, il répond et demandeau doyen de lui accorder une heure avant de le rejoindre. Les appels du doyense multiplient et se fon
t plus pressants. On connait déjà la suite de l’histoire qui a
déjà été expose dans le point 17 de la section relative a la reconstitution desfaits.Que faut-il comprendre de tout cela ?1)
 
Que le récit du doyen est confronte à de graves difficultés de cohérencelogique.a)
 
Pourquoi un doyen qui a à sa disposition un bureau qui est censéprotégé des intrusions des personnes non-invitées aurait-il senti lanécessité
d’aller d’abord sur une galerie du local d’un ancien tribunal,et ensuite dans l’aire de stationnement d’un restaurant pour r
épondre
a une simple question d’un
 juge ? Il est finalement revenu le tempsdes contes de fée.b)
 
Pourquoi cette si simple conversation aurait-elle duré vingt minutes
quand la réponse monosyllabique a la question du juge n’a
urait duré
que l’espace d’une seconde
?c)
 
Pourquoi le doyen qui selon sa propre déclaration
n’a pas l’habituded’appeler le juge, n’est pas un ami proche du juge, l’aurait
-il appelé, neserait-
ce qu’une seule fois ce jour
-la ?d)
 
Comment expliquer que le doyen fut longtemps prêt, attendant dansson véhicule
en marche l’ 
arrivée
du juge, si ce n’est rien que pour
répondre à une question du juge aussi pressante et angoissante fut-elle ?e)
 
Pourquoi ne pas rester dans le véhicule et causer quand ce jour-la lepalais de justice était pratiquement presque vide, donc sans grand
risque d’ 
être entendu ?f)
 
Mais, de plus, qu’ 
était-elle cette conversation qui ne pouvait êtreentendue des intrus ?g)
 
Et le mardi 09 Juillet et le jeudi 11 Juillet 2013, les réunions qui ont eu
lieu dans l’aire de stationnement du restaurant l’ont eu a la
mi-journée,pourquoi sont-
ils restes dehors et n’ont pas pense a prendre le lunch
ensemble ? Les différents récits du doyen le présentent comme
quelqu’un qui
pratique souvent les restaurants de la capitale.

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

h)
 
Mais le vendredi 12 Juillet 2013, pourquoi le doyen qui a toujours étési prompt a répondre aux supplications du juge – qui semble-t-il étaitobsède
par l’ 
idée que les autorités du pouvoir exécutif auraient pu
mettre la pression sur le doyen pour qu’a son tour il la mette sur le juge afin qu’il revienne sur sa
décision
 –
 
n’a pas daigne recevoir le juge bien qu’il reconnut que celui
-ci se présentât sept ou huit fois ason bureau
? Pourquoi ne l’a
-t-il pas appelé ce soir-
la bien qu’il
reçutdu juge un numéro suppose inconnu du grand public ?i)
 
Pourquoi ne l’a
-t-il appelé que le samedi 13 Juillet 2013 vers les dixheures AM ? Et pourquoi le doyen a-t-il été si inquiet au point
d’appeler plusieurs personnes
afin de confirmer la mort du juge ? Ou
encore pourquoi ne s’est
-il jamais déplacé pour aller voir comment aété le juge durant les heures de son hospitalisation étant donne quedans les jours qui précèdent, il y a eu une telle complicité entre le jugeet le doyen ? j)
 
Comment comprendre la ré
ponse du doyen au juge Morin qui l’avertement repris pour le fait qu’il a conduit le juge a une
réunion aucours de laquelle le juge a été malmené. La réponse dialogiquetombait : «
Ce n’est pas ainsi que cela s’est passé. Je t’expliquerai plus
tard.»
De quel ‘cela’ s’agit
-il
? Le fait d’ 
être malmené ou celui deconduire le juge a une réunion
? Tout compte fait, il n’a jamais rien
explique a quiconque.k)
 
Comment comprendre également que le doyen ait préféré contourner
les remontrances de Madame Julien de l’IMED qui lui a reproche d’ 
être
a l’origine de la mort du juge par le simple fait de l’avoir conduit a
cette réunion ou il a été expose a toutes sortes de pressions et demenaces ? Il a préféré tourner la conversation sur la question desmatériels de bureau que Madame devait acquérir pour le tribunal bien
que Madame Julien admette qu’elle était si
dérangée par la mort du
 juge qu’elle a
éconduit le doyen au cours de cette conversation.2)
 
Mais au delà du fait que le récit du doyen ne tient pas logiquement,certains éléments de son récit
confirment d’autres points du
récit du jugeet qui sont contraires a son propre récit des faits.a)
 
Par exemple, le doyen admet que c’est lui qui a pris sur
lui-même
l’initiative d’ 
appeler le juge dans la mi-journée du jeudi 11 Juillet 2013.Fait que le juge rapporte a tous ceux qui on reçu son récit. Ce faitapparemment anodin illustre bien la logique que le juge était pressurede rencontrer des autorités autour du sujet du procès au correctionnelde la famille présidentielle. De plus, le juge a réfléchi ce matin jeudi 11
Juillet 2013 qu’il lui fallait parler
à son épouse avant de se décider
d’aller
à la réunion. Son accompagnateur (Berlens) en fait untémoignage éloquent. Mais, plus que Berlens, le juge Jean Wilner

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

Morin et Maitre Samuel Madistin confirment avoir été sollicites par juge
Joseph pour leur conseil a savoir s’il était sage d’aller a cette
réunion.Juge Morin a émis un avis négatif 
, mais Me Madistin n’y voyait
pas
d’ 
inconvénient
. Juge Joseph partage l’avis de Me Madistin avec juge
Morin qui ne se prononce plus sur la question. Pourquoi juge Josephaurait-il cherche et obtenu les conseils de ses amis sur la question ?
C’est qu’il lui a effectivement demande d’al
ler rencontrer des autorités.Notons en passant, que juge Joseph ne voyait aucun inconvénient à ce
qu’il rencontre les avocats de la famille
présidentielle. Mais quand la
pression montait et qu’on lui proposait de rencontrer le ministre de la
 justice et autres personnalités du pouvoir exécutif, il a songe a
l’ 
indépendance du pouvoir judiciaire qui pouvait alors être mise encause : il prend des consultations. Quand le doyen fait monter lapression pour dire aux juges que les autres attendent, le juge secramponne à son pouvoir et réclame timidement que ce soit au palaisde justice. Mais le doyen insiste, il attend dans son véhicule enmarche, il congédie chauffeurs et agents de sécurité, il prend les
commandes de l’ 
opération.b)
 
Un autre fait en apparence anodin mais révélateur. Le doyen confirmeque le vendredi 12 Juillet 2013 le juge Jean Serge Joseph est venu ason bureau sept ou huit fois. Le juge Joseph confirme cette assertiondans son récit aux juges Bernard Saint Vil et Berge O. Surpris. Il leurexpliqu
e qu’il lui a été demande de
revenir sur sa décision, Pour cefaire, le doyen rendra une ordonnance abréviative le convoquant enurgence pour un siège spécial le mardi 16 Juillet 2013. Il dit au juge
Saint Vil qu’il reconnait et respecte sa profonde connai
ssance du droitpénal haïtien et des procédures pénales, quel était son conseil parrapport a la faisabilité de telle action. Le juge Saint Vil réplique
qu’il sereferait encore au conseil qu’il lui avait donne au tout
début de
l’affaire.
De fait, au cours de cet entretien avec le juge Saint Vil, ilconfirme avoir été plusieurs fois au bureau du doyen pour retirer
l’ordonnance en question. Mais il avoue aussi a ses amis qu’il
siègeraitce mardi-la, se déporterait
de l’affaire et partirait au Canada avec sa
famille. Certains lui avaient conseille de le faire avant mardi. Alors
pourquoi le doyen n’a
-t-il pas reçu le juge ce jour-la ? Pourquoi àchaque visite il répondait
qu’il n’était pas prêt
à le recevoir ? Cette
fameuse ordonnance n’était pas encore
rédigée ou corrigée ? Pourquoien quittant le tribunal le juge a-t-il tenu a être joignable pour le doyen
 jusqu’à lui passer un
numéro inconnu du grand public
qu’il utilisait
pour appeler son épouse? Pourquoi le doyen
n’a
-t-il appelé que lesamedi matin ? Etait-
ce parce qu’a ce moment l’ordonnance était
prête ?
Et pourquoi n’a
-t-il pas daigne rendre visite au juge à
l’ 
hôpital ?
parce qu’il croyait en ce moment
la qu’il était en train d’ 
être berne parun juge qui feignait une maladie diplomatique pour éviter de siéger

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

mardi ? Pourquoi dans la soirée
s’ 
inquiétait-il à confirmer la mort du juge
? Parce qu’il était surpris par un curieux tour de la nature
? Autant de questions auxquelles la seule réponse est que le doyen alamentablement menti. Pourquoi a-t-il du mentir ? Que voulait-il cacher ?
Mais il n’est pas le seul
à mentir, le ministre de la justice aussi a menti. Il
a essaye d’avancer l’argument farfelu selon lequel une
réunion aurait pu
se tenir, mais le fait qu’on
ait cite son nom comme participant a cetteréunion
signifie tout simplement qu’il n’y a pas eu de
réunion du tout. Celaaurait pu être vrai dans un autre monde.
En effet, le ministre a confirme sans le vouloir devant la commission qu’il y
avait une raison pour que cette réunion ait eu lieu. Pour lui, technicien dudroit, il était possible pour le juge de revenir sur sa décision. Comment ?Les avocats de la famille présidentielle retireraient leur appel. Lecommissaire du gouvernement aussi. Ils adresseraient une requête audoyen lui demandant un siège spécial pour un rejuge. Le doyenadresserait une ordonnance abréviative au juge qui prendrait un siègespécial en raison de la vacance judiciaire. Et alors, il pourrait rendre uneautre décision
. Et c’est exactement ce que le juge Joseph confie a ses
collègues juges. Il lui a été demande cela et rien de plus. Il a consulte le juge Saint Vil pour être conseille sur la faisabilité de telle action. Cela
n’implique pas encore que le ministre ait été
présent a cette reunion.Cependant, dans les récits antérieurs à la réunion, le juge à confie a tousses confidents que le doyen avait voulu
qu’il
rencontrât le ministre de la
 justice. C’est ce qu’il a confie a son
épouse, a juge Morin, a Me Madistin.
C’est ce qu’il a confie apres la
réunion a ceux auxquels il a raconte samésaventure. Au juge Morin il déclare : «
Si j’avais suivi ton conseil, jen’aurais jamais
essuyé
tant d’humiliations.» A Madame Julien de l’IMED
qui ne pouvait croire ses oreilles il confie : «
Ces gens m’ont
malmené.Seul Me Lissade a été tendre avec moi.» Quand Madame Julieninsiste : « Et le ministre
? Il n’a pas été aussi arrogant que le
président,mais il insistait pour trouver une solution juridique acceptable.» A sonépouse inquiète
qui s’enquiert
: «
Ne me dis pas qu’apres que ces genst’aient aussi
malmené, tu as mange avec eux ?» Et lui de répondre : « Il
n’ 
y
avait rien a manger, j’ai simplement partage un coup avec eux.»
 Le ministre de la justice Me Jean Renel Sanon était bel et bien présent à laréunion.Le président
de la Republique aussi a menti. Il affirme qu’il n’avait pas aprouver qu’il n’ 
était pas a la réunion
mais qu’il revenait a ceux qui
affirmaient le contraire
de le prouver. Cela laisse supposer qu’il était lamais qu’il était la mais que tout le monde a
reçu
l’ordre de mentir a sonsujet, et qu’ainsi personne n’allait pouvoir prouver qu’il était effectivement
physiquement présent a cette réunion.

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

On se rappelle que dans le compte-rendu des auditions un rappel avait été
fait quant au comportement du ministre de la justice qui n’a pas daigne
informer le directeur général
de la Police qu’il devait se faire accompagnerpar les responsables de l’USPN, l’USGPN, la CAT TEAM, le responsable de
la sécurité présidentielle
. Il ne l’a pas fait, essayant de soustraire ces
responsables détenteurs de précieuses informations quant au calendrierdes déplacements du président de la Republique. Par exemple, un destémoins raconte que le lundi 08 Juillet 2013, en rentrant a Port-au-Prince,
le juge a été stoppe sur la route nationale # 1, a hauteur de l’Arcahaie,
par une véhicule tout terrain, pick-
up de couleur blanche. Il s’est
arrêté un
peu plus loin que l’autre
véhicule qui se positionnait dans la direction duNord mais sur la cote de la circulation allant vers le Sud. Ainsi, les deuxvéhicules se trouvaient sur la cote de la circulation allant vers le Sud. Alors, le tout terrain de couleur qui se positionnait vers le Nord a fait demi
tour et est revenu s’ 
arrêter juste a cote du véhicule du juge. Le chauffeurfait baisser sa portière
droite et s’adresse au juge qui a fait baisser sa
portière gauche : «
Tu m’ 
empêches de dormir, pas vrai?» Une
conversation s’ensuivit au cours de laquelle de
sérieuses menaces ont étéproférées
a l’ 
égard du juge. Il arrive que ce chauffeur a été identifiecomme étant le président Martelly lui-même. Il était au volant et deux
agents de police en uniforme de l’USGPN a l’ 
arrière
. L’un d’eux a
photographie les trois occupants du véhicule du juge. Apres la série
d’ 
injures et de menaces, le véhicule est reparti vers le Sud, mais le jugeéberlue
ne pensait qu’a sa mort
. Il a confie a son agent de sécurité
Johnny et a son cousin Berlens qu’ils
étaient sur le point de mourir. Ce jour-la, le juge qui ordinairement allait a son bureau en longeant la Route
Neuve, puis le Boulevard La Saline et l’Avenue Harry Truman
 
 jusqu’aupalais de justice au Bicentenaire, a du emprunter la nationale # 1 jusqu’au
centre-ville évitant ainsi la Route Neuve puisque le chauffeur du véhicule
de l’Arcahaie lui avait dit
: «
Je m’informe de
toutes déplacements, de teshoraires, et de tes démêles. Tu ferais mieux de régler cette affaire au plus
vite pour que ma famille retrouve son calme. Tu ne sais pas que j’aime
mon épouse et mes enfants ? » Alors, ce qui ressort de cette hypothétique
rencontre, c’est ce qui a été dit
plus tôt : la famille présidentielle était vraisemblablement paniquée. Aussi,le président a-t-il pris sur lui-même de régler
cette affaire qui l’ 
empêchait
de dormir. Toute l’ 
équipe de ceux qui étaient de bons et loyaux serviteursa été mobilisée pour régler cette affaire au pl
us vite. C’est aussi pourquoi
le président ne pouvait supporter de laisser le ministre de la justice opérertout seul. Les divers témoignages recueillis aux abords du cabinet de Me
Lissade confirment qu’un nombre imposant de
véhicules généralementfaisant partie du cortège de la présidence était constate en position destationnement dans les parages du cabinet. Une pauvre femme qui

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

généralement tient son commerce dans les parages dit en avoir dénombredix-huit. Mais pire, une polémique a suivi une phrase apparemmentanodine du président qui disait : «Je ne sais pas si le Premier ministreétait présent
, comme c’est tout
près de ses bureaux au ministère de la
planification. Moi, je n’y
étais
pas.» Pourquoi celui qui a dit qu’il revenait
aux autres (ses accusat
eurs) de prouver qu’il était
présent a la réunion a-t-il tenu a faire cette remarque. Serait-ce pour nuire au Premier ministreou s dédouaner
? Il n’aurait pas besoin de se
dédouaner si laresponsabilité de la preuve incombe aux accusateurs. Surement, il était
inquiet qu’il pouvait
être surpris et que de la sorte il voudrait impliquer le
premier ministre a sa place. Il n’était pas totalement certain que la mort
du juge pourrait enterrer ses agissements pour le moins suspects. Unproche du premier ministre a répondu à la boutade du président endéclarant
n’ 
être
pas trop certain que le premier ministre aurait l’habituded’utiliser le
cortège du président. Tout cela, ne fait
 –
au-delà des récits du juge- que confirmer la présence du président à cette réunion. Soustraireles responsables de la sécurité du palais national et du président de la
Republique au questionnement de la commission n’a qu’un seul objectif 
:barricader les acteurs les plus vulnérables pour les empêcher de laisserfuiter des informations précieuses et embarrassantes. Mais le crime parfait
n’existe vraiment pas.
 Quant au premier ministre, il a déclaré
devant la commission qu’il n’avait
 jamais eu la chance de rencontrer le juge. Cela aurait pu être vrai. Maistoujours dans un autre monde.Comment explique-t-il le fait que Mr Leon Charles ait été rappele deWashington pour entreprendre une mission de bons offices visant a
persuader Mr Florestal qu’il laisse tomber sa plainte, qu’il la retire etabandonne l’affaire. Devant le refus de Mr Flores
tal, sa premiere reaction
a été d’appeler le premier ministre pour le mettre en contact avec Mr
Florestal. Le premier ministre a offert à
Mr Florestal de l’argent et unposte a l’ 
extérieur du pays. Florestal refuse toujours et Leon Charles estparti.Pourquoi le premier ministre avait-
il cru bon de s’impliquer dans cette
affaire quand il a lui-même déclare
a la commission qu’il avait suivil’affaire comme tout citoyen en laissant le soin a la justice de
sévir ? Maispourquoi a-t-il été si évasif quant a son occupation du temps ce jeudi 11Juillet 2013?
Si toute l’ 
équipe devait se montrer loyale et solidaire duprésident pourquoi se serait-il soustrait a ce petit devoir familial ?Pourquoi aussi avait-
il si peur de la commission qu’il a du se faire
accompagner de six des membres de son cabinet
? Pourquoi n’a
-t-il jamais soumis cette copie du procès-verbal du conseil des ministres de la

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

veille qui lui a été réclame et qui aurait permis à la commission de vérifier
les points a l’ordre du jour et leur relation av
ec cette épineuse affaire deprocès contre la famille présidentielle ? La encore, on comprend que lepremier ministre non plus ne dit pas la vérité sur le sujet.
Tout compte fait, il s’est
avère
que la commission s’est retrouve devant une
forteresse de men
songes. Mais, il n’y a pas de forteresse imprenable, il n’y a que
des stratégies inappropriées.La commission a fait de son mieux et a réussi a percer les remparts de refus etde mensonges qui étaient ériges devant elle. Elle a pu reconstituer les faits apartir des nombreux témoignages recueillis des personnes qui avaient senti
l’obligation de confier a cette commission ce qu’elles savaient et qui d’apres elles
pourraient aider a faire jaillir la lumière sur les circonstances qui ont entoure la
mort du juge Jean Serge Joseph, en charge de l’affaire opposant au correctionnell’ 
épouse et le fils du président de la Republique au citoyen Enold Florestal pour
les faits de corruption et d’usurpation de fonction qui
leur sont reproches. Lacommission a découvert :a)
 
Le juge Jean Serge Joseph, agissant en toute indépendance, a émis le 02Juillet 2013 un jugement avant dire-droit dans cette affaire, lequel jugement met en cause la responsabilité
d’un certain nombre de gr
ands
commis de l’Etat dont le premier ministre.
 b)
 
Cette décision a ébranle les bases de la forteresse de concussion enmettant a nu les velléités
d’un pouvoir autoritaire et corrompu.
 c)
 
Tous les joueurs vedettes de l’ 
équipe
ont été mobilises aux fins d’enterre
r
au plus vite l’affaire car elle avait commence a gagner en ampleur etl’administration avait commence a perdre en
crédibilité.d)
 
La première étape
de l’offensive de l’administration a consiste a obtenir duplaignant qu’il retire sa plainte et accepte les
prébendes
qu’on lui
proposait.e)
 
Devant l’ 
échec
de pareille offensive, le pouvoir s’est retourne vers le juge
lui-même, abandonnant la manière bâton et carotte pour adopter unepolitique impériale du Sic volo, sic jubeo, sic pro ratione voluntas. Le jugedoit donc faire ce que veut le pouvoir exécutif.f)
 
Des pressions de toutes sortes ont été exercées sur le juge Joseph pour
qu’il revienne sur sa
décision.

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

g)
 
L’expertise du cabinet Lissade a été mise a profit pour
préparer la face (oufarce) juridique du projet de bâillonnement de la justice et de toutes lesinstitutions républicaines.h)
 
Le doyen du Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince a servi depivot central au projet de la présidence en participant à toutes lescombines et délations devant conduire à cette fameuse confrontation du juge avec les plus hautes autorités exécutives du pays.i)
 
Le jeudi 11 Juillet 2013, une réunion
s’et tenue au cabinet de Me Gary
Lissade. Le doyen Me Raymond Jean Michel a conduit lui-même le jugeJean Serge Joseph a cette réunion. j)
 
 Au cours de cette réunion, le juge Joseph a été soumis à
d’intensespressions et menaces pour le porter a accepter d’ouvrir un
siège spécialafin de revenir sur la décision du 02 Juillet 2013.k)
 
N’ayant pas examine la
thèse
de l’empoisonnement qui
même si elle étaitprouvée
serait difficile a circonscrire dans l’espace et le temps, la
commission a acquis la conviction que les menaces et pressions ont eu
gain de cause de la vie d’un juge
honnête mais fragile.l)
 
L’ 
hémorragie intra-parenchymateuse diagnostiquée serait la conséquence
directe d’une forte soumission à d’intenses pressions psychiques.
m)
 
Le juge n’ayant jamais été diagnostique comme souffrant de
problèmesmétaboliques (hypertension artérielle, hyperglycémie, etc.), les médecins
de l’ 
Hôpital Bernard Mevs ont conclu que la très forte tension artérielleconstatée
chez le patient a son admission a l’ 
hôpital est peut être lerésultat
d’une hypertension intra
crânienne qui elle-même peut avoir étéle résultat
d’un stress immense.
 n)
 
La commission conclut au fait que le président de la Republique, lepremier ministre, le ministre de la justice, le doyen du Tribunal dePremière Instance de Port-au-Prince ont tous menti tant a la commission
qu’a la nation.
o)
 
La commission finalement conclut que tous ceux qui ont contribue a
l’organisation de la
réunion, participe a la réunion, menti a propos de laréunion au cours de laquelle le juge Jean Serge Joseph a été torture
 jusqu’à ce que mort s’ensuive, sont a des
degrés divers responsables de la
mort du juge. Il demeure entendu que seul l’appareil judiciaire aura
àétablir les degrés de responsabilité de chacun dans la mort du juge JeanSerge Joseph.

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

RECOMMANDATIONS
Fort de ces conclusions, la commission recommande que :1)
 
Le doyen du tribunal de Première Instance de Port-au-Prince soit traduitpar devant le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) comme lepremier suspect dans cette affaire
avant d’ 
être limoge et livre a la justicehaïtienne aux fins de droit.2)
 
Le présent rapport soit transféré à la chambre des députés aux fins utiles.3)
 
La Chambre des députes prenne toutes les dispositions que de droit auxfins de :a) Constater l
’immixtion du chef de l’Etat, du premier Ministre
et duMinistre de la justice
dans l’exercice souverain
du pouvoir judiciaire aux
fins d’obtenir que des
décisions de justice soient prises en leur faveur.b) Déclarer le caractère parjure de ces autorités du pouvoir exécutif quiont tous nie leur participation a la réunion du 11 juillet 2013 alors
l’enquête confirme leur participation effective a ladite rencontre
.
c) Constater la trahison du chef de l’Etat qui avait jure de faire respecter
la Constitution et les lois de la Republiqued) Mettre en accusation le ch
ef de l’Etat pour crime de haute trahison.
 4) Le premier ministre et le ministre de la justice soient accusés et renvoyésde leur fonction.5)
 
Le présent rapport soit transféré au Parquet du Tribunal civil de Port-au-Prince et au CSPJ aux fins utiles de droit.6) Le CSPJ soit renforce par
a) l’amendement de la loi du 4 septembre 2007 portant création du
ConseilSupérieur du Pouvoir Judiciaire ;
b) le vote d’une loi portant création d’une structure contrôlée par le CSP
JChargée de collecter et de gérer les amendes prononcées par les Cours etc) La prise en charge de la gestion financière des Cours et Tribunaux par leCSPJ.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 7) L

a préparation et l’adoption d’une loi sur les enquêtes parlementaires ;

 8) La préparatio

n et le vote d’une loi sur le parjure

.

9) Que l’action publique soit mise en mouvement contre Gary Lissade pour

recel.Fait à Port-au-Prince le 06 Aout 2013, An 210

e

 

de l’ 

indépendance. _______________________ _____________________ Hon. Francois A. Joseph Hon. Westner PolycarpePresident Rapporteur _______ _____________ ____________________ Hon. Joel Joseph John Hon. Steven I. Benoit Hon. Pierre Franky ExiusMembre Membre Membre

http://fr.scribd.com/doc/159071211/Rapport-de-la-Commission-speciale-d%E2%80%99enquete-sur-la-mort-troublante-du-Juge-Jean-Serge-Joseph

« Crime de haute trahison » attribué à Martelly, Lamothe et Sanon par une commission sénatoriale d’enquête…

P-au-P, 08 août 2013 [AlterPresse] — C’est désormais l’étiquette de criminels « de haute trahison » que les résultats de l’enquête – conduite par la commission sénatoriale ad hoc sur la mort suspecte du juge Jean Serge Joseph – permet de coller aux principales figures de l’exécutif, soit le président Joseph Michel Martelly, le premier ministre Laurent Salvador Lamothe et le ministre de la justice Jean Renel Sanon.

Le juge a « subi » une rencontre, tenue le jeudi 11 juillet 2013 (deux jours avant sa mort) au cabinet d’un avocat proche du gouvernement, démontre l’inventaire des faits dans l’enquête.

Jean Serge Joseph a été exposé aux menaces et pressions de Martelly, de Lamothe et de Sanon, pour avoir préalablement demandé à la présidence de mettre à disposition de la justice plusieurs ministres du gouvernement et de hauts fonctionnaires, en vue de conduire l’instruction sur un dossier de corruption rattachée à l’épouse de Martelly, Sophia Saint Rémy, et leur fils Olivier Martelly.

« C’est le stress découlé des menaces, que le juge a subies pendant environ une semaine », qui a provoqué son accident vasculaire cérébral à l’hôpital Bernard Mevs, dans la soirée du samedi 13 juillet 2013, d’après les conclusions de l’enquête.

Ainsi, ces autorités – censées faire respecter la loi – « ont-elles menti, tant à la commission qu’à la nation », en niant avoir convoqué le juge Jean Serge Joseph dans une réunion.

Ce mensonge constitue une « violation de la Constitution et du serment constitutionnel ».

Ce qui est considéré comme « crime de haute trahison », fait valoir le sénateur François Annick Joseph, un des membres de la commission, à côté des sénateurs Wetsner Polycarpe, Steven Irvenson Benoît, Pierre Francky Exius et John Joël Joseph.

« Il y avait une immixtion du pouvoir exécutif dans le fonctionnement régulier de la justice », observé la commission sénatoriale ad hoc d’investigation.

Autre précision, le juge joseph a été conduit à la réunion par le doyen du tribunal de première instance de Port-au-Prince, Raymond Jean Michel, dont la démission est demandée dans les résultats de l’enquête de la commission sénatoriale ad hoc.

Ce que Raymond Jean Michel avait rejeté, dès les premiers instants de la mort du juge.

Des notes – que le juge a écrites lors de la rencontre – font partie de ce rapport qui a plusieurs sections, notamment : une partie permettant de remonter aux faits, une autre destinée aux comptes rendus, une autre à l’analyse des données, ainsi que les conclusions et les recommandations.

À présent, le parlement demande le transfert du rapport à la chambre des députés pour constater que le président de la république, le premier ministre, le ministre de la justice et le doyen du tribunal civil de Port-au-Prince ont menti à la commission et à la nation, et prendre en conséquence les décisions que de droit.

Une fois que la chambre des députés aura fait ces constats, elle devrait décider de la « la mise en accusation de ces autorités » une étape qui permettrait au sénat de s’ériger « en haute cour de justice pour les juger », d’après Annick Joseph. [srh rc apr 08/08/2013 18:09]

http://www.alterpresse.org/spip.php?article14980#.UgTY1BC9Kc1

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Publié par Hermann H Cebert


Une autopsie qui nous coûte des mines d’or, de l’argent du nickel, de la bauxite et le renouvellement de la minustah pour laver la réputation du crime odieux des martelly-lamothe

4 août 2013

Une autopsie qui nous coûte tous nos mines d’or, nos mines d’argent, nos mines de nickel, nos mines de bauxite  ainsi que le renouvellement de la minustah pour laver la réputation du crime odieux des martelly-lamothe.

 

On peut se souvenir de l’entreprise minière canadienne Sainte Geneviève qui exploite les mines d’or dans le nord du pays à milot qui avait été mentionnée par Guy Philippe comme financier du coup d’État contre Jean-Bertrand Aristide et tout dernièrement également les tiraillements et l’achrnement des pays comme le Canada et les États-Unis qui demandaient à leurs ressortissants de ne pas visiter Haïti à cause des problèmes de violence dans le pays, tout cela semble confirmer de vastes complots des puissances pour s’approprier servilement et gratuitement les trésors miniers d’haïti.

 

Ces crimes doivent être considérés comme des conditions chaotiques que la minustah et les grandes puissances financent dans le pays pour à la fois pour fragiliser le gouvernement le gouvernement incompétent et appatride des martelly-Lamothe en vue de tout profiter dans le pays.

 

Malheureusement, nos politiciens magouilleurs comme quelques députés et quelques sénateurs ainsi que les chefs des partis politiques n’ont aucun sens et recul nécessaire pour analyser et mieux comprendre les jeux d’intérêts etde coulisse qui se font au sein du pouvoir et aux abords du pouvoirs comme dans les ambassades et des les représentations des organisations internationales.

 

Haïti est seule au monde comme le chante si bien le Chanteur Corneille. Ni les politiciens ni ceux qui se cachent derrières des Portes paroles, de véritables  sacs vides comme Jean-Bertrand Aristide ne se mettent au service de la Patrie en danger avec les Martelly-Lamorte ou encore des Himler Rébu qui semble même inviter le régime à procéder à l’exécution sommaire d’Aristide.

 

Souvent je me demande encore s’il y a encore dans le pays des Haïtiens de caractère capables d’endosser leurs responsabilités citoyennes face à la descente aux enfers du pays. Le pays est sous occupations d’une coalition de puissances coloniales assoiffées de nos riches et maigres ressources comparativement à ce que ces pays possèdent chez eux mais non exploitées.

Tout ce que ces grandes puissances veulent, c’est de nous exécuter collectivement avec la complicité des anti-nationaux. Oui les grandes puissances veulent exterminer tous les haïtiens afin de pouvoir transformer Haïti en leur arrière cours balnéaire et de villégiature.

 

D’ailleurs très bientôt, d’ici cinq à dix ans, les Haïtiens seront encore plus minoritaires chez eux parce que toutes les terres appartiendront à des étrangers qui ont déjà commencé à acheter les terres fertiles comme caracol avec le projet industriel de Bill Clinton, les projets de l’île-à-vâche, les projets du nord-ouest et du Sud-Est et sans oublier les vastes projets qu’on va implanter à Port-au-Prince incluant l’élimination de toutes les familles se trouvant dans les zones de Martissants, de Cité L’éternel, Cité de Dieu, Cité Soleil et de bel-air et de bizoton.

 

De toute façon, à en croire les différents crimes et attentats commis au pays par accident et empoisonnement, il doit y avoir des assassins dans des restaurants à pétion-ville qui sont pays et qui continuent de tuer pour pour les puissances impérialistes et également pour la minustah et le régime de Joseph Michel martelly.

 

De fait il serait recommandé aux citoyens qui font de la politique de ne pas manger dans les restaurants de pétion-ville et je présume qu’une enquête approfondie permettrait de savoir et de découvrir un nombre important de morts et de victime d’AVC ou de crise cardiaque puisque les poisons utilisés sont extrêmement violents.

 

JUDGE JOSEPH’S CANADIAN AUTOPSY RELEASED AND REVEALS ABSOLUTELY  NOTHING CRIMINAL OR SUSPICIOUS.

IT DESCRIBES  A MAN WITH AN ONGOING HEART PROBLEM, PAST HEART OPERATION, HIGH BLOOD PRESSURE, POOR CIRCULATORY SYSTEM AND A TENDENCY TOWARDS A STROKE.

NO POISON. NO ABNORMAL DRUGS.

NOW THAT THE TRUTH IS OUT, WHAT WILL THE MEDIA AND OPPOSITION POLITICIANS LIE ABOUT?

FLASH!!! JUDGE JOSEPH’S CANADIAN AUTOPSY RELEASED AND REVEALS ABSOLUTELY NOTHING CRIMINAL OR SUSPICIOUS.

http://www.haitian-truth.org/flash-judge-joseph%e2%80%99s-canadian-autopsy-released-and-reveals-absolutely-nothing-criminal-or-suspicious/

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Publié par Hermann H Cebert


Revoir la chaine logistique de l’innovation

22 juillet 2013

 

CAMBRIDGE – Lorsque j’étais doctorant au MIT, j’ai eu l’occasion de travailler avec les professeurs Robert Langer et Ram Sasisekharan, dans un environnement où fusaient les idées novatrices. Nous imaginions le futur et avons souvent été poussés à poursuivre des technologies révolutionnaires qui étaient alors largement considérées comme impossibles. Cette expérience m’a inculqué un credo simple mais puissant : vois grand.

L’innovation est difficile. Si l’on est prêt à traverser la frontière de l’inconnu, il faut suivre la voie qui promet le plus grand impact potentiel. En explorant un large éventail de sujets – énergie, agriculture, médecine et autres – une approche s’est imposée, dans mon expérience, comme la plus efficace : commencer en réfléchissant à la fin. En identifiant les problèmes et en envisageant leur meilleure solution, on peut définir l’ensemble des contraintes au sein desquelles se déroule l’innovation technologique et établir un voie claire, même si souvent difficile, vers sa réalisation.

Une exigence fondamentale de cette approche est d’avoir un esprit ouvert, qui n’est pas contraint par le dogme idiosyncrasique du sujet dont il est question. Ceux qui sont immergés dans un champ de connaissance ont une vue établie de ce qui est possible, basée sur une certaine combinaison des succès précédents, des biais de citation, des limites actuelles de la connaissance et de la vérité – et il est souvent difficile de distinguer ces sources. Mais le nouveau venu qui pose les questions les plus élémentaires commence à remarquer des incohérences logiques, à partir desquelles surgissent les vraies contraintes sur les solutions et les limites technologiques.

Les percées technologiques se situent à l’intersection des possibilités technologiques et des impératifs du marché. La compréhension de ces forces permet aux innovateurs d’optimiser la direction de l’invention. Avec des contraintes bien définies, une voie claire pour le développement de technologies innovantes – qui tient compte à la fois du connu et de l’inconnu – peut être planifiée. Cette approche non conventionnelle a toujours produit des technologies révolutionnaires qui, si elles sont bien mises en œuvre, peuvent révolutionner un domaine.

Par contre, ce qui est peut être plus intéressant est la réponse que ces progrès suscite souvent : « Cela semble tellement évident. Pourquoi personne ne l’a fait avant ? » Au début de ma carrière, cette réaction me troublait, elle me faisait me demander si je n’avais pas, en effet, négligé quelque chose d’évident. Mais, avec l’augmentation de mon expérience de l’innovation entrepreneuriale, je me suis rendu compte que cette réponse était provoquée par le fait que la plupart des gens sont piégés dans une doctrine spécifique, qui obscurcit les solutions innovantes qui se situent au-delà de ses frontières.

Les entreprises ont un comportement similaire lorsqu’il s’agit d’acquérir des technologies innovantes, en adhérant à des processus inefficaces, restrictifs, malgré une alternative apparemment évidente: les systèmes efficaces que les fabricants utilisent pour obtenir les intrants nécessaires à la production. Afin d’établir une voie claire et à faible risque pour produire leurs produits à un coût prévisible (et rentable), les entreprises emploient des équipes dédiées à la sécurisation des chaînes d’approvisionnement concernées, au contrôle des stocks, à la gestion du processus de production, et ainsi de suite – depuis le point d’origine jusqu’au point de consommation.

Dans de nombreux cas, cela demande d’entretenir des relations avec un réseau de fournisseurs sérieux, avec lesquels les producteurs partagent un cahier des charges détaillé concernant les produits. Cela garantit que les producteurs obtiennent exactement ce dont ils ont besoin et que les fournisseurs sont en mesure de livrer les intrants corrects. Le résultat est une relation de travail bien définie, hautement productive et mutuellement bénéfique.

En revanche, la chaîne logistique de l’innovation (le processus par lequel les entreprises obtiennent et / ou développent les futurs produits et améliorent leurs produits existants) tend à être caractérisée par l’inefficacité, l’ambiguïté et la concurrence. Et, dans de nombreux cas, aucune chaîne logistique n’est en place.

La plupart des compagnies pharmaceutiques, par exemple, ne disposent pas de chaîne logistique d’innovation efficace. Or, seulement 15% des médicaments approuvés récemment par la Food and Drug Administration américaine ont été développés par la même société qui les commercialise, ce qui signifie que de nombreuses grandes entreprises pharmaceutiques dépendent de l’écosystème de l’innovation pour promouvoir leurs produits.

Les compagnies pharmaceutiques se lamentent souvent du fait que les entreprises qui réalisent les innovations qu’ils commercialisent n’effectuent pas d’essais cliniques correspondant à leur cahier de charges, ce qui les oblige à répéter le travail. Néanmoins, ils sont réticents à fournir ces cahiers de charge à l’avance – même quand les innovateurs les demandent – peut-être pour protéger leur position sur le marché ou des efforts internes. Par ailleurs, ces mêmes entreprises sont en concurrence directe dans la fourniture des technologies innovantes. Le résultat est une chaîne logistique brisée.

Tout comme les innovateurs individuels doivent défier la sagesse conventionnelle, les entreprises devraient remplacer l’approche établie de la chaîne logistique de l’innovation par quelque chose qui ressemblerait davantage à la façon dont ils créent et maintiennent une chaîne logistique de fabrication. Si les opérateurs historiques du marché étaient prêts à partager leur « cahier de charges des innovations » (qui ne doit pas être confondu avec les méthodes d’innovation), ils pourraient développer un réseau efficace de fournisseurs d’innovation, qui augmenterait la fiabilité de leur moteur de développement de produits. Et, comme dans les chaînes logistiques de fabrication efficaces, le fournisseur et l’acheteur devraient construire une relation réciproque, dans laquelle ils ne sont pas en concurrence les uns avec les autres, pratiquement ou économiquement, dans les activités spécifiques qu’ils exécutent.

Une chaîne logistique efficace peut transformer l’innovation tant au niveau individuel que de l’industrie. En effet, une approche commune – définir les besoins fondamentaux du marché, envisager les contraintes à leur satisfaction et repousser les limites de la pensée actuelle – s’applique à tous les types d’innovation. Avec un écosystème de l’innovation organisé selon ces principes, les progrès « évidents » pourraient se produire beaucoup plus rapidement. Dans quelle mesure ceci est-il évident ?

Traduit de l’anglais par Timothée Demont

David Berry, inventeur et entrepreneur, est partner de la société de capital risque Flagship Ventures.

http://www.lematinhaiti.com/contenu.php?idtexte=36184

David Berry

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Publié par Hermann H Cebert


Aujourd’hui c’est la faillite de La ville de Détroit au Michigan USA, Demain ce sera Haïti après les Martelly Lamorthe: Les macoutes Rose tuent , pillent les fonds publics, assassinent les juges et avocats en complicité avec la Minustah

20 juillet 2013

La ville américaine de Détroit, au Michigan, a déclaré faillite jeudi. Il s’agit de la plus grande faillite municipale de l’histoire des États-Unis.

Vue de Détroit Centre-ville de Détroit  Photo :  PC/AP Photo/Paul Sancya

Kevyn Orr, l’avocat nommé en mars par le gouverneur de l’État du Michigan pour redresser la crise financière à Détroit, a été incapable de parvenir à une entente avec suffisamment de créanciers, les fonds de pension et les détenteurs d’obligations de la ville. L’avocat spécialisé en restructuration financière avait demandé en juin aux créanciers de la ville de renoncer à une partie des 17 milliards de dollars qui leur sont dus, les appelant à un « sacrifice partagé ».

Si la déclaration de faillite est approuvée par la Cour fédérale, M. Orr pourra liquider les actifs de la ville afin de rembourser les créanciers. Il a indiqué que la faillite se prolongera jusqu’à la fin de l’été 2014.

Détroit se trouve maintenant placée sur une voie incertaine qui pourrait mener à des mises à pied d’employés municipaux et à des ventes d’actifs et d’œuvres d’art. Cela pourrait aussi signifier une réduction des services de base à la population, comme la collecte des ordures et le déneigement, déjà moins fréquents.

 

Détroit, une ville qui se meurt

 
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Détroit, une ville qui se meurt
 
 
 

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Ancien joyau de l’industrie automobile

L’ancien berceau américain de l’automobile était en difficulté depuis plusieurs années après un important déclin de sa population, une mauvaise gestion municipale et une baisse des recettes fiscales.

Surnommée Motor City, Détroit a déjà été la quatrième ville des États-Unis. Mais elle a vécu une décroissance démographique qui l’a complètement transformée. Sa population a baissé de plus de la moitié depuis 1950, passant de 1,8 million d’habitants à 713 000 aujourd’hui. Cette situation est également attribuée aux tensions raciales nées avec le Mouvement des droits civiques. Les émeutes des années 60 ont provoqué un exode de la classe moyenne blanche vers la banlieue. Les entreprises ont suivi, privant la ville de l’essentiel de ses revenus.

La crise de l’automobile est venue donner le coup de grâce à l’économie de Détroit, notamment avec la restructuration du secteur ces dernières années, accompagnée de dizaines de milliers de licenciements.

Aujourd’hui, la municipalité a épuisé ses liquidités, son déficit budgétaire est de 100 millions de dollars américains et sa dette est de 14 milliards. En juin dernier, elle avait dû faire défaut pour une partie de sa dette.

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Publié par Hermann H Cebert


L’art de convaincre: comment convaincre son auditoire

13 juillet 2013

Pour susciter l’adhésion de leur auditoire, les hommes politiques (femmes comprises) doivent se positionner par rapport à des valeurs partagées. La méthode du « carré sémiotique » permet d’en comprendre les logiques cachées. Décryptage…

Il existe différentes méthodes pour analyser les discours politiques. La lexicométrie, par exemple, procède par comptage de mots pour faire ressortir les spécificités du vocabulaire employé par les acteurs politiques. Issue de la théorie du langage, la sémiotique ambitionne plutôt de comprendre la façon dont se construit le sens des discours. Elle offre à cet égard toute une batterie d’instruments pour en dégager les logiques propres. L’un de ses modèles de base, le « carré sémiotique », permet ainsi de localiser relativement un même ensemble discours en fonction des grands principes qui les structurent. Conçu par Algirdas Julien Greimas (l’un des principaux sémioticiens français) sur la base du carré logique d’Aristote, ce modèle schématique repose sur un jeu de construction entre catégories qui tout à la fois s’opposent, se contredisent et sont complémentaires. Prenons un exemple. Si l’on considère l’ordre général des conduites dans le cadre de la loi, on peut opposer comme des catégories contraires – sur l’axe commun de ce qui est prescrit – ce que l’on doit faire (l’obligatoire) à ce qu’on doit ne pas faire (l’interdit). Chacune de ces positions se définit également par leur opposition respective, selon un principe contradictoire cette fois, à ce que l’on ne doit pas obligatoirement faire (le facultatif) et à ce que l’on ne doit pas impérativement ne pas faire (le permis), ces deux positions exprimant l’univers sémantique du non-prescrit. On obtient ainsi une sorte de grille de lecture qui permet de positionner, en fonction de leur dominante, et sans en épuiser la diversité, les différents discours de prescription des attitudes (schéma n° 1).

C’est un schéma de cet ordre que nous avons mobilisé pour dégager les grands principes différenciateurs des discours de la campagne présidentielle de 2007 (1). Dans ce type de compétition politique, les discours habituellement tenus par les acteurs politiques tendent à se brouiller, certains candidats n’hésitant pas à se placer sur le terrain de l’adversaire (ce que l’on appelle la triangulation) pour recueillir un maximum de soutiens. Ainsi, on se souvient des discours de Nicolas Sarkozy sur la souffrance sociale ou des préconisations de Ségolène Royal concernant l’encadrement militaire des adolescents primodélinquants. De fait, le clivage gauche-droite, qui est habituellement utilisé pour établir les positions des acteurs politiques, devient dans ces conditions moins pertinent. C’est à ce titre que le carré sémiotique peut constituer un outil de cartographie intéressant.

 

L’illusion de l’intimité

Pour établir les positionnements des candidats, nous avons commencé par identifier les grandes catégories de valeurs qui, en amont, travaillent leurs discours. En politique, ces valeurs renvoient à des modes différenciés de rapport à la réalité. Il y a tout d’abord la catégorie du vécu partagé qui désigne ici la réalité en tant qu’elle est subjectivement éprouvée par les personnes et présente par empathie dans le discours : « chacun d’entre nous » ; « nous, travailleurs » ; « les Français ». Le vécu se manifeste ainsi toujours sur le mode participatif. À cette première catégorie s’oppose (relation contraire) celle de l’utopie visée, c’est-à-dire ce au nom de quoi le vécu peut être transformé : « la passion de l’égalité » (S. Royal), « la France forte » (N. Sarkozy), « un autre monde » (José Bové)…, tout ce qui peut donc, dans le discours, faire le corps de la promesse et ouvrir les perspectives d’un devenir. Si le vécu s’oppose à l’utopie, il peut être également nié (relation contradictoire) par une troisième catégorie, celle de la fiction imaginée : le discours procède alors à une construction fictionnelle de la réalité, jouant sur les émotions et suscitant des identifications par l’emploi d’un vocabulaire imagé, le recours à l’anecdote, l’exploitation de textes ou de genres littéraires ou encore la convocation de personnages historiques. À cette troisième catégorie, enfin, s’oppose celle de la réalité analysée (en contradiction avec l’utopie visée), qui désigne ici non pas la réalité du monde effectif mais l’objectivation de cette réalité dans et par le discours d’analyse (sophistiqué ou non). Ainsi, obtient-on in fine un carré sémiotique des « modes d’ancrage » du politique reposant sur quatre catégories de valeurs (schéma n° 2).

L’analyse positionnelle des discours s’effectue dès lors en deux temps : tout d’abord en fonction de l’accent mis sur telle valeur (ancrage) ; ensuite à partir des relations qui s’établissent entre elles (parcours). Il est rare en effet que le discours se fige sur une seule catégorie de valeurs. Il s’ancre sur un point de départ puis transite par d’autres positions. C’est précisément ce parcours qui définit les logiques spécifiques des discours des candidats et permet de les différencier.

Prenons ici un premier exemple, celui de S. Royal (schéma n° 3).

Son discours s’ancre résolument dans le vécu partagé. L’ancienne candidate socialiste cherche tout d’abord à entretenir l’illusion d’une communication intime avec les électeurs : « vous m’avez dit, je vous ai entendus » ; « je le veux, parce que vous le voulez » (2). Elle valorise ensuite sans cesse l’expérience sensible des acteurs, qu’elle travaille dans une logique de nivellement : d’un côté, elle insiste sur ses qualités ordinaires de femme ou de mère, de l’autre, elle érige le citoyen au rang d’expert : « Je crois à la capacité d’expertise des citoyens (…), je suis convaincue que chacun d’entre nous est le mieux à même de connaître et d’exprimer ses problèmes, ses attentes, ses espérances (3). » Enfin, elle défend le principe d’une campagne « participative » : « J’ai voulu que les citoyens reprennent la parole pour que je puisse porter leur voix (4). » Le caractère prédominant de ce procédé dans la fabrication du discours de la candidate socialiste n’est pas sans déterminer la suite de son parcours dans le carré sémiotique. Ici, la réalité analysée passe en effet par le filtre de l’utopie, qui réside dans le projet d’une « révolution démocratique fondée sur l’intelligence collective des citoyens (5) ».

  

Quand l’utopie et la fiction sont écartées

La reconnaissance du « citoyen expert » constitue ainsi le réquisit d’un véritable changement politique (« Moi, je considère que la politique doit changer, donc qu’elle doit aussi tenir compte de l’intelligence collective des gens (6) »), et son intervention est conçue comme le principe structurant des orientations programmatiques de la candidate : « Il est absolument nécessaire de donner la parole aux citoyens sur les problèmes qui les concernent. Parce que c’est comme cela que, non seulement, nous parlerons juste, mais c’est comme cela aussi que nous agirons juste (7). »

Prenons un deuxième exemple, celui de N. Sarkozy (schéma n° 4).

Le discours de campagne du candidat de l’UMP trouve son ancrage à la fois dans le vécu partagé et dans la réalité analysée, sur le mode d’incessants allers-retours entre ces deux pôles. En témoigne l’utilisation récurrente du couple rhétorique « problème-solution », principe structurant qui contribue à conférer à la parole de l’actuel président de la République son rythme si singulier : « Qu’est-ce la France ? Pour moi, c’est une volonté, ce n’est pas un hasard. C’est la volonté de gens différents de vivre ensemble et de partager des valeurs communes. Pourquoi n’avons-nous plus l’envie de vivre ensemble ? Ma réponse : c’est parce qu’il y a un certain nombre de nos concitoyens qui pensent que rien n’est possible pour eux (8). » Dans le discours de N. Sarkozy, le vécu partagé ne constitue pas, comme dans celui de S. Royal, le fondement ou le prétexte à une coévaluation de la réalité analysée. Le candidat maintient en effet une claire distinction entre les rôles qui incombent à chacun (« On ne devient pas président de la République par hasard. (…) C’est un combat qui est très long, c’est le choix d’une vie (9) ») et se réserve le monopole de l’élaboration des orientations programmatiques : « Je me sens la force, l’énergie et l’envie de proposer une autre vision de la France (10). » Ce schéma binaire (vécu-réalité) est longtemps resté dominant dans les discours du candidat de l’UMP, l’utopie et la fiction étant écartées au profit d’une appréhension éminemment pragmatique de la politique : « Être de droite, (…) c’est refuser de chercher dans l’idéologie la réponse à toutes les questions, la solution à tous les problèmes (11). » Mais le discours de N. Sarkozy a évolué au fil de la campagne, prenant progressivement une dimension fictionnelle. Le discours d’investiture du 14 janvier 2007 marque, de ce point de vue, un véritable tournant : le registre se teinte alors de lyrisme (« Français, prompts à détester votre pays et son histoire, écoutez la grande voix de Jaurès »), le texte s’enrichit de citations littéraires (« Tant qu’il y aura sur la Terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles », Victor Hugo, Les Misérables) ; le souci de la réalité s’efface derrière l’évocation d’une France imaginaire et réconciliée (« (La France), c’est le pays qui a fait la synthèse entre l’Ancien Régime et la Révolution, entre l’État capétien et l’État républicain, entre le patriotisme et l’universalisme (12) ») ; le candidat recompose enfin sa propre lignée politico-culturelle en invoquant une longue galerie de figures tutélaires (de Henri IV à Jean Moulin, de Georges Danton à Jean Jaurès…). Autant d’indices témoignant d’une volonté de paraître sous un autre jour (« J’ai changé (13) »), même si la caractéristique la plus marquante reste la structure binaire qui fait osciller le discours d’un pôle à l’autre.

 

La politique comme fiction

Appliqué à l’ensemble des discours de la campagne présidentielle, le carré permet en définitive d’identifier des parcours distincts pour chacun des candidats et, ainsi, de repérer, au-delà des stratégies électoralistes de brouillage, leurs principales différences. Prenons brièvement encore deux exemples. Le discours de François Bayrou apparaît dominé par la visée utopique d’une France « simple et honnête (14) », délivrée de ses « divisions artificielles » : « Je vous avoue que je n’aime pas beaucoup la bipolarisation. Je la trouve stupide, (…) simpliste, (…) fausse (15) » ; « Le vrai nom de la France, le vrai nom de la République en France, c’est ensemble (16). » Quant au discours de Jean-Marie Le Pen, il procède pour l’essentiel d’une fictionnalisation du politique. La réalité analysée est ainsi reconstruite au filtre d’un véritable roman centré sur la désignation des responsables de la « décadence » de la France, responsables décrits sous les traits d’acteurs grotesques ou de créatures intrigantes : le « système, la bête à deux visages au nom étrange et inquiétant d’UMPS (17) »; la « bande des quatre (18) » ; « lady Nunuche ou la fée Gribouille » (à propos de S. Royal) ; « miss Poitou-Charentes (19). »

 

Transcender les clivages idéologiques

Bien sûr, ce carré des modes d’ancrage n’épuise pas toute la densité des discours politiques (pas plus, à ce titre, que la grille de lecture du storytelling, qui à force de tout expliquer, n’explique plus grand-chose…). Mais son utilisation permet tout d’abord d’établir un premier repérage des positionnements généraux des discours. Dans une perspective d’analyse sémiotique, ce travail constitue ainsi le préalable à l’exploration des autres niveaux de production du sens discursif : qu’il s’agisse des perspectives narratives ou des registres passionnels. Par ailleurs, dans un contexte politique où les oppositions traditionnelles tendent de manière persistante à se brouiller, le modèle du carré peut s’avérer utile pour décrypter les prises de position précisément parce qu’il repose sur l’intervention de valeurs fondamentales (le vécu, la fiction, l’utopie, la réalité) qui transcendent les clivages idéologiques. De ce point de vue, son application aux discours actuels des anciens candidats à l’élection présidentielle de 2007 permet de prendre la mesure de l’immuabilité relative des grands principes qui sont au fondement de leurs discours. S. Royal accorde ainsi toujours la primauté au vécu partagé, comme en témoigne son allocution à Dakar en avril 2009 : « Vous avez fait l’histoire et vous continuez à la faire et vous l’avez faite bien avant la colonisation, pendant, avant et depuis. Et c’est avec vous que nous allons construire notre avenir. » De même, le discours du président de la République continue toujours de s’articuler autour du double pôle du vécu partagé et la réalité analysée, comme en témoigne son discours devant le Parlement réuni en Congrès en 2009 : « Comment se fait-il que nous ayons autant de mal dans notre pays à préparer l’avenir ? Au fond, comment se fait-il que tous ensemble nous ayons pris tant de retard ? (…) J’y ai beaucoup réfléchi. Je crois que, la crise aidant, le moment est venu de remettre en cause les principes d’une politique qui nous a enfermés dans des contradictions de moins en moins soutenables. »

 

NOTES :

(1) Denis Bertrand, Alexandre Dézé et Jean-Louis Missika, Parler pour gagner. Sémiotique des discours de la campagne présidentielle de 2007, Presses de Sciences Po, 2007. (2) Ségolène Royal, discours programmatique, Villepinte, 11 février 2007.(3) Ségolène Royal, discours de la fête de la Rose, Frangy-en-Bresse, 20 août 2006. (4) Ségolène Royal, « Le pacte présidentiel », février 2007. (5) Ségolène Royal, discours de la fête de la Rose, op. cit. (6) Ségolène Royal, invitée du journal télévisé de 20 heures, TF1, 20 novembre 2006.(7) Ségolène Royal, discours lors du premier débat participatif, Strasbourg, 20 décembre 2006. (8) Nicolas Sarkozy, invité de l’émission télévisée « À vous de juger », France 2, 30 novembre 2006. (9) Nicolas Sarkozy, invité du journal télévisé de 20 heures, TF1, 23 novembre 2006. (10) Nicolas Sarkozy, « Tout peut devenir possible », entretien exclusif accordé à la presse régionale, 30 novembre 2006. (11) Nicolas Sarkozy, discours d’investiture au congrès de l’UMP, 14 janvier 2006. (12) Nicolas Sarkozy, discours de meeting, La Réunion, 15 février 2007. (13) Ibid.(14) François Bayrou, Le Parisien, 16 février 2007. (15) François Bayrou, discours lors du Conseil national de l’UDF, Paris, 12 novembre 2006.(16) Ibid. (17) Sources : AFP, 21 janvier 2007.
(18) Ibid.
(19) Jean-Marie Le Pen, discours du projet présidentiel, Le Bourget, 12 novembre 2006.

http://www.scienceshumaines.com/le-carre-semiotique-des-discours-politiques_fr_24339.html

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Publié par Hermann H Cebert


Constitution des États-Unis de 1787

24 juin 2013

Traduction du gouvernement des États-Unis

PRÉAMBULE

 N ous, Peuple des États-Unis, en vue de former une Union plus parfaite, d’établir la justice, de faire régner la paix intérieure, de pourvoir à la défense commune, de développer le bien-être général et d ‘assurer les bienfaits de la liberté à nous-mêmes et à notre postérité, nous décrétons et établissons cette Constitution pour les États-Unis d’Amérique.

ARTICLE PREMIER

Section 1. Tous les pouvoirs législatifs accordés par cette Constitution seront attribués à un Congrès des États-Unis, qui sera composé d’un Sénat et d’une Chambre des représentants.

Section 2. La Chambre des représentants sera composée de membres choisis tous les deux ans par le peuple des différents États; dans chaque État les électeurs devront répondre aux conditions requises pour être électeur à l’assemblée la plus nombreuse de la législature de cet État.

Nul ne pourra être représentant s’il n’a atteint l’âge de vingt-cinq ans, s’il n’est citoyen américain depuis sept ans et s’il ne réside, au moment de l’élection, dans l’État où il doit être élu.

Les représentants et les impôts directs seront répartis entre les différents États qui pourront faire partie de cette Union, proportionnellement au nombre de leurs habitants, qui sera déterminé en ajoutant au nombre total des personnes libres, y compris celles qui se sont louées pour un nombre d’années déterminé, mais à l’exclusion des Indiens non soumis à l’impôt, trois cinquièmes de toutes les autres personnes. Le recensement sera effectué dans les trois ans qui suivront la première réunion du Congrès, et ensuite tous les dix ans, de la manière qui sera fixée par la loi. Le nombre des représentants n’excédera pas un pour trente mille habitants, mais chaque État aura au moins un représentant: jusqu’à ce que le recensement soit effectué, l’État du New Hampshire aura droit à trois représentants, le Massachusetts à huit, l’État de Rhode Island et les Plantations de Providence à un, le Connecticut à cinq, l’État de New York à six, le New Jersey à quatre, la Pennsylvanie à huit, le Delaware à un, le Maryland à six, la Virginie à dix, la Caroline du Nord à cinq, la Caroline du Sud à cinq et la Géorgie à trois.

Lorsque des vacances se produiront dans la représentation d’un État, le pouvoir exécutif de cet État fera procéder à des élections pour y pourvoir.

La Chambre des représentants choisira son président et les autres membres de son bureau, et elle détiendra seule le pouvoir de mise en accusation devant le Sénat.

Section 3. Le Sénat des États-Unis sera composé de deux sénateurs pour chaque État, choisis pour six ans par la législature de chacun, et chaque sénateur disposera d’une voix.

Dès qu’ils seront réunis à la suite de la première élection, les sénateurs seront divisés aussi également que possible en trois groupes. Les sièges des sénateurs du premier groupe seront déclarés vacants à l’expiration de la deuxième année, ceux du second groupe à l’expiration de la quatrième année et ceux du troisième groupe à l’expiration de la sixième année, de telle sorte qu’un tiers puisse être renouvelé tous les deux ans; et si des vacances se produisent, par démission ou autrement, en dehors des sessions législatives d’un État, le pouvoir exécutif de cet État peut procéder à des nominations temporaires jusqu’à la réunion suivante de la législature, qui pourvoira alors à ces vacances.

Nul ne pourra être sénateur s’il n’a atteint l’âge de trente ans, s’il n’est pas depuis neuf ans citoyen des États-Unis et s’il ne réside, au moment de l’élection, dans l’État pour lequel il est élu.

Le vice-président des États-Unis sera président du Sénat, mais n’aura pas de droit de vote, à moins d’égal partage des voix du Sénat.

Le Sénat choisira les autres membres de son bureau, ainsi qu’un président temporaire, en cas d’absence du vice-président des États-Unis, ou lorsque celui-ci sera appelé à exercer les fonctions de président des États-Unis.

Le Sénat aura seul le pouvoir de juger les personnes mises en accusation par la Chambre des représentants. Lorsqu’il siégera à cet effet, les sénateurs prêteront serment ou feront une déclaration solennelle. En cas de jugement du président des États-Unis, le président de la Cour suprême présidera. Nul ne pourra être déclaré coupable que par un vote des deux tiers des membres présents.

Les condamnations prononcées en cas d' » impeachment  » ne pourront excéder la destitution et l’interdiction d’occuper tout poste de confiance ou d’exercer toute fonction honorifique ou rémunérée des États-Unis; mais la partie condamnée sera néanmoins responsable et sujette à accusation, procès, jugement et condamnation suivant le droit commun.

Section 4. L’époque, le lieu et la procédure des élections des sénateurs et des représentants seront déterminés dans chaque État par la législature de cet État; le Congrès peut toutefois, à tout moment, déterminer ou modifier par une loi les règles des élections, à l’exception de celles relatives au lieu des élections des sénateurs.

Le Congrès se réunira au moins une fois par an, le premier lundi de décembre, à moins que, par une loi, il ne fixe un jour différent.

Section 5. Chaque Chambre sera juge de l’élection de ses membres, du nombre de voix qu’ils ont obtenues et de leur éligibilité; la majorité, dans chaque Chambre, sera nécessaire pour que les délibérations soient valables; mais un nombre inférieur pourra ajourner la séance de jour en jour et pourra être autorisé à exiger la présence des membres absents par tels moyens et sous telles pénalités que la Chambre pourra décider.

Chaque Chambre peut établir son règlement, prendre des sanctions contre ses membres pour conduite contraire au bon ordre et, à la majorité des deux tiers, prononcer l’expulsion de l’un d’entre eux.

Chaque Chambre tiendra un procès-verbal de ses débats et le publiera de temps à autre, à l’exception des parties qui lui sembleraient requérir le secret; les votes pour et les votes contre des membres de chacune des Chambres sur une question quelconque seront, à la demande d’un cinquième des membres présents, consignés dans le procès-verbal.

Aucune des deux Chambres ne pourra, durant une session du Congrès et sans le consentement de l’autre Chambre, s’ajourner pour plus de trois jours, ni se transporter en aucun autre lieu que celui où les deux Chambres siégeront.

Section 6. Les sénateurs et représentants percevront une indemnité qui sera fixée par la loi et payée par le Trésor des États-Unis. En aucun cas autre que ceux de trahison, crime ou atteinte à la paix publique, ils ne pourront être arrêtés durant leur participation aux sessions de leur Chambre, ni lorsqu’ils se rendront à une session de cette Chambre ou en reviendront; ils ne pourront être inquiétés en aucun lieu pour leurs dis cours ou discussions dans l’une quelconque des Chambres.

Aucun sénateur ou représentant ne pourra, durant la période pour laquelle il a été élu, être nommé à une fonction civile relevant de l’autorité des États-Unis, qui aurait été créée ou dont le traitement aurait été augmenté durant cette période; aucune personne occupant une charge relevant de l’autorité des États-Unis ne sera membre de l’une des deux Chambres tant qu’elle exercera ces fonctions.

Section 7. Tous projets de loi comportant la levée d’impôts émaneront de la Chambre des représentants; mais le Sénat pourra proposer ou accepter des amendements à y apporter comme aux autres projets de loi.

Tout projet de loi adopté par la Chambre des représentants et par le Sénat devra, avant d’acquérir force de loi, être soumis au président des États-Unis. Si celui-ci l’approuve, il le signera; sinon il le renverra, avec ses objections, à la Chambre dont il émane, laquelle insérera les objections in extenso dans son procès-verbal et procédera à un nouvel examen du projet. Si, après ce nouvel examen, le projet de loi réunit en s a faveur les voix des deux tiers des membres de cette Chambre, il sera transmis, avec les objections qui l’accompagnaient, à l’autre Chambre, qui l’examinera également de nouveau, et, si les deux tiers des membres de celle-ci l’approuvent, il aura force de loi. En pareil cas, les votes des deux Chambres seront acquis par oui et par non, et les noms des membres votant pour et contre le projet seront portés au procès-verbal de chaque Chambre respectivement. Tout projet non renvoyé par le président dans les dix jours (dimanche non compris) qui suivront sa soumission, deviendra loi comme si le président l’avait signé, à moins que le Congrès n’ait, par son ajournement, rendu le renvoi impossible; auquel cas le projet n’acquerra pas force de loi.

Tous ordres, résolutions ou votes, pour l’adoption desquels l’accord du Sénat et de la Chambre des représentants peut être nécessaire (sauf en matière d’ajournement), seront représentés au président des États-Unis, et, avant de devenir exécutoires, approuvés par lui, ou, en cas de dissentiment de sa part, adoptés de nouveau par les deux tiers du Sénat et de la Chambre des représentants, conformément aux règles et sous les réserves prescrites pour les projets de loi.

Section 8. Le Congrès aura le pouvoir:

De lever et de percevoir des taxes, droits, impôts et excises, de payer les dettes et pourvoir à la défense commune et à la prospérité générale des États-Unis; mais lesdits droits, impôts et excises seront uniformes dans toute l’étendue des États-Unis;

 

De faire des emprunts sur le crédit des États-Unis;

 

De réglementer le commerce avec les nations étrangères, entre les divers États, et avec les tribus indiennes;

 

D’établir une règle uniforme de naturalisation et des lois uniformes au sujet des faillites applicables dans toute l’étendue des États-Unis;

 

De battre monnaie, d’en déterminer la valeur et celle de la monnaie étrangère, et de fixer l’étalon des poids et mesures;

 

D’assurer la répression de la contrefaçon des effets et de la monnaie en cours aux États-Unis;

 

D’établir des bureaux et des routes de postes;

 

De favoriser le progrès de la science et des arts utiles, en assurant, pour un temps limité, aux auteurs et inventeurs le droit exclusif à leurs écrits et découvertes respectifs;

 

De constituer des tribunaux inférieurs à la Cour suprême;

 

De définir et punir les pirateries et crimes commis en haute mer et les atteintes à la loi des nations;

 

De déclarer la guerre, d’accorder des lettres de marque et de représailles, et d’établir des règlements concernant les prises sur terre et sur mer;

 

De lever et d’entretenir des armées, sous réserve qu’aucune affectation de crédits à cette fin ne s’étende sur plus de deux ans;

 

De créer et d’entretenir une marine de guerre;

 

D’établir des règlements pour le commandement et la discipline des forces de terre et de mer;

 

De pourvoir à la mobilisation de la milice pour assurer l’exécution des lois de l’Union, réprimer les insurrections et repousser les invasions;

 

De pourvoir à l’organisation, l’armement et la discipline de la milice, et au commandement de telle partie d’icelle qui serait employée au service des États-Unis, en réservant aux États respectivement la nomination des officier s et l’autorité nécessaire pour instruire la milice selon les règles de discipline prescrites par le Congrès;

 

D’exercer le droit exclusif de législation, en toute matière, sur tel district (d’une superficie n’excédant pas 10 milles au carré) qui, par cession d’États particuliers et sur acceptation du Congrès, sera devenu le siège du gouvernement des États-Unis et d’exercer semblable autorité sur tous lieux acquis, avec le consentement de la législature de l’État dans lequel ils seront situés, pour l’érection de forts, dépôts, arsenaux, chantiers navals et autres constructions nécessaires;

 

Et de faire toutes les lois qui seront nécessaires et convenables pour mettre à exécution les pouvoirs ci-dessus mentionnés et tous autres pouvoirs conférés par la présente Constitution au gouvernement des États- Unis ou à l’un quelconque de ses départements ou de ses fonctionnaires.

Section 9. L’immigration ou l’importation de telles personnes que l’un quelconque des États actuellement existants jugera convenable d’admettre ne pourra être prohibée par le Congrès avant l’année mil huit cent huit, mais un impôt ou un droit n’excédant pas 10 dollars par tête pourra être levé sur cette importation.

Le privilège de l’ordonnance d’habeas corpus ne pourra être suspendu, sauf dans les cas de rébellion ou d’invasion, où la sécurité publique pourrait l’exiger.

Aucun décret de confiscation, ou aucune loi rétroactive ne sera promulgué.

Nulle capitation ni autre taxe directe ne sera levée, si ce n’est proportionnellement au recensement ou dénombrement ci-dessus ordonné.

Ni taxes, ni droits ne seront levés sur les articles exportés d’un État quelconque.

Aucune préférence ne sera accordée par un règlement commercial ou fiscal aux ports d’un État sur ceux d’un autre; et nul navire à destination ou en provenance d’un État ne sera assujetti à des formalités ou des droits d’entrée, de sortie ou de douane dans un autre.

Aucune somme ne sera prélevée sur le Trésor, si ce n’est en vertu d’affectations de crédits stipulées par la loi; un état et un compte réguliers de toutes les recettes et dépenses des deniers publics seront publiés de temps à autre.

Aucun titre de noblesse ne sera conféré par les États-Unis, et aucune personne qui tiendra d’eux une charge de profit ou de confiance ne pourra, sans le consentement du Congrès, accepter des présents, émoluments, charges o u titres quelconques, d’un roi, prince ou État étranger.

Section 10. Aucun État ne pourra être partie à un traité ou une alliance ou à une Confédération; accorder des lettres de marque et de représailles; battre monnaie; émettre du papier-monnaie, donner cours légal, pour le paiement de dettes, à autre chose que la monnaie d’or ou d’argent; promulguer aucun décret de confiscation, aucune loi rétroactive ou qui porterait atteinte aux obligations résultant de contrats; ni conférer des titres de noblesse.

Aucun État ne pourra, sans le consentement du Congrès, lever des impôts ou des droits sur les importations ou les exportations autres que ceux qui seront absolument nécessaires pour l’exécution de ses lois d’inspection, et le produit net de tous les droits ou impôts levés par un État sur les importations ou les exportations sera affecté à l’usage du Trésor des États-Unis; et toutes ces lois seront soumises à la révision ou au contrôle du Congrès.

Aucun État ne pourra, sans le consentement du Congrès, lever des droits de tonnage, entretenir des troupes ou des navires de guerre en temps de paix, conclure des accords ou des pactes avec un autre État ou une puissance étrangère, ni entrer en guerre, à moins qu’il ne soit effectivement envahi ou en danger trop imminent pour permettre le moindre délai.

ARTICLE II

Section 1. Le pouvoir exécutif sera conféré à un président des États-Unis d’Amérique. Il restera en fonction pendant une période de quatre ans et sera, ainsi que le vice-président choisi pour la même du rée, élu comme suit:

Chaque État nommera, de la manière prescrite par sa législature, un nombre d’électeurs égal au nombre total de sénateurs et de représentants auquel il a droit au Congrès, mais aucun sénateur ou représentant, ni aucune personne tenant des États-Unis une charge de confiance ou de profit, ne pourra être nommé électeur.

Les électeurs se réuniront dans leurs États respectifs et voteront par bulletin pour deux personnes, dont l’une au moins n’habitera pas le même État qu’eux. Ils dresseront une liste de toutes les personnes qui auront recueilli des voix et du nombre de voix réunies par chacune d’elles. Ils signeront cette liste, la certifieront et la transmettront, scellée, au siège du gouvernement des États-Unis, à l’adresse du président du Sénat. Le président du Sénat, en présence du Sénat et de la Chambre des représentants, ouvrira toutes les listes certifiées, et les suffrages seront alors comptés. La personne qui aura obtenu le plus grand nombre de voix sera président, si ce nombre représente la majorité de tous les électeurs nommés. Si deux ou plusieurs personnes ont obtenu cette majorité et un nombre égal de voix, la Chambre des représentants, par scrutin, choisira immédiatement l’une d’entre elles comme président. Si aucune personne n’a obtenu la majorité nécessaire, la Chambre des représentants choisira alors le président, selon la même procédure, parmi les cinq personnes ayant obtenu le p lus grand nombre de voix. Mais, pour le choix du président, les votes seront comptés par État, la représentation de chaque État ayant une voix. Le quorum nécessaire à cet effet sera constitué par la présence d’un ou de plusieurs représentants des deux tiers des États, et l’adhésion de la majorité de tous les États devra être acquise pour la validité du choix. Dans tous les cas, après l’élection du président, la personne qui aura obtenu après lui le plus grand nombre des suffrages des électeurs sera vice-président. Mais s’il reste deux ou plusieurs personnes ayant le même nombre de voix, le Sénat choisira le vice-président parmi elle s par scrutin.

Le Congrès pourra fixer l’époque où les électeurs seront choisis et le jour où ils devront voter, ce jour étant le même sur toute l’étendue des États-Unis.

Nul ne pourra être élu président s’il n’est citoyen de naissance, ou s’il n’est citoyen des États-Unis au moment de l’adoption de la présente Constitution, s’il n’a trente-cinq ans révolus et ne réside sur le territoire des États-Unis depuis quatorze ans.

En cas de destitution, de mort ou de démission du président, ou de son incapacité d’exercer les pouvoirs et de remplir les devoirs de sa charge, ceux-ci seront dévolus au vice-président. Le Congrès pourra, par une loi, prévoir le cas de destitution, de mort, de démission ou d’incapacité à la fois du président et du vice-président en désignant le fonctionnaire qui fera alors fonction de président, et ce fonctionnaire remplira ladite f onction jusqu’à cessation d’incapacité ou élection d’un président.

Le président recevra pour ses services, à échéances fixes, une indemnité qui ne sera ni augmentée ni diminuée pendant la période pour laquelle il aura été élu, et il ne recevra pendant cette période aucun autre émolument des États-Unis, ni d’aucun des États.

Avant d’entrer en fonctions, le président prêtera serment ou prononcera l’affirmation qui suit:

« Je jure (ou affirme) solennellement de remplir fidèlement les fonctions de président des États-Unis et, dans toute la mesure de mes moyens, de sauvegarder, protéger et défendre la Constitution des États-Unis. »

Section 2. Le président sera commandant en chef de l’armée et de la marine des États-Unis, et de la milice des divers États quand celle-ci sera appelée au service actif des États-Unis. Il pourra exiger l’opinion, par écrit, du principal fonctionnaire de chacun des départements exécutifs sur tout sujet relatif aux devoirs de sa charge. Il aura le pouvoir d’accorder des sursis et des grâces pour crimes contre les États-Unis, sauf dans les cas d' »impeachment « .

Il aura le pouvoir, sur l’avis et avec le consentement du Sénat, de conclure des traités, sous réserve de l’approbation des deux tiers des sénateurs présents. Il proposera au Sénat et, sur l’avis et avec le consentement de ce dernier, nommera les ambassadeurs, les autres ministres publics et les consuls, les juges à la Cour suprême, et tous les autres fonctionnaires des États-Unis dont la nomination n’est pas prévue par la présente Constitution, et dont les postes seront créés par la loi. Mais le Congrès pourra, lorsqu’il le jugera opportun, confier au président seul, aux cours de justice ou aux chefs des départements, la nomination de certains fonctionnaires inférieur s.

Le président aura le pouvoir de pourvoir à toutes vacances qui viendraient à se produire entre les sessions du Sénat, en accordant des commissions qui expireront à la fin de la session suivante.

Section 3. Le président informera le Congrès, de temps à autre, de l’état de l’Union, et recommandera à son attention telles mesures qu’il estimera nécessaires et expédientes. Il pourra, dans des circonstances extraordinaires, convoquer l’une ou l’autre des Chambres ou les deux à la fois, et en cas de désaccord entre elles sur la date de leur ajournement, il pourra les ajourner à tel moment qu’il jugera convenable. Il recevra les ambassadeurs et autres ministres publics. Il veillera à ce que les lois soient fidèlement exécutées, et commissionnera tous les fonctionnaires des États-Unis.

Section 4. Le président, le vice-président et tous les fonctionnaires civils des États-Unis seront destitués de leurs charges sur mise en accusation et condamnation pour trahison, corruption ou autres crimes et délits majeurs.

ARTICLE III

Section 1. Le pouvoir judiciaire des États-Unis sera conféré à une Cour suprême et à telles cours inférieures dont le Congrès pourra de temps à autre ordonner l’institution. Les juges de la Cour suprême et des cours inférieures conserveront leurs charges aussi longtemps qu’ils en seront dignes et percevront, à échéances fixes, une indemnité qui ne sera pas diminuée tant qu’ils resteront en fonctions.

Section 2. Le pouvoir judiciaire s’étendra à tous les cas de droit et d’équité ressortissant à la présente Constitution, aux lois des États-Unis, aux traités déjà conclus, ou qui viendraient à l’être sous leur autorité; à tous les cas concernant les ambassadeurs, les autres ministres publics et les consuls; à tous les cas relevant de l’Amirauté et de la juridiction maritime; aux différends auxquels les États-Unis seront partie; aux différends entre deux ou plusieurs États, entre un État et les citoyens d’un autre, entre citoyens de différents États, entre citoyens d’un même État revendiquant des terres en vertu de concessions d’autres États, entre un État ou ses citoyens et des États, citoyens ou sujets étrangers.

Dans tous les cas concernant les ambassadeurs, les autres ministres publics et les consuls, et ceux auxquels un État sera partie, la Cour suprême aura juridiction de première instance sur la date de leur ajournement, elle aura juridiction d’appel, et pour le droit et pour le fait, sauf telles exceptions et conformément à tels règlements que le Congrès aura établis.

Tous les crimes, sauf dans les cas d' » impeachment « , seront jugés par un jury. Le procès aura lieu dans l’État où lesdits crimes auront été commis, et, quand ils ne l’auront été dans aucun, en tel lieu ou place que le Congrès aura fixé par une loi.

Section 3. Le crime de trahison envers les États-Unis ne consistera que dans l’acte de faire la guerre contre eux, ou de se ranger du côté de leurs ennemis en leur donnant aide et secours. Nul ne sera convaincu de trahison, si ce n’est sur la déposition de deux témoins du même acte manifeste, ou sur son propre aveu en audience publique.

Le Congrès aura le pouvoir de fixer la peine en matière de trahison, mais aucune condamnation de ce chef n’entraînera ni mort civile, ni confiscation de biens, sauf pendant la vie du condamné.

ARTICLE IV

Section 1. Pleine foi et crédit seront accordés, dans chaque État, aux actes publics, minutes et procès-verbaux judiciaires de tous les autres États. Et le Congrès pourra, par des lois générales, prescrire la manière dont la validité de ces actes, minutes et procès-verbaux sera établie, ainsi que leurs effets.

Section 2. Les citoyens de chaque État auront droit à tous les privilèges et immunités des citoyens dans les divers États.

Toute personne qui, accusée, dans un État, de trahison, félonie ou autre crime, se sera dérobée à la justice par la fuite et sera trouvée dans un autre État, devra, sur la demande de l’autorité exécutive de l’État d’où elle aura fui, être livrée pour être ramenée dans l’État ayant juridiction sur le crime.

Une personne qui, tenue à un service ou travail dans un État en vertu des lois y existant, s’échapperait dans un autre, ne sera libérée de ce service ou travail en vertu d’aucune loi ou réglementation de cet autre État, mais sera livrée sur la revendication de la partie à laquelle le service ou travail pourra être dû.

Section 3. De nouveaux États peuvent être admis par le Congrès dans l’Union; mais aucun nouvel État ne sera formé ou érigé sur le territoire soumis à la juridiction d’un autre État, ni aucun État formé par la jonction de deux ou de plusieurs États, ou parties d’État, sans le consentement des législatures des États intéressés, aussi bien que du Congrès.

Le Congrès aura le pouvoir de disposer du territoire ou de toute autre propriété appartenant aux États-Unis, et de faire à leur égard toutes lois et tous règlements nécessaires; et aucune disposition de la présente Constitution ne sera interprétée de manière à préjudicier aux revendications des États-Unis ou d’un État particulier.

Section 4. Les États-Unis garantiront à chaque État de l’Union une forme républicaine de gouvernement, protégeront chacun d’eux contre l’invasion et, sur la demande de la législature ou de l’exécutif (quand la législature ne pourra être réunie), contre toute violence intérieure.

ARTICLE V

Le Congrès, quand les deux tiers des deux Chambres l’estimeront nécessaire, proposera des amendements à la présente Constitution ou, sur la demande des législatures des deux tiers des États, convoquera une convention pour en proposer; dans l’un et l’autre cas, ces amendements seront valides à tous égards comme faisant partie intégrante de la présente Constitution, lorsqu’ils auront été ratifiés par les législatures des trois quarts des États, ou par des conventions dans les trois quarts d’entre eux, selon que l’un ou l’autre mode de ratification aura été proposé par le Congrès. Sous réserve que nul amendement qui serait adopté avant l’année mi l huit cent huit ne puisse en aucune façon affecter la première et la quatrième clause de la neuvième section de l’Article premier, et qu’aucun État ne soit, sans son consentement, privé de l’égalité de suffrage au Sénat.

ARTICLE VI

Toutes dettes contractées et tous engagements pris avant l’adoption de la présente Constitution seront aussi valides à l’encontre des États-Unis dans le cadre de la présente Constitution qu’ils l’étaient dans le cadre de l a Confédération.

La présente Constitution, ainsi que les lois des États-Unis qui en découleront, et tous les traités déjà conclus, ou qui le seront, sous l’autorité des États-Unis, seront la loi suprême du pays; et les juge s dans chaque État seront liés par les susdits, nonobstant toute disposition contraire de la Constitution ou des lois de l’un quelconque des États.

Les sénateurs et représentants susmentionnés, les membres des diverses législatures des États et tous les fonctionnaires exécutifs et judiciaires, tant des États-Unis que des divers États, seront tenus par serment ou affirmation de défendre la présente Constitution; mais aucune profession de foi religieuse ne sera exigée comme condition d’aptitude aux fonctions ou charges publiques sous l’autorité des États-Unis.

ARTICLE VII

La ratification des conventions de neuf États sera suffisante pour l’établissement de la présente Constitution entre les États qui l’auront ainsi ratifiée.

AMENDEMENTS

ARTICLE PREMIER

Le Congrès ne fera aucune loi qui touche l’établissement ou interdise le libre exercice d’une religion, ni qui restreigne la liberté de la parole ou de la presse, ou le droit qu’a le peuple de s’assembler paisiblement et d’adresser des pétitions au gouvernement pour la réparation des torts dont il a à se plaindre.

ARTICLE II

Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d’un État libre, le droit qu’a le peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas transgressé.

ARTICLE III

Aucun soldat ne sera, en temps de paix, logé dans une maison sans le consentement du propriétaire, ni en temps de guerre, si ce n’est de la manière prescrite par la loi.

ARTICLE IV

Le droit des citoyens d’être garantis dans leurs personne, domicile, papiers et effets, contre les perquisitions et saisies non motivées ne sera pas violé, et aucun mandat ne sera délivré, si ce n’est sur présomption sérieuse, corroborée par serment ou affirmation, ni sans qu’il décrive particulièrement le lieu à fouiller et les personnes ou les choses à saisir.

ARTICLE V

Nul ne sera tenu de répondre d’un crime capital ou infamant sans un acte de mise en accusation, spontané ou provoqué, d’un Grand Jury, sauf en cas de crimes commis pendant que l’accusé servait dans les forces terrestres ou navales, ou dans la milice, en temps de guerre ou de danger public; nul ne pourra pour le même délit être deux fois menacé dans sa vie ou dans son corps; nul ne pourra, dans une affaire criminelle, être obligé de témoigner contre lui-même, ni être privé de sa vie, de sa liberté ou de ses biens sans procédure légale régulière; nulle propriété privée ne pourra être réquisitionnée dans l’intérêt public sans une juste indemnité.

ARTICLE VI

Dans toutes poursuites criminelles, l’accusé aura le droit d’être jugé promptement et publiquement par un jury impartial de l’État et du district o le crime aura été commis – le district ayant été préalablement délimité par la loi -, d’être instruit de la nature et de la cause de l’accusation, d’être confronté avec les témoins à décharge, d’exiger par des moyens légaux la comparution de témoins à charge, et d’être assisté d’un conseil pour sa défense.

ARTICLE VII

Dans les procès de droit commun où la valeur en litige excédera vingt dollars, le droit au jugement par un jury sera observé, et aucun fait jugé par un jury ne sera examiné de nouveau dans une cour des États-Unis autrement que selon les règles du droit commun.

ARTICLE VIII

Des cautions excessives ne seront pas exigées, ni des amendes excessives imposées, ni des châtiments cruels et exceptionnels infligés.

ARTICLE IX

L’énumération de certains droits dans la Constitution ne pourra être interprétée comme déniant ou restreignant d’autres droits conservés par le peuple.

ARTICLE X

Les pouvoirs qui ne sont pas délégués aux États-Unis par la Constitution, ni refusés par elle aux États, sont conservés par les États respectivement ou par le peuple.

[Les dix premiers amendements, qui constituent la Déclaration des droits, furent adoptés en 1791.]

ARTICLE XI

Le pouvoir judiciaire des États-Unis ne sera pas interprété comme s’étendant à un procès de droit ou d’équité entamé ou poursuivi contre l’un des États-Unis par des citoyens d’un autre État, ou par des citoyens ou sujets d’un État étranger. [1798]

ARTICLE XII

Les électeurs se réuniront dans leurs États respectifs et voteront par bulletin pour le président et le vice-président, dont l’un au moins n’habitera pas le même État qu’eux. Ils indiqueront sur des bulletins séparés le nom de la personne qu’ils désirent élire président et de celle qu’ils désirent élire vice-président. Ils dresseront des listes distinctes de toutes les personnes qui auront obtenu des voix pour la présidence , de toutes celles qui en auront obtenu pour la vice-présidence, et du nombre de voix recueillies par chacune d’elles. Ils signeront ces listes, les certifieront et les transmettront, scellées, au siège du gouvernement des États-Unis, à l’adresse du président du Sénat. Celui-ci, en présence du Sénat et de la Chambre des représentants, ouvrira toutes les listes certifiées, et les suffrages seront alors comptés. La personne qui aura obtenu le plus grand nombre de voix pour la présidence sera président, si ce nombre représente la majorité de tous les électeurs nommés. Si aucune n’a obtenu la majorité nécessaire, la Chambre des représentants choisira immédiatement le président, par scrutin, entre les trois personnes au plus qui auront réuni le plus grand nombre de voix. Mais, pour le choix du président, les voix seront recueillies par État, la représentation de chacun ayant un e voix. Le quorum nécessaire à cet effet sera constitué par la présence d’un ou de plusieurs représentants de deux tiers des États, et l’adhésion de la majorité de tous les États devra être acquise pour la validité du choix. Si la Chambre des représentants, quand le droit de choisir lui incombe, ne choisit pas le président avant le quatrième jour de mars suivant, le vice-président agira en qualité de président, de même qu’en cas de décès ou d’autre incapacité constitutionnelle du président. La personne qui réunira le plus grand nombre de voix pour la vice-présidence sera vice-président si ce nombre représente la majorité d e tous les électeurs nommés; si aucune n’a obtenu la majorité nécessaire, le Sénat choisira alors le vice-président entre les deux personnes sur la liste qui auront le plus grand nombre de voix. Le quorum nécessaire à cet effet sera constitué par la présence des deux tiers du nombre total des sénateurs, et l’adhésion de la majorité de tous les sénateurs devra être acquise pour la validité du choix. Mais aucune personne inéligible, de par la Constitution, à la charge de président ne pourra être élue à celle de vice-président des États-Unis. [1804]

ARTICLE XIII

Section 1. Ni esclavage ni servitude involontaire, si ce n’est en punition d’un crime dont le coupable aura été dûment convaincu, n’existeront aux États-Unis ni dans aucun des lieux soumis à leur juridiction.

Section 2. Le Congrès aura le pouvoir de donner effet au présent article par une législation appropriée. [1865]

ARTICLE XIV

Section 1. Toute personne née ou naturalisée aux États-Unis, et soumise à leur juridiction, est citoyen des États-Unis et de l’État dans lequel elle réside. Aucun État ne fera ou n’appliquera de lois qui restreindraient les privilèges ou les immunités des citoyens des États-Unis; ne privera une personne de sa vie, de sa liberté ou de ses biens sans procédure légale régulière; ni ne refusera à quiconque relève de sa juridiction légale protection des lois.

Section 2. Les représentants seront répartis entre les divers États proportionnellement à leur population respective, calculée en comptant tous les habitants de chaque État, à l’exclusion des Indiens, non imposés . Mais, quand le droit de voter à l’élection d’électeurs des président et vice-président des États-Unis, des représentants au Congrès, des fonctionnaires exécutifs et judiciaires d’un État ou des membres d e sa législature, sera dénié à des habitants mâles de cet État, âgés de vingt et un ans et citoyens des États-Unis, ou restreint de quelque manière que ce soit, sauf en cas de participation à une rébellion ou autre crime, la base de la représentation pour ledit État sera réduite dans la proportion existant entre le nombre des citoyens mâles visés et le nombre total des citoyens mâles de vingt et un ans dans cet État.

Section 3. Nul ne sera sénateur ou représentant au Congrès, ou électeur des président et vice-président, ni n’occupera aucune charge civile ou militaire du gouvernement des États-Unis ou de l’un quelconque des États, qui après avoir prêté serment, comme membre du Congrès, ou fonctionnaire des États-Unis, ou membre d’une législature d’État, ou fonctionnaire exécutif ou judiciaire d’un État, de défendre la Constitution des États-Unis, aura pris part à une insurrection ou à une rébellion contre eux, ou donné aide ou secours à leurs ennemis. Mais le Congrès pourra, par un vote des deux tiers de chaque Chambre, lever cette incapacité.

Section 4. La validité de la dette publique des États-Unis, autorisée par la loi, y compris les engagements contractés pour le paiement de pensions et de primes pour services rendus lors de la répression d’insurrections ou de rébellions, ne sera pas mise en question. Mais ni les États-Unis, ni aucun État n’assumeront ni ne payeront aucune dette ou obligation contractée pour assistance à une insurrection ou rébellion contre les États-Unis, ni aucune réclamation pour la perte ou l’émancipation d’esclaves, et toutes dettes, obligations et réclamations de cette nature seront considérées comme illégales et nulles.

Section 5. Le Congrès aura le pouvoir de donner effet aux dispositions du présent article par une législation appropriée. [1868]

ARTICLE XV

Section 1. Le droit de vote des citoyens des États-Unis ne sera dénié ou limité par les États-Unis, ou par aucun État, pour des raisons de race, couleur, ou de condition antérieure de servitude.

Section 2. Le Congrès aura le pouvoir de donner effet au présent article par une législation appropriée. [1870]

ARTICLE XVI

Le Congrès aura le pouvoir d’établir et de percevoir des impôts sur les revenus, de quelque source qu’ils dérivent, sans répartition parmi les divers États, et indépendamment d’aucun recensement ou énumération. [1913]

ARTICLE XVII

Section 1. Le Sénat des États-Unis sera composé de deux sénateurs pour chaque État, élus pour six ans par le peuple de cet État; et chaque sénateur aura droit à une voix. Les électeurs de chaque État devront remplir les conditions requises pour être électeur à l’assemblée législative la plus nombreuse de l’État.

Section 2. Quand des vacances se produiront dans la représentation d’un État au Sénat, l’autorité exécutive de cet État convoquera les électeurs pour y pourvoir sous réserve que, dans chaque État, la législature puisse donner à l’exécutif le pouvoir de procéder à des nominations temporaires jusqu’à ce que le peuple ait pourvu aux vacances par les élections que la législature pourra ordonner.

Section 3. Le présent amendement ne sera pas interprété comme affectant l’élection ou la durée du mandat de tout sénateur choisi avant que ledit amendement ait acquis force exécutive et fasse partie intégrante de la Constitution. [1913]

ARTICLE XVIII

Section 1. Seront prohibés, un an après la ratification du présent article, la fabrication, la vente ou le transport des boissons alcooliques à l’intérieur du territoire des États-Unis et de tout territoire soumis à leur juridiction, ainsi que l’importation desdites boissons dans ces territoires ou leur exportation hors de ces territoires.

Section 2. Le Congrès et les divers États auront concurremment le pouvoir de donner effet au présent article par une législation appropriée.

Section 3. Le présent article sera inopérant s’il n’est ratifié comme amendement à la Constitution par les législatures des divers États, de la manière prévue dans la Constitution, dans les sept années qui suivront la date de sa présentation aux États par le Congrès. [1919]

ARTICLE XIX

Le droit de vote des citoyens des États-Unis ne pourra être dénié ou restreint pour cause de sexe par les États-Unis ni l’un quelconque des États. Le Congrès aura le pouvoir de donner effet au présent article par une législation appropriée. [1920]

ARTICLE XX

Section 1. Les mandats du président et du vice-président prendront fin à midi, le vingtième jour de janvier, et les mandats des sénateurs et des représentants, à midi, le troisième jour de janvier des années au cours desquelles ces mandats auraient expiré si le présent article n’avait pas été ratifié; et les mandats de leurs successeurs commenceront à partir de ce moment.

Section 2. Le Congrès s’assemblera au moins une fois par an, et la réunion aura lieu à midi, le troisième jour de janvier, à moins que, par une loi, il ne fixe un jour différent.

Section 3. Si, à la date fixée pour l’entrée en fonctions du président, le président élu est décédé, le vice-président élu deviendra président. Si un président n’a pas été chois i avant la date fixée pour le commencement de son mandat, ou si le président élu ne remplit pas les conditions requises, le vice-président élu fera alors fonction de président jusqu’à ce qu’un président remplisse le s conditions requises; et le Congrès pourra, par une loi, pourvoir au cas d’incapacité à la fois du président élu et du vice-président en désignant la personne qui devra alors faire fonction de président, ou la manière de la choisir, et ladite personne agira en cette qualité jusqu’à ce qu’un président ou un vice-président remplisse les conditions requises.

Section 4. Le Congrès pourvoira par une loi au cas de décès de l’une des personnes parmi lesquelles la Chambre des représentants peut choisir un président lorsque le droit de choisir lui incombe, et au cas de décès de l’une des personnes parmi lesquelles le Sénat peut choisir un vice-président lorsque le droit de choisir lui incombe.

Section 5. Les sections 1 et 2 entreront en vigueur le quinzième jour d’octobre qui suivra la ratification du présent article.

Section 6. Le présent article sera inopérant s’il n’est ratifié comme amendement à la Constitution par les législatures des trois quarts des divers États, dans les sept années qui suivront la date de sa soumission. [1933]

ARTICLE XXI

Section 1. Le Dix-huitième amendement à la Constitution est abrogé.

Section 2. Le transport ou l’importation dans tout État, territoire ou possession des États-Unis, de boissons alcooliques destinées à y être livrées ou consommées, en violation des lois y existant, sont interdits.

Section 3. Le présent article sera inopérant, s’il n’est ratifié comme amendement à la Constitution par les divers États assemblés en convention ainsi qu’il est prévu dans la Constitution, dans les sept années qui suivront la date de sa soumission aux États par le Congrès. [1933]

ARTICLE XXII

Section 1. Nul ne pourra être élu à la présidence plus de deux fois, et quiconque aura rempli la fonction de président, ou agi en tant que président, pendant plus de deux ans d’un mandat pour lequel quelque autre personne était nommée président, ne pourra être élu à la fonction de président plus d’une fois. Mais cet article ne s’appliquera pas à quiconque remplit la fonction de président au moment où cet article a été proposé par le Congrès, et il n’empêchera pas quiconque pouvant remplir la fonction de président, ou agir en tant que président, durant le mandat au cours duquel cet article devient exécutoire, de remplir la fonction d e président ou d’agir en tant que président durant le reste de ce mandat.

Section 2. Le présent article ne prendra effet qu’après sa ratification comme amendement à la Constitution par les législatures de trois quarts des différents États dans un délai de sept ans à dater de sa présentation aux États par le Congrès. [1951]

ARTICLE XXIII

Section 1. Le district où se trouve établi le siège du gouvernement des États-Unis, désignera selon telle procédure que pourra déterminer le Congrès un nombre d’électeurs du président et du vice-président équivalant au nombre total des sénateurs et représentants au Congrès auquel ce district aurait droit s’il était constitué en État; ce nombre ne pourra dépasser en aucun cas celui des électeurs dé;signés par l’État le moins peuplé de l’Union; ces électeurs se joindront à ceux désignés par les États et ils seront considérés, pour les besoins de l’élection du président et du vice-président, comme désignés par un État; ils se réuniront sur le territoire du district et rempliront les devoirs spécifiés par le Douzième amendement.

Section 2. Le Congrès aura le pouvoir de donner effet aux dispositions du présent article par une législation appropriée. [1961]

ARTICLE XXIV

Section 1. Le droit des citoyens des États-Unis de voter à toute élection primaire ou autre élection du président et du vice-président, des grands électeurs du président et du vice-président, ou des sénateurs et représentants au Congrès, ne sera dénié ou restreint ni par les États-Unis, ni par aucun État, pour cause de non-paiement de la taxe électorale ou de tout autre impôt.

Section 2. Le Congrès aura le pouvoir de donner effet aux dispositions du présent article par une législation appropriée. [1964]

ARTICLE XXV

Section 1. En cas de destitution, décès ou démission du président, le vice-président deviendra président.

Section 2. En cas de vacance du poste de vice-président, le président nommera un vice-président qui entrera en fonctions dès que sa nomination aura été approuvée par un vote majoritaire des deux Chambres du Congrès.

Section 3. Si le président fait parvenir au président pro tempore du Sénat et au président de la Chambre des représentants une déclaration écrite leur faisant connaître son incapacité d’exercer les pouvoirs et de remplir les devoirs de sa charge, et jusqu’au moment où il les avisera par écrit du contraire, ces pouvoirs seront exercés et ces devoirs seront remplis par le vice-président en qualité de président par intérim.

Section 4. Si le vice-président, ainsi qu’une majorité des principaux fonctionnaires des départements exécutifs ou de tel autre organisme désigné par une loi promulguée par le Congrès, font parvenir au président pro tempore du Sénat et au président de la Chambre des représentants une déclaration écrite les avisant que le président est dans l’incapacité d’exercer les pouvoirs et de remplir les devoirs de sa charge, le vice-président assumera immédiatement ces fonctions en qualité de président par intérim. Par la suite, si le président fait parvenir au président pro tempore du Sénat et au président de la Chambre des représentants une déclaration écrite les informant qu’aucune incapacité n’existe, il reprendra ses fonctions, à moins que le vice-président et une majorité des principaux fonctionnaires des départements exécutifs ou de tel autre organisme désigné par une loi promulguée par le Congrès ne fassent parvenir dans les quatre jours au président pro tempore du Sénat et au président de la Chambre des représentants une déclaration écrit e affirmant que le président est incapable d’exercer les pouvoirs et de remplir les devoirs de sa charge. Le Congrès devra alors prendre une décision; s’il ne siège pas, il se réunira dans ce but dans un délai de 48 heures. Si, dans les 21 jours qui suivront la réception par le Congrès de cette dernière déclaration écrite, ou dans les 21 jours qui suivront la date de la réunion du Congrès, si le Congrès n’est pas en session, ce dernier décide par un vote des deux tiers des deux Chambres que le président est incapable d’exercer les pouvoirs et de remplir les devoirs de sa charge, le vice-président continuera à exercer ces fonctions en qualité de président par intérim; dans le cas contraire, le président reprendra l’exercice desdites fonctions. [1967]

ARTICLE XXVI

Section 1. Le droit de vote des citoyens des États-Unis âgés de dix-huit ans ou plus ne pourra être dénié ou restreint pour raison d’âge ni par les États-Unis ni par l’un quelconque des États.

Section 2. Le Congrès aura le pouvoir de donner effet au présent article par une législation appropriée. [1971]

ARTICLE XXVII

Aucune loi modifiant la rémunération des services des Sénateurs et des Représentants n’entrera en vigueur tant qu’une élection des Représentants ne sera pas intervenue.


Constitution du 17 septembre 1787

Texte établi par S. Rials à l’aide des diverses traductions usuelles.

 N ous, le peuple des États-Unis, afin de former une union plus parfaite, d’établir la justice, d’assurer la tranquillité intérieure, de pouvoir a la défense commune, de développer le bien-être général et d’assurer nous-mêmes et notre postérité les bienfaits de la liberté, ordonnons et établissons la présente Constitution pour les États-Unis d’Amérique.

ARTICLE PREMIER [Département Législatif]

SECTION 1 [Congrès].

Tous les pouvoirs législatifs accordes par la présente constitution seront attribués à un Congrès des États-Unis, qui se composera d’un Sénat et d’une Chambre des représentants.

SECTION 2 [Chambre des représentants].

(1) La Chambre des représentants sera composée de membres choisis tous les deux ans par le peuple des divers États, et les électeurs dans chaque État devront posséder les qualifications requises des électeurs de la branche la plus nombreuse de la législature de l’État.
(2) Nul ne pourra être représentant s’il n’a atteint l’âge de vingt-cinq ans, s’il n’est depuis sept ans citoyen des États-Unis, et s’il ne réside, au moment de son élection, dans l’État où il est désigné.
(3) [Les représentants et les impôts directs seront répartis entre les divers États qui pourront être compris dans l’Union, proportionnellement à leur population, laquelle sera déterminée en ajoutant au nombre total des personnes libres, y compris celles liées à un service pour un nombre donné d’années et à l’exclusion des Indiens non soumis à l’impôt, les trois cinquièmes de toutes les autres personnes. Le recensement sera fait dans les trois ans qui suivront la première réunion du Congrès des États-Unis, et tous les dix ans par la suite, de la manière qui sera prescrite par la loi. Le nombre des représentants n’excédera pas un pour trente mille habitants, mais chaque État aura au moins un représentant; et jusqu’à ce que le premier recensement ait été fait, l’État de New Hampshire aura le droit d’en désigner trois, le Massachusetts huit, le Rhode Island et les Plantations de Providence un, le Connecticut cinq, New York six, New Jersey quatre, la Pennsylvanie huit, le Delaware un, le Maryland six, la Virginie dix, la Caroline du Nord cinq, la Caroline du Sud cinq et la Géorgie trois].
(4) Quand des vacances se produiront dans la représentation d’un État, l’autorité exécutive de celui-ci émettra des writs d’élection pour y pourvoir.
(5) La Chambre des représentants désignera son président (speaker) et les autres membres de son bureau; et elle aura le pouvoir exclusif de mise en accusation devant le Sénat (power of impeachment).

SECTION 3 [Sénat].

(1) Le Sénat des États-Unis sera composé de deux sénateurs de chaque État, choisis pour six ans [par le législature de chacun] et chaque sénateur aura une voix.
(2) Immédiatement après qu’ils seront assemblés à la suite de la première élection, les sénateurs seront divisés, aussi également que possible, en trois classes. Les sièges des sénateurs de la première classe seront vacants à l’expiration de la seconde année, ceux de la seconde classe à l’expiration de la quatrième année et ceux de la troisième classe à l’expiration de la sixième année, de telle sorte qu’un tiers soit désigné tous les deux ans; [et si des vacances se produisant par démission ou autrement, dans l’intervalle des sessions de la législature de l’État de l’intéressé, l’exécutif de cet État peut procéder à des nominations provisoires jusqu’à la élection suivante de la législature, qui pourvoira alors à ces vacances],
(3) Nul ne pourra être sénateur s’il n’a atteint l’âge de trente ans, s’il n’est depuis neuf ans citoyen des États-Unis, et s’il ne réside, au moment de son élection, dans l’État pour lequel il est dé signé.
(4) Le Vice-Président des États-Unis sera président du Sénat, mais n’aura pas de droit de vote, à moins d’égal partage des voix.
(5) Le Sénat désignera les autres membres de son bureau, ainsi qu’un président pro tempore pour remplacer le Vice-Président e n l’absence de celui-ci ou quand il exercera les fonctions de Président d es États-Unis.
(6) Le Sénat aura le pouvoir exclusif de juger les personnes mises en accusation par la Chambre des représentants (impeachment). Quand il siégera à cet effet, ses membres prêteront serment ou feront une déclaration solennelle. En cas de jugement du Président des États-Unis, le président de la Cour suprême (Chief Justice) présidera. Et nul ne sera déclaré coupable sans accord des deux tiers des membres présents.
(7) La sentence dans les cas d’impeachment ne pourra excéder la destitution ou l’incapacité de tenir et de bénéficier de toute fonction honorifique, de confiance ou rémunérée relevant des États-Unis, mais la partie condamnée n’en sera pas moins responsable et sujette à accusation, procès, jugement et punition, conformément à la loi.

SECTION 4 [Élection des membres du Congrès et sessions].

(1) Les époques, lieux et mode d’élection des sénateurs et des représentants seront fixés, dans chaque État, par la législature; mais le Congrès pourra, à tout moment, par une loi, instituer ou modifier de tels règlements, sauf en ce qui concerne le lieu de désignation des sénateurs.
(2) [Le Congrès s’assemblera au moins une fois l’an, et cette réunion aura lieu le premier lundi de décembre, à moins que, par une loi, il ne fixe un jour différent].

SECTION 5 [Pouvoirs et obligations des chambres].

(1) Chaque chambre sera juge des élections, pouvoirs et qualifications de ses membres, et la majorité constituera dans chacune un quorum suffisant pour délibérer; mais un nombre inférieur pourra s’ajourner de jour en jour et être autorisé à exiger la présence des membres absents, de telle manière et sous telles pénalités que chaque chambre pourra déterminer.
(2) Chaque chambre peut établir son règlement (Rules of its proceedings), punir ses membres pour conduite contraire au bon ordre et, à la majorité des deux tiers, prononcer l’expulsion de l’un d’entre eux.
(3) Chaque chambre tiendra un procès-verbal (Journal of its proceedings) et le publiera périodiquement, a l’exception des parties qui pourraient à son sens requérir le secret; et les  » oui  » et les  » non  » des membres de chaque chambre sur toute question seront consignés au procès-verbal sur la demande d’un cinquième des membres présents.
(4) Pendant la session du Congrès, aucune des deux chambres ne pourra, sans le consentement de l’autre, s’ajourner à plus de trois jours, ni se transporter dans un autre lieu que celui où siégeront les deux chambres.

SECTION 6 [Indemnité, immunités et incompatibilités].

(1) Les sénateurs et représentants recevront pour leurs services une indemnité qui sera fixée par la loi et payée par le Trésor des États-Unis. Ils jouiront du privilège de ne pouvoir en aucun cas, sauf pour trahison, crime et violation de la paix publique, être mis en état d’arrestation pendant leur présence à la session de leurs chambres respectives, ni pendant qu’ils s’y rendent ou qu’ils en reviennent; et, pour tout discours ou débat dans l’une ou l’autre chambre, ils ne pourront être mis en cause dans aucun autre lieu.
(2) Aucun sénateur ou représentant ne pourra, pendant la durée de son mandat, être nommé à une fonction civile relevant des États-Unis, qui aurait été créée ou dont le traitement aurait été augmenté durant cette période; et aucune personne exerçant une fonction relevant des États-Unis ne pourra devenir membre de l’une ou l’autre des chambres, tant qu’elle continuera à remplir cette fonction.

SECTION 7 [Procédure législative et veto].

(1) Toutes propositions de loi (Bills) concernant la levée d’un impôt devront émaner de la Chambre des représentants; mais le Sénat pourra proposer ou consentir des amendements, comme pour les autres propositions de loi.
(2) Toute proposition de loi adoptée par la Chambre des représentants et par le Sénat devra, avant d’acquérir force de loi (become a Law), être présentée au Président des États-Unis; si celui-ci l’approuve, il la signera; sinon, il la renverra, avec ses objections, à la chambre dont elle émane, laquelle consignera lesdites objections intégralement dans son procès-verbal et procédera à un nouvel examen de la proposition. Si, après ce nouvel examen, la proposition de loi réunit en sa faveur les voix des deux tiers des membres de cette chambre, elle sera transmise, avec les objections l’accompagnant, à l’autre chambre, qui l’examinera de la même manière à nouveau, et si les deux tiers des membres de celle-ci l’approuvent elle aura force de loi. Mais en pareil cas, les votes des deux chambres seront comptés par  » oui  » et par  » non  » et les noms des membres votant pour et contre le projet seront consignés au procès-verbal de chaque chambre respectivement. Toute proposition qui n’aura pas été renvoyée par le président dix jours (dimanches non compris) après qu’elle lui aura été présenté e deviendra loi, comme si le Président l’avait signée, à moins que le Congrès, par son ajournement, n’en empêche le renvoi, au quel cas la proposition n’aura pas force de loi.
(3) Tout ordre, résolution ou vote pour lequel le concours du Sénat et de la Chambre des représentants peut être nécessaire (sauf en matière d’ajournement) devra être présenté au Président des États-Unis; et avant de devenir exécutoire, il devra être approuvé par lui, ou, s’il le désapprouve, être voté à nouveau par les deux tiers du Sénat et de la Chambre des représentants suivant les règles et les limitations prescrite s pour les propositions de loi.

SECTION 8 [Pouvoirs du Congrès].

Le Congrès aura le pouvoir:

  1. ) De lever et percevoir des taxes, droits, impôts et excises (impôt s indirects), de payer les dettes et pourvoir à la défense commune et au bien-être général (general welfare) des États- Unis; mais tous droits, impôts et excises seront uniformes dans toute l’étendue des États-Unis;

  2. ) De faire des emprunts sur le crédit des États-Unis;

  3. ) De réglementer le commerce avec les nations étrangères, entre les divers États, et avec les tribus indiennes;

  4. ) D’établir une règle uniforme de naturalisation et des lois uniformes en matière de faillites dans toute l’étendue des États Unis;

  5. ) De battre monnaie, de déterminer sa valeur et celle de la monnaie étrangère, et de fixer l’étalon des poids et mesures;

  6. ) D’assurer la répression de la contrefaçon des titres et de la monnaie courante des États-Unis;

  7. ) D’établir des bureaux et des routes de poste;

  8. ) De promouvoir le progrès de la science et des arts utiles, en assurant pour un temps limité, aux auteurs et inventeurs, un droit exclusif sur leurs écrits et découvertes respectifs;

  9. ) De constituer des tribunaux subordonnés à la Cour suprême;

  10. ) De définir et punir les actes de pirateries et les crimes commis en haute mer et les délits contre le droit des gens;

  11. ) De déclarer la guerre, d’accorder des lettres de marque et de représailles, et d’établir des règles concernant les prises sur terre et sur mer;

  12. ) De lever et d’entretenir des armées, mais aucune affectation de crédits à cet usage ne se fera pour une durée supérieure à deux ans;

  13. ) De créer et d’entretenir une marine de guerre;

  14. ) D’édicter des règles pour le commandement et la discipline des forces de terre et de mer;

  15. ) De pourvoir à la convocation de la milice pour assurer l’exécution des lois de l’Union, réprimer les insurrections et repousser les invasions;

  16. ) De pourvoir à l’organisation, à l’armement et à la discipline de la milice, et a l’administration de telle partie de celle-ci qui serait employée au service des États-Unis, en réservant aux États respectivement la nomination des officiers et l’autorité nécessaire pour instruire la milice selon la discipline prescrite par le Congrès;

  17. ) D’exercer la législation exclusive, en toutes matières, sur tel district (n’excédant pas dix milles carrés) qui, par cession d’États particuliers et sur acceptation du Congrès, pourra devenir le siège du gouvernement des États-Unis, et d’exercer semblable autorité sur tous lieux acquis, du consentement de la législature de l’État dans lequel ils seront situés, pour l’érection de forts, magasins, arsenaux, chantiers navals et autres bâtiments nécessaires;

  18. ) De faire toutes lois qui seront nécessaires et convenables (necessary and proper) pour mettre à exécution les pouvoirs ci-dessus énumérés et tous autres pouvoirs conférés par la présente Constitution au gouvernement des États-Unis ou à l’un quelconque de ses départements ou de ses fonctionnaires.

SECTION 9 [Limitations aux pouvoirs des États-Unis].

(1) [L’immigration ou l’importation de telles personnes que l’un quelconque des États actuellement existants jugera convenable d’admettre ne pourra être interdite par le Congrès avant l’année mil huit cent huit, mai s un impôt ou droit n’excédant pas dix dollars par tête pourra être levé sur cette importation.
(2) Le privilège de l’ordonnance d’Habeas Corpus ne pourra être suspendu sauf si, en cas de rébellion ou d’invasion, la sécurité publique l’exige.
(3) Aucune loi portant condamnation sans jugement (Bill of attainder) ou à effet rétroactif (ex post facto law) ne sera adoptée.
(4) [Aucune capitation ni autre impôt direct ne sera levé, si ce n’est en proportion du recensement ou dénombrement ci-avant prévu].
(5) Aucune taxe ou droit ne sera levé sur les articles exportés d’ un État quelconque.
(6) Aucune préférence ne sera accordée par une réglementation commerciale ou fiscale aux ports d’un État sur ceux d’un autre; et aucun navire à destination ou en provenance d’un État ne sera obligé de se faire enregistrer, de passer en douane ou de payer des droits dans un autre.
(7) Aucune somme ne sera prélevée sur le Trésor, si ce n’es t en vertu de crédits ouverts par la loi; et un état et un compte réguliers de toutes les recettes et dépenses de deniers publics seront publiés périodiquement.
(8) Aucun titre de noblesse ne sera conféré par les États-Unis, et aucune personne qui tiendra d’eux une fonction rémunérée o u de confiance ne pourra, sans le consentement du Congrès, accepter quelque présent, émolument, fonction ou titre que ce soit de quelque ro i, prince ou État étranger que ce soit.

SECTION 10 [Pouvoirs refusés aux États].

(1) Aucun État ne pourra conclure de traité, former d’alliance ou entrer dans une confédération; délivrer des lettres de marque et d e représailles; battre monnaie; émettre du papier-monnaie; donner cours légal, pour le paiement des dettes, à autre chose que la monnaie d’or ou d’argent; faire de Bill of attainder, de loi rétroactive ou portant atteinte aux obligations contractuelles, ni conférer de titres de noblesse.
(2) Aucun État ne pourra, sans le consentement du Congrès, lever d’impôts ou de droits sur les importations ou les exportations, a l’exception de ce qui pourrait être absolument nécessaire pour l’exécution de ses lois d’inspection; et le produit net de tous droits et impôts levés par un État sur les importations ou les exportations sera mis à la disposition du Trésor des États-Unis; et toutes lois de cette sorte seront soumises à la révision et au contrôle du Congrès.
(3) Aucun État ne pourra, sans le consentement du Congrès, lever de droit de tonnage, entretenir des troupes ou des navires de guerre en temps de paix, conclure d’accords ou de pacte avec un autre État ou une puissance étrangère, ni entrer en guerre, à moins d’être effectivement envahi ou en danger assez imminent pour ne pas souffrir le moindre délai.

ART. II [Département exécutif]

SECTION 1 [Nomination du Président].

(1) Le pouvoir exécutif sera confié à un Président des États-Unis d’Amérique. Il occupera ses fonctions pendant un mandat de quatre ans et, avec le Vice-président, dont le mandat sera de même durée, sera élu de la manière suivante:
(2) Chaque État désignera, de la manière décidée par sa législature, un nombre d’électeurs égal au nombre total de sénateurs et de représentants auquel il a droit au Congrès; mais aucun sénateur ou représentant, ni aucune personne tenant des États-Unis une fonction de confiance ou rémunérée ne pourra être désigné comme électeur. [Les électeurs se réuniront dans leurs États respectifs et voteront par scrutin pour deux personnes, dont l’une au moins ne devra pas habiter le même État qu’eux. Ils feront une liste de toutes les personnes ayant recueilli des voix et du nombre de voix réunies par chacune, laquelle liste ils signeront, certifieront et transmettront, scellée, au siège du gouvernement des États-Unis, à l’adresse du président du Sénat. Ce dernier, en présence du Sénat et de la Chambre des représentants, ouvrira tous les certificats, et les votes seront alors comptés. La personne ayant le plus grand nombre de voix sera le Président, si ce nombre représente la majorité du nombre total des électeurs désignés, et si plusieurs personnes ont obtenu cette majorité et ont un nombre égal de voix, la Chambre des représentants, par un scrutin, choisira immédiatement l’une d’entre elles comme Président; et si aucune n’a obtenu la majorité, la chambre susdite choisira alors le Président, de la même manière, entre les cinq personnes de la liste les mieux placées. Mais, pour le choix du Président, les votes seront comptés par État, la représentation de chaque État ayant une voix; le quorum nécessaire à cette fin sera constitué par un ou plusieurs représentants des deux tiers des États, et la majorité de tous les États sera nécessaire pour un choix. En tout cas, après le choix du Président, la personne ayant le plus grand nombre de suffrages des électeurs sera le Vice-président. Mais s’il restait deux ou plusieurs personnes ayant le même nombre de voix, le Sénat choisirai, le Vice-président parmi elles au scrutin]
(3) Le Congrès pourra fixer l’époque où les électeurs seront choisis et le jour où ils devront voter; lequel jour sera le même dans toute l’étendue des États-Unis.
(4) Nul ne sera éligible aux fonctions de Président s’il n’est citoyen de naissance, ou citoyen des États-Unis au moment de l’adoption de la présente Constitution, s’il n’a trente-cinq ans révolus et ne réside sur le territoire des États-Unis depuis quatorze ans.
(5) En cas de destitution, de mort, de démission ou d’incapacité du Président a s’acquitter des pouvoirs et devoirs de sa charge, ceux-ci seront dévolus au Vice-président. [Et le Congrès pourra , par une loi, pourvoir au cas de destitution, de mort, de démission ou d ‘incapacité à la fois du Président et du Vice-président en désignant le fonctionnaire qui fera alors fonction de Président, lequel fonctionnaire remplira ladite fonction jusqu’à cessation de l’incapacité ou élection d’un Président]
(6) Le Président recevra, à échéances fixes, pour ses services, une indemnité qui ne sera ni augmentée ni diminuée pendant son mandat, et il ne recevra, pendant cette période, aucun autre émolument des États-Unis ou de l’un des États.
(7) Avant d’entrer en fonctions, il prêtera le serment ou prononcera la déclaration qui suit:

« Je jure (ou déclare) solennellement que je remplirai fidèlement les fonctions de Président des États-Unis et que, dans toute la mesure de mes moyens, je sauvegarderai, protégerai et défendrai la Constitution des États-Unis. »

SECTION 2 [Pouvoirs du Président].

(1) Le président sera commandant en chef de l’armée et de la marin e des États-Unis, et de la milice des divers États quand celle-ci sera appelée au service actif des États-Unis; il peut requérir l’opinion, par écrit, du principal fonctionnaire de chacun des départements exécutifs, sur tout sujet relatif aux fonctions de ses services, et il aura le pouvoir d’accorder des sursis, des commutations de peine et des grâces pour délits (offences) contre les États-Unis, sauf en cas d’impeachment.
(2) Il aura le pouvoir, sur l’avis conforme (with the Advice and Consent) du Sénat, de conclure des traités, pourvu que deux tiers des sénateurs présents donnent leur accord; et il présentera au Sénat et, sur l’avis conforme de ce dernier, nommera les ambassadeurs, les autres ministres et les consuls, les juges de la Cour suprême, et tous les autres fonctionnaires des États-Unis dont la nomination n’est pas autrement prévue par la présente Constitution, et qui seront établis par la loi; mais le Congrès peut, s’il le juge opportun, investir par une loi le Président seul, les cours de justice ou les chefs de départements, de la nomination de tels fonctionnaires inférieurs.
(3) Le Président aura le pouvoir de pourvoir à toutes vacances qui viendraient à se produire dans l’intervalle des sessions du Sénat en accordant des commissions qui expireront à la fin de la session suivante.

SECTION 3 [Obligations et pouvoirs du Président].

(1) Il informera périodiquement le Congrès de l’état de l’Union, et recommandera à sa réflexion telles mesures qu’il estimera nécessaires et opportunes; il peut, dans des circonstances extraordinaires, convoquer les deux chambres ou l’une d’elles et, en cas de désaccord entre elles en ce qui concerne le moment de leur ajournement, il peut les ajourner à tel moment qu’il juge convenable; il recevra les ambassadeurs et autres ministres; il veillera à ce que les lois soient fidèlement exécutées, et commissionnera tous les fonctionnaires des États-Unis.

SECTION 4 [Impeachment]

Le Président, le Vice-président et tous les fonctionnaires civils des États-Unis seront destitués de leurs fonctions sur mise en accusation (impeachment) et condamnation pour trahison, corruption ou autres hauts crimes et délits (Treason, Bribery, or other high Crimes and Misdemeanors ).

ART. III [Département judiciaire]

SECTION 1

Le pouvoir judiciaire des États-Unis sera dévolu à une Cour suprême et à telles cours inférieures que le Congrès pourra, le cas échéant, ordonner et établir. Les juges de la Cour suprême et des cours inférieures conserveront leurs charges tant qu’ils auront une bonne conduite et recevront, à échéances fixes, une indemnité pour leurs services qui ne sera pas diminuée tant qu’ils resteront en fonction.

SECTION 2.

(1) Le pouvoir judiciaire s’étendra à toutes les causes, en droit (Law) et en équité (Equity), survenues sous l’empire de la présente constitution, des lois des États-Unis, des traités conclus, ou qui seraient conclus, sous leur autorité; à toutes les causes concernant les ambassadeurs, les autres ministres et les consuls; à toutes les causes d’amirauté et de juridiction maritime; aux différends dans lesquels les États-Unis seront partie; aux différends entre deux ou plusieurs États; [entre un État et les citoyens d’un autre État]; entre citoyens de différents États; entre citoyens d’un même État réclamant des terres en vertu de concessions d’autres États; [entre un État ou ses citoyens et des États, citoyens ou sujets étrangers].
(2) Dans toutes les causes concernant les ambassadeurs, les autres ministres et les consuls, et celles dans lesquelles un État sera partie, la Cour suprême aura la juridiction du premier degré. Dans toutes les autres causes susmentionnées, elle aura juridiction d’appel, a la fois pour le droit et pour le fait, avec telles exceptions et sous telles règles que le Congrès aura établies.
(3) Le jugement de tous les crimes, sauf le cas d’impeachment, sera effectué par un jury; et ce jugement aura lieu dans l’État où lesdits crimes auront été commis; mais quand ils n’auront été commis dans aucun État particulier, le jugement aura lieu à tel endroit ou tels endroits que le Congrès pourra avoir déterminés par une loi.

SECTION 3.

(1) La trahison envers les États-Unis ne consistera que dans l’acte de s’armer contre eux, ou celui de s’allier à leurs ennemis en leur donnant aide et facilités. Nul ne sera convaincu de trahison, à moins de la déposition de deux témoins sur le même acte patent, ou de son propre aveu en audience publique.
(2) Le Congrès aura le pouvoir de fixer la peine de la trahison, mais aucune condamnation de ce chef ne pourra frapper la postérité du coupable (work corruption of blood), ni emporter confiscation de biens (forfeiture), sauf pendant la vie du condamné.

ART. IV [Relations des États entre eux et avec l’Union]

SECTION 1

Pleine foi et crédit seront donnes, dans chaque État, aux actes publics, procès-verbaux et procédures judiciaires de tout autre État. Et le Congrès peut, par des lois générales, prescrire la manière suivant laquelle de tels actes, procès-verbaux et procédures seront prouvés, ainsi que leurs effets.

SECTION 2.

(1) Les citoyens de chaque État auront droit à tous les privilèges et immunités des citoyens dans les divers États.
(2) Toute personne accusée dans un État de trahison, félonie ou autre crime, qui fuira la justice et sera trouvée dans un autre État, devra , sur la demande de l’autorité exécutive de l’État d’où elle a fui, être livrée pour être ramenée dans l’État ayant juridiction sur le crime.
(3) [Aucune personne tenue au service ou au travail dans un État en vertu d es lois de ce dernier, s’échappant dans un autre, ne sera, en conséquence d’aucune loi ou règle de ce dernier, libérée de ce service ou travail, mais elle sera livrée sur la demande de la partie à laquelle ce service ou travail peut être dû].

SECTION 3.

(1) De nouveaux États peuvent être admis par le Congrès dans l’Union; mais aucun nouvel État ne sera formé ou érigé dans la juridiction d’un autre État; et aucun État ne sera formé par la réunion de deux ou plusieurs États, ou parties d’État, sans le consentement des législatures des États intéressés, aussi bien que du Congrès.
(2) Le Congrès aura le pouvoir de disposer du territoire ou de toute autre propriété appartenant aux États-Unis, et de faire à ce sujet toutes lois et tous règlements nécessaires; et rien dans la présente constitution ne sera interprété de manière à préjudicier aux prétentions des États-Unis ou d’un État particulier.
[proposition: « à léser les » ou « à porter préjudice aux »]

SECTION 4.

Les États-Unis garantiront à chaque État de l’Union une forme républicaine de gouvernement, et protégeront chacun d’eux contre l’invasion; et, sur la demande de la législature ou de l’exécutif (quand la législature ne pourra être réunie), contre la violence intérieure.

ART. V [Amendements]

Le Congrès, toutes les fois que les deux tiers des deux chambres l’estimeront nécessaire, proposera des amendements à la présente constitution ou, sur la demande des législatures des deux tiers des divers États, convoquera une convention pour proposer des amendements qui, dans l’un et l’autre cas, seront valides, à tous égards et à toute fin, comme partie intégrante de la présente constitution, lorsqu’ils auront été ratifies par les législatures des trois quarts de s États, ou par des conventions dans les trois quarts d’entre eux, selon que l’un ou l’autre mode de ratification aura été proposé par le Congrès; à condition que [nul amendement qui serait adopté avant l’année mil huit cent huit n’affecte en aucune manière l es première et quatrième clauses de la neuvième section de l’article premier]; et qu’aucun État ne soit, sans son consentement, privé de son suffrage égal au Sénat.

ART. VI [Dispositions diverses]

(1) Toutes dettes contractées et tous engagements pris avant l’adoption de la présente constitution seront aussi valides à l’égard des États-Unis sous l’empire de cette constitution que sous la Confédération.
(2) La présente constitution, et les lois des États Unis qui seront prises pour son application, et tous les traités conclus, ou qui seront conclus, sous l’autorité des États-Unis, seront la loi suprême du pays; et les juges dans chaque État seront liés de ce fait, nonobstant toute disposition contraire dans la constitution ou les lois de l’un quelconque des États.
(3) Les sénateurs et représentants susmentionnés, les membres des diverses législatures d’État et tous les fonctionnaires exécutifs et judiciaires, tant des États Unis que des divers États, seront tenus par serment ou déclaration solennelle (by Oath or Affirmation) de soutenir la présente constitution; mais aucune profession de foi religieuse (religion test) ne sera exigée comme condition d’aptitude à quelque fonction ou charge publique dépendant des États-Unis que ce soit.

ART. VII [Ratification de la constitution]

La ratification des conventions de neuf États sera suffisante pour la mise en vigueur de la présente constitution entre les États qui l’auront ainsi ratifiée.
Fait en convention du consentement unanime des États présents, le dix-septième jour de septembre de l’an de grâce (in the Year of our Lord) mil sept cent quatre-vingt-sept, et de l’indépendance des États-Unis d’Amérique le douzième. En foi de quoi, nous avons signé; de nos noms.

[Suivent, après le no

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(1)(1) Note de bas de document (ou de partie).
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m de George Washington, président de la Convention, les 38 signatures des représentants des 12 États présents (le 13. État. le Rhode Island, n’était pas représenté). Neuf États avaient ratifié au 21 juin 1788; les autres le firent entre 1788 et 1791.]

 

http://olivier.hammam.free.fr/imports/fondements/1787-usa-constitution.htm#DEBUT

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Publié par Hermann H Cebert


Haïti : Sébastien Jean, l’artiste qui fait surgir de son intérieur monstres, chaos et violence

18 juin 2013

Par Chenal Augustin

Dans son premier film documentaire, « Sébastien, un artiste habité », la réalisatrice Maryse Jean Louis Jumelle invite à la rencontre d’un jeune artiste contemporain. Le film transporte dans l’univers tragique, meurtri, dans un monde mis en chaos par Sébastien Jean à travers une œuvre qui appartient à l’expressionnisme abstrait, celle qui bouleverse l’esprit.

P-au-P., 18 juin 2013 [AlterPresse] — « Sébastien, un artiste habité » (27 mn), le premier film documentaire de Maryse Jean Louis Jumelle, produit par Objectif productions, a été projeté, en avant-première, le 14 juin dernier, à la salle Fokal-Unesco, en présence de la réalisatrice et des intervenants du film.

Une tranche de la vie d’un artiste révélatrice, étonnante et bouleversante

Les premières images du film mènent le spectateur à Thomassin (est de la capitale), où a grandi et vit aujourd’hui le jeune artiste. Elles le montrent en train de dessiner sur les murs, chercher ses matériaux de récupération dans les objets hors d’usage.

La genèse de l’histoire de cet artiste débute avec les récits de sa mère – décédée il y a un an. La pauvre Imécile Jean a toujours encouragé son fils dans son aventure artistique : elle lui donnait de l’argent pour se procurer les matériaux nécessaires à son travail de créateur ; elle l’accompagnait à sa toute première exposition, ce qui l’avait rendue fière et satisfaite du travail de son fils.

Ses bienfaiteurs qui l’auront propulsé

L’artiste Mario Benjamin fait une brève apparition dans le film. Il n’y intervient pas. C’est à cet artiste que Sébastien doit sa reconnaissance dans le monde artistique. Il l’a aidé à participer à cette grande exposition collective « Haïti, Royaume de ce Monde », qui s’est tenue à la galerie Agnès B., à Paris, puis en 2011 à la Biennale de Venise, à Miami, et enfin à Jacmel (Sud-est). C’est à lui aussi que Sébastien doit la découverte des célébrités de l’art, comme le maître de l’expressionnisme abstrait, Jackson Pollock, à travers des catalogues d’exposition, des monographies qu’il lui apporte. C’est ce Mario Benjamin qui l’aide à trouver sa propre voie, son expression personnelle.

Un expressionnisme abstrait de chaos

Les interventions dans le film sont illustrées, entrecoupées d’images des œuvres de l’artiste. Les commentaires tentent de décortiquer l’œuvre de Sébastien Jean qui, selon le critique Gary Augustin, rappelle l’expressionnisme abstrait. La galeriste Mireille Pérodin Jérôme nuance ses propos : il est difficile, selon elle, de catégoriser l’œuvre de Sébastien Jean.

Celle-ci est très personnelle. Elle évoque une énergie inouïe, traduit la violence du milieu de l’artiste révolté par les injustices, les inégalités, les préjugés, les exclusions, l’hypocrisie de sa société. Dans sa peinture, des êtres vivants (hommes et animaux), amputés, horrifiés, monstrueux, s’entremêlent. Le chaos qui s’en trouve dégagé est loin d’être lumineux, comme dans la peinture de Frankétienne. D’ailleurs, chez Jean, pour répéter Christian Raccurt, il n’y a pas beaucoup de couleurs. Sa peinture est monochrome. Ce qui donne à sa peinture une atmosphère lourde de solitude, de peur, d’angoisse, de morbidité. Mireille Pérodin Jérôme voit du tragique dans l’œuvre de Sébastien Jean. On sent la blessure, le morcellement des êtres qui emplissent, épars, l’espace des toiles.

L’énergie, qui se dégage de l’œuvre de Sébastien Jean, résulte peut-être de sa technique propre, qu’il fabrique avec la poussière, les cailloux qu’il jette sur les peintures fraîchement répandues, des morceaux de tissus ou de cotons allumés qu’il passe légèrement sur la toile.

Tout cet univers apparaît comme un grand cri assourdissant venu des tréfonds intérieurs bouleversés de l’artiste. Il s’inspire de tout ce qui nous répugne : les odeurs des latrines, des immondices, les bruits de la rue. Il n’aime pas la tranquillité. Il aime bouger.

Sa peinture, empreinte de cette dimension figurative, abstraite, s’ancre dans un monde que l’on a tous en soi. La dure réalité qu’il vit au quotidien, les bruits, les tumultes de la rue dans laquelle il aime errer comme un fou, pour mieux s’en imprégner, son entourage qu’il observe, tout cela se combine et crée la force de sa peinture.

« Sébastien Jean, un artiste habité » est loin d’évoquer la possession par une divinité du vaudou inspiratrice de l’artiste. Il réfute d’ailleurs l’interprétation de vaudou que le houngan Jean Daniel Laffond décèle dans son œuvre. Il est habité par la colère, la révolte contre la situation de notre société, par le désordre, le désir de tout brûler, de mettre à sac. Ce tumulte intérieur, il en fait, non des œuvres belles, jolies, mais des créations chaotiques.

Dimension et limites du film

La narration du film est un texte bien écrit et cohérent. On retrouve aussi cette cohésion dans les commentaires des intervenants. Les images des œuvres qui les illustrent traduisent le sens des propos. Toutefois, certains d’entre eux se veulent des approches subjectives. D’autres consistent en une phrase ou un mot, très élogieux, pour le travail de l’artiste.

Ce qui fait défaut surtout au film est l’absence d’interventions de critiques d’art ou des artistes qui propulsent de nombreux jeunes artistes vers l’art contemporain, au rang desquels Mario Benjamin et Barbra Prézeau.

Rapports ou influences chez l’artiste

On constate également que les deux auteurs (Maryse Jean Louis et Gary Augustin) n’ont pas évoqué les influences d’autres peintres sur Sébastien Jean. Nombre de ses toiles entretiennent des rapports avec celles de Pasko ou de Killy. Avec Pasko, on sent le rapport au niveau des êtres métamorphosés, devenus ailés, volants, se transformant en des monstres. Ce que le peintre lui-même réfute catégoriquement lors des débats qui ont suivi la projection.

Quant à ses sculptures de récupération, elles révèlent ce que l’artiste partage avec les sculpteurs de la Grand-Rue : une liberté d’imaginaire. Leurs pièces évoquent aussi, à travers des objets métamorphosés, transfigurés, la monstruosité, le tragique, le monde ténébreux, chaotique, la crucifixion des corps des personnages ubuesques, schizophréniques aux visages crispés, frénétiques. Sébastien Jean et ces artistes ont aussi en commun, comme beaucoup d’artistes d’ailleurs, la subversion. Leur art est dénonciateur du statut quo.

« Sébastien, un artiste habité » inaugure une série que compte réaliser Maryse Jean Louis Jumelle. La réalisatrice s’est toutefois gardée de révéler le titre et le nom de l’artiste de son prochain film. Avec ce film, Maryse Jean Louis Jumelle apporte sa pierre à la construction de l’édifice de la critique artistique et d’une documentation audiovisuelle sur l’art haïtien. Ce film se révèle un vrai matériau pour aborder l’œuvre de Sébastien Jean, un artiste étonnamment talentueux et aux lendemains lumineux. [ca pj gp apr 18/06/2013 15 :40]

Ce compte-rendu est produit dans le cadre du programme de production et diffusion d’informations multimédia pour une meilleure appréciation des activités culturelles en Haïti, programme mis en place par le Groupe Medialternatif et Caracoli, institutions impliquées dans la communication sociale et la promotion culturelle, avec le soutien de la Fondation de France et de la Fondation Culture Création à travers le programme FIL Culture.

Depuis octobre 2012, AlterPresse (agence en ligne du Groupe Médialternatif) et Caracoli éditent un agenda culturel hebdomadaire. Agenda et compte rendu sont adaptés pour alimenter une chronique radio qui est diffusée sur cinq stations : Radio Kiskeya (Ouest), Radio Express et Radio Jacmel Inter (Sud-est), Radio Paillant Inter et Radio PSG (Nippes).

http://www.alterpresse.org/spip.php?article14726

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Publié par Hermann H Cebert


Accessibilité financière des individus et rôle de la microfinance au Ghana et en Tanzanie

31 mai 2013

Auteur : Bélisle, Melissa
Année de production : 2012
Université : HEC Montréal
Nature du document : Mémoire
Langue : Français
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[Document PDF – 134 pages]

Résumé du document

Nous étudions les portées horizontales (taille de la clientèle) et verticales (degré d’exclusion de la clientèle) des organisations de microfinance au Ghana et en Tanzanie. Nous examinons l’hypothèse selon laquelle la microfinance cherche à accroître l’accessibilité financière en desservant des individus financièrement et socialement exclus.

Pour ce faire, nous utilisons des données de Finscope, provenant d’enquêtes auprès des ménages. Nous développons un modèle de régression logistique (logit) et un modèle de régression logistique multinomiale (logit multinomial) pour vérifier l’influence des caractéristiques socioéconomiques, géographiques, démographiques, financières et psychologiques sur la probabilité d’inclusion financière (formelle, microfinance et informelle) ou d’exclusion financière.

Nous concluons que la microfinance tient un rôle limité pour rejoindre les individus financièrement et socialement exclus.

http://www.irec.net/index.jsp?p=28&f=1012

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Publié par Hermann H Cebert


Le « modèle allemand » ou comment s’obstiner dans l’erreur

19 mai 2013

par Pierre Rimbert, lundi 6 mai 2013

Il n’est pas rare qu’un personnage de Tex Avery emporté par son élan franchisse le bord d’une falaise et poursuive sa course quelques instants dans le vide avant de mordre la poussière. Les politiques d’austérité imposées aux pays européens par l’Allemagne, la Banque centrale européenne, et — avec un enthousiasme déclinant — le Fonds monétaire international (FMI) ainsi que la Commission européenne, ont-elle atteint ce point où le coureur, comprenant soudain qu’il n’a plus rien sous les pieds, jette un regard penaud avant de s’écrouler ?

Pas encore.

Certes l’Italie, l’Espagne, la Grèce, le Portugal, La Hongrie, la République tchèque soumis à l’obligation de coupes claires dans leurs services publics et dépenses d’Etat s’enfoncent dans la récession. Même les Pays-Bas et la Finlande, alliés traditionnels de l’Allemagne en matière de rigueur, ont connu une baisse d’activité en 2012, cependant que la France et le Royaume-Uni stagnaient. Seule la Pologne affichait l’année dernière une croissance supérieure à… 1 %.

Certes, la zone euro passée sous la toise de la bureaucratie austéritaire comptait à la fin du mois d’avril 19,2 millions de chômeurs (12,1 % de la population active selon Eurostat), un chiffre record et qui néanmoins ne dit rien de la dégradation vertigineuse des conditions d’existence du peuple grec.

Certes, un chef économiste du FMI a reconnu en janvier que son institution avait gravement sous-estimé les dégâts engendrés par l’impératif de restriction budgétaire : là où le modèle prévoyait qu’une réduction d’un euro de la dépense publique entraînerait une baisse de 0,5 euro de la richesse produite, l’analyse empirique montre que la contraction de l’activité serait deux à cinq fois supérieure (1).

Certes enfin, la thèse des illustres économistes de Harvard Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff selon laquelle une dette supérieure à 90 % du produit intérieur brut affaiblirait la croissance a été taillée en pièce par un étudiant de l’Université du Massachusetts, qui s’est amusé à refaire les calculs : les auteurs, cités comme des prophètes par les partisans de l’austérité — du commissaire européen aux affaires économiques et monétaires Olli Rehn à l’ancien directeur de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet — avaient écarté des données contradictoires et construit leur modèle à partir d’un tableur affecté par une erreur de formule (2).

Il n’en faudrait pas tant à un âne pour faire demi-tour.

Mais à l’instar des personnages de Tex Avery, banquiers centraux, économistes orthodoxes et dirigeants politiques ignorent les faits et galopent, pour quelques temps encore, dans un éther de croyance.

Leur credo du moment porte le nom de « modèle allemand », expression synthétique de la doctrine économique portée par les élites européennes qui associe austérité budgétaire (réduire le déficit de l’Etat et la dette), austérité monétaire (monnaie forte, lutte contre l’inflation) et austérité salariale.

Ce dernier volet, mis en œuvre par le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder dans les années 2000 et systématisé depuis par la droite allemande, repose lui-même sur deux principes. Premièrement, « activation » coercitive des chômeurs par le rabotage des prestations sociales et l’obligation d’accepter des emplois mal payés (les « mini-jobs »). Deuxièmement, création d’un marché du travail flexible et précaire destiné à accueillir ces nouveaux salariés des services dans un pays dépourvu de salaire minimum ; des accords syndicaux de branche troquent simultanément le maintien dans l’emploi des salariés de l’industrie contre la rigueur salariale et l’aménagement du temps de travail à la convenance de l’employeur. Ainsi cet appareil productif rendu « compétitif » par la baisse des « coûts du travail » et dopé par une fiscalité accommodante se tourne-t-il vers l’exportation et la conquête des marchés émergents.

Sur le papier, ce « modèle » séduit. Non seulement l’Allemagne présente un taux de chômage officiel très inférieur à celui de ses voisins de l’ouest et du sud (6,9 % en avril), une balance commerciale excédentaire, mais la chancelière Angela Merkel jouit d’une popularité intacte après plus de sept années de pouvoir. L’inflexibilité de Mme Merkel sur la scène européenne rassure en effet une population peu encline à voir le produit de ses sacrifices affecté au renflouage des pays du sud, présentés par la presse germanique comme un club de vacances pour banqueroutiers indolents.

Mais la face sombre du « consensus de Berlin » pourrait compromettre l’extension durable de cette politique à l’ensemble des pays de la zone euro. Le paradis des petites et moyennes industries est aussi celui de la précarité où quatre salariés sur dix sont payés moins de 1000 euros par mois. Où l’imaginaire social et les pratiques salariales cantonnent encore largement les femmes aux tâches domestiques, agrémentées ou non d’un « petit boulot » à temps partiel ; payées 23 % de moins que les hommes, elles représentent la majorité des trois millions de salariés rémunérés moins de 6 euros de l’heure. Où le vieillissement explique une part importante de la baisse du chômage — « entre 2000 et 2012, explique le journaliste économique Guillaume Duval, la population allemande âgée de 15 à 64 ans a diminué de 1,7 million de personnes alors qu’elle s’est accrue de 2,8 millions en France » (3). Même l’indicateur-totem de la réussite économique, la croissance, n’atteint pas des niveaux propres à ravir les investisseurs. Négative au quatrième trimestre de l’année 2012, elle est estimée par les prévisionnistes de Berlin à 0,5 % en 2013.

Toute croyance a son église, ses prélats, ses cardinaux. Et ses inquisiteurs, désormais installés à la tête des grandes rédactions françaises. Critiquer le « modèle allemand », ou simplement signaler ses à-côtés, relèverait de l’hérésie. Il a suffi qu’un brouillon de texte du parti socialiste émette, vendredi 26 avril, des réserves sur la politique économique menée à Berlin pour que Libération (29 avril) titre « Le PS dérape », son éditorialiste évoquant la convergence du « populisme », de la « xénophobie » et d’une « douteuse germanophobie » ; pour que Le Figaro (27-28 avril) annonce en Une que « Le PS déclare la guerre à l’Allemagne » ; pour que l’éditorial du Monde (28-29 avril) morigène « ce petit jeu infantile […] extrêmement dangereux » mêlant « démagogie » et « populisme ». Et pour que le directeur du Point (2 mai), Franz-Olivier Giesbert, mal remis d’une condamnation pour diffamation, conjure les puissances malfaisantes de l’hétérodoxie avec son sens coutumier de la mesure : « Mélangez morphine, hallucinogènes, paresse intellectuelle et vous aurez le texte du PS, un copier-coller des bouffonneries involontaires que l’on peut lire dans Le Monde diplomatique ou dans Alternatives économiques, nos deux bibles du vaudouisme appliqué aux finances publiques. »

S’ils ont le diable en tête, faut-il également exorciser les lecteurs du « Monde diplomatique » ?

(1) Olivier Blanchard and Daniel Leigh «  Growth Forecast Errors and Fiscal Multipliers  » (PDF), IMF working paper, janvier 2013.

(2) Cf. par exemple «  Une erreur dans une étude sur l’austérité dégomme les idées reçues  », Lemonde.fr, 17 avril 2013.

(3) Guillaume Duval, Made in Germany. Le Modèle allemand au-delà des mythes, Seuil, Paris, 2013, p. 184. Les données de la phrase précédente sont également tirées de cet ouvrage, p. 67.

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2013-05-05-allemagne

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Publié par Hermann H Cebert


Radio Kiskeya : 19 ans de combat !

12 mai 2013

 Radio Kiskeya : 19 ans de combat !

Haïti-Editorial

La lutte continue !

Publié le mardi 7 mai 2013

Radio Kiskeya atteint ce 7 mai 2013 sa 19ème année. Notre chère station a en effet été inaugurée le 7 mai 1994. Ce fut un coup d’audace, en pleine période de coup d’Etat. Mais aussi et surtout un risque calculé : les militaires n’allaient pas pouvoir tenir face à la pression conjuguée des forces démocratiques tant locales qu’internationales et des pays dits « amis d’Haiti ».

Le chemin a été long et difficile. Il continue malheureusement de l’être. Cela ne nous a pas empêché de créer le site internet de la station (www.radiokiskeya.com) riche en textes en créole et en français de qualité portant sur des thèmes variés. Il offre les options « live stream » (écoute en direct de nos programmes), « podcast » (écoute en différé) et l’écoute par téléphone partout sur la planète via « audio now ».

Voilà maintenant que, depuis le 4 mai 2012, nous nous sommes lancés dans l’aventure de la télévision sur la chaine 14 et le 65, en digital câble.

L’expérience, du début à aujourd’hui, continue d’être trépidante. Jamais, depuis le coup d’envoi donné par les fondateurs, Sony Bastien, Liliane Pierre-Paul et moi, nous n’avons eu de pause dans l’effort, encore moins de sentiment de complète satisfaction. Outre le fait que les objectifs, à divers niveaux, ne sont jamais pleinement atteints, mais des difficultés majeures se sont multipliées le long du parcours, rendant la cause exténuante et, des fois désespérée. Mais, nous trouvons encore suffisamment de ressources morales et de motivation professionnelle et civique pour continuer la marche. La grande marche, pouvons-nous dire dans notre cas. Car, rien ne nous a été donné, nonobstant certainement le concours de commanditaires fidèles, d’amis, de collègues et de collaborateurs sur qui nous avons pu compter et qui ne nous ont jamais marchandé leur collaboration. Nous voulons cependant insister sur le fait que nous sommes parvenus à conserver une certaine place sur l’échiquier médiatique, disons-mieux sur le cadran, beaucoup plus par notre détermination à servir et à accomplir l’œuvre entamée que par les faveurs de quiconque. On n’en a d’ailleurs jamais sollicité. Mais, on avait droit de croire, et on continue encore de croire, que l’effort, le travail bien fait, la performance, l’honnêteté et la probité méritaient et méritent encore d’être dignement récompensés.

Aujourd’hui, sans qu’on veuille généraliser et porter atteinte à des médias dont le succès découle de situations et de facteurs bien particuliers, force est de reconnaitre que la médiocrité et la servilité sont à leurs heures de gloire et que, dans bien des cas, elles attirent fortune. Mais, tout le monde a fini par savoir que ce n’est pas de cette fortune qu’il faut à l’équipe Kiskeya. Car elle croit que, pour être utile et efficace, la presse se doit d’être crédible. Et que la crédibilité est une fleur qui s’étiole là où la médiocrité et la corruption s’installent et règnent en maitres.

Malgré les inconvénients et les infortunes de toutes sortes, ce 7 mai nous offre l’occasion de renouveler l’engagement de départ des fondateurs en faveur du travail bien fait, du respect et de l’application des normes professionnelles, dans la voie de l’indépendance par rapport aux sources d’influence, tant publiques que privées. Nous demeurons toutefois ouverts à tous, avec la conviction qu’il faut au pays une presse libre et forte, en laquelle la population place sa confiance et dont l’organisation, la cohésion et le professionnalisme sont autant d’atouts destinés à influencer positivement les décideurs. Une presse qui puisse aider Haïti à abandonner les sentiers tortueux, sablonneux et malaisés de l’illégalité érigée en système ; une presse dont la contribution dans la lutte contre l’impunité est garantie. Il faut aussi que cette presse aide à trouver le chemin qui nous éloigne de l’improvisation et de l’amateurisme dans la gestion de la chose publique. Par l’institutionnalisation de la transparence et du débat public sur les questions nationales, cette presse doit pouvoir contribuer à combattre la pratique du pillage des ressources publiques et celle de l’ésotérisme dans le monde des affaires. Le secteur privé des affaires, autant que le secteur public, doit s’ouvrir à l’information moderne. Cette presse dont nous parlons et dont nous avons besoin devra donc être partie prenante dans l’édification d’une nouvelle culture d’ouverture aux idées et aux réalités modernes, notamment aux fantastiques technologies de l’information et de la communication du 21ème siècle.

Fòk nou sòti nan mwayennaj la, pou n antre nan modènite ; sòti nan fè nwa pou n antre nan klate ; près la dwe kapab ede nou fè pasaj sa a pou n rive nan konstriksyon yon vizyon-peyi kote nap dekouvri ki moun nou ye tout bon vre, kote nap konte sou fòs nou an priyorite, menm si nou kolabore ak etranje ; nap kaba sipèstisyon e, sitou, nap bandonnen lide ki fè n kontinye kwè devlopman ak pwogrè pa pou nou, se pou zòt ; yon près kap ede popilasyon an ak dirijanl kwè jefò ak travay, nan kad yon vizyon ak yon plan-peyi byen defini, dwe bay rezilta nap chache a pou yon lòt Ayiti ki posib, jan yo di a. Radyo ak Televizyon Kiskeya kwè nan près sa a e se nan sans sa a travay li oryante.

Nos prises de position ne seront jamais bassement partisanes. Que certains, dans leur étroitesse d’esprit, assimilent des médias comme le nôtre à des médias d’opposition, c’est regrettable. Car, en fait, l’opposition dont ils parlent n’est autre que le rappel constant, par ces médias, des prescrits constitutionnels ; l’appel permanent à la saine distribution de la justice et à la lutte contre l’impunité ; l’emphase sur la bonne gouvernance et l’élimination de la corruption et de la gabegie administrative ; l’appel à la renonciation au népotisme et au clientélisme ; la demande incessante du respect des libertés publiques, de l’application du multipartisme et de la règle de l’alternance politique. Les médias, comme le nôtre, plaident aussi en faveur de la souveraineté nationale, de l’affranchissement du pays de la tutelle étrangère actuelle, de la défense des intérêts nationaux et de notre identité, sans chauvinisme, sans xénophobie. Notre lutte concerne aussi la relance de la production nationale, la protection de l’environnement, la défense de nos frontières terrestres, maritimes et aériennes. Est-cela faire de l’opposition ? Eske, pou yo pa di w se près opozisyon, ou pap pale de demisyon otorite peyi a nan dosye plis pase 7 mil konpatriyòt Kolera-Minista voye al bwa chat ? Pou w pa près opozisyon, ou pap pale de mannigans pou eleksyon fo mamit oswa pou eleksyon pa fèt nan moman yo dwe fèt ? Se près opozisyon si w poze kesyon sou pèdiyèm ofisyèl yo lè yo vwayaje ? Près opozisyon lè w mande benefis peyi a ap tire nan depanse milyon nan òganize somè entènasyonal ? Opozisyon pi rèd lè wap chache konnen sa k fèt ak fon Petro Caribe ? S’il en est ainsi, ceux que nous dérangeons en agitant ces questions et qui nous taxent d’intransigeance et d’opposition assument ouvertement qu’ils agissent contre la nation. Ils se révèlent et s’accusent. Ce faisant, ils ont suffisamment de leviers en main pour porter certains de ceux qu’ils favorisent dans les milieux d’affaires à sanctionner ceux qui ne s’alignent pas, comme ce fut le cas pour « Brothers Posse » lors du carnaval, avec des sponsors qui se sont démarqués à la dernière minute en raison de la hargne du chef contre la mérengue « a loral » ; comme c’est le cas pour des médias dont le discours critique, mais somme toute responsable, est présenté comme de la sédition et leur vaut d’être mis à l’indexe et/ou à l’écart dans les budgets publicitaires.

Qu’importe ! C’est le prix à payer pour demeurer à la hauteur des espoirs placés en des médias certes commerciaux, mais véritablement au service de la démocratie dont, paradoxalement, tout le monde a besoin à un moment ou à un autre. L’histoire récente regorge d’exemples montrant qu’à un moment donné, certains n’avaient cure de la Constitution et des lois, et de la presse aussi, et que, par la suite, ce sont les mêmes qui, pour défendre leurs propres causes, vont tenter d’être plus démocrates que les démocrates eux-mêmes. On les attend donc à ce carrefour ironique de l’histoire. On en a vu de ces gens qui ont bêtement crû en l’éternité d’un règne, fut-il despotique ou faussement démocratique.

Nous gardons le cap malgré les difficultés.

Elles sont, ces difficultés, de tous ordres. DGI kap ponpe miz an demè sanl pa chache konnen ki pwoblèm espesyal medya yo ap fè fas, sitou apre tranblemann tè a. Medya ki te pran move pataswèl yo pa janm leve kanpe sou 2 pye yo tout bon vre. Lòt pwoblèm : kòmanditè yo ki wete piblisite yo oswa ki mande plis pou mwens ; rate kouran ki pa janm sispann e ki fè medya yo depanse sa yo pa genyen nan achte gaz ; fòk nou di tou, bòdwo kouran yo pa janm sispann wotè syèl la, menm lè ou pa jwenn kantite ou bezwen an pou w travay epi fè benefis pou w ka peye. Anfen, nou kwè manm sektè medya a, ki se yon sektè ekonomik trè dinamik ki devlope anpil pandan dènye ane sa yo, dwe chita pale, antann yo sou ansanm pwoblèm medya yo ap fè fas epi tanmen diskisyon ak negosyasyon ak pouvwa piblik yo sou meyè fason sektè sa a ka devlope epi akonpaye peyi a nan devlopman l.

Nous sommes engagés dans l’aventure de la télévision. Une véritable aventure par laquelle nou vle moun yo wè lòt jan. Mais, voilà que nous devrons bientôt, déjà, migrer vers le numérique. Mais, pourquoi et comment ? La question hante l’esprit des opérateurs du secteur qui ont consenti d’importants investissements. Comment parvenir au numérique en 2015 sans causer de sérieux préjudices aux investisseurs du secteur ? La question est posée au CONATEL, mais tout aussi bien au Ministère des TPTC, à celui de la Communication, au Ministère de la Culture, et aux associations de médias. Des discussions et des négociations sérieuses doivent être engagées.

Nous avons donc 19 ans, ce 7 mai. Une pensée spéciale pour Sony qui n’a pas vu naitre Télé Kiskeya. De vifs remerciements à notre Directrice de la Programmation, Liliane Pierre Paul, pour son travail infatigable en vue de tenir la station dans le peloton de tête des médias les plus importants du pays ; une salutation spéciale à la veuve de Sony, présidente de notre Conseil d’administration, et à ses fils Marco et Stéphane, qui se souviendront davantage de Sony le 10 mai prochain, jour qui marquera le 57ème anniversaire de sa naissance. Nos remerciements et nos salutations vont aussi à notre Directeur de l’Information, Stéphane Pierre-Paul ; à notre webmaster et principal concepteur et réalisateur de nos spots d’identification Harold Isaac ; nos remerciements s’étendent à tout le personnel, à nos commanditaires, à nos fidèles auditeurs et téléspectateurs, à tous indistinctement, sans oublier notre infatigable collaborateur du Maryland, Jean Max Cadet.

Nous ne saurions oublier ceux qui nous ont quittés, dont Jean Richard Louis Charles, brutalement fauché. Pour lui aussi, l’enquête se poursuit, indéfiniment… Nous saluons aussi ceux qui nous ont faussé compagnie pour diverses raisons, pour d’autres rives ou d’autres expériences. Leur contribution dans notre itinéraire compte.

Continuons l’œuvre. Conduisons la station à bon port pour le bien de la presse et pour celui du pays. Joyeux 19ème anniversaire à tous !

Marvel Dandin

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Publié par Hermann H Cebert


Toussaint Louverture :biographie analysé avec des intérêts idéologiques: Indigènes d’Hayti, nous devons écrire et réécrire notre histoire

12 mai 2013

Français : Toussaint Louverture à Saint-Doming...

Français : Toussaint Louverture à Saint-Domingue. Source: Paris, musée du quai Branly. Rights : (C) RMN – Jean-Gilles Berizzi (Photo credit: Wikipedia)

English: Toussaint Louverture

English: Toussaint Louverture (Photo credit: Wikipedia)

Toussaint Louverture (né Toussaint Breda vers 1743 près de Cap-Français, en Haïti, mort le 7 avril 1803 au Fort de Joux, à La Cluse-et-Mijoux dans le Doubs) a été un esclave nègre affranchi dont le rôle dans la Révolution haïtienne a été majeur, en tant que gouverneur de Saint-Domingue (le nom d’Haïti à l’époque) de 1797 à 1802. Il est une figure historique d’importance dans les mouvements anticolonialiste, abolitionniste et d’émancipation des Noirs.

« En me renversant, on n’a abattu à Saint-Domingue que le tronc de l’arbre de la liberté, mais il repoussera car ses racines sont profondes et nombreuses »[1]. Ces mots, dignes d’une réplique de tragédie, sont ceux qu’auraient prononcés Toussaint Louverture, le 7 juin 1802, à l’instant de monter sur le navire Le Héros qui l’emmène en France avec sa famille.

Cette citation doit être restituée dans une certaine historiographie, confinant parfois à une légende dorée associant Toussaint au « Spartacus noir » prophétisé par l’abbé Raynal[2]. L’historiographie haïtienne ou encore l’œuvre de l’abolitionniste Victor Schoelcher ont en effet érigé Toussaint Louverture en modèle de libérateur de l’oppression. D’autres historiens présentent une vision plus contrastée du personnage, nostalgique d’un Saint-Domingue « perle des Antilles », dans lequel il a grandi et prospéré et dont l’opposition au système colonial de l’Ancien Régime serait à nuancer. Pourtant, c’est bien la Révolution qui porte cet ancien esclave noir affranchi dans les plus hautes strates du pouvoir militaire puis politique jusqu’à sa chute face aux armées du général Leclerc envoyées par le consul Bonaparte qui parallèlement rétablit l’esclavage (1802). Exilé en France, Toussaint Louverture finira ses jours incarcéré en 1803, sans avoir pu assister à l’aboutissement de la révolution haïtienne par la proclamation d’indépendance le 1er janvier 1804 par son ancien lieutenant Dessalines.

Sommaire

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Biographie [modifier]

Toussaint Bréda, un habitant nègre propulsé chef militaire d’esclaves insurgés [modifier]

Un nègre créole affranchi, contribuant au système esclavagiste [modifier]

La première partie de l’existence de Toussaint appartient en grande partie à la mythologie. Il serait né esclave à Saint-Domingue au début des années 1740 et non libre en Afrique car Toussaint occupait des fonctions de domestique, très certainement de cocher, une faveur qui n’était réservée qu’aux créoles[3]. On raconte, au sujet de ses origines, qu’il aurait été le fils d’un prince africain Arada (actuel Bénin). Cette rumeur circulait de son vivant. L’historien français du XXe siècle Antoine Marie Thérèse Métral rapporte qu’« en l’an X, quand la perte de Toussaint Louverture fut jurée, on lui reprocha, dans les journaux, d’être le descendant d’un roi d’Afrique (voyez les journaux de vendémiaire et de brumaire de ce temps) »[4]. Selon l’historien M. Bernard Gainot, dans son cours magistral enseigné à La Sorbonne, ce mythe d’une ascendance royale trouve peut-être son origine dans le fait que Toussaint Louverture savait lire et écrire, que cela impressionnait énormément ses congénères. Pourtant Toussaint n’a été alphabétisé que tardivement, puisqu’en 1779 il déclarait, dans un acte, ne savoir « ni signer, ni écrire »[5]. Son éducation lettrée a donc été indépendante de ses origines familiales.

Toussaint a servi comme esclave sur l’habitation Bréda, située sur le Haut du Cap au nord de l’île. Il était le protégé du gérant Bayon de Libertat, qui lui aurait accordé une « liberté de savane »; en d’autres termes, il bénéficiait de la liberté de mouvements sans l’affranchissement[3]. Selon les historiens Menier, Debine et Fouchard, son affranchissement se serait produit en 1776[6]. Mais cette date est ambiguë car basée sur un acte où il est question d’un autre affranchi : on ne sait donc pas si la date indiquée le concerne vraiment. De ce fait, s’il est certain qu’en 1776 Toussaint était totalement libre, il est probable que son affranchissement ait remonté à la fin des années 1760 ou au début des années 1770. Une fois affranchi, Toussaint a pris comme patronyme « Bréda », le nom de l’habitation dont il avait été l’esclave. En 1779, on retrouve Toussaint Bréda à la tête d’une habitation produisant du café et comportant 13 esclaves au Petit-Cormier[7].

Toussaint Bréda faisait ainsi partie des esclaves nègres à avoir bénéficié sous l’Ancien régime d’une ascension sociale. Sa situation, à l’aube de la Révolution française, était donc très confortable pour un nègre des colonies. Or la Révolution française menaçait l’ordre socio-économique dont il était un des bénéficiaires.

Le double jeu dans la révolte des esclaves du Nord en 1791 [modifier]

Il existe deux courants historiographiques au sujet du rôle joué par Toussaint Bréda dans la révolte des esclaves du Nord en 1791.

Le plus important courant le présente comme l’un des instigateurs importants de l’insurrection[8]. L’historien haïtien du XIXe siècle Céligny Ardouin rapporte à partir de témoignages d’anciens vétérans, que Toussaint Bréda aurait été contacté par les royalistes pour fomenter l’insurrection. Les royalistes cherchaient, par ce biais, à porter atteinte au mouvement des patriotes autonomistes, c’est-à-dire aux petits blancs. Mais pourquoi, une fois l’insurrection lancée, la première réaction de Toussaint Bréda a-t-elle été de mettre à l’abri son ancien maître Bayon de Libertat ? Nous pouvons concevoir deux hypothèses. La première est qu’il n’aurait pas envisagé que le mouvement puisse se retourner contre les grands blancs. La seconde est qu’il ne serait tout simplement pas l’un des fomenteurs de l’insurrection.

Ce qui nous amène au deuxième courant animé par un auteur comme Pierre Pluchon[9]. Pour lui, Toussaint Bréda n’était pas forcément en phase avec ce mouvement insurrectionnel qui le menaçait d’une double manière : en tant que maître d’esclaves et de biens, il pouvait être la proie des insurgés ; dans la confusion des représailles quasi-imminentes des Blancs, il pouvait facilement être une victime de la répression. Par conséquent, avec une certaine habilité, Toussaint Bréda aurait adopté un double jeu. D’une part, en mettant à l’abris son ancien maître Bayon de Libertat, Toussaint se serait assuré d’avoir un protecteur influent auprès des autorités coloniales. D’autre part, en approchant les insurgés en tant que médecin grâce à sa connaissance des plantes, il se serait assuré la protection de ses biens. Ce n’est peut-être qu’a posteriori, que ce double jeu lui aurait permis de s’ériger en intermédiaire entre les royalistes et les insurgés, puisque sa personne, connue des autorités à travers Bayon de Libertat, aurait été en mesure d’apporter une certaine honorabilité au mouvement. Ainsi, on note qu’il est un des signataires le 4 décembre 1791, de l’adresse à l’Assemblée coloniale, proposant en vain, une amnistie générale, avec les deux meneurs de l’insurrection Jean-François et Biassou[10]. L’enlisement marqué par l’extension du mouvement et la relative paralysie des propriétaires européens et mulâtres l’aurait poussé à s’impliquer davantage dans l’insurrection, dans le but de canaliser les insurgés, le transformant ainsi en meneur d’hommes.

Cette vision critique émanant d’un auteur iconoclaste est toutefois loin de faire consensus auprès des historiens universitaires qui en critiquent le biais idéologique et l’absence d’un certin nombre de sources[11].

Un brillant organisateur militaire : l’avènement de Toussaint Louverture [modifier]

Toussaint Bréda, en plus d’occuper des fonctions de médecin chez les insurgés, offre ses services de conseiller à Biassou qu’il jugeait plus malléable que Jean-François, le chef suprême[12]. D’après l’historien M. Bernard Gainot, il lui organise une garde disciplinée à l’européenne qui tranchait avec la totale désorganisation des insurgés. Pour Toussaint, cela aurait été une question de survie : être à la tête d’un mouvement discipliné lui aurait été plus efficace pour protéger sa personne et ses biens qu’être seul face à une horde d’insurgés laissés à eux-mêmes.

Au printemps 1793, les Espagnols offrent aux révoltés, un sanctuaire en même temps que la liberté à ceux qui combattraient pour eux. Toussaint Bréda, à la tête de son armée de 3 à 4000 Noirs, est vite remarqué pour ses talents militaires et sa discipline[10]. Ainsi est-il promu lieutenant-général. Toussaint troque alors son nom Bréda pour Louverture, surnom qui, bien que faisant l’objet de spéculations diverses, devait suggérer son habilité à ouvrir une brèche dans les rangs de l’adversaire. Ses qualités militaires le mènent à développer des ambitions politiques.

Un éminent politique : de l’opportunisme à la conduite de la Révolution dominguoise [modifier]

1793-94 : Une conduite pragmatique et séditieuse vis-à-vis des Espagnols, Jean-François et Biassou [modifier]

Toussaint s’émancipe rapidement de la tutelle des deux chefs historiques du mouvement ainsi que de celle des Espagnols, en entretenant des relations avec le camp français[13]. Le 18 mai 1794, il rallie ainsi le camp républicain sur l’offre du 5 mai 1794 du gouverneur général Lavaux. Longtemps, les historiens ont cru que cette décision avait été motivée par l’officialisation de l’abolition de l’esclavage par la Convention le 4 avril 1794. L’historien américain M. John Garrigus a démontré le contraire : la mesure de la Convention n’avait pas encore été portée à l’île.

Toutefois, il est vrai, la proclamation par Sonthonax, commissaire de la République pour Saint-Domingue, de la liberté générale sur l’île en août 1793 avait rendu le camp français plus attractif pour les anciens cultivateurs esclaves, que le camp espagnol. En mai 1794, Lavaux avait ainsi pu armer de nombreux cultivateurs avec les 30 000 fusils qu’il avait reçus de la deuxième commission civile. Ce n’est donc qu’une fois l’armée française passée à l’offensive que Toussaint Louverture rallie les abolitionnistes. Pour autant, il n’est pas impossible que Toussaint ait vu dans la cause abolitionniste, l’idéologie qui pourrait lui permettre de survivre politiquement. Une autre raison l’ayant poussé dans le camp français est que Toussaint Louverture était en conflit ouvert avec ses supérieurs. Il venait d’échapper à un attentat dont la responsabilité a été attribuée à Jean-François. Avec Biassou, ses relations n’étaient pas meilleures[14].

Sa défection du camp espagnol marque ainsi son engagement en faveur de l’abolition de l’esclavage et dénote un formidable instinct de survie. L’année suivante, l’Espagne capitule.

1794-1797 : Au service de la République française [modifier]

Le ralliement de Toussaint Louverture apporte à Lavaux, 4 000 hommes entraînés à l’européenne, disciplinés. Cet apport a été décisif dans la reprise en main du Nord de Saint-Domingue par les républicains. En 1795, les Espagnols vaincus signent la paix avec la France et lui cèdent Santo Domingo. Toussaint Louverture domine alors la province du Nord sauf le Cap-Français contrôlé par le général Villatte[15]. En récompense de ses services, Toussaint fait partie de la promotion du 23 juillet 1795 permettant l’accès à de nombreux officiers de couleur au grade de général de brigade.

La figure de Toussaint Louverture, particulièrement appréciée par le gouverneur Lavaux, finit par entraver l’ascension du général Villatte. En mars 1796, las de cette situation, Villatte se fourvoie dans un coup d’État en arrêtant le gouverneur Lavaux. Immédiatement, Toussaint intervient et le met en déroute. En récompense de sa loyauté, en plus d’être promu général de division, Toussaint est nommé le 31 mars 1796, lieutenant gouverneur de Saint-Domingue, occupant de fait le second rang derrière Lavaux[16].

Le 11 septembre 1796, Toussaint Louverture profite que le corps électoral soit majoritairement formé de soldats, pour donner des consignes afin d’élire le gouverneur Lavaux et le commissaire civil Sonthonax comme députés. Toussaint n’est pas immédiatement nommé commandant en chef de l’armée de Saint-Domingue en remplacement de Lavaux. Il doit attendre le 3 mai 1797 pour obtenir ce poste par Sonthonax[15]. Une fois la promotion obtenue, Toussaint expédie manu militari en août 1797, Sonthonax siéger en métropole, ce dernier lui portant ombrage notamment auprès des Noirs dont il était très apprécié. Toussaint, jaloux de son autorité, glisse vers un pouvoir très personnel.

1798-1802 : Le « primat » et la cristallisation d’un Nord noir face à un Sud mulâtre [modifier]

En août 1798, Toussaint Louverture obtient la reddition des Britanniques occupant encore l’Ouest de l’île. L’accord signé entre les deux parties prévoyait notamment l’ouverture des ports de Saint-Domingue aux navires de commerce britanniques, alors même que la France était encore en guerre avec la Grande-Bretagne[17]. Le général Hédouville, supérieur hiérarchique de Toussaint en poste depuis mars 1798, furieux d’une telle insubordination, s’émeut plus encore par le contenu de l’accord. La dégradation de leur relation est telle que Toussaint organise, en octobre 1798, une révolte populaire forçant Hédouville à quitter l’île. La veille de son départ forcé, Hédouville décharge le général André Rigaud contrôlant le Sud de l’île, de toute sujétion à l’égard de Toussaint Louverture.

En juin 1799, le Noir Toussaint entre en guerre contre le mûlatre Rigaud. Ce fut la « guerre du Sud ». Le conflit entre les deux hommes n’était pas une question de couleur ou d’idéologie politique, mais une véritable lutte pour le pouvoir et le contrôle du territoire[16]. Il n’empêche qu’une véritable guerre d’extermination a été menée contre les mulâtres du Sud ; près de 10 000 d’entre eux périssent. En juillet 1800 Toussaint sort vainqueur[18]. Six mois après, la partie espagnole, officiellement française depuis 1795, est envahie par Toussaint. Mais la consécration est en février 1801, lorsque Bonaparte nomme Toussaint capitaine-général de Saint-Domingue. Le général noir devient ainsi le dépositaire officiel du pouvoir exécutif.

En moins d’une décennie, Toussaint Louverture, chef militaire autodidacte, célébré à la fois par les Noirs et les Blancs, est parvenu à se hisser politiquement à la plus haute fonction de Saint-Domingue. Sous son impulsion, la révolution dominguoise permet l’instauration d’un nouvel ordre, inspiré du modèle colonial de l’Ancien régime, mais profitant aux militaires de couleur, surtout aux Noirs.

La Révolution dominguoise, l’œuvre inachevée de Toussaint Louverture [modifier]

Le projet : une restauration de l’ordre ancien au profit des Noirs créoles ? [modifier]

En effet, on observe, sous le primat de Toussaint Louverture, la restauration de nombreux « symboles » de l’Ancien régime. Toussaint Louverture s’était entouré, d’après l’historien M. Gainot, d’une cour où l’étiquette était de rigueur. Les Blancs étaient nombreux à y participer. Certaines mesures prises par Toussaint marquent également une restauration des « valeurs morales ». Ainsi est rétablie la pompe de l’Église catholique lors de victoires : cette cérémonie d’Ancien régime glorifiant la lutte contre le protestantisme, a été célébrée lors des succès de Toussaint contre les Anglais. Le divorce légalisé sous la Révolution, est supprimé avec Toussaint. Les émigrés, ces planteurs blancs ayant fui la Révolution, sont rappelés afin, assurait Toussaint, de bénéficier de leurs compétences techniques.

Dès 1795, Toussaint Louverture se montre très actif pour obliger les anciens esclaves non engagés dans l’armée à reprendre le travail. Ce qui provoque des soulèvements, les cultivateurs y voyant une forme de rétablissement de l’esclavage. Toussaint a alors utilisé ses troupes disciplinées d’anciens esclaves pour mater ces révoltes[19]. Les habitations ont été placées sous administration militaire : les officiers de Toussaint, comme Jean-Jacques Dessalines ou Henri Christophe ont appliqué de manière militaire les « règlements de culture ». Désormais à Saint-Domingue deux entités existent : celle des militaires et celle des cultivateurs assignés sur leurs anciennes habitations[20]. Cette forme de servage a été qualifiée par les historiens de « caporalisme agraire ».

Enfin, sous son autorité, est réalisée une vieille revendication coloniale : l’accession à l’autonomie de la colonie. À la suite du coup d’État de Bonaparte, le régime d’isonomie républicaine des colonies a été supprimé. Les colonies ont été placées sous un régime d’exception. Toussaint informé de cette mesure, s’est attelé de son propre chef à l’élaboration d’une constitution, celle du 8 juillet 1801, autonomiste et autocratique. Elle est inspirée de la constitution de l’an VIII, notamment pour la prééminence de l’exécutif et du militaire. Cette constitution le nomme gouverneur à vie, et consacre le catholicisme comme religion d’État ; et si, en théorie, elle reconnaît la liberté générale, elle envisage à terme la possibilité de recourir de nouveau à une main-d’œuvre africaine. Enfin, cette constitution institutionnalise les « règlements de culture ».

C’était compter sans Bonaparte qui, en mars 1801, apprenant la prise de possession de la partie espagnole – lui qui œuvrait pour une réconciliation franco-espagnole -, était entré dans une grande colère qui a joué pour beaucoup dans la disgrâce de Toussaint Louverture[21]. Cette constitution était un affront de trop. La réaction du Premier consul de France Napoléon Bonaparte a été l’envoi d’un corps expéditionnaire devant mettre un terme à la révolution dominguoise.

Une chute provoquée par la métropole [modifier]

 

Acte écrit de Toussaint Louverture contre l’insurrection de 1801.

La France, en octobre 1801, entre enfin en paix avec la Grande-Bretagne: une expédition à Saint-Domingue est ainsi rendue possible. Un corps expéditionnaire est donc formé et placé sous le commandement du général Leclerc. Il comporte des officiers issus des colonies comme Rochambeau, ou encore des officiers de couleur défaits par Toussaint Louverture (Rigaud, Pétion, Villatte). L’expédition Leclerc quitte la France en décembre 1801 avec 17 000 hommes, renforcée entre mars et mai 1802 par 6 000 hommes. Toussaint dispose d’une armée de 20 000 hommes, répartie entre la cavalerie, l’infanterie et le génie. Par ailleurs, sa garde nationale, véritable troupe aguerrie, compte près de 10 000 hommes.

Malgré une supériorité numérique, Toussaint Louverture est vite défait militairement. Toussaint adopte une tactique défensive, pratiquant la stratégie de la terre brûlée. Celle-ci n’arrête pas l’offensive menée dès février 1802 par le corps expéditionnaire. Le général Leclerc avait débuté par un débarquement simultané dans tous les grands ports, suivi d’une offensive pour refouler les rebelles. Les pertes françaises sont importantes mais se soldent par de nombreuses victoires. Si bien que les officiers de Toussaint, à l’exemple de Maurepas ou Henri Christophe, font tout à tour défections. Le 6 mai 1802, Toussaint Louverture est contraint de capituler, puis placé à résidence dans l’île.

Avec la chute de Toussaint Louverture, la Révolution dominguoise connaît un coup d’arrêt. Son objectif aurait été l’instauration d’un nouvel ordre, inspiré à la fois par l’Ancien régime, notamment pour l’organisation du travail, et par la Révolution française, principalement pour la suppression du préjugé de couleur et la rhétorique idéologique. Trop progressiste pour Bonaparte, trop réactionnaire aux yeux des cultivateurs, le régime de Toussaint Louverture ne satisfait au final personne, à l’exception de la nouvelle élite de militaires de couleur, grande bénéficiaire du nouvel ordre. Lâché par la population après la violente répression menée contre des cultivateurs insurgés dans le Nord, en octobre 1801, Toussaint Louverture est rapidement mis en déroute par l’expédition Leclerc en 1802, malgré une supériorité numérique. C’est au final dans une certaine indifférence que le 7 juin 1802, en dépit des promesses faites en échange de sa reddition, Toussaint Louverture – ainsi qu’une centaine de ses proches – est déporté en France: il est embarqué avec sa famille sur la frégate la Créole et transbordé au large du Cap-Haïtien sur le Héros qui le transporte à Brest. Enfermé au fort de Brest le 14 juillet, il est transféré huit jours plus tard avec son fidèle serviteur Mars Plaisir au Fort de Joux où il meurt de froid le 7 avril 1803.

Il faut attendre la Révolution haïtienne pour que l’œuvre amorcée par Toussaint Louverture trouve son achèvement, et l’érige pour la postérité en héros national. En effet, c’est son ancien lieutenant Jean-Jacques Dessalines qui proclamera l’indépendance de la République le 1er janvier 1804.

Hommage posthume [modifier]

Galerie d’images [modifier]