La nécessité de partager sa réussite, son succès et sa victoire avec ses ennemis, ses adversaires et ses rivaux: texte écrit par Hermann Cebert


Généralement, un conflit se définit comme une opposition, un antagonisme entre deux parties. C’est également une contradiction entre deux parties qui finit bien souvent par la violence compte tenu des proportions que les rivalités peuvent prendre finalement. Un litige c’est toutes sortes de contestations qui donne matière à procès plus particulièrement lorsque les parties concernées ne parviennent pas à des ententes justes et équitables. Ce sont là des définitions classiques de ces deux concepts, je veux parler du conflit et du litige. Par rapport au titre de ce sujet, je veux vous emmener ailleurs avec ma définition de ces deux concepts tout en tenant compte de leurs définitions classiques car mon objectif sera de vous conduire à un autre niveau de compréhension de la réussite et de l’échec et d’éviter du coup d’avoir des ennemis de votre bord. Même si, dans les faits, vous ne pourrez pas vous éviter à ce que des gens vous ciblent et vous choisissent comme leurs ennemis et ça, c’est leurs problèmes et non les vôtres.

Disons pour commencer, qu’un conflit ou un litige c’est une opposition, une différence de points de vue sur une question, sur un problème, sur un avantage, sur une obligation, sur une redevance, sur une omission, sur une négligence, sur une ignorance, sur une arrogance etc… pour lesquels les arguments sont différents et contradictoires pour les uns et pour les autres puisque portés tous sur des intérêts, des valeurs, les principes, les croyances, les genres voire d’appartenances ethniques et idéologiques entre deux parties. Bien que les conflits, les litiges se portent généralement sur les objets de l’intérêt, de valeurs, de principes, de cultures et d’ethnicités, la grande majorité des cas de conflits et de litiges se transforment en conflits et litiges de personnes à personnes voire sur le caractère et la personnalité d’une personne par rapport au caractère et à la personnalité d’une autre personne. C’est là la source même de la grande majorité des actes de violence car ce sont les égos qui sont en conflit et en litige et, non sur les véritables objets qui les ont donnés naissance, je pense surtout aux intérêts, aux valeurs, aux origines ethniques et la nature des genres.

Déjà vous constatez que je parle de conflit et de litige qui se porte et qui concerne quelque chose et non de ces personnes car, les divergences concernent une réalité qui est différente de la personne ou de la personnalité de ces deux personnes. Il faut se distancer des raisons et des objets qui crée de l’opposition entre ces personnes et non de ces personnes entre elles.

En d’autres termes, le glissement et l’enlisement vers la violence de deux parties en conflits ou en litiges sont dus au fait que l’être humain a tendance à transformer les conflits et les litiges qui les opposent aux autres en problèmes personnels et, de cette perversion des vrais objets et des vraies causes des conflits et des litiges, ce sont les égos qui se mettent en avant. Or, lorsqu’il s’agit d’égo, de personnalité, du caractère humain, on perd sa lucidité et c’est l’instinct, c’est la colère, c’est la rage, c’est l’agressivité qui prennent le dessus sur la raison, sur l’empathie, sur la compassion bref, on ne veut pas seulement la justice, mais on veut le respect, la victoire, le triomphe, la gloire, la puissance dont la domination absolue et qui, malheureusement pour pouvoir les obtenir, il faut abattre l’autre, le détruire, le faire disparaitre, le tuer, l’anéantir au complet afin d’effacer toute sa trace devant sa vue. C’est le nerf de toutes les formes de violences et de toutes les guerres.

En fait, l’homme se tourne vers la violence, lorsqu’il croit avoir raison, lorsqu’il est frustré, lorsqu’il se croit puissant, lorsqu’il pressentit son échec, lorsqu’il s’accroche à ses intérêts, lorsqu’il se définit par ses valeurs, par ses principes, lorsqu’il fait un seul avec ses intérêts, ses valeurs, lorsqu’il se sent diminué dans ses fonctions, dans ses pouvoirs, dans ses valeurs, dans ses intérêts mais tout cela, parce que tout simplement il ne se distancie pas et ne différencie pas avec ce qu’il peut défendre que sont ses intérêts, ses valeurs, ses principes, son genre et son appartenance ethnique. Et dans ces différents cas de figures l’homme devient l’objet de ses précieux objets, il est matérialiste, il se réduit tout simplement aux divers biens qu’il a lui-même créés et inventés bien que, vraiment, non nécessaires à sa survie et à son bonheur.

Selon cette perspective, il y a lieu de se rappeler pour les plus simples et les plus complexes des esprits humains qu’a part de l’eau, de l’air, de la terre, des arbres, des animaux, de la lumière du soleil, des ombres du soir et bien sûr d’abord et avant tout l’être humain, tout ce qui entoure actuellement l’être humain sur terre a été créé par l’être humain et toutes ces choses qui l’entourent sont les fruits de l’imagination et de l’intelligence même de l’homme. De plus, on oublie également que toutes les religions, et toutes les soi-disant grandes valeurs religieuses et morales sont des constructions de l’imagination et de l’intelligence de l’homme et cela, qu’il s’agisse des diverses représentations de Dieu ou des dieux selon les versions de ces imaginaires sont des produits de l’imagination et de l’intelligence même de l’homme. Et en ce sens, aucune religion n’a été créée ni physiquement, ni personnellement par Dieu descendu du ciel ou des cieux. Alors que nous savons tous que toutes les religions sur terre sont des œuvres des hommes étant donné que personne n’a jamais vu Dieu et cela que l’on prétende ou non avoir été inspiré de Dieu ou par Dieu.

Par ailleurs, si l’on considère les différents attributs ou caractéristiques que l’on associe à Dieu ainsi que les différentes représentations que l’on reconnait de Dieu ou que l’on se fait de lui également, on se rend compte très vite que ce sont les différentes rêveries des hommes dont plus particulièrement, celles des guerriers, des chefs, des assassins, des criminels, ceux-là mêmes qui avaient été à la base de la création de toutes les religions du monde. Ce qui signifie, Dieu comme projection de l’imagination des hommes de pouvoir devient dans les différentes religions les pouvoirs suprêmes, l’omniscience, l’omnipotence et la toute puissance qui est l’absolu en toutes chose et de toute chose. Cependant, et c’est la véritable obstacle pour toute la curiosité humaine, si vous cherchez Dieu dans n’importe quelle religion sur terre, à coup sûr, vous ne le trouverez jamais sur terre. Allez savoir pourquoi.

En effet, j’ai déjà abordé plusieurs autres aspects de ce sujet dans d’autres articles. De plus, j’ai également déjà expliqué que nos systèmes politique, économique, social et culturel et religieux étaient calqués d’une vision égocentrique des premiers fondateurs de ces systèmes. Partant de ces acquis et de cette vision globale de la problématique des différentes références et de valeurs qui structurent nos sociétés ainsi que les différents rapports que nous avons entre nous plus particulièrement en ce qui concerne la réussite et le succès, il y a lieu de revoir et de reconsidérer ces rapports selon des points de vue différents de ce que nous avons habituellement.

Ce sera notre sujet de discussion dans les prochaines lignes qui suivent. Voyons voir.

La grande majorité des sociétés actuelles sont organisées autour des valeurs de la compétition, de la sélection et de la réussite. À l’école, dans les sports, au travail, en politique nous sommes tous contraints à nous livrer à la compétition entre camarades d’école, entre collègues de travail, entre adversaires et entre ennemis. Conséquemment nous sommes poussés à gagner, à vaincre, à détruire, à écraser, à éliminer physiquement et moralement nos compétiteurs et nos ennemis. D’ailleurs, puisque les règles sont sensées connues de tous et de chacun, alors on a aucun gène pour se montrer agressif et violent d’autant plus, nous sommes fiers de tous nos accomplissements même lorsque ces accomplissements sont réalisés dans la violence et par la violence. D’autant plus, la foule souvent criminelle n’est pas toujours trop loin pour nous applaudir de façon euphorique et délirante puisqu’elle se nourrit de l’agressivité, de la rage, de la colère, de la violence et du sang.

Évidemment avec des emphases mises essentiellement sur le succès et la réussite, inutile d’entrevoir dans les échecs tout caractère éducatif mais seulement et simplement ses côtés dévastateurs et d’humiliation. Face à cette réalité qui semble prédéfinir les rapports que nous tendons à développer avec les autres dans toutes les sphères de nos activités sociales, politiques, économiques, financières, et culturelles et religieuses, ne serait-il pas nécessaire de revoir les fondements de ces réalités en reconsidérant les différents rapports que nous avons avec le succès, l’échec mais surtout à la fausse vision qui sous-tend les compétitions et qui les caractérisent? De là à dire et à voir toute compétition comme de la coopération mutuelle où l’on cherche à réussir et non pas à gagner, on cherche à bien performer et non à dominer. Et en ce sens, on se mesure seulement avec soi-même et non contre le autres. D’autant plus, l’autre, les autres deviennent pour nous notre propre image de nous-même et donc ce sont leurs efforts, plus les nôtres qui nous poussent à nous dépasser de nous-mêmes.

Et en ce sens, selon cette nouvelle manière de voir la compétition comme une sorte de coopération, le succès et l’échec deviennent pour nous les deux faces de la même réalité des apprentissages nécessaires à la pacification et à l’harmonisation de nos sociétés ou de nos organisations. Or, si nous ne changeons pas les visions que nous nous sommes définies de toute idée de compétition et du succès, jamais nous ne pouvons rendre plus supportable pour les uns et pour les autres l’encaissement d’un succès et d’un échec. D’ailleurs, comme je le répète très souvent, si tu vois quelqu’un, dans une compétitions, arrivant le premier à la ligne d’arrivée, criant de toutes ses forces, «j’ai gagné», celui-là est un vrai menteur et il n’est même pas digne de confiance. Car, en prononçant cette phrase égoïste, narcissique, individualiste qui assassine tous les supports, toutes les aides qu’on lui a apporté, il rejette du revers de la main tous ceux qui ont travaillé avec lui pour cette réussite puisque personne ne peut réussir tout seul plus particulièrement, ses compétiteurs, ses ennemis et ses amis.

Nous pouvons revoir et reconsidérer les compétitions qui prédéfinissent nos rapports actuels avec le succès et l’échec comme changement nécessaire à la rééducation fondamentale pour la pacification et à l’harmonisation de nos sociétés et de nos organisations sociales, économique, politique, culturelle et religieuse. Nous pourrons changer positivement nos manières de voir le monde et également les rapports que nous entretenons avec les choses, avec nous-mêmes et entre nous-mêmes car l’être humain est capable de grands changements et il est porteur d’éveil et de réveil psychologique, spirituel et mental. Néanmoins est-ce qu’on lui laisse de s’exprimer lorsque les vérités avaient toutes été préétablies, les réponses sont connues de tous alors il est normal que les petits moutons de panurge suivent à la que leu leu et en ce sens, nos sociétés deviennent des sociétés de zombie car les évangiles, les doctrines et donc les litanies se répètent jour et nuit il s’en suit à cet égard des appartenances et des appropriations involontaires qui réduisent l’homme à sa plus banale des expressions. Zombie City.

Nous devons apprendre à comprendre pourquoi il est nécessaire la victoire et combien il est utile certains échecs comme le dit si bien le psalmiste. Malheureusement, nous sommes toujours dans une compétition et nous voulons toujours gagner, or pour gagner nous devons écraser, détruire, anéantir l’autre et tous les autres. En fait nous voulons les vaincre jusqu’à ce que nous nous rendions compte qu’ils ne sont plus là et ce jour-là ce sera notre triomphe tandis qu’il n’y aura personne pour se rappeler qui nous sommes et qui nous étions.

à suivre…

Hermann Cebert

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