Les origines de la déconfiture de Haïti engendrée par la violence des gangs du régime de PHTK, supportée et même encouragée par certains représentants étrnagers en Haïti


Il n’y a pas longtemps de cela, je disais à un ami que le développement, le progrès, la stabilité étaient une affaire de bandits, de criminels, d’assassins, d’aventuriers, de la folie de grandeur, de visionnaires. Et, mon ami semblait avoir des réserves sur mes affirmations puisque aucun livre d’histoire n’a encore révélé la sombre histoire du développement, du progrès et de la stabilité qui constitue la base de celles-ci.

D’ailleurs, compte tenu de la morale sociale et surtout de la prétendue pacification des rapports sociaux qui fonde nos réalités du développement et du progrès des sociétés, mais combien idéologique, puisque découlant des intérêts de classes économiques et politiques, personne n’a encore osé déconstruire tous les mythes qui se cachent derrière ce que l’on pourrait appeler progrès et développement par peur de se faire juger sur la place publique par des groupes et des classes qui profitent largement de ce silence des intellectuels sur cette réalité.

Et, le niveau de violence qui est atteint en Haïti actuellement semble pousser plusieurs compatriotes à se douter des lendemains meilleurs pour le pays puisque, cette violence est orchestrée par le pouvoir du Régime PHTK Martelly-Jovenel Moïse, la bourgeoisie du pays avec la bénédiction et en complicité des puissances occidentales.

Devant tous les excès du régime autoritaire de Jovenel Moïse et compte tenu de la misère sans précédent qui ravage le pays, on devait s’attendre à ce que tout le pays se lève comme un seul homme pour combattre et renverser ce régime de non droit, eh bien non. Chacun se contente de dénoncer, de s’indigner voire s’étonner qu’il en soit ainsi. Pourtant, aucun autre peuple sur la terre ne saurait tolérer de tels pourrissements économique, social, politique, sanitaire voire hygiénique de leur pays. Malheureusement, actuellement, les haïtiens arrivent à tolérer cela sans manifester aucun vrai signe de véritable révolte contre les dirigeants et contre la bourgeoisie salope qui les dominent.

Évidemment, avec le nombre de gangs armés qui sèment la terreur dans tous les quartiers pauvres du pays, c’est comme une goûte de plus dans le climat de violence criminelle qui règne dans le pays. Néanmoins, il n’y a rien de nouveau en matière de violence en Haïti, la seule différence c’est que ce sont des pauvres qui commencent à comprendre pour exister il faut qu’ils possèdent également des parts de violence aux côtés de tous les autres gangs de violence que constituent les familles les plus riches du pays.

En effet, si financièrement la reconnaissance de l’indépendance d’Haïti par la France avait été un très lourd fardeau pour l’ensemble du pays puisque c’était de lui priver d’énormes capitaux nécessaires à son développement et à son progrès. Un autre côté, les pays comme les États-Unis, la Grande Bretagne, la France ont boycotté systématiquement toutes les actions d’épanouissement du pays et de tous les citoyens haïtiens. Bien entendu, les principaux objectifs visés par les impositions de la dette de la reconnaissance de l’indépendance du pays, son boycottage par les puissances étrangères c’était surtout de casser la volonté du peuple haïtien en l’obligeant a se pacifier et plus particulièrement à laisser tomber la violence comme le principal moyen d’assurer son développement et son progrès et qui lui avait également donné sa liberté et son indépendance.

En forçant les haïtiens à renoncer a sa violence qui aurait pu contribuer en tant qu’instrument de son propre développement, on a détruit en lui toutes les formes de velléités et d’action chez le peuple haïtien. Très certainement, ce n’est pas seulement ses forces d’actions que l’on avait détruites mais, son assurance en lui-même et en sa puissance de peuple afin de le rendre à nouveau docile, soumis, tolérant et résignant à la misère et à la pauvreté. Pourtant, de 1503 jusque en 1803 c’est par la violence qu’on l’avait maintenu dans la souffrance tandis que les luttes et la guerre pour l’indépendance lui avait bel et bien montré que c’était seulement par cette violence qu’il pouvait se libérer de l’enfer de l’esclavagisme par lequel et dans lequel il était assujetti.

Historiquement, il faut se rappeler que le système esclavagiste a été créé par des criminels, des assassins, des aventuriers, des mercenaires qui étaient tous assoiffés de richesses et de production économique pour leur propre bien-être et celui de leur race en général. Ce système de violence qu’ils avaient imposé aux africains arrachés des terres d’Afrique traduisait parfaitement le rôle que cette violence allait jouer dans leur développement et leur progrès. D’ailleurs c’est cette même violence que la bourgeoisie actuelle utilise contre la grande majorité des haïtiens en Haiti.

Certainement, ces familles riches exerçaient déjà leurs propres violences sur l’ensemble du pays lorsqu’elles contrôlent tous les pans de l’économie du pays sans oublier les secteurs de la drogue, de la prostitution, de la vente des armes ainsi que le kidnapping. Sauf que, toutes ces violences étaient jusqu’à nos jours contrôlées par ces mêmes familles de riches et de bandits criminels de la classe dominante.

Voilà pourquoi, je me suis demandé s’il y a plus de violence dans le pays parce que quelques petits bandits des masses populaires décident de récupérer une part du monopole des violences que les dirigeants du pays et quelques familles riches possédaient depuis toujours par l’entremise des forces policières et militaires?

Je ne crois pas qu’il y a plus de violence, bien que elle soit déjà extrême et intolérable pour l’ensemble des haïtiens mais, simplement un déplacement vers quelques éléments des masses populaires de cette part de violence que je pourrais qualifier de la violence de subsistance étant donné qu’elle reste une violence sur les masses populaires surtout lorsque ces petits bandits s’en prennent seulement à leurs voisins déjà démunis comme eux. On peut facilement observer ces petits criminels sans desseins qui se vantent d’avoir menacé, assassiné, kidnappé et volé des familles très misérables mais puisqu’ils sont encore des bandits et des criminels de proximité, ils affichent comme une sortes de trophées leurs sandales neuves, leurs chemisettes blanches ou encore quelques bermudas très colorés.

Seront-ils en mesure de pousser leurs violences à un niveau de violence révolutionnaire, celle qui a donné naissance à la liberté et à l’indépendance du pays mais que nous avons perdue depuis belle lurette? Pour être très sincère, j’en doute très fort. Surtout lorsque nous voyons comment des éléments de cette bourgeoisie criminelle commence à s’associer avec ces bandits des masses populaires. Toutefois, selon les tournures que le climat de violence est en train de prendre actuellement, il est fort probable que d’autres groupes, cette fois-ci, très révolutionnaires poussent émerger dans le pays en allant chercher, eux aussi, une autre part de la violence populaire à la fois, pour chasser le groupe des bandits criminels associés à la bourgeoisie et au pouvoir en place mais également contre la violence criminelle de la bourgeoisie du pays.

Selon une telle perspective, le pays risque de s’enliser dans deux situations probables: un chaos généralisé avec de véritables soulèvements populaires dont des guérillas armées populaires et urbaines ou bien, à un renversement radical de l’ordre des choses de telles sortes que ce soient les groupes populaires révolutionnaires qui s’accaparent complètement de tous les monopoles de violence en vue de constituer un état révolutionnaire derrière lequel se mettrait l’ensemble des masses populaires du pays pour une véritable refonte de l’ensemble des institutions étatiques du pays. Je placerais cette éventualité sur une période allant de trois à six mois si tout continue d’aller pareillement et surtout si le régime actuel n’est pas renversé ou expulsé du pouvoir puisque le régime en place n’a aucun contrôle sur les forces violentes actuelles dans le pays. J’espère que nous n’allons pas nous rendre jusques-là et que tous ceux qui tiennent à cœur les intérêts du pays finiront par forcer le départ urgent du régime en place par un gouvernement de salut public.

Cela étant, il est donc très nécessaire de comprendre le rôle de la violence dans le progrès et dans le développement des sociétés. Évidemment, ce n’est normal ni idéologiquement permis d’analyser le rôle et l’influence de la violence dans la pacification ou dans socialisation de nos sociétés car, tout les fondements de nos grandes sociétés actuelles se tournent autour de certaines grandes violences. Et, vu de cette manière, plus personne ni non plus d’intellectuels sensés se permettrait d’affirmer que le développement et le progrès sont intimement liés à la violence bien que dans les faits, il existe tellement d’exemples où ce sont les formes de violences qui ont assurées le progrès et le développement des grandes sociétés développées actuellement.

D’abord on peut se rappeler que le système esclavagiste qui assurait le développement économique des anciennes puissances coloniales du 15ième jusqu’aux 20ième siècle était structuré autour de la violence des blancs contre les Noirs arrachés de leurs terres d’Afrique. Les luttes pour l’émancipation et la dignité des Noirs particulièrement en Haïti ont été réalisées dans le sang et par le retournement de la violence esclavagiste contre les colons eux-mêmes. C’est également par la violence que les forces alliées se sont débarrassées du régime criminel Nazi de Adolphe Hitler et enfin c’est en utilisant la bombe atomique contre Hiroshima et Nagasaki que les américains ont pu remporter leurs victoires sur le Japon et mettant ainsi fin à la deuxième guerre mondiale.

Sans l’usage de la violence, il n’y aurait pas de système esclavagiste ni non plus disparité grandissante entre l’Occident et les pays Africains et descendants africains. Sans la violence il y aurait pas de régime nazi ni l’holocauste des juifs en Europe. Non plus sans la violence il n’y aurait pas de révolution américaine et le Film du réalisateur Noir américain Nathan en donne les compléments d’explications que l’Empire américain ne veut pas reconnaître. Toutefois, le rôle de la violence est là et c’est par la violence que les puissances occidentales continuent de maintenir les haïtiens et Haïti actuellement dans la plus abjecte misère humaine. Mais non, on ne veut pas en parler de cette violence qui empêche aux haïtiens de manger à leurs faims, de boire à leurs soifs et enfin d’être heureux. On a forcé les haïtiens à reconnaitre et à se rappeler de l’importance de la violence pour sa stabilité et pour sa sécurité.

Le paiement de la dette de l’indépendance et les embargos maintenus sur le pays de Haïti sont autant de violences que l’on exerce sur les haïtiens pourtant ailleurs partout les peuples ont pu transformer cette violence en pouvoir de vote afin de ne plus se laisser diriger par des dictatures. En Haïti, on ne le souhaite pas, tout est toujours possible car, c’est ainsi que l’on maintienne le peuple Noir d’Haïti sous la menace d’une dictature au profit et dans la complicité avec les anciennes puissances coloniales ainsi que les puissances impérialistes actuelles. Haïti est un laboratoire de toutes les formes d’expériences inhumaines sont possibles voire disponibles. Un pays créé par des sauvages, des sous hommes, il faut que ce pays reste l’exemple de sous espèce humaine.

à suivre…

Hermann Cebert