Les racines d’une probable guerre civile en Haïti: les policiers et policières d’Haïti veulent créer leur syndicat


La meilleure façon pour juger une société reste et demeure la façon que ses dirigeants traitent leurs citoyens. En effet, lorsque l’on considère comment le régime de Jovenel Moïse ainsi que la haute direction de la police nationale ont traité les jeunes policiers et policières plus particulièrement les membres du comité d’initiative de la syndicalisation de la police nationale, on a désormais la preuve tangible quels types de dirigeants qui gouvernent Haïti.

Ce sont donc des dictateurs qui veulent gouverner sans opposition et sans critiques d’autant plus, depuis le deuxième lundi du mois de janvier, Haïti est tombée dans un régime d’exception où le président rassemble en ses mains tous les pouvoirs et tous les contre pouvoirs exigés par la constitution de 1987 ainsi que la constitution amendée.

Pourtant, le régime avait tout le temps nécessaire pour organiser les élections dans le pays et remplacer le personnel politique nécessaire au bon fonctionnement des appareils étatiques du pays. Mais non, ce qui était dans la perspective du président et de son Parti politique le PHTK c’était de diriger le pays par décret sans compromis et sans concession avec les groupes de l’opposition voire avec les jeunes policiers et policières qui ne réclament que l’exercice de leurs droits d’association et de liberté de parole.

Évidemment, la démarche des jeunes policiers et policières de la PNH aurait dû se faire facilement et ce, avec le total support de l’État haïtien et de la direction de la police nationale. Cependant, ce que nous constatons dans ce dossier, certes, il y a le manque de maturité des jeunes policiers, leurs mauvaises préparations ainsi que quelques erreurs de procédure, ce qui est fautif dans ce dossier ce sont les agissements de la haute direction de la police qui, semble vouloir trop plaire à leur président Jovenel Moïse qui vient de les nommer, a donc fini par faire déraper les démarches des policiers jusqu’à les provoquer et les mettre en colère contre l’ensemble de la hiérarchie de la police nationale.

Voilà pourquoi, aujourd’hui, qui devait être considéré comme le premier jour d’un carnaval de protestation est devenu la première journée d’une longue guerre civile qui aura lieu quand bien même ça faisait longtemps qu,elle était prévue dans le pays. Espérons seulement que je me trompe et le pays puisse en être épargné.

Bien entendu, le comble dans la gestion de cette médiocrité de la haute direction de la PNH c’est lorsqu’elle décide de façon irréfléchie de congédier les membres du comité de direction de cette initiative dont la principale porte parole Yannik Joseph comme si la présidente était le principal problème de la syndicalisation de la police nationale.

C’est un véritable gâchis de la part des dirigeants de la police nationale mais surtout c’est un manque flagrant de respect pour la partie adverse que sont les membres du comité d’initiative dont la porte parole elle-même qui a eu selon toute vraisemblance un mandat de représentation de ses confrères policiers et de ses con-sœurs-policières.

Comment ramener tous les policiers à une table de négociation lorsque vous coupez la tête de leurs dirigeants. C’est idiot de détruire son vis-à-vis lorsqu’on a aucun contrôle de tous les protagonistes en présence.

Et notons le bien, les policiers sont des hommes armés il ne faut pas jouer avec le feu car les moindres erreurs risquent de conduire le pays comme aujourd’hui vers la guerre civile et compte tenu que d’autres groupes armés peuvent s’infiltrer dans le mouvement et porter sur leurs épaules tous les mouvements insurrectionnels, alors tout peut trainer vers le chaos que nous ne cessons de mettre en garde les dirigeants du pays.

Il faut considérer les pertes en vies humaines qu’une telle situation peut engendrer et en ce sens, dès qu’il y aura des blessés par balles, les policiers et les autres groupes armés risquent de se radicaliser en s’attaquant à tout le monde plus particulièrement les dirigeants du pays, les classes dominantes qui possèdent les richesses du pays et enfin, le reste de la population qui est souvent la victime collatérale de toutes les crises justifiées ou non dans le pays.

Par ailleurs, en décidant de congédier les membres du comité d’initiative, les dirigeants de la police nation ont pris le très grand risque de mettre le pays dans une situation chaotique car, si les représentants du comité syndical étaient plus ou moins organisés il y aurait un groupe de jeunes armés qui auraient pu pousser le pays dans une guerre civile. Ce qui est en train d’arriver présentement dans le pays, où l’on nous a déjà rapporté plus d’une dizaine de blessés par balles et peut-être aussi, trois morts du côté des policiers puisque sous les ordres du président Jovenel Moïse, du ministre de la justice et du ministre de l’intérieur et de la défense, les forces armées d’Haïti, l’armée refondée par le régime PHTK, est actuellement déployée partout à Port-au-Prince en chasse contre les policiers syndicalistes. Quelle irresponsabilité de ces pseudo-dirigeants!!!

On peut donc comprendre le caractère pacifiste du mouvement des policiers qui pourraient choisir d’affronter de front les soldats de l’armée d’Haïti et qui ne l’ont pas encore fait. Dieu merci!!! Que nous devrions dire jusqu’à présent encore puisque ces jeunes ne veulent qu,une seule chose: améliorer leurs conditions de travail. De même, et on pourrait imaginer que tous les policiers qui démissionneraient dans les jours qui viennent à cause du congédiement de leurs portes-parole avec leurs armes à leurs dispositions.

Mais, sachant très bien ce que vise le pouvoir de Jovenel Moïse, celui de démenteler le corp de la police nationale pour mieux justifier le retour de l’armée d’Haïti dont on est déjà en train de voir les rôles et les fonctions que l’on veuille lui attribuer, tout comme l’ancienne armée d’Haïti: coup d’État, assassinats, assurer le maintien de la domination de l’élite blanche sur l’ensemble du pays et dont Jovenel Moïse est leurs reste-avec depuis toujours.

En effet, les jeunes policiers savent qu’ils ne doivent en aucun cas démissionner en bloc et qu’ils se doivent de maintenir leur mouvement jusqu’à ce qu’ils remportent leur victoire.

Bien sûr, leur démission en bloc aurait été soit le chaos comme je l’ai mentionné soit un massacre ou encore un véritable coup d’état. Les dirigeants de la police nationale ont joué avec le feu et pour cela je réclame comme plusieurs autres citoyens haïtiens la démission le plus vite possible de ces personnes sans jugement et dépourvue d’intelligence.

Deux autres bruits qui courent dans les rues d’Haïti ces derniers jours ce sont d’abord: la première ce sont les déclarations de l’avocat Samuel Madistin, ainsi que la manière que le petit premier ministre non approuvé et non reconnu et qui porte le nom de lapin a catégorisé les jeunes policiers de terroristes.

Pour le cas de Samuel Madistin, tout en compatissant avec lui pour ses pertes matérielles cependant je veux croire qu’il n’avait pas besoin de se prononcer sur la légalité ou non de la syndicalisation de la police nationale. Ce n’était pas nécessaire de donner son opinion dans ce dossier même si tout le monde se douterait fort que maître madistin n’aurait pas une opinion réfléchie sur un tel sujet.

Surtout dans un pays où les dirigeants et les classes sociales dominantes du pays ont toujours des experts pour confirmer leurs positions de classe et de richesse dans le pays. Je crois qu’il connait bien ce dicton, Un jour un sage n’a rien dit. Et, parfois il vaut mieux ne rien dire particulièrement lorsque l’on n’est pas impliqué et que notre opinion pourrait ne rien ajouter à une réalité non nécessaire. Pour le reste il a le droit d’émettre ses opinions quand il veut même si dans plusieurs autres cas on ne l’a pas vu se prononcer alors que ces autres sujets étaient plus importants que celui des policiers et de leurs mouvements de syndicalisation. Nous avions même saisi entre les lignes lors de son discours durant sa conférence de presse, une certaine radicalisation de sa part comme s’il semble penser à se placer en travers du mouvement des policiers et policières. J’espère me tromper à mon audition de son discours.

Enfin, dans un pays où les femmes ont toujours de la misère à prendre leurs places sur la scène politique du pays, je l’ai pas entendu encourager la jeune policière Yannik Joseph ni non plus exiger sa réintégration dans la police nationale. Si c’est cela le modèle de leadership que Samuel madistin aurait pu incarner s’il était devenu président du pays à chaque fois qu’il était candidat à la présidence du pays. En tout cas, son manque d’empathie et son manque d’humanisme restent à désirer.

En ce qui concerne le petit homme lapin, ses positions concernant les policiers qu’il considère comme terroristes, cela montre que cet individu n’a pas de jugement ni moral ni éthique pour être dirigeant du pays car on utilise pas n’importe quel mot lorsque l’on veut et surtout face à des jeunes pacifistes que sont les policiers et les policières d’Haïti. Il ne comprend pas que les policiers et les policières ne reçoivent pas leurs salaires toujours à date et à l’heure fixe et que parfais c’est avec beaucoup de retards qu,ils reçoivent de temps en temps leurs salaires alors que ce sont des jeunes qui assurent les dépenses pour plusieurs personnes dans leurs familles.

Alors si c’étaient de vrais terroristes, on aurait pu les voir déjà dans toutes les rues et surtout à Pétion-ville dans les quartiers riches là où les familles les plus aisées et les plus riches du pays possèdent plus de 95% des richesses du pays. On a pourtant pas entendu des assassinats de familles et de personnes riches dans le pays pourtant toutes les conditions sont déjà réunis pour plonger le pays dans une vraie hécatombe. Il a donc sali les dossiers de ces jeunes haïtiens et cela risque d’avoir beaucoup d’effets à long terme sur leurs vies plus particulièrement dans les pays étrangers. C’est de la méchanceté gratuite et nous connaissons ces actions criminelles de ce régime des Tet kale (têtes rasées) et c’est ce qu’ils ont toujours faits dans le pays, salir et détruire leurs opposants parce qu’ils n’ont vraiment rien dans cervelle.

En ce qui concerne le manque de maturité des jeunes policiers, leurs mauvaises préparations ainsi que quelques erreurs de procédure ce n’est pas un grave problème. D’ailleurs, on ne peut pas les reprocher de mal s’y prendre dans un dossier où il est question d’organisation et défenses des droits des travailleurs de la sécurité nationale. Qui explique ou qui a déjà expliqué à ces jeunes bien qu’universitaires parmi eux comment monter un syndicat dans un pays où les velléités dictatoriales sont toujours présentes puisque les seuls exemples de régimes et de gouvernements qu’on a toujours eus c’était des dictateurs et des apprentis dictateurs.

Des gens et des pseudos dirigeants qui ont toujours gouverné seuls et qui ont toujours massacré leurs opposants au lieu de les aider à se remplacer ou se développer.

Bref, peu importe ce que l’on peut dire de ces jeunes comme erreur, non respect des procédures ou mauvaise organisation, je serai toujours à leurs côtés pour supporter leurs démarches et je dénoncerai toujours les abus qu’ils subissent ou qu’ils peuvent subir de la part des dirigeants de la police nationale et également du mépris du gouvernement et de la présidence en particulier.

Tout ce ci dit, je reconnais que les jeunes ne se sont pas créés une organisation syndicale car à les entendre prendre position, ils ont ont voulu obtenir une certaine autorisation de la haute direction de la police nationale en vue de pouvoir se constituer en syndicat des policiers et policières de la police nationale. Ce qui est normalement contraire à la démarche que les jeunes policiers devaient entreprendre.

En fait, il leur (aux policiers bien entendu) fallait, dans toute la discrétion nécessaire, constituer le syndicat, former les comités locaux par commissariat, par villes et par régions ou encore selon les mêmes structures de déconcentration de la police nationale elle-même puisque les mêmes structures organisationnelles permettent et facilitent l’esprit d’appartenance des membres. C’est en effet ce qu’ils semblent avoir fait le 17 novembre 2019 lorsqu’ils ont décidé de créer leur syndicat.

Ensuite, les policiers devaient constituer leur comité central de gestion en choisissant tous les représentants de leur fraternité avec des mandats clairs pour une période de temps nécessaire et, c’est le comité qui aurait pour responsabilité d’élaborer la charte du syndicats tout en définissant les cotisations de tous les membres du syndicat.

En fait, l’argent est le principal nerf de la guerre pour la syndicalisation des policiers de la police nationale. Pour y arriver, le comité pourrait exiger les membres à cotiser afin de payer les services d’avocats dont ils ont d’abord besoin pour élaborer et étudier les différents documents nécessaires à la légalisation du syndicat. Je les encourage à trouver trois bons avocats qui ont de grandes ambitions et surtout qui peuvent prendre à cœur leur cause.

De même puisque nous parlons de l’importance et du rôle de l’argent, il leur faut tout naturellement trois bons experts comptables dont un comptable fiscaliste, un comptable financier et un comptable généraliste car ensemble ils auront beaucoup de responsabilité en ce qui concerne le financement de l’organisation syndicale en tant que telle mais surtout en matière de financement et d’investissement des fonds de retraite de tous les policiers. Et l’on pourrait bien s’attendre à ce que les comptables soient bons également en dotation salariale afin de bien formuler les ajustements de salaires dont les policiers réclament et réclameront à l’avenir.

Un autre besoin du syndicat des policiers, c’est l’embauche des experts en communication et en marketing afin de bien gérer les opinions publiques. Évidemment, un policier à la tête du syndicat c’est très bien mais le syndicat pourrait bien avoir l’aide des experts en relations publiques pour se faire comprendre par la population.

Une fois donc que les policiers auraient fini de constituer leurs organisation syndicale la dernière chose à faire serait de se légaliser auprès des ministères des affaires sociales et du ministères de la justice et attendre leurs papiers légaux. De plus une fois reçu leurs lettres légales confirmant leurs enregistrements auprès de ces ministères, ils demanderaient à leurs avocats sous plis cachetés d’envoyer leurs documents auprès de leurs employeur qui est l’état haïtien dont les ministères de la justice et de l’intérieur dont également la direction de la police nationale ainsi que tous les autres instances impliquées ou qui chapeautent le corp des policiers en Haiti.

Si vous avez remarqué, tout le gros du projet de la syndicalisation de la police nationale d’Haïti aurait été fait sans difficulté et sans tracas mais, puisque personne ne s’y connait vraiment en matière de légalisation et de syndicalisation et je ne suis même pas sûr que tels cours ne sonnent dans le pays sinon les policiers sauraient exactement quoi faire.

Cependant, il faut bien l’admettre, en Haïti tout est politisé et notre passé récent y est peut-être pour quelque chose. On voit la police nationale seulement comme une force armée comme l’on voyait l’ancienne police militaire comme une force dont les policiers portent des armes à feu.

Par contre il suffisait de voir les choses différemment pour avoir de nouvelles perspectives sur le mouvement de syndicalisation de la police nationale. Et à ce propos, je ne cesse de voir que le changement sociétal et le progrès économique qui va ressortir de ce vaste mouvement de syndicalisation de la police nationale. Je souhaite ardemment que l’on s’y mette davantage d’efforts pour que les policiers puissent obtenir leurs accréditations auprès de leur employeur qui est l’État haïtien. La police nationale d’Haïti pourrait être le début d’un temps nouveau pour l’ensemble du pays où l’on pourra désormais reconnaître le côté économique et financier du vaste mouvement social qu’est en train de devenir la syndicalisation de la police nationale d’Haïti.

Je ne me souviens pas une seule fois qu’un syndicalisation des secteurs corporatifs avait des conséquences négatives sur les sociétés modernes. Et au contraire, là où il y a les syndicats, les sociétés sont plus justes et plus avancées. Il ne peut en être autrement pour la société haïtienne où les salaires sont restés très bas depuis toujours et où également les patrons refusent d’améliorer les conditions de vie de leurs employés et de leurs ouvriers.

Imaginons simplement les effets positifs qui résulteraient de la syndicalisation de la police nationale lorsque nous savons très bien que les policiers et les policières contribuent à leurs fonds de retraite à chaque paye. Et posons à titre d’exemple que chaque policier contribue à hauteur de 100 gourdes à leurs fonds de retraite tous les mois pendant seulement douze mois et dont leurs argents sont déposés des la comptes de l’ONA.

Faisons juste un petit calcul en supposant qu’il y a seulement 6000 policiers en services incluant également les militaires de l’armée d’Haïti. Alors on aurait 6,000 policiers X 100 gourdes = 600,000 gourdes par mois dans ce fonds de retraite. Sur 12 mois on aurait 600,000 gdes X12 ce qui donnerait pour seulement une année 7,200, 000 de gourdes . C’est donc 7 millions 200 milles gourdes que les policiers contribueraient à leurs fonds de retraite mais actuellement puisque cet argent est géré par L’ONA et utilisé par les mulâtres dont les familles riches d’origines arabes, alors aucun policier n,en profite et c’est une partie de cet argent qui sert à enrichir les profiteurs du système actuel.

Tout cela doit se terminer et on en a marre que cela dure encore. Vive la syndicalisation de la police nationale d’Haïti. Vive le progrès et le développement d’Haïti au profit de tous les haïtiens.

à suivre…

Hermann Cebert



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