L’urgence d’éclater la bourgeoisie d’Haïti: plaidoirie en faveur de la patriotisation du système d’embourgeoisement de Haïti (partie 2)


Il y a cinquante à soixante ans de cela, plusieurs pays qui sont actuellement très développés, étaient des pays très pauvres qui pis est, tous ces pays avaient des bourgeoisies composées des personnes ayant des liens directs avec les anciens pays colonisateurs de ces pays et également des bourgeoisies composées en grande partie par des étrangers ou des personnes issues de l’immigration.

C’est ainsi que des pays comme la Chine qui avaient leur bourgeoisie composée de japonais et d’européens majoritairement, et ces élites économiques de la Chine concentraient la très grande part des richesses de la Chine entre leurs mains. C’était également le cas pour la Corée du Sud dont la bourgeoisie était majoritairement des Japonais et des Chinois.

Enfin, le Québec, l’une des provinces du Canada, était une province très pauvre jusques dans les années 1950-1960 dont la bourgeoisie était composée majoritairement d’anglais, de Juifs, d’américains et d’européens. On disait, à cette époque là, que les québécois étaient faits pour seulement un petit pain. Sur le plan social, les québécois francophones étaient relégués à l’arrière plan pour ne pas dire discriminés dans les emplois sur leur propre territoire et surtout à l’intérieur de leur propre pays. Ce que les haïtiens sont en train de vivre actuellement dans leur propre pays.

Pour travailler, les québécois francophones devaient obligatoirement travailler en anglais sous la commande des anglophones. D’ailleurs, on rapporte même que les québécois francophones nationalistes qui voulaient financer le développement de l’hydroélectricité avaient essuyé plusieurs échecs auprès des grandes banques appartenant aux élites étrangères de cette époque parce que ces dernières ne voulaient rien savoir de ces francophones pourtant vivant dans leur propre pays et voulant le développement de leur pays.

Quels sont les bourgeois haïtiens qui accepteraient de s’impliquer dans le progrès et le développement actuellement d’Haïti, personne et aucun d’entre eux. Ce qui signifie, rien a changé en termes de comportement des élites économiques étrangères dans le monde et ce n’est donc pas aujourd’hui qu’ils vont s’adapter au pays qui les a enrichi.

Par ailleurs, je pourrais en trouver plusieurs autres exemples de pays qui croupissaient dans l’extrême pauvreté il y a à peine cinquante à soixante ans et qui se sont rapidement développés. Cependant, je m’arrête à ces trois pays parce qu’ils caractérisent à eux seuls plusieurs modèles de développement que les pays pauvres actuels peuvent prendre en exemples pour se développer en malgré les différentes contraintes que pourraient leur poser l’ordre mondial actuellement.

Évidemment, de façon générale, tous ces anciens pays pauvres des années cinquante et soixante présentent des similitudes avec les pays pauvres actuels comme Haïti en ce qui concerne les bourgeoisies qu’ils avaient chez eux et qui semblaient bloquer leurs développement et leurs progrès. Ces bourgeoisies ne partageaient pas leurs richesses avec les nationaux de ces pays là. Elles se tenaient entre elles tandis que confinées également à l’intérieur de leurs ghettos complètement barricadés par des cloisons étanches ou des barrières à l’entrées et à la sortie.

C’est la même chose que nous trouvons actuellement en Haïti, une bourgeoisie issue de l’immigration juive, arabe, européenne et américaine qui se détache complètement du reste de la population locale et indigène de Haïti. Il n’y a donc aucun lien entre les membres de cette bourgeoisie et l’ensemble du pays. Pourtant ce sont ces personnes d’origines étrangères qui forment la bourgeoisie nationale du pays. Ils ont tout à leurs dispositions et ils ne font rien pour répartir la richesse entre les citoyens du pays. Ils s’enrichissent sur le dos des haïtiens avec tous les privilèges qu’ils exigent et qu’ils obtiennent très régulièrement  de l’État haïtien.

Or, qui dit absence de liens, absences de proximités avec le reste de la population noire du pays. Dit également, absence de plusieurs services de bases comme l’eau potable, des routes, de l’électricité, des services d’incendie voire également de meilleurs écoles, de meilleurs universités, de la police de proximité et la listes est encore très longue si je devais tout lister comme avantages d’un certain rapprochement de la bourgeoisie avec les masses populaires. Relisez mon texte sur la complicité des américains à la ghettoïsation de l’élite d’Haïti où jai montré clairement l’éloignement et la posture discriminatoire des représentants américains dans le pays.

Malheureusement, plus personne ne comprend cette nécessité de rapprocher la bourgeoisie avec le peuple par ce que personne ne veut offrir des exemples de réussite à la grande majorité du peuple haïtiens. Et, puisque les personnes riches qui constituent la bourgeoisie nationale du pays ne se donnent pas en exemples au reste de la population, alors, le peuple est terriblement isolé géographiquement au sens propre qu’au sens figuré du terme. C’est anormal et à la limite immoral que l’on étrangle autant un peuple qui ne demande qu’un peu d’eau fraîche à boire et un morceau de pain à manger. C’est odieux et horrible!

Entre autre, aucun État ne devait confier ou livrer sa richesse à des étrangers, voire par extension, que ses propres citoyens indigènes puissent devenir minoritaires parmi ses élites économiques et financières. Il ne s’agit pas ici de forcer la nationalisation des biens et de la richesse des étranger ou de la classe possédante comme les régimes communistes le font habituellement, au contraire, je parle de la patriotisation des économies nationales au profit et dans l’intérêt de l’ensemble du pays.

C’est une perspective nouvelle de l’économie actuelle que nous poussons à son maximum découlant de ce que Donald Trump est en train d’imposer chez lui aux États-Unis mais dont il est incapable d’expliciter ou d’exprimer sans faire du tort aux autres et surtout, à ses propres citoyens. Acheter local et manger local. Mais également, ce que je propose ici, c’est des promoteurs indigènes nationaux pour s’enrichir localement dans les affaires. Et, C’est l’État qui doit mettre en place les conditions d’enrichissement de ses indigènes nationaux à travers des politiques et des programmes qui visent à faciliter les jeunes et les nouveaux entrepreneurs indigènes du pays.

Qu’il s’agissent des fonds d’investissement, de la banque nationale ou des mutuels d’assurances, le pays a besoin de mettre à la disposition de ces entrepreneurs indigènes les sommes disponibles pour les aider à faire et à réussir en affaire.

Je me demande encore comment l’ONA a pu prêter plus de 750 millions de dollars à un seul entrepreneur, je veux parler de Boulos, alors que nous savons ce que cette somme aurait pu faire pour des milliers de jeunes entrepreneurs indigènes du pays.

C’était ce que j’attendais plus particulièrement de Jovenel Moïse lorsque je disais qu’il pourrait devenir un bon président pour le pays. Hélas, deux ans plus tard, on est encore très loin de cet idéal de gouvernement et de régime politique responsable car c’est plutôt un régime de malfaiteurs, de criminels et de dealers de drogues qui pille continuellement les fonds publics du pays.

Autrement dit, les citoyens indigènes doivent posséder les richesses nationales tout en étant en plus grand nombre et plus fortunés que ces étrangers qui, de toutes les façons ne deviendront jamais patriotes.

À ce propos, j’ai en tête, Boulos qui, je suppose est encore en train de penser dans quel pays il compte aller finalement vivre avec sa famille en vue de lui assurer la meilleurs sécurité au monde. C’est donc contre ce discours apatride qui a toujours existé au sein de la classe possédante haïtienne mais qui vit toujours dans leurs pensées à l’extérieur du pays.

Nous devons supplanter la bourgeoisie locale nationale étrangère actuelle dans le pays, puisqu’elle se considère ainsi et de la sorte, par une bourgeoisie indigène nationale et patriotique en permettant aux haïtiens de toutes les régions du pays de s’enrichir légalement dans les industries, dans le commerce et dans les services sans quoi, toutes les richesses du pays seront toujours entre les mains des étrangers ceux-là qui ne se considéreront jamais ni haïtiens ni patriotes.

Grâce aux entreprises appartenant aux indigènes du pays et qui ont le sens du patriotisme national peuvent assurer de meilleurs emplois dans le pays et également capables de protéger les intérêts vitaux du pays.

En fait, c’est avec une élite économique et financière indigène que tout pays peut résister aux intérêts colonisateurs étrangers présents sur le sol national. Mais également, c’est une entreprise patriotique, une entreprise appartenant aux indigènes nationaux qui sera encore au pays lorsque des intérêts et des coûts de la main d’œuvre internationale compétitionnent avec ceux et celles du pays même.

Pour le reste, la sous-traitance forcera tôt ou tard certaines délocalisations vers des endroits où les conditions seront toujours plus favorables à l’investissement international et au capital international de façon plus générale.

En d’autres termes,  pour s’assurer d’un développement réel, tout État, tout pays qui se respecte se doit de construire et de protéger une bourgeoisie indigènes qui surpasse de très loin en nombre et en possession toute bourgeoisie étrangère présente sur son territoire.

Cette idée de patriotisme économique consiste à faciliter le peuple indigène à s’enrichir pour devenir majoritaire de la classe possédante et bourgeoise. De telle sorte, que les entreprises puissent non seulement s’identifier au pays mais également appartenir aux indigènes mêmes du pays. Car en fait, c’est par l’entremise de politiques publiques et étatiques que l’État peut faciliter l’enrichissement de ses propres citoyens indigènes dans un esprit de compétition

Par ailleurs, depuis 1989 qui a marqué l’effondrement du bloc de l’Est et de l’influence de la super-puissance Soviétique, toutes les universités et tous les médias se sont alignés sur l’idéologie capitaliste et libérale de l’occident. Et, c’est comme par magie en moins d’une fraction de seconde, que tous les pays du monde se sont mis à penser de façon uniforme et de la même façon.

Personne n’ose critiquer l’économie de marché, ni les dérives interventionnistes des grandes puissances occidentales dans les pays du moyen et du proche orient, en Afrique, en Amérique Latine et dans les Caraïbes au nom de la démocratie libérale et occidentale.

Non plus, plus personne n’ose questionner les retraits de l’État dans le domaine social et les différentes vagues de partenariats public-privé ou l’augmentation des dépenses pour les armements des États car tout se rassemble et tout doit se ressembler.

La critique et l’esprit critique disparaissent dans toutes les universités du monde car tout le monde veut être à la mode de la mondialisation et de la globalisation alors que ces deux mouvements économiques et politiques sont pourtant vieux depuis les grandes croisades occidentales des années 1492.

Entre temps, les bourgeoisies locales des différents pays s’organisent minutieusement entre elles pour contrôler le monde avec tous les supports des grandes bourgeoisies des grandes puissances pour contrôler les marchés locaux des pays pauvres en imposant de fait une misère atroce que tous les pauvres subissent à cause de cette complicité de leurs bourgeoisies nationales.

Ainsi donc, on a les bourgeoisies mondialisées et internationales qui supportent les guerres ailleurs que chez elles en détruisant les infrastructures de tous les pays en voie de développement ou légèrement avancés, les monnaies locales sont dévalorisées à outrance pour être achetées et cachées en attendant les reprises économiques et les reconstructions. C’est le cas pour l’Afghanistan, la Libye, la Syrie, le Yémen, Haïti, le Venezuela, le Congo, le Nicaragua, le Brésil, l’Argentine.

à suivre…

Hermann Cebert

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