L’urgence d’éclater la bourgeoisie d’Haïti: plaidoirie en faveur de la patriotisation du système d’embourgeoisement de Haïti (partie 1)


Mes lecteurs savent habituellement que mes sujets sont d’une portée plus vaste que Haïti même si tout semble se concentrer sur Haïti, il ont dans les faits beaucoup plus d’affinité avec tout ce qui se passe dans le monde et, tout dernièrement, au Québec en particulier, un nouveau gouvernement idéologiquement hybride, c’est-à-dire, mi nationaliste et mi libérale de droite a pris le pouvoir. Ce gouvernement semble prôner un certain nationalisme économique comme approche pour conserver les emplois de très bonnes qualités et les mieux payés dans la province.

Or, compte tenu de la nouvelle réalité économique internationale avec les Etats-Unis et la Chine en tête, ainsi que le jeu des grandes puissances impérialistes avec leurs cortèges d’entreprises multinationales le nationalisme économique qui constituait la vieille approche du communisme pour s’approprier des entreprises privées ne peut plus répondre adéquatement aux exigences des économies actuelles ni non plus aux besoins de la demande en emplois de qualités et bien rémunérés des citoyens.

En comparaison à Haïti, nous ferons ressortir ce changement nécessaire de paradigme économique tout en montrant la nécessité pour les indigènes haïtiens d’être maitres de leurs richesses et de leurs économie mais surtout on optant pour une économie plus forte et capable de générer des meilleurs emplois de qualité et mieux payés pour le jeunes haïtiens. Et, puisque l’économie que nous analysons est un tout, nous jetterons un regard croisé sur le nationalisme aveugle de l’impérialiste américain de Donald Trump.

Ceci dit, pour commencer l’article, disons sincèrement et surtout sans détour, que nous devons appeler un chien un chien, et un chat un chat. Car, nous devons être assez honnêtes avec nous-mêmes en pointant du doigt le véritable mal haïtien afin de pousser tout un chacun à prendre conscience de ce qui doit être fait et comment y parvenir.

En effet, même si nous titrons notre texte d’urgence, nous aurions dû le titrer l’extrême urgence étant donné que nous sommes à ce point culminant de la déchéance autoritaire et du misérabilisme sans vergogne de l’ensemble des élites haïtiennes.  La situation est tellement critique, au point où nous pouvons nous demander, s’il ne s’agit pas actuellement de l’exécution d’un plan de solution finale ou de l’anéantissement purement et simplement des masses populaires d’Haïti. L’holocauste des haïtiens.

Évidemment, vous me diriez, que Haïti n’est pas le seul pays où les autorités et les élites ne s’harmonisent pas avec le reste de la population. Et, l’histoire moderne et très actuelle de plusieurs pays qui ont connu ces situations d’extrêmes pauvretés peuvent très bien nous servir d’exemples afin de changer ce destin misérabiliste du peuple haïtien. De ce point de vue, je vous donnerais sans hésiter raison, néanmoins,  rien ne changerait à l’idée de l’extrême urgence de faire éclater le système d’embourgeoisement qui existe depuis trop longtemps déjà en Haïti.

Autrement dit, les pays anciennement pauvres qui ont connu la déchéance de leurs élites, dont les élites économiques étaient constituées d’étrangers, se sont réappropriés de leurs économies en élargissant leurs élites économiques indigènes. Ce, en patriotisant leurs propres économies en vue d’assurer le développement de leurs pays.

Voilà en quelque sorte ce qui doit être notre action nationale pour pouvoir bien répartir la richesse dans la société haïtienne, c’est-à-dire, procéder à la patriotisation de l’économie nationale en patriotisant le système de l’enrichissement même du pays.

Il s’agit donc d’une nouvelle vision, d’une nouvelle approche d’enrichissement et de répartition des richesses dans le pays. Et, cette vision ou cette nouvelle approche doit se tourner vers les citoyens indigènes du pays exige des autorités la mise en place en place de nouvelles institutions, des mécanismes, et une véritable volonté de rendre Haïti vivable pour tous les haïtiens car, ce pays offrirait plus d’espoirs et plus de débouchés pour tout un chacun.

Cette démarche, est en quelque sorte ce que les haïtiens ont vraiment besoin actuellement qui, contrairement à une stratégie de nationalisation de plusieurs pans de l’économie du pays détenus par des étrangers-haïtiens qui constituent la bourgeoisie nationale haïtienne, serait conforme aux nouveaux développements qui se réalisent actuellement dans les sociétés occidentales.

Or, les élites nationales haïtiennes actuelles ne se soucient guère des besoins et des urgences dans les différents secteurs de l’économie d’Haïti. Elles choisissent d’être toujours en retard par rapport au reste du monde. Pour cela, tout le monde connaît le résultat que nous avons actuellement dans le pays.

Vous diriez, sans nul doute, par ailleurs, qu’il s’agit d’une certaine contradiction d’évoquer des étrangers-haïtiens quand vient le temps de parler d’une économie nationale selon une approche plus patriotique. En effet, c’est justement cette contradiction qui prévaut au sein de la société haïtienne mais, que personne s’ose dénoncer par peur de se faire taxer de racistes.

Nous ne savons plus quoi dire, élite économique nationale ou élite étrangère de l’économie nationale. Néanmoins, nous savons très certainement que cette élite économique n’est ni nationale ni patriotique, c’est donc à cause de cela que nous devons construire une nouvelle élite économique nationale et indigène nationale assez large pour supplanter cette élite actuelle.

Dans les faits et dans la réalité même de ce pays, il y a toujours un racisme économique et financier qu’exerce une minorité de citoyens haïtiens d’origines étrangères contre la grande majorité des haïtiens. Il s’agit donc, d’une classe économique, financière et d’affaire, blanche, arabe, juive et euro-caucasienne qui discrimine le reste de la majorité des citoyens haïtiens à l’intérieur de leur propre pays, par leur ghettoïsation dans les hauteurs de Pétion-ville.

De plus, leurs modèles économiques des affaires sont tournés fondamentalement vers la sous-traitance et n’apportent que des emplois à très faibles valeurs ajoutées et de piètres qualités. Le parc industriel sur la route de l’aéroport ainsi que le parc de Caracol à Hinche Ce sont des emplois qui ne garantiront jamais le développement et le progrès du pays dans l’ensemble.

Voilà pourquoi, il est plus qu’urgent pour le pays de se défaire de cette vision apatride de l’économie nationale du pays  par cette élite nationale-étrangère qui ne travaille pas pour le bonheur de tous les haïtiens.

Il nous faut donc des entreprises haïtiennes créées et dirigées pas des haïtiens indigènes du pays. Et ce sont ces haïtiens indigènes qui resteront toujours haïtiens et qui se préoccuperont de leurs pays et de leurs frères haïtiens. Car, ce ne sont pas les grandes multinationales avec leurs modèles de sous-traitance qui viendront améliorer notre sort voire, assurer notre propre développement.

On a qu’à se rappeler et voir également le plan de bill Clinton dans le plateau central le Caracol et parc industriel la Sonapi, pour comprendre les limites du modèle économique de développement par les sous-traitances. Rien de sérieux, si ce n’est que l’exploitation double des richesses du pays par les hommes et femmes d’affaires issues de l’étranger.

D’un côté, les firmes et les compagnies étrangères bénéficient d’une main d’oeuvre servile mal payée et de l’autre, les avantages, douaniers, les infrastructures mises en place par l’État haïtien ainsi que des concessions pour des dizaines  d’années d’exploitation en font de Haïti, le pays le plus salement exploité dans le monde puisque, et les dirigeants du pays et, les hommes d’affaires du pays ne négocient jamais en faveur du reste de la population appauvrie du pays.

On n’a qu’à penser aux divers problèmes liés aux augmentations légales du salaire minimum dans le pays pour comprendre le  modèle de la sous-traitance qui est en place dans le pays. C’est de la crasse, de la misère et de la pauvreté. Et comme à l’habitude, après cinq dix ans, ces compagnies quittent le pays ou du moins, elles changent de noms pour pouvoir renouveler leurs avantages gouvernementaux. Ainsi de suite, l’exploitation sans fin.

D’ailleurs, devant la stratégie des grandes firmes multinationales qui détruisent certaines grandes entreprises nationales par leurs achats et leurs démantèlement par la suite pour ouvrir certains marchés pour d’autres compagnies dans lesquelles elles ont des intérêts, seule  la patriotisation de l’économie devient salutaire à la fois pour les pays de moyennes puissances que pour les petites économies comme Haïti. Au Canada on a vu GM qui s’est fait financé par les gouvernements du canada soit plus de 10 milliards de dollars, ce qui les a sauvé en passant, pour annoncer dernièrement leur fermeture en mettant à pieds les employés.

Évidemment, contrairement à ceux qui croient aujourd’hui encore que ce sont les gouvernements, les fonds d’investissement locaux qui doivent acheter ou investir dans les compagnies multinationales afin de protéger les intérêts nationaux, nous proposons la patriotisation comme la solution du moyen et du long terme. Toutes les autres solutions risquent de nuire sans oublier, le dilemme de l’omniprésence d’un État central dans les affaires et dans la sphère privée des affaires d’une économie libérale et capitaliste.

Une entreprise patriotique pour une économie patriotique est garante d’emplois de qualités ainsi que des emplois bien rémunérés, mais également, elle est aussi garante de garder sur le sol national les directions générales des entreprises, un rythme que les économies actuelles ne peuvent plus contrôler face aux grandes firmes multinationales qui transforment tout à leurs intérêts.

Par conséquent, il est évident qu’en dépit de cette nouvelle offre de proposition que j’entends formuler à travers ce texte, de ne compter que sur nous-mêmes et personne d’autre. D’ailleurs, quels dirigeants actuels qui voudraient prendre ce grand pari avec moi pour offrir des solutions innovantes à ce grand pays que nous chérissons plus que tout.

Malgré tout, comme je le fais habituellement, je m’engage à poursuivre cette construction théorique, un peu comme une bouteille lancée à la mer, qui, je l’espère un jour, atteindra des dirigeants haïtiens, nouveaux genres d’haïtiens bien entendu, qui auront d’abord et avant tout, les seuls intérêts du pays et du peuple haïtien à cœur.

à suivre….

Hermann Cebert

 



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