Visite de Jovenel Moïse à Montréal: Entre propagande, médiocrité et trahison ( partie 1)


Le philosophe éveillé

Vous étiez sans nul doute au courant de la visite du président de Haïti, monsieur Jovenel Moïse et de sa femme Martine. Également, je suppose que vous aviez suivi en direct ou non les reportages concernant cette visite où le président était l’invité également du sommet G7+1+1 qui se tenait à Charlevoix, une région de la province du Québec.

De ce fait, une certaine presse haïtienne de la diaspora haïtienne de Montréal vous a montré tout le déroulement de cette visite du couple présidentiel haïtien et où le président et sa femme semblaient être accueillis par des membres de la communauté haïtienne de Montréal avec ferveur et enthousiasme.

De même, je suppose que vous aviez vu sur tous les écrans de télévisions présentes à la rencontre qui s’est déroulée au local de la Perle Retrouvée entre le président et quelques membres de la diaspora haïtienne de Montréal applaudir sans cesse le président Jovenel Moïse cela, de son arrivée jusqu’à la fin de la soirée.

Malheureusement, si vous êtes quelqu’un à croire tout ce la presse partisane, corrompue et toujours prête à vous offrir comme information, évidemment de piètre qualité et dépourvue de bonnes analyses, je vous invite dès maintenant à arrêter votre lecture de mon texte car, en tant que témoin de cette rencontre du couple présidentiel Jovenel Moïse et de sa femme Martine, au local de la Perle Retrouvée, vous risquez d’être très déçu puisque ce que je compte vous offrir avec ce texte c’est une toute autre chose.

En effet, comme nous le dirait très bien Maurice Sixto dans son chef d’œuvre, J’ai vengé la Race, nous avions attendu plus d’une bonne heure d’horloge, sauf que dans le cas de notre attente à l’arrivée du président et de sa femme, c’était plus de trois heures d’attente avant que le président et sa femme arrivent enfin dans cette salle de la Perle retrouvée qui était remplie d’à peu près de cent cinquante à deux cents personnes sur deux niveaux d’étages où il faisait très chaud tandis que de temps en temps, tombaient sur nous quelques morceaux de peintures qui se décollaient du plafond.

C’est ainsi et dans ces conditions, après cette très longue période d’attente dans la salle, le président et sa femme sont arrivés avec un peu d’applaudissement pour la famille présidentielle puis, ce sont les hymnes nationaux du Canada dont je n’ai vraiment pas compris l’utilité en cette circonstance puisqu’il n’y avait pas d’officiels canadiens présents, ensuite l’hymne présidentiel d’Haïti qui n’était pas important non plus, et enfin l’hymne national des Haïtiens, la Dessalinienne que le public a applaudi avec grande fierté et qui aurait dû être le seul hymne a être chanté ce jour-là puisqu’il s’agissait d’une rencontre entre le président de Haïti et quelques membres de la communauté haïtienne de Montréal.

Pour commencer cette rencontre, c’était le pasteur Jean Fils-Aimé, un animateur et analyste de la radio Cpam, d’une certaine station de radio qui se veut être la radio de la communauté haïtienne de Montréal.

En effet,  l’animateur-présentateur ou modérateur, puisque Jean Fils-Aimé n’a été en fait ni l’un ni l’autre, se voulant comique ou humoriste a fait une allocution de présentation en soulignant surtout qu’il aurait préféré accueillir le couple présidentiel d’Haïti avec un beau tapis blanc, dans un froid glacial, histoire pour leur dire qu’ils étaient les bienvenus à Montréal.

Malheureusement, même au moment où j’écris ce texte, je n’ai toujours pas compris la blague si c’en était une. Évidemment, après la présentation du modérateur qui n’en était pas un compte tenu qu’il avait préféré remettre le contrôle du débat au propagandiste de la circonstance, monsieur Daniel Joseph, un personnage coloré de bouts de discours flous et généraliste ainsi qu’au pouvoir souverain du président comme il s’est contenté de le dire.

En d’autres termes, ce qui s’est passé, Jean Fils-Aimé n’a pas accepté de jouer son vrai rôle de modérateur, lui qui paraissait mieux comprendre les tendances de la diaspora haïtienne de Montréal et du Canada dans son ensemble. Naturellement, c’était normal si c’est quelqu’un qui cherche à se mettre les pieds dans le pouvoir de Jovenel Moïse. Néanmoins, il a raté une belle occasion de diriger un débat selon les préoccupations véritables des quelques membres de la diaspora haïtienne qui étaient présentes.

Permettez moi donc mes chers lecteurs de vous dire il y avait le même nombre de personnes habituellement présentes à ces débats et à ces rencontres contrairement à ce que vous aviez pu lire ou voir dans les médias et selon ceux qui étaient présents à cette rencontre. Tout le monde se connait dans la communauté haïtienne de Montréal, et il y a environ 70 à 80 personnes qui s’impliquent et qui assistent régulièrement à ces rencontres. La seule différence, la machine propagandiste du régime de Jovenel Moïse avait fait venir tous les employés des ambassades et des consulats du pays à cette rencontre et qui étaient tous costumés comme Monsieur Paon.

D’ailleurs, ils étaient donc des VIP à cette rencontre qui se voulait être avec la diaspora haïtienne de Montréal. Et la manière qu’ils se sont montrés présents à cette rencontre, c’était par les applaudissements continuels même pour des mauvaises raisons. Ainsi, à chaque phrase et puisqu’ils sont très bien entraînés, et inévitablement pour bien se montrer, ils applaudissaient sans cesse le président. C’était donc la véritable raison que certains médias pouvaient rapporter que le président Jovenel Moïse était bien accueilli à Montréal.

Ce genre de «Public J’approuve» est ce qui cause beaucoup de problèmes à l’avancement du pays car, ce public composé de fonctionnaires toujours prêts à donner Ô chant à nos dirigeants poussent les dirigeants du pays à mal évaluer leur popularité et leurs pouvoirs d’action par conséquent ils retardent le pays dans son évolution.

D’ailleurs, le président lui même s’était rendu compte à quel niveau qu’il était en présence de plusieurs fonctionnaires lorsque ces «J’approuve» avaient applaudi pour les toilettes modernes pour les personnes qui dormaient dans les grottes après les tempêtes qui avaient ravagés le Grand Sud et les régions de Jérémie. Ils avaient applaudi pour les toilettes et non pour le droit de tout haïtien de vivre décemment.

Ce sont des droits de tous les peuples. Pourquoi se contenter du minimum alors que l’on peut exiger plus. En parlant d’exiger plus, s’il n’y avait pas autant de corruption de ce gouvernement, je pense surtout au fonds Petro Caribe que les petits amis du régimes dont Joseph Michel Martelly et compagnie ont pillé généreusement et dont, le président Joivenel Moïse a refusé de traîner par devant la Justice, il y aurait plus d’argent pour faire plus pour les populations du pays.

Je dois me rappeler également les sommes astronomiques que le gouvernement ainsi que le régime dans son ensemble continue d’offrir aux sénateurs, aux députés qui, malgré qu’ils reçoivent déjà un salaire, à chacune des fêtes champêtres du pays. Ces sommes d’argent auraient pu contribuer à créer beaucoup d’emplois pour les jeunes du pays. Je reviendrai sur ce point dans un autre article qui traitera le nombre d’emplois que ce gouvernement a créé ou compte créer dans le pays. je suppose qu’il n’y a aucune statistique à ce sujet.

Autrement, dit, à cause de tous les fonctionnaires présents à cette rencontre avec le couple présidentiel qui n’a duré en fait une quinzaine de minutes puisque les trente premières minutes étaient consacrées au visionnement d’un documentaire de propagande du pouvoir montrant toutes les routes que les autres  régimes précédents avaient commencé un peu partout dans le pays.

Je reviendrai sur cet aspect avec vous dans un autre texte car, il révèle, ce documentaire, plusieurs faiblesses du gouvernement. Malgré tout,  le président Jovenel lui-même nous a donné une très bonne indication sur ses manques de préparations pour pouvoir devenir dirigeant du pays. Il dit clairement, «je voulais faire un programme pour construire des logements sociaux, mais je ne savais même pas qu’il y avait un organisme dédié à cet effet, je veux parler de EPPLS» fin de citation.

Par ailleurs, il faut retenir pendant qu’il y avait beaucoup de chouquettes larousés (choukèt lawouze) qui s’étaient constipés en vestes et cravates pour aller rencontrer le président et sa femme, plusieurs citoyens haïtiens de la diaspora haïtienne de Montréal étaient interdis de rencontrer et d’assister à cette rencontre parce qu’ils portaient des pancartes réclamant le dollar cinquante (1,50$ sur les transferts d’argent vers Haïti  de la diaspora haïtienne et il y en avait également qui réclamaient l’argent de Pétro Caribe et le jugement de Jovenel Moïse. Si on les avait laissé participer cela aurait pu donner un débat plus animé mais les fonctionnaires et les propagandiste du régime occupaient toutes les places et ce eux qui ont pu poser des questions au président.

à suivre…

Hermann Cebert

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