Les étudiants de l’Université d’État d’Haïti (UEH): crise, violence, réforme, changements?


Les étudiants de l’Université d’État d’Haïti (UEH) organiseront, vendredi 24 juin, une marche pacifique à travers les rues de Port-au-Prince en vue de réclamer des élections par suffrage universel au sein de l’Université. L’École normale supérieure (ENS) et la faculté des sciences humaines sont les principaux points de rassemblement dans le cadre de cette marche.

À part la question des élections au suffrage universel, les étudiants informent qu’ils vont marcher pour d’autres besoins primaires qu’ils ne cessent de revendiquer depuis longtemps. Bibliothèques bien équipées, dortoir, moyens de transport, restaurant universitaire, laboratoires modernes, service de photocopie, assurance maladie, stage, etc., autant de problèmes qui, selon les initiateurs de ce mouvement, sont, entre autres, les raisons qui les motivent à fouler le macadam pour une énième fois et réclamer de meilleures conditions de vie et d’études.

Ces étudiants s’en prennent aux représentants des entités de l’UEH auprès du conseil de l’Université (CUEH) qui d’après eux, une fois arrivés au conseil, n’exécutent pas à la lettre les indications reçues de la majorité des étudiants qu’ils représentent. Pour mettre fin au doute et à la corruption lors des élections pour le renouvellement du Conseil exécutif (CE) de l’université, ces étudiants préconisent le vote par suffrage universel où chacun d’entre eux qu’il s’agisse d’étudiant, professeur ou personnel aura à choisir le candidat qu’il juge capable de répondre aux différents besoins de l’université.

La crise électorale persiste…

Très contesté par une frange de l’UEH, le conseil fraichement élu est toujours en attente d’installation. Malgré les promesses faites en ce sens, les étudiants protestataires ne veulent jusqu’à date libérer les espaces de la direction des études post-graduées (DEP) et du rectorat de l’UEH (RUEH). L’Université est toujours en proie aux vagues de soulèvements spontanés. Ce qui occasionne à chaque fois le ralentissement du rythme des cours. Actuellement, les étudiants de la faculté d’Ethnologie (FE) sont en train de pressurer les responsables pour la tenue normale de la 2e session de l’année académique qu’ils risquent de perdre.

Malgré tout, le recteur élu lors des dernières élections garde l’espoir qu’on peut retourner à la normale. Fritz Deshommes affirme qu’il n’est pas impossible de redresser la situation. Avec l’organisation des États généraux de l’UEH où deux documents fondamentaux, à savoir, le plan stratégique de l’UEH /horizon 2020 et l’avant-projet de loi organique de l’UEH, seront à l’ordre du jour, le nouveau recteur compte apporter une solution à cette crise vieille de plusieurs années.

Par contre, les étudiants, professeurs et dirigeants qui se réclament de l’opposition ne cessent de réclamer l’annulation des élections tenues le 17 mai dernier. Ces élections, selon l’un des membres de la cellule de réflexion pour une nouvelle UEH (CRNU), Samuel Regulus, n’ont pas respecté les normes de la charte de l’UEH. Quelques jours de cela, les responsables du CRNU ont adressé une lettre au conseil de l’Université afin de le forcer à retourner sur sa décision de placer M. Deshommes à la tête de l’université.

Un cabinet d’avocats est déjà saisi de l’affaire, informe M. Regulus. Le professeur qui affirme que la cellule est toujours ouverte au dialogue a également fait remarquer que la CRNU est en pourparlers avec la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA), l’Office de protection du citoyen (OPC) ainsi que le ministère de l’Économie et des Finances (MEF) en vue de barrer la route à tout prix à ces individus qui veulent prendre l’UEH en otage.

Evens REGIS

eregis@lenational.ht

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