Comment comprendre la violence exercée par le gouvernement de Jovenel Moïse dans le cadre de la grève des ouvriers de la Sonapi


Vous avez sûrement entendu comme moi les déclarations incendiaires du président Jovenel Moïse et du ministre des affaires sociales qui accusent tous les travailleurs du Parc Industriel Sonapi: Société National du Parc Industriel, d’être des manipulés tout simplement parce ces travailleurs décident de défendre leurs droits.

Comment ce gouvernement peut faire croire que ces pauvres gens soient manipulés alors que ce sont les conditions de vie de ces travailleurs qui doivent changer. Les travailleurs veulent pouvoir vivre dans un pays où les riches préfèrent jeter à la rivière du riz qu’ils ont préféré garder pourrir dans leurs entrepôts au lieu de le vendre à des prix raisonnables au peuple haïtien.

Les travailleurs demandent un salaire décent qui pourra les aider à résister contre la folie et la faim mais tout le monde sait ce que ces travailleurs réclament actuellement comme salaire est déjà en deçà de ce qu’il leur faut pour vivre dans un pays où tous les prix sont calculés au taux de change du dollar américain et les produits que ces travailleurs fabriquent seront vendus en dollars américain. De même, les contrats signés entre les hommes d’affaires haïtiens et les compagnies étrangères sont faits en dollars américains également.

Autrement dit, le patronat haïtien négocie en dollars américain sur le dos des travailleurs haïtiens, ils les vendent leurs produits en dollars américains conservent les bénéfices en dollars américains tandis que ce même patronat paye les travailleurs haïtiens en gourdes. C’est donc un système mafieux que le président Jovenel Moïse et son ministre des affaires sociales défendent actuellement contre les travailleurs haïtiens.

Pour bien comprendre la réalité dans laquelle vivent les pauvres travailleurs haïtiens je dois expliquer ce qui se trouve dans l’assiette du travailleur haïtien. En effet, actuellement, le travailleur haïtien gagne 300.00 gourdes pour sa journée de 8 heures à 10 heures de travail.

Ce qui signifie, avec 1.00$ américain= 14.00 gourdes haïtiennes alors, on a en dollar américain, le travailleur haïtien gagne 300.00/14.00 soit 20.00$ américains pour toute sa journée allant de 8 heures à 10 heures de temps de travail.

Or, il faut surtout comprendre à ce que quelqu’un peut faire avec seulement 20.00$ américains pour un total de 100.00$ par semaine juste avant les charges fiscales.

On va enlever à ce cent dollars gagnés par le travailleur 25 à 35% de telle sorte qu’il ne lui restera que 65.00$ pour payer toutes ces dépenses, dont le transport aller et retour, son manger de subsistance pour la journée, le lavage de ses vêtements, son loyer.

Toute personne ayant juste un peu de conscience, peut prendre un peu de temps pour réfléchir dans quelle conditions difficiles vivent les travailleurs haïtiens et surtout le salaire de misère que les hommes d’affaires haïtiens offrent à ces travailleurs.

Ainsi lorsque j’entends le Président Jovenel Moïse ou son ministre des affaires sociales accusent les travailleurs haïtiens d’être manipulés par je ne sais qui, cela traduit une violence extrême des membres de ce gouvernement à maintenir le peuple dans l’ignorance et dans la crasse.

Par ailleurs, lorsque c’est ce même gouvernement qui vient juste d’augmenter le prix de l’essence dans le pays causant une nette augmentation du coût du transport pour ces pauvres travailleurs, je trouve regrettable que ce peuple n’arrive pas encore à comprendre la nécessité de se révolter contre son exploitation et l’arrogance des lèches-culs comme les membres de ce gouvernement.

Qu’est-ce que le travailleur haïtien peut faire avec un salaire de 20.00$ américains ou de 300.00 gourdes en monnaie haïtienne? Même si ma réponse est rien, mais je suis obligé d’offrir plus de détails à mes lecteurs sur ce que 300.00 gourdes permettent de faire actuellement en Haïti.

En fait j’aurais bien aimé vous donner les prix des produits de premières nécessités mais depuis que j’avais publié un texte pour faire la démonstration du système d’exploitation de la bourgeoisie haïtienne dans le pays mais depuis, ils ont fermé  cette section.

Malgré tout ce que vous devez savoir pour comprendre cette misère atroce dans laquelle vit le peuple haïtien et plus particulièrement les travailleurs haïtiens c’est qu’actuellement ça coûte plus de 25 gourdes pour un travailleur de se payer une tasse de café le matin avant d’aller travailler; ça lui coûte plus entre 100.00 gourdes et 150.00 gourdes pour un petit plat de riz, de la sauce, un peu de viande et quelques morceaux de vivre alimentaires comme la banane, la patate ou l’igname et entre 75.00 gourdes et 100.00 gourdes pour un jus d’orange ou de l’arbre véritable mélangé avec du lait.

Pour y arriver à s’en sortir, le travailleur haïtien va se permettre de ne pas manger convenablement, il mangera un morceau de pain, et boira un peu d’eau dans un petit sachet qui lui coûte déjà 5.00 gourdes. C’est ainsi qu’il passera sa journée sans bien manger pour pouvoir arriver à payer le loyer, donner à manger à ses enfants et payer les frais scolaires de leurs enfants qui coûtent très chers.

À partir de cette réalité de ce que le travailleur haïtien dispose pour manger par jour vous constatez donc ce que le travailleur haïtien fait comme sacrifice pour se maintenir en vie en acceptant de travailler pour des salaires infra-humains. C’est donc très juste sa cause lorsqu’il décide de réclamer des augmentations puisque les hommes d’affaires haïtiens eux, ont déjà négocié des augmentations mais qu’ils ne partagent pas avec les travailleurs.

Voilà pourquoi, on dit des hommes d’affaires haïtiens qu’ils sont pire que les anciens maîtres d’esclaves. Ils ne partagent rien avec le peuple. Ils confisquent toutes les richesses du pays en exploitant servilement les pauvres travailleurs. En un mois d’exploitation d’une usine manufacturière, l’homme d’affaire haïtien est déjà riche pour le restant de ses jours.

Alors que dire lorsque cela fait plus de 12 mois, 20 ans que cet homme d’affaires exploite son entreprise? C’est ça la réalité et les conditions dans lesquelles vivent actuellement les travailleurs haïtiens.

Et actuellement selon la proposition du gouvernement de Jovenel Moïse, l’État serait prêt à mettre le transport à moitié prix pour les travailleurs, subventionner les repas du midi pour le travailleur en lui enlevant sa liberté pour qu’il devienne dépendant du gouvernement.

Cette proposition du gouvernement ne peut pas tenir la route et les travailleurs doivent exiger de véritables augmentations de leurs salaires soit les 800.00 gourdes qu’ils réclament actuellement. Ce n’est pourtant  et même pas assez pour vivre avec le taux de l’inflation et plus particulièrement avec les accumulations subséquentes de retards dans les augmentations de salaires dans le pays mais ça pourrait absorber une part des charges que supportent les travailleurs.

Les travailleurs haïtiens veulent gagner leurs salaires et pour pouvoir les utiliser comme ils veulent et non un faux gouvernement communiste qui gère pour eux leurs salaires. depuis l’effondrement du bloc de l’Est en 1989, le monde n’est plus communiste pour les américains et les bourgeois haïtiens comment se fait-il que ce soit maintenant  qu’ils commencent à supporter le communiste pacotille de Jovenel Moïse dans le cadre de son projet d’exploitation des pauvres travailleurs haïtiens.

En fait, il s’agit là d’une fausse solution qui est une solution communiste mais, nous savons très bien que cette solution est plutôt pseudo-communiste puisqu’il s’agit de mesures qui peuvent être abandonnées facilement et dès qu’un autre gouvernement remplace celui-ci.

Et puis, depuis quand les hommes d’affaires haïtiens étaient devenus des communistes pour accepter ce genre de mesures sociales? Le gouvernement est en train de mentir et c’est Jovenel Moïse lui-même qui s’oppose aux intérêts des masses populaires et travailleuses. Où se trouve le programme ti manman chérie de Joseph Michel Martelly? Où se trouve cet argent prélevé sur les haïtiens de la diaspora?

Si le crapaud était une très bonne viande ce n’était pas derrière les canaries qu’il se laisserait attraper. Actuellement, la CAS, la caisse d’assistance sociale est une véritable vache à lait où touts les membres du gouvernement y vont pour remplir leurs poches y compris les proches du président. D’ailleurs les 1500.00 gourdes destinées aux personnes âgées sont volés à chaque mois par des proches des ministres et du président Jovenel Moïse.

à suivre…

lisez ce constat d’une commission sur les coûts des produits de premières nécessités en Haïti.

Hermann Cebert

 

 

 

Référence:

Le gouvernement envisage des mesures pour lutter face à la cherté de la vie

La Commission de stabilisation des prix, cet organisme créé le 14 septembre dernier par le Gouvernement en vue d’apporter une réponse a la cherté de la vie, a effectué son premier travail et s’apprête à le proposer au premier ministre, lors du prochain conseil de gouvernement.

En effet, moins d’un mois après sa création, la commission a élaboré un plan de lutte contre la hausse des prix de certains produits alimentaires de base.

Ce plan, articulé en six grandes mesures, après une éventuelle adoption par le gouvernement, sera acheminé au chef de l’Etat pour application.

La première mesure veut que l’Etat s’implique directement dans l’importation de 5 produits de base, notamment le riz, le mais, la farine, l’huile de cuisine et le haricot. Ce qui permettra aux autorités étatiques, selon la commission, de lutter contre la spéculation et s’assurer que les prix de vente aux consommateurs soient respectés.

La deuxième mesure met l’accent sur la constitution d’un stock stratégique de produits alimentaires, afin d’éviter des pénuries sur le marché, lié à des difficultés temporaires d’approvisionnement tant sur les marchés extérieur que locaux.

La troisième et la quatrième font Obligation aux importateurs, d’acheter 10 à 15% de leur stock de denrées alimentaires auprès des producteurs locaux et du même coup, il est demandé aux autorités d’établir un contrôles plus strict aux frontières afin de lutter contre la contrebande de produits alimentaires importés par Haïti, qui se retrouve en partie, revendu sur le marché dominicain.

La mise en place de structures locales d’achat des produits agricoles ainsi que d’un système de transport maritime côtier, visant à réduire les coûts de transport et contribuer à la stabilisation des prix, voila ce qui fait l’essentiel des deux autres mesures.

Il est a rappeler que la commission de stabilisation des prix est composée de représentants de la Primature, du Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI), du Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR), du Conseil de Développement Économique et Social (CDES), et de la Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA).

G A / Radio Métropole Haïti

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