Comment expliquer les difficultés du régime de Jovenel Moïse à se démarrer avec ses grands projets: l’absence de fonds publics et l’amateurisme de certains ministres et du premier Ministre Jacques Guy Lafontant


Tout indique actuellement comment le régime de Jovenel Moïse éprouve de grandes difficultés à établir la confiance de la population haïtienne en matière de création de transport, d’électricité, de logements sociaux, de programmes de revenus pour les familles monoparentales, en matière d’emplois pour les jeunes, en matière d’agriculture et de la production agricole et surtout, sans oublier, le démarrage des projets d’infrastructure tels que promis par le président lui-même que par le Premier Ministre dans sa politique générale.

Évidemment, malgré mes propositions en matière de création d’emplois pour les jeunes et plus spécifiquement en ce qui concerne mon approche d’enrichissement des jeunes, du renouvellement et de la reconstruction de la classe moyenne nationale par l’implication des jeunes dans le développement des affaires et de l’entreprise privée, personne ne semble prêter une attention particulière à ces propositions gratuites.

Par ailleurs, sur ce blogue, j’ai déjà publié de nombreux articles sur le financement de l’économie nationale par la création de plusieurs instruments financiers à partir des institutions existantes et également par la création de toutes nouvelles. Malheureusement, là encore, le gouvernement et les conseillers du gouvernement ne tiennent pas compte de mes recommandations et surtout, la recherche des moyens financiers pour financer les grands projets de développement se semblent pas préoccuper ces nouveaux dirigeants du pays.

D’ailleurs, on peut clairement constater comment il est difficile pour le gouvernement d’arriver à résoudre certains problèmes d’abord avec les partisans et les sympathisants du PHTK avec les diverses manifestations que ces derniers organisent devant le ministère de la Primature et ensuite avec plusieurs fonctionnaires et auxiliaires de l’État qui comptabilisent plusieurs mois de salaires impayés et dont certains n’ont toujours aucun statut d’employés réguliers de l’État.

Ainsi donc, pour un gouvernment et un régime qui se disait par la voix du président de la république lui-même qui promettait d’être au service de la population dès son entrée en fonction jusqu’à sa dernière journée au pouvoir, nous pouvons dire, que ces promesses sont loin d’être respectées par le président et son gouvernement dans son ensemble.

Bien entendu, on devait s’attendre à ces difficultés si l’on devait tenir compte de plusieurs facteurs liés à la gestion du pouvoir et plus particulièrement à la pratique de la gestion du pouvoir et des priorités de tout gouvernement qui se dit responsable et soucieux des intérêts nationaux.

En effet, parmi ces facteurs on pourrait noter l’absence de leadership au sein de l’appareil gouvernemental à savoir le manque de pouvoir des anciens ministres reconduits dans le nouveau gouvernement. Pour cela, il semblerait que certains anciens ministres n’aient pas vraiment ou assez de pouvoir au sein du gouvernement malgré leurs dernières expériences au sein du gouvernement de Enex Charles- Jocelerme Privert. Pourtant tout le monde s’attendait à ce que ces anciens ministres aient plus de pouvoir au sein de ce nouveau gouvernement.

Le deuxième facteur c’est l’absence d’anciens ministres du régime de Joseph Martelly dans le gouvernement de Jovenel Moïse c’est-à–dire, des ministres qui auraient pu inspirer confiance à la bourgeoisie traditionnelle et qui a été proche du pouvoir de Martelly.

C’est ainsi de mon côté, je m’attendais très sérieusement à la présence de madame Stéphanie Balmir qui faisait un très bon travail au sein du ministère du tourisme et pour avoir revitalisé le secteur touristique du pays avec plus d’un million de visiteurs dans le pays. Le président et le premier ministre auraient dû revenir avec cette belle femme compétente.

Il y a également l’ancien ministre Pierre Richard Casimir qui avait surtout donné un très bon souffle à la diplomatie du pays en tant que ministre des affaires étrangères. Un ancien ministre comme Pierre Richard Casimir qui a de très bonnes amitiés au niveau international dont le Canada et surtout, parce que c’est quelqu’un qui connait les rouages de plusieurs secteurs d’affaires dans le pays. Malheureusement ces deux anciens ministres n’ont pas été retenu ni par le président ni par le premier ministre actuel.

Entre autre, je me demande si c’est pas là la principale cause du froid qu’il semble exister entre l’ancienne équipe de Martelly et l’actuel président du pays.

D’autant plus, avec la menace de la naissance d’une guérilla urbaine qui se développe actuellement dans le pays, où dans un premier temps on a vu une tentative assassinat sur l’ex président jean-Bertrand Aristide en plein cœur de Port-au-Prince, lors de son audition au parquet de Port-au-Prince et, dans un deuxième temps, la semaine dernière où le cortège du président avait été également attaqué par des groupes armées dans la zone des acadins.

Qu’est-ce qui s’en vient pour ce gouvernement comme crises majeures dans le pays pour les jours qui viennent? Personne ne peut nous donner des réponses satisfaisantes à ce sujet puisque les caisses de l’État sont terriblement vides et il n’y a aucune politique mise en place pour générer des fonds neufs, de l’argent neuf pour répondre aux obligations de l’État ni non plus en ce qui concerne les dépenses nouvelles.

Bref, au niveau international, la situation d’incertitude que nous amené Donald Trump, force plusieurs pays à reconsidérer leurs aides internationales. Et, malgré toutes les promesses du gouvernement de faire des ouvertures sur la diaspora haïtienne en vue de pousser la diaspora haïtienne à constituer de vraies entreprises de financement, aucune démarche n’est encore faite en ce sens.

Du point de vue agriculture, ce sont plusieurs catastrophes qui nous attendent en me basant sur le dernier bilan du dernier ministre de l’agriculture, le jeune Arnoux Séverin lorsqu’il nous disait qu’il y avait plusieurs maladies qui sont enregistrées et qui vont toucher plusieurs cultures et plusieurs plantes dont le maïs, le millet ou petit mille, la mangue, la banane, l’igname et pleins d’autres encore.

Autrement dit, la production va baisser jusqu’à causer quelques maux de tête à la grande majorité de la population haïtienne. Ajouté à tout cela, avec des programmes food for the poor dont le Japon, la Corée du Sud, les États-Unis utilisent pour financer leurs aides dans le pays et qui sont des aides extrêmement liées et empoisonnées, leurs effets sur les prix des produits nationaux sont déjà catastrophiques par conséquent, tout en renforçant la dépendance du pays à la production agricole internationale, ce programme aura des effets négatifs sur les offres de biens et de produits locaux sur le marché national.

Ce qui semble rester comme alternatif au gouvernement de Jovenel Moïse serait de retarder les paiements de la dette de pétro caribe mais là encore, avec la dernière prise de position du pays dans le dossier du Venezuela ce serait mal agir donc, il va falloir continuer de payer cette dette pour supporter en même temps ce bon vieux ami qu’est le régime de Maduro.

Entre autre alternatif, il ne faudrait pas oublier les négociations pour les exploitations minière de l’Or dans le Nord et le Nord Est comme c’est le principal enjeu derrière l’étranglement et l’étouffement du pays par les puissances étrangères qui veulent avoir le contrôle de ces ressources. Mais là encore, le délai est trop cours pour faciliter les négociations à ce sujet et obtenir des prêts en conséquence pour les deux à trois prochaines années. De ce fait, et je reviens avec mes propositions précédentes, il faut de nouvelles stratégies de financement de l’économie du pays.

à suivre…

Hermann Cebert

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