La responsabilité intellectuelle d’un immigrant du Québec: de la haine d’Alexandre Bissonnette au Québec que je connais


Le 29 janvier 2017, date à laquelle un jeune québécois âgé de 27, Alexandre Bissonnette, a pu commettre l’un des plus horribles attentats dans une mosquée de la ville de Québec en assassinant plusieurs musulmans maghrébins et deux noirs africains de la Guinée pendant que ces derniers faisaient leur prière habituelle.

Tout le Québec était sous le choc de cette tuerie lâche, sauvage et barbare qui laisse dans le deuil plus de six femmes veuves et, plus de dix sept enfants orphelins de leurs pères. Sans oublier, cinq autres pères de familles gravement blessés dont trois parmi eux continuent de recevoir des soins intensifs tout en luttant terriblement pour rester encore en vie.

C’était un véritable choc pour plusieurs citoyens québécois et canadiens plus particulièrement, pour tous les immigrants qui ont toujours considéré le Québec comme l’une des provinces canadiennes les plus sécuritaires. D’ailleurs, un très grand nombre d’immigrants choisissent de vivre au Québec pour le français mais également pour sa situation sécuritaire étant donné que certain immigrants ont déjà vécu des situations d’extrêmes violences dans leurs pays d’origine.

Évidemment, et c’est tout à l’honneur des dirigeants des divers paliers de gouvernements du Québec, du Canada et des Maires des deux grandes villes québécoises que sont Montréal et la Ville de Québec, qui ont tous fait preuve d’efficacité, de compassion, d’empathie dans la gestion de cet acte de racisme, de suprématisme et de très grande haine contre des immigrants qui avaient trouvé le Québec comme l’endroit où ils seraient hors de tous les dangers y compris ces actes terroristes du jeune Alexandre Bissonnette.

Par ailleurs, nous ne devons pas ignorer les diverses affirmations des autorités politiques qui semblent dans l’ensemble reconnaitre ou confirmer le côté multiethnique et multiculturel du Québec et du Canada particulièrement lorsqu’ils disent que les immigrants maghrébins sont chez eux puisqu’ils ont choisi de vivre au Québec. Les leaders ont vanté également l’intégration de ces victimes compte tenu que ces derniers en plus d’avoir été des universitaires, ils avaient tous et chacun un très bon emploi qui leur permettait de bien vivre.

Ces victimes du racisme et de la haine d’Alexandre Bissonnette, étaient-ils trop naïfs de croire, qu’en fuyant pour la plupart d’entre eux leurs pays en guerre, les régimes autoritaires de leurs pays d’origine, l’absence de débouchées et d’opportunités à la fois pour eux et pour leurs progénitures?

Mieux encore, et un autre aspect du même problème, pourquoi le Québec a-t-il été choqué par cet attentat contre les musulmans noirs et maghrébins?

N’y avait-il pas des signes très visibles dans la capitale nationale du Québec depuis plusieurs années qui pouvaient laisser croire et comprendre que quelque chose de très monstrueux qui prenait forme et qui devait tôt ou s’éclater comme extrême violence contre les immigrants, les noirs, et les arabes et les musulmans en particulier?

Si certains se taisent pour le noter, ou le cacher, moi, de mon côté, qui ai vécu plus de deux sessions académiques dans cette ville, il y a 19 ans de cela, je n’avais aucun doute sur ce qui allait arriver, le seul problème c’était de savoir seulement quand. Et ce quand, ce fut le 29 janvier 2017.

Toutefois, ce ne sont pas les simples discours de circonstance, aussi émouvants qu’ils aient tous été, qui peuvent garantir qu’il n’y en aura pas d’autres cas similaires à se reproduire encore dans la ville de Québec, à Montréal ou dans n’importe quel autre ville du Québec.

Néanmoins, il faut bien le reconnaitre, que le Canada et le Québec peuvent, à partir de ces tristes événements corriger les divers problèmes auxquels font face depuis toujours toutes les minorités visibles qui vivent au Québec en particulier, les noirs, les arabes et les musulmans.

Autrement, dit, tous les problèmes qui ont donné naissance ou qui ont favorisé le développement de cette haine contre les non-blancs, les non caucasiens, donc contre les noirs, les arabes et les maghrébins, demeurent entiers et ce sont eux qu’il faut attaquer afin d’arriver à une véritable paix et  une harmonie entre ceux qui sont arrivés il y a plusieurs siècles et ceux qui ont seulement quelques décennies au Québec et au Canada.

En vue de tenter de répondre à ces questions et bien d’autres encore que je risque d’évoquer, permettez-moi de faire un retour en arrière dans ma mémoire plus ou moins lointaine bien que dans ma réalité si banale qu’elle puisse être actuellement sur cette tranche de mon vécu au Québec, plus particulièrement dans la Ville de Québec, cette ville où il y a eu lieu le carnage des noirs et des musulmans.

En effet, si je me souviens bien, je crois que c’est Thucydide qui nous faisait savoir ce que représente le récit, ses récits pour être plus personnalisé, pour l’humanité, surtout lorsqu’il nous disait : Mes récits constituaient un trésor pour toujours. Et plus près de nous, Émile Chartier, dit Alain, nous montre toute la puissance du récit lorsqu’il écrit:« La raison est virile devant l’objet, puérile devant le récit».

Voilà, en quelque sorte, comment je voulais introduire le récit de ce que j’ai vécu au Québec, plus précisément dans la ville du Québec, la Capitale Nationale des Québécois. Se faisant, je voulais que mes lecteurs saisissent l’importance de ma démarche méthodologique qui procède à l’instrumentalisation de mes récits en outil d’analyse, capable d’élucider l’origine et les causes profondes de la haine raciale qui ont poussé Alexandre Bissonnette a terroriser et surtout, à assassiner plusieurs musulmans dans la Grande Mosquée du Québec.

Ce retour en arrière, ce clin d’œil dans le rétroviseur, alors que toute mon attention est déjà dirigée vers l’avenir et même vers mon au delà,  vise à élucider l’état d’esprit, un climat de haine raciale qui naissait déjà au Québec que plusieurs voudraient  éluder compte tenu de l’image de la ville paisible que l’on a toujours voulu que soit la vieille capitale nationale du Québec.

Il va y avoir de ça près de 19 ans depuis que j’ai choisi de vivre au Québec dont plus de deux sessions dans la ville de Québec en tant qu’étudiant et en tant que nouvel arrivant. Régulièrement et de temps en temps, je vais à Québec ce, depuis 1998 date à laquelle je suis arrivé dans la province de Québec, jusqu’à tout dernièrement qui remonte quand bien même à quelques mois.

Architecturalement et ethniquement, le paysage de la Ville de Québec a beaucoup changé, contrairement à il y a près de 19 ans où nous étions quelques rares noirs qui circulaient dans cette ville de plusieurs pentes très abruptes dont les côtes de Lauriers, ou le carré Saint Louis dans le vieux Québec.

La ville de Québec est très belle, je disais souvent à mes amis, lorsque je vivais à Québec, qu’elle était un bouquet de fleur Blanche remplissant un très beau vase transparent, placé sur une très grande table recouverte d’une grande nappe rouge qui attire dès le premier regard.

Quelque soit le chemin que vous choisissez pour entrer dans la ville de Québec, les images sont belles. Étant donné que je prenais le plus souvent Allô Stop, un service de transport social et de coopération qui reliait les voyageurs avec les automobilistes qui font le même trajet Montréal-Québec ou Québec-Montréal.

Grâce à ce service de Allô Stop j’ai pu découvrir toute la beauté et toutes les laideurs à la fois de la ville de Québec que du peuple québécois lui-même. Autrement dit, grâce à ce moyen de transport, j’ai pu vivre les plus beaux et les plus mauvais moments dans la vieille capitale nationale québécoise.

Évidemment, je ne peux pas oublier mes entrées à Québec soit par l’autoroute 40 ou soit également par l’autoroute 20. Où la nuit, la ville est lumineuse, féérique, festive compte tenu de ses pluies de lumières qui éclairent la ville tout autant qu’elle offre des images magiques avec toutes les identifications pour accéder aux divers endroits de la ville voire traverser la ville pour aller beaucoup plus à l’Est. Pour tous ceux-là qui se rendent plus à l’Est, ils ont la possibilité d’admirer de très beaux paysages qui resteront gravés dans leurs mémoires.

D’ailleurs, tous les immigrants devaient régulièrement visiter toutes les belles régions du Québec telles l’Est et le Nord, surtout de profiter de traverser le fleuve en bateau ou encore, de profiter du plein air dans le Nord du Québec en louant un chalet ou encore de prendre des forfaits de chasse et pêches auprès des pourvoiries du Québec afin de bien découvrir les rivières, les lacs et la forêt de la belle province.

Néanmoins, je suggère aux immigrants comme moi de se faire inviter ou de construire son propre chalet dans un camping car, c’est le meilleur endroit pour retrouver les québécois et mieux comprendre la vraie culture québécoise où les québécois sont moins gênés et plus ouverts car ils sont dans leurs monde dépourvus de tous les masques et de toutes les contraintes qu’ils se donnent généralement en ville ou dans les blocs d’appartement.

Je reviendrai plus spécifiquement sur cet aspect dans un autre article car il crucial dans la compréhension de la culture québécoise et de ce qui différencie ce que certains journalistes projettent comme image du Québec et des québécois et de ce que sont véritablement les québécois et la culture québécoise. J’ai eu et je continue de vivre de belles occasions de rencontrer les québécois et les québécoises dans ce qu’ils ont de chaleureux et de vivant contraire à tout ce que les téléromans, quelques professeurs de Cégep, d’universités et les médias rapportent et transposent comme la culture du Québec.

Hermann Cebert



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