La complexité de l’impérialisme moderne: la nouvelle manière de dominer par les grandes puissance


Le philosophe éveillé

J’exprime
Dieu

Je me souviens d’une histoire choquante qu’avait vécue une jeune amie québécoise en participant comme bénévole-coopérant à un programme de coopération internationale entre le Canada et le Mali dans les années 2000.

Mon amie Marie-Ève était à l’époque que l’on se côtoyait régulièrement une vraie militante écologiste qui rêvait de changer le monde en apportant toute sa contribution dans l’amélioration des conditions de vie des personnes les plus démunies et les laisser-pour compte.

C’est avec ce grand élan et l’enthousiasme qui la caractérisait qu’elle s’était finalement inscrite comme bénévole et coopérant d’autant qu’elle était vraiment intéressée et ouverte à la culture africaine jusqu’à inscrire sur son agenda son intérêt de visiter un jour un pays de l’Afrique. Alors que bien souvent les organismes de coopération internationale prennent du temps pour appeler quelqu’un parmi une très longue liste de bénévoles qui attendent d’être appelés.

C’est ainsi, s’estimant très chanceuse, en Février 2003 Marie-Ève avait reçu une lettre d’acceptation de l’organisme lui informant qu’elle allait faire partie d’un Groupe de Bénévoles Coopérants qui devront se rendre au Mali. Marie-Ève était très contente de pouvoir enfin participer à un programme de coopération internationale et mieux encore elle allait se rendre au Mali pour pouvoir véritablement ces personnes très pauvres qu’elle ne voyait à la télévision que dans le cadre des émissions publicitaires de Vision Mondiale.

Durant tout un mois, le voyage au Mali a été le principal sujet de conversation que Marie-Ève avait avec moi. Elle faisait toutes les recherches sur la culture, les valeurs, les ethnies, les langues et les coutumes du peuple Malien car, elle ne voulait pas se heurter ni blesser les gens avec qui elle allait vivre pendant deux périodes de six mois. D’ailleurs, en très peu de temps, grâce à Marie-Ève j’étais devenu moins ignorant du peuple Malien et de la culture malienne et elle aimait surtout la devise du peuple Malien qui est:« un peuple, un but, une foi ». Elle trouvait cette devise unificatrice, forte et puissante en comparaison à la devise québécoise qui est « Je me souviens ». Une fois arrivée sur place, Marie-Ève m’avait promise de garder le contact avec moi tout en me promettant qu’elle m’enverrait de belles photos et des cartes postales.

Évidemment, le plus grand intérêt de Marie-Ève en faisant ce voyage c’était très particulièrement de pouvoir aider directement et personnellement un peuple qu’elle trouvait qui avait besoin beaucoup et beaucoup d’aides de la part des peuples riches comme les québécois car en comparant la vie qu’elle avait au Québec et ce qu’elle voyait à la télévision les samedis matin et les dimanches durant les heures achetées et payées par vision mondiale.

Marie-Ève croyait vraiment que sur place, au Mali, elle allait pouvoir faire la différence  en aidant directement les populations appauvries du Mali, dont les jeunes enfants toujours orphelins, deux ou trois se retrouvant seuls suite au décès de leurs mères où c’est souvent le plus vieux qui s’occupe tout seul de ses autres petits frères et sœurs.  C’est au moins ce qui était restait dans sa mémoire de jeune adulte qui se sentait toujours interpellée par la pauvreté qui rongeait le continent africain. Voilà pourquoi, son rêve d’aller faire quelque chose pour ces jeunes orphelins qu’elle voyait souvent à la télévision les samedis et les dimanches.

Après plus de deux mois de préparations et d’attente soutenue, juste après la fin de la session printemps -hiver soit le 15 mai 2003, Marie-Ève avait pris l’avion pour se rendre au Mali dans la plus noble intention d’aller aider directement le peuple malien. Je me souviens encore de la joie qui reflétait sur son visage et le contentement qu’elle éprouvait car, selon elle, l’heure tant attendue était enfin arriver pour elle et elle se disait qu’enfin elle allait pouvoir découvrir la Grande Culture Africaine mais surtout, qu’elle allait pouvoir sortir de la pauvreté les jeunes enfants orphelins qui étaient obligés de prendre soin de leurs petits frères et sœurs. Mon amie était joyeuse et elle était très heureuse.

À son arrivée à l’aéroport du Mali: «L’aéroport international Modibo Keïta (anciennement, aéroport international de Bamako-Sénou jusqu’en décembre 2015)», Marie-Ève qui avait été reçue par les responsables du projet de coopération Québec-Mali, toutes ces personnes responsables permanentes étaient d’origine québécoise, avait trouvée la possibilité pour m’envoyer un courriel par Hotmail m’informant qu’elle était bien arrivée à destination et que toute sa délégation avait été accueillie comme des princesses et des rois tout en me promettant qu’elle me téléphonera dès qu’elle aura la possibilité de le faire. Cependant, elle en avait profité pour m’envoyer en pièces jointes des photos qu’elle avait déjà prises dès son arrivée à Bamako.

En effet, chose promise, chose due. C’est ainsi, deux semaines plus tard, j’avais reçu un appel en provenance du Mali et c’était Marie-Ève qui m’avait appelé pour me faire un bilan de ses deux premières semaines au pays des Dogons, l’une des multiples ethnies qui composent la population malienne. Bien entendu, sans perdre une seconde, Marie-Ève s’était mise à me citer les différentes ethnies du Mali tout en me détaillant les différentes particularités de chacune de ces ethnies sans oublier les ressemblances qu’elle avait trouvées entre certains Peuls et moi jusqu’à trouver un certain Moussa qui me ressemblait beaucoup. Il en était de même pour un Bozo qu’elle me disait qui avait une grande intelligence et les manières de réfléchir de ce dernier lui rappelait beaucoup ma manière de poser et d’analyser des problèmes.

Évidemment, comme cela nous arrive presque souvent à tous, de nous sentir en compétition lorsque quelqu’un que nous admirons et pour qui nous avons de grands sentiments n’arrête plus de nous comparer avec d’autres personnes que nous ne connaissons pas, par moment j’avais quelques pincements au cœur mais, je connaissait trop bien Marie-Ève pour savoir ce qu’elle était capable de faire et ce qu’elle ne ferait jamais. C’est ce genre de jalousie à distance que les amoureux tendent à se développer lorsqu’ils vivent à des distances éloignées et plus particulièrement à l’Étranger

D’un autre côté, en l’écoutant je pensait qu’elle essayait de me trouver parmi les maliens cependant en suivant très attentivement sa manière de m’expliquer et de me rapporter son quotidien au Mali, je me suis rendu compte qu’elle ne me cherchait pas vraiment et, compte tenu de mon origine africaine ainsi que la situation minoritaire de Marie-Ève au sein d’une population quasiment noire, ma belle amie recourrait souvent à son passé et à sa mémoire pour se retrouver au sein de la population malienne par le fait que sa perception s’entrechoquait avec sa réalité. En tant minoritaire sein d’une population noire, les maliens la voyaient partout qu’elle passait et comme elle me le disait, je me sentais souvent dévisager, cela me rendait parfois intimidée mélangeant en moi des drôles émotions. 

Bien entendu, cela nous arrive à tous, en ignorant souvent que nos perceptions ont tendance à nous modifier la réalité de telle sorte que nous parvenions mêmes à prendre nos perceptions pour cette réalité. Comme le dit un blogueur: «nos perceptions colorent la réalité car c’est elles qui nous permettent d’être conscient de notre réalité». Entre autre, il faut bien reconnaitre que lorsque nous sommes très imprégnés par notre ambiance, par notre environnement, par notre réalité nous avons tendance à laisser tomber nos critères logiques jusqu’à perdre nos distances par rapport à notre rôle plus particulièrement lorsque nous sommes plongés dans nos euphories.

Dans les faits, même de grands scientifiques avec des esprits cartésiens peuvent se laisser tromper par leurs euphories, leurs satisfactions personnelles en cessant de garder leurs distances par rapport à leurs rôles pour finalement se laisser tromper par leurs propres perceptions. Très certainement, au delà de tout préjugé qui a tendance à caractériser un grand nombre parmi nous, universitaires ou non, certaines situations euphorisantes et euphoriques peuvent bien souvent affecter notre jugement de telle sorte que nous pouvons même rejeter toutes objections à notre entendement perceptuel pour ne pas accepter les évidences en situations hautement logiques.  

Il est vrai que j’ai beaucoup essayé pour arriver à expliquer à Marie-Ève ce qu’elle vivait là-bas à la fois l’euphorie de la réalisation de son rêve de voyager en Afrique que sa condition de minorité visible qui poussait les maliens à toujours plonger leurs regards sur elle, ce qu’elle n’avait jamais connu auparavant. Cependant, en ce qui concerne sa condition de minorité très visible, je vivais déjà cela au Québec en tant que minorité très visible où je me sentais souvent coupable de je ne sais pas quoi et surtout sans oublier des québécois qui me disaient souvent et sans cesse, quand est-ce que vous retournerez chez vous, pourquoi vous êtes ici etc. Tout cela mélangé ensemble créait en elle et chez elle ces drôles émotions qu’elle me disait avoir développées.

à suivre…

Hermann Cebert

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