Le risque d’une guérilla armée en Haïti: cherchons tous ensembles la grandeur d’Haïti


Pour faire suite à mon texte sur comment gérer ses adversaires en tenant compte de la détérioration de la situation politique en Haïti, je décide de pousser plus loin mes réflexions en me basant ce qui semble se profiler à l’horizon.

En effet, actuellement tout le monde constate une sorte de chasse à l’homme par le système judiciaire du régime de Jocelerme Privert contre certains anciens partisans et sympathisants du Régime de Joseph Michel Martelly dont Roro Nelson et Guy Philippe. Bien entendu, en poursuivant ces individus, on sait très bien qu’il s’agit de la poudre aux yeux qui vise à détourner l’attention de la population qui doit pourtant avoir les yeux fixés pour l’échéance du gouvernement provisoire de Jocelerme Privert.

Cela étant dit, il faudra cependant admettre qu’il y a pourtant un véritable risque que cette volonté de Privert soit capable de nous conduire tout droit vers une guerre civile avec la formation d’une guérilla armée en Haïti.

J’explique cela en ceci, s’il est vrai que des anciens militaires soient sous le contrôle et l’influence de Guy Philippe et que ce soit certains bandits armés de son groupe qui soient en arrière de la tuerie des deux policiers abattus dans un poste de police aux Cayes, en procédant à l’arrestation de Guy Philippe, vous perdrez du coup le contrôle de ces gens qui se retrouvent sans chef et sans direction mais capables de poser des actes armés tout seuls et sans aucune autorité pour les canaliser.

Par conséquent, il s’ensuivrait que si Privert et ses conseillers ainsi que ces Hommes de main comme Commissaires Danton, le Nouveau chef de la Police arrêtent Guy Philippe, on pourrait laisser prendre forme une vraie guérilla armée dans le pays. Dans ce cas, on aurait des bandits armés qui pourraient s’attaquer aux institutions du pays dans des actions isolées un peu partout dans le pays. Et puis c’est des morts et des cadavres gratuits dans le pays. Plus encore, ces guérilléros urbains seraient difficilement atteignable sans qu’il n’y ait pas de victimes collatéraux dont la population en général.

Devant ce risque imminent de guerre civile et de la formation d’une guérilla urbaine dans le pays, chacun a le devoir de limiter ses excès et ses ambitions à travers des compromis qui se structurent autour des intérêts nationaux, l’intérêt du pays.

D’un côté, des mercenaires comme Guy Philippe doit savoir se retenir dans ses élans de résistances militaires et armées en rejetant toutes les formes de provocations susceptibles de réveiller le monstre chez l’autre et en acceptant que chacun peut avoir des ambitions aussi folles qu’elles puissent être. Toutefois, ce n’est guère par la force, par les armes ni par la menace que l’on doive les empêcher de les réaliser. Comprendre ceci c’est le premier pas vers la tolérance mutuelle qui permet de se rendre vers la démocratie.

En revanche par rapport à l’attitude que doivent avoir Guy Philippe et de toute la tendance d’extrême droite de Joseph Michel Martelly, le régime provisoire de Jocelerme Privert et de toute sa tendance extrême gauche Macoute-lavalas doivent comprendre qu’ils ne peuvent pas arrêter, accuser leurs ennemis sur la seule base qu’ils s’y opposent à eux. De même, Privert doit reconnaitre qu’il devra laisser le pouvoir au terme de son mandat préalablement fixé et déterminé par l’accord du 6 février 2016 et que c’était sa grande faute de ne pas avoir livré les élections qu’il était sensé offrir aux dates prévues.

Au delà de ce que je pourrais appeler les petits dérangements inhérents à la démocratisation même du pays, chacun devra cependant admettre et reconnaitre que malgré tout la démocratisation du pays se fait généralement très bien.

D’un côté quelque chose qui ne semblait pas exister sur la scène politique du pays s’est réalisée en très peu de temps, c’est la formation de deux grandes tendance idéologiques soient l’extrême droite dont Martelly, à travers le PHTK, semble bien incarner et, également l’extrême gauche pluriel que Jocelerme Privert incarne de son côté par sa façon de rassembler autour de lui tous ceux qui semblaient autrefois s’identifier à la gauche résistante.

Ce qui nous manque actuellement c’est une troisième tendance mitoyenne qui devra venir remplir le vide entre ces deux extrêmes en vue de pousser ces deux extrêmes vers un certain centre soient le cendre gauche et le cendre droit. Nous y sommes presque, mais jusqu’ici c’est l’opportunisme qui l’emporte actuellement sur tous ceux qui pourraient facilement s’identifier à cette tendance idéologique.

Ayant compris ceci, et avec cette distance qui nous permet de mesurer les différentes tendances idéologiques qui sont en train de prendre forme dans la politique haïtienne, nous devons comprendre la nécessité d’arriver à concilier ces oppositions et ces antagonismes idéologiques qui pourraient nous basculer inévitablement vers l’éclatement du pays.

En ce sens, que chacun puisse renoncer au table rase systématique de telle sorte qu’en final ce sera le pays qui gagnera de cette lutte féroce que tout un chacun se livre actuellement. Cela étant, et je le souhaitais grandement, si le rapport de la commission d’évaluation publie tel que prévu son rapport le lundi 30 mai alors que le mardi 31 mai 2016 c’est le conseil électoral qui publie le calendrier électoral pour l’organisation des élections en date du 14 août 2016 ou du 21 août 2016 ce serait un grand honneur à Duty Boukman, notre grand Leader rassembleur, dont nous célébrons cette année le 225 anniversaire.

En choisissant l’une au l’autre de ces dates là, on permettrait à Privert de se sentir gagnant tout en espérant qu’il profitera de son absence du pouvoir pour mieux organiser l’extrême gauche qu’il est en train de constituer. De même, en limitant cette date à août, l’extrême droite  serait plus en confiance par rapport à la volonté d’un Privert qui veut à tout prix garder le pouvoir pour lui seul. Enfin, compte tenu du calendrier des examens officiels durant cette période il n’y aurait aucun impact négatif sur les étudiants haïtiens.

Combien de fois avions-nous juste osé poser des actes majeurs, prendre de grandes décisions aux grandes qui nous étaient glorieuses. Pourquoi, nous à tout prix nous aligner aux dates qui ont toujours propices aux autres. Nous devons retourner vers nos racines, sonder nos pages d’histoires et tirer profits de ce que nos ancêtres avaient mieux saisi et compris que nous. Rompons avec l’échec continuel et tournons nous vers le succès et la réussite en optant pour le compromis salutaire à nous tous.

Haïti c’est notre pays. Nous devons enfin choisir de travailler pour sa grandeur, c’est notre responsabilité à tous.

à suivre…

Hermann Cebert

Publicités


Catégories :Page d'accueil, Philosophie et Politique, Poésie et Société, Présidents des pays, Religion et Développement

Tags:,

%d blogueurs aiment cette page :