Le secteur populaire a failli prendre le pouvoir en Haïti: les politiques de destruction des administrations américaines en Haïti


Le philosophe éveillé

J’exprime
Dieu

Avant de commencer je veux me permettre de faire ressortir un vrai mensonge qui se cache derrière les appellations que l’on donne souvent à une frange de la classe politique haïtienne, la gauche haïtienne.

En effet, selon mes expériences de luttes et de militance dans la politique haïtienne et pour avoir rencontré et côtoyé plusieurs politiciens haïtiens de près, je peux affirmer sans aucun doute qu’il n’y a aucun politicien haïtien de gauche y compris des artistes qui se disent de gauche et je pourrais vous donner  plusieurs exemples mais je vais me contenter de vous les faire découvrir à travers cet article au moment où ils devaient montrer leur idéologie de gauche.

Bien entendu, certains confondent également le fait d’avoir quelques opinions de gauche ou de communisme, de social démocratie et de socialisme avec le fait d’avoir des convictions, des croyances, des programmes et des visions idéologiques de gauche.

Or, malgré tous les vocables que l’on utilise pour identifier une frange de la classe politique haïtienne, il y a un véritable flou qui règne dans le milieu politique de Haïti puisque c’est à tort que l’on reconnaisse idéologiquement la classe politique haïtienne comme étant une classe politique complètement de gauche.

Pour pouvoir catégoriser les politiciens haïtiens on devait avoir à la portée de la main des projets que ces politiciens proposent ou avoir réalisé dans le pays. Malheureusement, aucun politicien haïtien n’écrit ou publie sa vision du pays secteur par secteur et domaine par domaine ainsi que leur programme et leur projet pour le long terme. Voilà pourquoi, personne ne peut se permettre de bien les catégoriser.

Mes expériences de militance active de 13 ans à 30 ans au sein des organisations populaires et principalement les comités de quartier et les organisations étudiantes et universitaires m’ont permis de rencontrer beaucoup de politiciens haïtiens, les voir en personne et discuter avec eux.

J’ai rencontré des diplomates, des chargés politiques, des espions et des mercenaires, des hommes et femmes d’affaires, des commerçants et des industriels voilà pourquoi, je peux affirmer sans un nombre de doute que très peu de gens sont de gauche en Haïti y compris les gens du peuple.

La seule personne bien qu’il soit mort que je crois qui avait une vision de la gauche haïtienne a été Gérard Pierre Charles et personne d’autre. Malgré tout je n’ai pas eu de grandes discussions avec lui pour pouvoir enlever tout doute dans ma tête par conséquent, je dois ajouter un bémol à cette affirmation en attendant de trouver des preuves qui contesteraient son exemple.

Évidemment, pour les rares qui arrivent à s’exprimer, on ne peut que noter chez eux une certaine idée de gauche qui ne peut pas être assimilée avec leur idéologie véritable.

D’abord, il faut noter que nombreux sont ceux qui reconnaissent l’échec flagrant des groupes et des Partis politiques à tendance idéologique de gauche en Haïti.

Cependant, peu nombreux sont ceux qui peuvent expliquer véritablement l’échec de la gauche haïtienne à telle enseigne, bien souvent les journalistes et les analystes associent l’échec de quelques individus avec toute la gauche haïtienne.

Si les politiciens haïtiens qui se réclamaient de gauche étaient de vrais politiciens de gauche et s’ils avaient également de profondes convictions de gauche, à l’heure actuelle le secteur populaire et les masses populaires auraient  vingt ans au pouvoir dans le pays.

Bien entendu,  cette tranche de l’histoire actuelle du pays est méconnue par la grande majorité du peuple haïtien et, même les principaux acteurs de cette période ignoraient le rôle historique   qu’ils jouaient et qu’ils ont failli remplir dans le devenir de ce pays.

En quoi et comment les masses populaires haïtiennes allaient-elles prendre effectivement le pouvoir dans le pays et, pourquoi elles ont échoué en lien avec la manière et les moyens que les américains utilisent pour résoudre les problèmes en Haïti?

Avec les élections des collectivités territoriales de Avril 1997 où les membres des organisations populaires et les comités de quartier tout en participant à ces élections ont pu gagner ces élections, le pouvoir a failli tombé entre les mains des masses populaires.

Même si les membres de ces organisations populaires étaient plus ou moins divisés entre eux, cela n’a pas empêché qu’au moment de constituer les assemblées municipales des compromis et des ententes avaient été trouvés permettant par la suite d’éviter toutes les formes de tensions et de divisions qui auraient pu venir compromettre l’unité du secteur populaire du pays, plus particulièrement entre les membres des diverses organisations populaires du pays.

En fait, l’une des particularité de ces élections de 1997 a été de constater la grande unité du secteur populaire contrairement aux divisions qui continuent d’exister au sein des groupes et de Partis politiques, habituellement identifiés comme étant la gauche d’Haïti.

Cependant malgré l’unité ou les diverses unités du secteur populaire et plus particulièrement des leaders des organisations populaires, ce sont les personnalités reconnues et identifiées pour l’extrême gauche haïtienne et les ambassades étrangères du pays qui ont charcuté de façon très chirurgicale le secteur des organisations populaires du pays.

D’abord, les maires au pouvoir dans les villes à cette époque là dont Joseph Emmanuel Charlemagne par exemple n’avait pas compris cette mouvance des membres des organisations populaires dans le pays, il avait peur de perdre son autorité qui était beaucoup plus de l’autoritarisme.

Manno gérait la Mairie et les divers services de la mairie avec des mains de fer à la manière de Franck Romain un ancien Maire qui avait imposé une très grande peur sur la ville de Port-au-Prince.

Manno déplaçait les gens et les petits marchands de la ville sans aucun projet alternatif et se prenait vraiment pour l’ancien Colonel Franck Romain qui battait les gens et ses miliciens et tontons macoutes volaient les marchandises des commerçants lorsqu’ils ne les faisaient pas payer des taxes qui n’allaient pas dans les caisses de la villes.

À la rue Champs de mars par exemple, Manno avait même une fois brisé et jeté à la poubelle toutes les marchandises de ces petits commerçants tandis qu’il brisait leurs tentes et leurs abris.

Pourtant, alors qu’il avait cette grande occasion de légitimer ces jeunes des organisations populaires en leur donnant tous les pouvoirs que les lois sur les collectivités leur donnent.

Certes, il les avait reçu à la Mairie et avait même montré une certaine ouverture pour laisser exercer leurs rôles et leurs fonctions mais il se sentait tellement menacé qu’il n’avait jamais donné suite à ces engagements qu’il avait pris auprès au près de ces représentants de proximités avec le peuple. Il a échoué.

Néanmoins avec les discours de gauche que Manno se faisait connaitre, on s’attendait à ce qu’il ait compris cette étape majeur dans la lutte pour la prise du pouvoir par le peuple. Il n’avait pas cette intelligence pour agir sur l’histoire et c’est dommage qu’il ne l’ait pas saisi à cette époque.

Par ailleurs, il vrai de reconnaitre que l’Opération chirurgicale que les intérêts étrangers ont mené contre la prise du pouvoir par le secteur populaire a surtout été rendue possible à cause de la grande misère qui frappe les masses populaires et, dans laquelle végétaient les leaders communautaires des organisations populaires du pays, plus précisément tous ceux qui constituaient les états major du mouvement populaire de cette époque.

Il est toujours très difficile de faire des changements avec des gens qui végètent dans la misère et la misère qui rongeait ces jeunes leaders du mouvement populaire du pays. Remettons-nous un peu dans le contexte pour bien comprendre le cours de cette tranche d’histoire de Haïti.

En effet, à Port-au-Prince par exemple c’est le règne des Groupes très influents et respectés comme le PROP: Pouvoir du Rassemblement des Organisations Populaires ( mon défunt ami Jean-Poix était le grand architecte de cette organisation; JPP: Jeunesse Pouvoir Populaire ci-devant: définition en français: advienne que pourra (jan l pase l pase); Kokok – Cocoq : Confédération des Comités de Quartier et plusieurs autres organisations représentant le cité soleil, petite place cazeau, carrefour feuilles, Delmas, martissant, Pétion-ville, fontamara etc…

Ainsi, depuis le 17 mai 1997 et un peu plus tôt de cette année-là, les groupes populaires comme ceux que j’ai mentionnés plus haut avaient commencé de grandes mobilisations un peu partout dans le pays avec des grèves et des manifestations de protestation de tout genre pour exiger certains changements dans le pays mais également, ce sont des manifestations contre la corruption du pouvoir en place ( le pouvoir des lavalasses et plus particulièrement de ceux qui se trouvaient et rôdaient autour du pouvoir du président René Garcia Préval.

Or pour contrer ces mobilisations et casser ce mouvement qui commençait à donner confiance aux jeunes leaders de ces organisations populaires, deux groupes rétrogrades et anti changement dans le pays allaient renverser cette tendance et cette mobilisation. Il s’agit de l’extrême gauche gauchisante et de l’ambassade américaine.

Si pour la gauche gauchisante, la grande figure emblématique demeure Joseph Emmanuel Charlemagne en revanche, le département de l’ambassade qui allait agir et couper la tête du mouvement sera le Service Culturel de l’ambassade américaine de Port-au-Prince.

D’abord avec l’extrême gauche pacotille, nous avons un discours de gauche qui poussait à la révolte et au soulèvement mais qui dans la réalité, faisait plus peur par le bruit que dans l’action. À ce propos, on avait un Manno Charlemagne qui chantait et dont les messages étaient vraiment conscientisant car il correspondait aux élans de la jeunesse qui veut toujours changer les choses au pays.

Pour le reste, en tant que Maire de Port-au-Prince, il a véritablement été un obstacle majeur à la prise du pouvoir par les organisations populaires et révolutionnaires du pays. Si manno n’avait pas associé d’une part, les organisations populaires et principalement les jeunes leaders du secteur populaire au mouvement et à l’obédience de jean-Bertrand Aristide et d’autre part, s’il avait seulement compris le grand mouvement en marche celui de la participation effective et de la prise du pouvoir par les structures à travers les assemblées des sections communales et municipales, les asec et les casec, le secteur populaire aurait pris le pouvoir.

Notons avec un certain bémol cette affirmation parce qu’il y avait beaucoup plus une certaine contradiction chez le chanteur troubadour qui se veut de gauche sans aucune idéologie véritablement de gauche. De plus il faut noter et surtout se rappeler de deux collaborateurs qui décidaient à sa place pour ne pas dire les pires administrateurs qui soient passés à la mairie de Port-au-Prince.

Un peu de recherche sur ces anciens administrateurs qui régnaient à la mairie de Port-au-Prince sous Manno Charlemagne vous permettra de trouver les noms de ces derniers. Seulement comme indication, il y en a un qui était devenu Maire principal également de Port-au-Prince et qui avait mal géré le tremblement de terre de 2010 et Joseph Michel Martelly l’avait mis dehors avec des coups de pieds.

De son côté, l’ambassade Américaine par l’intermédiaire de leur service culturel et d’une femme qui était affecté à ce travail de détruire le secteur populaire, presque tous les membres des assemblées municipales de Port-au-Prince recevaient des visas de trois mois, de un an et de cinq ans.

Ainsi, au fur et à mesure, tous les élus des collectivités territoriales quittaient le pays et ne revenaient plus au pays. De plus, la grande majorité des jeunes leaders des organisations populaires qui ne faisaient que militer avaient des possibilités pour quitter définitivement le pays, ce qu’ils ont tous fait puisqu’il s’agissait des gens qui n’avaient pas d’autres moyens pour pouvoir aider leurs familles

à suivre…

Hermann Cebert

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