Les Étudiants Haïtiens, leurs luttes, la violence: des problèmes de stratégie et de tactic


Le philosophe éveillé

expérience de la solitude

Toute l’histoire de l’humanité est une histoire de guerres et de violences et c’est surtout par la violence que se créent les forts et les faibles par le fait que les issues de ces guerres et de l’utilisation de la violence ont permis des gagnants et des perdants. Et, en arrière de toutes ces victoires et des pertes c’est surtout, et principalement l’invention, la création des armes qui ont facilité ces conquêtes.

S’il n’y avait par les armes à feu il n’y aurait pas d’esclavage et moins encore des préjugés entre un peuple et un autre, entre une culture et une autre également entre une civilisation et une autre.

Les armes et leurs utilisations sont responsables de tous les maux que nous connaissons depuis les éveils de l’homme. Les armes donnent des sentiments de puissance en même temps elles nous montre toutes les faces et tous les aspects des diverses cruautés que le genre humain est capable. Voilà pourquoi je dis toujours que je suis anti-violent et je suis contre toutes les formes de violence.

Ceci dit, voyons maintenant la réalité ou encore, les réalités des luttes étudiantes en Haïti en comparaison aux luttes que les étudiants haïtiens sont en train de mener présentement en Haïti contre la chèreté de la vie en Haïti.

Si je comprends bien, les revandications des étudiants haïtiens par rapport à leurs demandes de la baisse du coût de l’essence compte tenu de la baisse généralisée de ce produit sur le marché international, il s’avère que les étudiants soulèvent plusieurs problèmes par rapport à la gestion et à l’approvisionnement des produits pétroliers en Haïti.

Premièrement, la démarche du mouvement des étudiants haïtiens soulève indirectement sans le dire, la question des clauses du contrat du programme Petro Caribé que le gouvernement haïtiens a négocié avec le vénézuela à savoir que le gouvernement haïtien ait mal défendu ses intérêts dans ce contrat.

En ce sens, et ou bien le gouvernement n’a pas dévoilé tout le contenu de ce contrat en ce qui concerne les situations ou le prix du pétrole arriverait à chuter sur le marché international. Si telle est la situation, le gouvernement aurait dû expliquer tout cela clairement.

Je serais d’avis par conséquent que le Commandante Hugo Chavez s’était bien protégé et qu’il a été le plus grand gagnant pour son pays dans ce contrat.

Nos représentants n’ont pas su défendre les intérêts du pays comme cela devait se faire, ils ont péché comme toujours la situation avec nos dirigeants. Il leur suffit d,avoir quelques avantages ersonnels pour négliger les intérêts du pays.

Deuxièmement,  la démarche du mouvement des étudiants haïtiens touche un autre aspect caché du programme Petro Caribé c’est la question des marges de profit que profite le gouvernement et les grands distributeurs de l’essence dans le pays.

En effet, alors que le pétrole est ou du moins a été vendu à un prix préférentiel au gouvernement haïtien au moment où le prix était très élevé sur le marché international, les membres du régime martelly-lamothe empochaient et gaspillaient les marges bénéficiaires sans permettre à la population de profiter ou de respirer un peu.

Ils s’en sont servis abondamment sans agir sur le prix au détail et durant les deux premières années de grâce que le contrat accordait au gouvernement haïtien pour ne pas commencer à payer les intérêts de 1% que prévoyait le contrat, le Président Joseph Michel martelly engageait des projets par-ci et par-là sans faire des calculs prévisionels adéquats.

Comme conséquence, et nous le constatons actuellement, la chute du prix du pétrole sur le marché international ne permet pas au gouvernement d,avoir une certaine marge bénéficiaire suffisant pour baisser le prix au détail. 

Ce faisant le régime n’a pas été juste envers la population lorsque l’on considère les divers impacts qu’a le maintien du prix de l’essence à un prix très élevé sur les autres produits et sur les autres services dans le pays et plus particulièrement sur les populations à très faibles revenus. Le régime martelly a donc failli à ses obligations de faire baisser le coût de la vie dans le pays.

Surtout, il n’y a de services de transports en commun pour les plus démunis et dans un pays où ce sont les minorités bourgeoises qui maintiennent la chèreté de la vie dans le pays. Il était de la responsabilité du gouvernement et du régime martelly en général de tracer l’exemple pour les les grands distributeurs.

Revenons à présent à la question de violence dans la lutte étudiante et plus particulièrement des différerntces accusations portées contre le mouvement étudiant plus spécifiquement de l’usage de la violence.

En effet, si je disais dans les premiers articles que les étudiants m’avaient inspirés par contre, je ne partage pas l’idée de violence ou des actions violentes par les étudiants étant donné qu’ils doivent être des modèles pour l’ensemble de la société.

J’associe donc ces actions violentes à deux ou trois problématiques que les étudiants ne saisissent pas dans le contexte des luttes étudiantes en Haïti.

La première problématique c’est que il n’y a pas de luttes isolées. On a toujours besoin des autres pour mener une lutte, voire un combat. On a besoin de faire des alliances avec d’autres groupes et ces alliances peuvent être informelles ou non. Mais une chose est sûre il faut en faire.

D’un côté cela permet d’être informé l’évolution de la réalité du monde politique est des différentes actions qu’entendent mener les autres acteurs. D’un autre côté cela permet de se protéger contre les actes de terreurs du régime en place mais aussi de pouvoir planifier ses propres stratégies et en parlant de stratégie, l’alliance est par excellence une stratégie de lutte.

La deuxième problématique est associée à la première, c’est le transfert des actions violentes à d’autres groupes moins identifiables mais capables d’agir pour soi.  Bien que la meilleure option serait de conditionner ces groupes à agir sans alliances directes ou par personnes interposées, mais la réalité peut faire en sorte qu’il faut parfois négocier directementàvec des groupes soit sous formes de débats, sous formes d’échanges, d’interviews conjointes où les échanges personnels peuvent se faire de façon cordiale, amicale et en dehors des murs creux.

Dans le contexte du mouvement et surtout, de l’implication des jeunes universitaires haïtiens, les leaders du mouvement auraient dû transférer les actions dissuassives aux organisations populaires qui elles sont beaucoup plus identifiables à de telles actions même si dans la réalité ce sont les mêmes étudiants qui participent à ces actes de grabuges et de casse.  

Et l’une des meilleures façons pour assurer ce transfert de charges aux organisations populaires c’est de les pousser à s’identifer aux revandications du mouvement en signant des tracts, des graffittis ou si on peut l’obtenir des déclarations et des notes de presses enflammées afin que cela puisse enlever dans la tête de tout le monde que le mouvement étudiant lui-même n’est pas impliqué de près ou de loin à ces actes de violence.

La troisième problématique que soulève le mouvement étudiant c’est l’usage d’une seule revandication, celle de la baisse du prix de l’essence. En effet, comme le dit un vieux dicton il ne faut pas tous ses oeufs dans le même panier. En finance et en investissement, on dirait qu’il faut diversifier son portefeuille c’est-à-dire acheter et investir dans plusieurs produits financiers au cas où l’un de ses produits s’effond sur le marché.

Bref, l’assiette des revandications des étudiants haïtiens devaient englober plus de problèmes sociaux liés aux étudiants comme des laboratoires informatiques dans les facultés et ce avec assez de places pour tous les étudiants, des bonification des prêts et des bourses pour les études, des transports adaptés aux étudiants handicapés.

La seule revandication de la baisse du coût dfe l’essence est trop faible pour mener une lutte étudiante au delà de un mois, ça prend plus. Toutefois, elle n’est pas générale mon affirmation puisque de grandes luttes peuvent commencer par une seule revandication mais dans le cadre du mouvement actuel, il en faut plus qu’une seule revandication comme la basse du prix de l’essence.

Dans un prochain article, je partage avec vous mes expériences de luttes étudiantes à la fois à la faculté de droit et des sciences économiques de Port-au-Prince, à l’école Normale Supérieure et de mes collaborations avec les étudiants de la faculté de médecine, ceux de la faculté des Scioences humaines et de l’Éthnologie, de l’NAGHEI pas lorsque j’étais étudiant dans cette faculté mais lorsque j’avais déclenché le mouvement à la faculté de droit.  

Je profiterai pour vous expliquer aussi la complexité et les difficultés à engendrer des changements dans ce pays à commencer par les étudiants, ceux issus des masses populaires que la misère empêche d’avoir une conscience révolutionnaire car, une fois que tu leur donnes la possibilité d,avoir cinq piasses dans leurs poches, il peuvent devenir extrêmement violents et réactionnaires.

De même, dans ces prochains textes, je vous expliquerai certains de mes échecs en termes de financement et d’améliorations des conditions de vie de mes proches collaborateurs. Surtout, je vous expliquerai en quoi la participation d’un étudiant au mouvement étudiant et aux luttes engagées peuvent être des sources intarissables de grandes expériences personnelles, on y comprend la nature de nos frères les humains.

à suivre…

Hermann Cebert

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