Périodes déterminantes de l’histoire d’Haïti texte tel quel sur le site du président Joseph michel martelly: le mépris du régime martelly pour notre race, nos héros ; ou comment on écrit l’histoire avec et à partir des intérêts de classe


Périodes déterminantes de l’histoire d’Haïti: La période précolombienne, La période espagnole, L’influence française, La révolution haïtienne, Le combat pour la liberté, Instabilité, Occupation des États-Unis, Le rôle de la junte militaire, La dynastie des Duvalier, L’héritage des Duvalier

La période précolombienne

Avant l’arrivée de Christophe Colomb en Haïti, le pays s’appelait Quisqueya. L’environnement du pays, la flore et la faune, étaient tous extraordinairement diversifiés, luxuriant et abondant.
La population indigène, connue sous le nom de Taïnos, était organisée en cinq caciquats dirigés par un chef souverain, le cacique. Les Taïnos travaillaient sur une base communale, partageant toutes leurs possessions. Leur vie était basée essentiellement sur l’agriculture, la pêche et la chasse. On dit qu’ils étaient de nature docile, calme et très hospitalière. Quelques vestiges de la tradition orale des Taïnos sont encore présents, surtout dans l’utilisation de certains mots créoles.

La période espagnole

Les Espagnols ont occupé l’île d’Haïti et l’ont renommée Española (écrit Hispaniola, en français) signifiant “petite Espagne”. Ils ont exploité les ressources d’or et ont réduit les Taïnos à l’esclavage. Selon les archives historiques espagnoles anciennes, il y avait entre trois et quatre millions de Taïnos sur l’île en 1492. Environ 50 ans après l’arrivée de Christophe Colomb dans les Amériques, la plupart des Taïnos avaient été éliminés dus aux conditions de détresse de l’esclavage, aux massacres organisés par les Espagnols ainsi qu’à la propagation de maladies provenant de ces derniers. Le génocide des Taïnos en Haïti est une des annihilations d’Indiens les plus brutales faites par Christophe Colomb et ses hommes dans le Nouveau Monde.
Plus tard, Bartolomé Las Casas, un prêtre espagnol, protesta contre le massacre des Indiens et demanda l’arrêt des injustices quotidiennes commises contre ce peuple d’Hispaniola. Il prêcha pour l’importation des Noirs d’Afrique pour travailler dans les mines de façon à mettre fin à l’esclavage des Indiens sur l’île. Par conséquent, en 1503, les premiers noirs débarquaient sur l’île.

L’influence française

En 1625, les premiers aventuriers français débarquaient sur l’île de La Tortue (île Tortuga) au nord de que ce qui aujourd’hui est Haïti. Plus tard, ils allaient explorer et s’installer sur l’île d’Hispaniola, déplaçant graduellement les Espagnols de la partie occidentale de l’île par la guerre. Rebutés par les attaques françaises et des guerres en Europe, les Espagnols signèrent le traité de Ryswick avec la France en 1697, leur cédant la partie occidentale de l’île. Les Français renommèrent leur possession St-Domingue, une traduction de Santo Domingo, le nom de la partie orientale de l’île toujours aux mains des Espagnols. Les Français développèrent St-Domingue et celle-ci devint la colonie la plus prospère du monde. Pour accumuler cette richesse, la France importa des milliers d’esclaves de l’Afrique, changeant à tout jamais le portrait démographique de St-Domingue.

La révolution haïtienne

La population de St-Domingue était divisée en trois groupes principaux: les blancs, les affranchis- un groupe composé de noirs libres et de mulâtres, et des grandes masses d’esclaves. En 1789, la population de la colonie était répartie comme suit: entre 400 000 et 500 000 noirs, 25 000 blancs et 40 000 mulâtres. Un grand nombre des mulâtres étaient issu du viol de leurs mères esclaves par les colons blancs. Les colons adoptaient ensuite ces enfants et leur assuraient le nécessaire pour vivre. Ces enfants héritaient parfois de la richesse de leurs pères, et c’est ainsi qu’à la fin du 18ème siècle, les mulâtres possédaient environ 25% des plantations et de la richesse de la colonie, donnant à ceux qui le désiraient les moyens de poursuivre une meilleure éducation en France.

Toutefois, malgré leur richesse et leur éducation, leur couleur de peau demeurait une source de discrimination puisqu’ils étaient considérés inférieurs aux blancs devant la loi. Ils ne pouvaient pas exercer certaines professions, porter des vêtements européens, et s’asseoir parmi les blancs à l’église. Durant le 18ème siècle, des luttes entre les affranchis et les blancs s’ensuivirent car les premiers réclamaient l’égalité civique et politique tandis que les deuxièmes voulaient maintenir le statu quo. En même temps, les blancs réclamaient de la France le droit à une participation et un contrôle total de l’administration de la colonie. Leur objectif était de faire de St-Domingue un pays autonome de la France. Les deux groupes allaient exprimer leurs doléances au moment où se proclamaient les principes de “Liberté, Égalité et Fraternité” émanant de la Révolution française de 1789.

Le combat pour la liberté

Entre temps, les esclaves manifestaient leur rejet de leurs conditions de vie par différentes formes de résistance. Certains ont empoisonné leurs maîtres, d’autres ont tué leurs propres enfants pour les sauver des conditions infernales de l’esclavage. Il y eut d’autres formes de protestation comme le suicide collectif des Ibos. La forme de résistance d’esclavage la plus persistante qui a connu du succès est le marronnage. Le marronnage est la fuite des esclaves des plantations pour se réfugier dans les montagnes ou les terres intérieures de l’île. À partir de leur repaire, les nègres marrons planifiaient des attaques contre les plantations.

Un des nègres marrons haïtiens les plus connus fut un homme appelé François Mackandal. Il était aussi un houngan, ou un prêtre vodou de la Guinée. La nuit, il attaquait des plantations tout en brûlant, pillant et tuant les propriétaires. Durant sa révolte qui dura six ans, ses compagnons et lui auraient tué près de 6 000 blancs. Toutefois, en 1758, il fut capturé par les Français qui l’exécutèrent sur la place publique du Cap Français (aujourd’hui Cap-Haïtien).

En 1791, alors que les blancs et les affranchis réclamaient l’égalité des droits et une plus grande participation dans l’administration de la colonie, les noirs s’engagèrent dans une rébellion sanglante qui éventuellement permit la création de l’État d’Haïti et l’abolition de l’esclavage sur cette terre.

Le 14 août 1791, un autre houngan nommé Boukman, organisa un rassemblement avec les esclaves dans les montagnes du Nord. Ce rassemblement prit la forme d’une cérémonie vodou dans le Bois Caïman situé dans les montagnes du nord de l’île. Il pleuvait et le ciel était couvert de nuages; les esclaves partageaient leur rage face à leurs conditions de vie. Une femme se mit à danser langoureusement dans la foule, possédée par les loas. Avec un couteau en main, elle trancha la gorge d’un cochon et distribua le sang à tous les esclaves présents qui jurèrent de tuer tous les blancs sur l’île. Le 22 août 1791, les noirs du Nord commencèrent une rébellion, tuant tous les blancs qu’ils rencontraient sur leur chemin et brûlant toutes les plantations de la colonie. Toutefois, les Français réussirent à capturer le chef des esclaves Boukman, et il fut décapité, ce qui mit un frein à la révolte. Tout comme Mackandal, Boukman avait réussi à convaincre les noirs qu’il était invincible. Par conséquent, les Français gardèrent la tête de Boukman exposée sur la place publique du Cap pour prouver que leur chef était bel et bien mort.

Toutefois, les idées de la révolution française, soit «Liberté, Égalité, Fraternité» avaient déjà enflammé l’esprit des esclaves; même si la mort de Boukman avait temporairement arrêté la rébellion du Nord, elle ne put empêcher le soulèvement des autres noirs du pays contre les conditions humiliantes de l’esclavage. La révolution qui allait donner naissance à la République d’Haïti était entamée.

Toussaint Louverture est le plus grand leader issu du peuple haïtien en révolte. Il s’avéra être un militaire ingénieux et un dirigeant formidable. Il organisa les masses d’esclaves en une armée. Il gagna de la notoriété dans la colonie entière par des stratagèmes politiques et des campagnes militaires. Entre 1791 et 1800, Toussaint usa de la ruse pour créer des conflits entre les Français, les Espagnols et les Anglais. Il réussit à éliminer tous ses ennemis et resta le seul avec le pouvoir à St- Domingue (Haïti). En 1801, il était le seul à gouverner l’île entière et s’autoproclama Gouverneur de la colonie. La même année, une constitution fut rédigée déclarant St-Domingue une possession française autonome où l’esclavage était aboli.

Napoléon, inquiet de voir le pouvoir grandissant de Toussaint dans la colonie, envoya un bataillon de 82 000 soldats sous le commandement de son beau-frère, le Général Leclerc, ainsi qu’une flotte de navires de guerre, des canons, des munitions et des chiens pour ramener de l’ordre à St-Domingue. La guerre, qui dura deux ans, se termina en une impasse. Toutefois, lors d’une réunion en juin 1802, les Français ont trahi Toussaint Louverture en l’arrêtant. Il fut exilé en France et est mort en avril 1803, dans la Forteresse du Joux, située dans les hauteurs des Alpes.

Toussaint avait laissé des généraux compétents afin de poursuivre le combat. Après son arrestation, Jean-Jacques Dessalines assura le commandement de la Révolution haïtienne et réussit à atteindre l’objectif ultime. Parmi les autres dirigeants importants de l’époque, mentionnons Alexandre Pétion, François Capois surnommé « La Mort », Henri Christophe et Boirond Tonnerre.

Haïti fait son apparition sur la scène mondiale comme la première république indépendante noire le 1er janvier 1804.

La révolution d’Haïti contre le colonialisme et l’esclavage fut le premier mouvement populaire aboutissant à un État dirigé par des noirs.

Le 1er janvier 1804, les héros de l’Indépendance, honorant la mémoire des Indiens qui avaient été massacrés par les Espagnols renommèrent l’île sous son nom original Taïnos, Haïti. Dans la langue des Taïnos, Haïti signifie «grande terre» ou «terre montagneuse». Afin de compléter son plan de libérer le pays de la domination blanche, et pour se protéger du retour possible des Français, Dessalines ordonna le massacre de tous les Français demeurés sur l’île. Au niveau international, le pays était ostracisé; il n’avait pas de relations diplomatiques avec les nations de l’Europe ni avec les États-Unis. Au début, le gouvernement français refusa de reconnaître la république et demanda de la nouvelle nation un paiement de 150 millions de francs en indemnités. D’autres pays tels que l’Angleterre et les États-Unis voyaient Haïti comme une menace pour leurs colonies. Cette perception d’Haïti s’intensifia lorsqu’Haïti se mit à aider d’autres pays de l’Amérique du sud dans leur lutte pour la liberté et contre la mainmise des Espagnols. Haïti vit encore dans l’isolement à cause des médias mal informés qui perpétuent cette image négative du pays.

Suite à la révolution, l’animosité et les divergences d’intérêts qui existaient entre les noirs et les mulâtres refirent surface après l’élimination des blancs de la société haïtienne. Les mulâtres qui avaient recherché l’égalité avec les blancs avant 1804 réclamèrent les plantations restantes comme l’héritage de leurs pères colons. Certains d’entre eux avaient des documents pour prouver leurs réclamations mais la majorité n’en avait pas. Cette situation eut pour conséquence la division de la société en deux groupes: la minorité de mulâtres et la majorité de noirs. Malgré le désir de Dessalines de voir la nation s’unir, la plupart des mulâtres n’approuvaient pas de l’empereur pour des questions raciales. Il tenta de gouverner la nation en se référant à la seule expérience organisationnelle qu’il avait appris par la guerre soit, le recours à des moyens sévères pour stimuler la productivité agricole par le système de plantations. Il adopta des mesures pour confiner les travailleurs à leur lieu de travail et imposa des punitions sévères aux fugitifs.

La majorité noire sentait que leur situation ne s’était par vraiment améliorée. Dessalines ne réussit pas à plaire aux deux côtés tout en contrôlant le pouvoir central d’une main de fer. Le 17 octobre 1806, alors qu’il était en route vers Port-au-Prince, il fut assassiné et son corps mutilé. Suite à son assassinat, le pays fut divisé en deux républiques avec le nord dominé par Henri Christophe et le sud par Pétion.

Henri Christophe s’autoproclama roi dans le nord alors que Pétion s’autoproclama président à vie dans le sud. Lorsque Pétion est mort en 1818, Christophe tenta d’unir le pays sous son pouvoir sans succès. Jean Pierre Boyer succéda à Pétion dans le sud. En 1820, Christophe était paralysé par la montée en puissance de ses opposants dans le sud alors que son pouvoir s’affaiblissait sur son armée. Le 20 octobre 1820, de peur d’être défait par ses ennemis, il se suicida. Le 26 octobre de la même année, Boyer prit possession du nord du pays. Haïti redevint une nation unie sous Boyer. En 1822, il envahit la partie orientale de l’île y abolit l’esclavage et unifia l’île entière sous la République d’Haïti pendant 22 ans jusqu’en 1844.

Boyer considérait le refus de la France de reconnaître l’indépendance du pays comme la plus grande menace à l’intégrité du pays. En 1825, il signa l’ordonnance de la France exigeant 150 millions de francs en échange de la reconnaissance de l’indépendance. La soumission de Boyer à l’ordonnance a non seulement vidé les coffres de l’État mais a aussi hypothéqué le futur du pays par rapport aux Français. En 1844, une révolution renversa la présidence de Boyer.

Instabilité

Après Boyer, le pays a plongé dans plusieurs décennies d’instabilité politique jusqu’à l’occupation américaine en 1915. Un des premiers gouverneurs américains qui fut assigné à Haïti, M. Leyburn, résumait la situation en ces mots: «Des vingt-deux chefs d’État entre 1843 et 1915, seulement un a rempli son mandat présidentiel à terme, trois sont morts durant leur mandat, un est mort dans l’explosion de son palais, un autre fut mutilé par la populace et un autre démissionna. Les autres quatorze années ont été déchues par la révolution après des inclémences allant de trois mois à douze ans. »

Occupation des États-Unis

Les États-Unis avaient un intérêt grandissant dans les Caraïbes. Les É-U voulaient renforcer la sécurité de leurs bases navales dans la région alors que la possibilité d’une guerre en Europe s’accentuait au début des années 1900. Des rumeurs s’étaient fait entendre à Washington comme quoi Berlin pensait établir une station de charbon à Môle Saint-Nicolas (Mòlsennikola) pour desservir la flotte navale allemande. Pour légitimer l’invasion d’Haïti en 1915, les États-Unis ont usé de la «doctrine Monroe», une politique qui s’opposait à une intervention européenne dans l’hémisphère occidental, et du «corollaire Roosevelt» par lequel les États-Unis assuraient la responsabilité de l’intervention directe en Amérique latine de façon à vérifier l’influence des puissances européennes. Cette année-là, le Président Vilbrun Guillaume Sam exécuta 167 prisonniers politiques, les États-Unis utilisèrent ce prétexte pour envahir le pays et l’occuper pendant 19 ans entre 1915 et 1934, contrôlant ainsi toutes les décisions gouvernementales du pays. Ils ont réécrit la constitution, révoquant l’article qui interdisait aux étrangers d’être propriétaires de terres en Haïti. L’armée américaine créa les Forces Armées d’Haïti dont l’objectif était de maintenir la paix et la stabilité.

Le rôle de la junte militaire

Après le départ des Américains, la présidence fut léguée à Stenio Vincent. Toutefois, lorsque celui-ci tenta de rester au pouvoir pour un troisième mandat, ils manipulèrent Elie Lescot pour qu’il puisse prendre le pouvoir. Ce dernier fut forcé à démissionner le 11 janvier 1946 suivant une série de manifestations dans tous les secteurs du pays. Le résultat de son renversement fut la formation de la junte militaire connue sous le nom de Comité exécutif militaire. La junte était composée de trois membres qui élurent l’Assemblée nationale en mai 1946. L’Assemblée fixa des dates pour une sélection présidentielle ainsi que pour des élections législatives. De ce processus émergea au pouvoir Estimé, un civil anti-mulâtre. Estimé suggéra que le vodou soit considéré égal au catholicisme, il augmenta les salaires des fonctionnaires et la représentation des noirs dans le secteur public. Toutefois, le mécontentement de l’élite envers Estimé l’envoya en exil escorté par l’armée. Haïti annonça alors sa première élection présidentielle générale sous la direction de la junte militaire. C’est alors que Paul Eugène Magloire, un colonel de l’armée, démissionna de la junte et se présenta avec succès comme candidat à la présidence.

Magloire fit la même erreur que plusieurs de ses prédécesseurs en considérant ouvertement de prolonger son mandat présidentiel. Des manifestations à travers le pays l’amenèrent à fuir vers la Jamaïque laissant le pays dans les mains de l’armée pour la restauration de l’ordre. Une phase chaotique suivit la chute de Magloire où pas moins de trois présidents provisoires se sont succédé durant cet intervalle. En 1957, François Duvalier fut élu président d’Haïti suite à une élection qui s’est déroulée sous les yeux de l’armée.

La dynastie des Duvalier

François Duvalier produisit une nouvelle constitution qui servit à renforcer son pouvoir, et éventuellement lui permettre de se proclamer président à vie en 1964. Basé sur l’expérience de ses prédécesseurs, il avait vite appris qu’il aurait besoin d’une garde personnelle pour se protéger des coups militaires; c’est ainsi qu’il créa les « Tonton Makouts », un groupe paramilitaire ayant une loyauté personnelle envers le président. Les États-Unis ont annulé leur aide vers la mi-1962, refusant de se plier aux mesures strictes imposées par Haïti comme condition de renouvellement du flux d’aide. Sous le règne de Duvalier, des milliers d’Haïtiens ont fui le pays, se réfugiant à l’étranger. Il a tout de même maintenu le pouvoir jusqu’à sa mort en 1971; il désigna son fils, Jean Claude, comme héritier du pouvoir juste un peu avant sa mort.

Jean Claude Duvalier n’avait que dix-neuf ans lorsqu’il est devenu le président d’Haïti. Il n’avait jamais montré d’intérêt pour la politique haïtienne et avait grandi dans un environnement protégé. Sous le « nouveau régime », les États-Unis ont restauré l’aide à Haïti en 1971. Toutefois, en réponse à la pression des États-Unis, Jean Claude avait accepté d’abattre tous les porcs originaires d’Haïti pour les remplacer par les espèces importées des agences d’aide internationale américaines. Les États-Unis se méfiaient qu’une maladie qui avaient affectés des porcs en République dominicaine -la peste porcine d’Afrique- se propage jusqu’en Amérique du nord. Pour les paysans, les porcs représentaient un capital actif critique qui ne demandait que très peu d’entretien contrairement à l’espèce importée. Ainsi, en cédant à la pression des É-U, Jean Claude a détruit l’économie de subsistance des paysans; cette décision allait éventuellement mener à la chute de son gouvernement lors du soulèvement populaire de 1986.

L’héritage des Duvalier

Le 7 février 1986, sous la pression interne et avec l’aval des États-Unis, Jean Claude démissionna et quitta le pays. La majorité des Haïtiens ont célébré son départ et la fin du règne de la dynastie des Duvalier. Le pays était sous le commandement du Conseil national du gouvernement (CNG) et entra dans une nouvelle phase d’instabilité passant par une succession de gouvernements militaires. De 1981 à 1991, le pays vécu quatre coups d’État militaires. Une élection était organisée au mois de novembre 1987 pour élire un nouveau président. Plusieurs milliers d’Haïtiens ont perdu leur vie en essayant de voter; éventuellement, l’élection fut annulée. Une deuxième élection fut organisée mais peu de citoyens se rendirent aux urnes. Le gagnant de cette élection, Leslie Manigat, fut victime d’un coup d’État militaire trois mois seulement après le début de son mandat.

Suite à plusieurs gouvernements militaires, Jean Bertrand Aristide, un jeune prêtre catholique charismatique, gagna l’élection générale et fut renversé par un coup d’État en septembre 1991, sept mois après son entrée au pouvoir. Toutefois, les Haïtiens avaient acquis une voix importante dans la diaspora et ont réclamé des indemnités et le retour d’Aristide en manifestant plusieurs nuits dans les rues de New York et devant l’édifice de l’ONU. En Haïti, Raoul Cedras, le leader du coup d’État, nomma des citoyens à la présidence pendant qu’Aristide négociait son retour avec les États-Unis.

Aristide a été réélu en 2000, toutefois l’élection fut contestée par la communauté internationale qui dénonça de la fraude massive plongeant ainsi le pays dans un état de chaos. En 2004, après plusieurs mois de manifestations populaires, le contexte économique difficile et les accusations de corruption créèrent une forte pression sur le gouvernement et exhorta la communauté internationale -en particulier la France, les États-Unis et le Canada- à forcer l’exil d’Aristide le 29 février 2004. La Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (connue sous l’acronyme MINUSTAH) est dans le pays depuis 2004.

Suite au départ d’Aristide, Boniface Alexandre assuma l’intérim. En février 2006, après des élections marquées par de l’incertitude et des démonstrations populaires, René Préval, ancien collègue proche d’Aristide et ancien président de la République d’Haïti entre 1995 et 2000, gagna les élections présidentielles.

Michel Joseph Martelly, musicien et compositeur, est président de la République depuis le 14 mai 2011. Le 21 avril 2011, le Conseil électoral provisoire le déclare officiellement vainqueur du second tour de scrutin, qui s’est tenu le 20 mars précédent, avec 67,57 % des voix face à Mirlande Manigat. Son investiture a lieu le 14 mai 2011.

références: http://www.presidence.ht/a-propos-dhaiti/histoire/

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