Tous les Norvégiens millionaires: Espérons que le Gouvernement Martelly-Lamothe négociera bien les intérêts des Hâïtiens avec les 100 trillions des Mines de Pétrole


Le fonds gouvernemental qui collecte les revenus pétroliers du pays a atteint le palier symbolique du million de couronnes par habitant. L’argent doit servir à assurer l’avenir des générations futures, lorsque la manne pétrolière se sera tarie.

             Mercredi 8 janvier 2014, tous les Norvégiens sont devenus millionnaires. Du moins en théorie. Le fonds destiné à collecter -et faire fructifier- les revenus nationaux liés au pétrole a atteint 5110 milliards de couronnes (607 milliards d’euros), ce qui représente un capital d’un million de couronnes par Norvégien, soit 120.000 euros.

Mais pas question pour eux de toucher quoi que ce soit. L’argent est mis de côté pour les générations futures qui ne pourront plus bénéficier des revenus pétroliers lorsque la manne se sera tarie. «Beaucoup de pays se sont aperçus que les importants bénéfices tirés de l’exploitation de ressources naturelles produisaient des effets qui se révélaient finalement passagers et étaient suivis d’ajustements difficiles», a souligné la ministre norvégienne des Finances, Siv Jensen.

Des investissements stratégiques

Prévoyante, la Norvège a mis en place dès 1990 le Fonds gouvernemental pour le pétrole, rebaptisé en 2006 Fonds de pension gouvernemental, bien qu’il n’ait rien à voir avec les retraites. Il est alimenté par tous les revenus pétroliers, des impôts aux permis d’exploitation de gisement, et est directement géré par la Banque centrale norvégienne.

L’argent n’y fait cependant pas que dormir. Il est investi dans un certain nombre de sociétés, européennes notamment, qui contribuent à faire fructifier le capital national. Prudente, la Banque centrale ne prend jamais de participation supérieure à 5% et uniquement dans des sociétés qui respectent les principes éthiques érigés par le fonds. Sont notamment exclues de tout investissement les entreprises contribuant à la fabrication de mines antipersonnel ou d’armes nucléaires. Safran et EADS, qui font partie du programme nucléaire européen, ne peuvent ainsi recevoir l’appui du fonds norvégien. Plus étonnant pour une structure qui tire ses revenus du pétrole, les entreprises impliquées dans la fabrication de tabac font également partie de la liste noire.

La stratégie norvégienne porte en tout cas ses fruits. Le Fonds de pension gouvernemental est aujourd’hui le plus riche au monde, devant l’Agence monétaire de l’Arabie saoudite (497 milliards d’euros) et l’Adia, le fonds d’investissement des Émirats arabes unis (461 milliards d’euros). Le fonds d’investissement stratégique français se classe lui vingt-huitième, avec une réserve de 18,7 milliards d’euros. Alors que de nombreux pays d’Europe croulent sous les dettes, la Norvège détient actuellement environ 1% de la capitalisation boursière mondiale. De quoi envisager l’avenir sereinement, loin de toute cure d’austérité.

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