Jacques Parizeau, croit sincèrement que le Parti québécois va trop loin avec son projet de charte des valeurs.


L’ancien premier ministre du Québec, Jacques Parizeau, croit sincèrement que le Parti québécois va trop loin avec son projet de charte des valeurs. En entrevue avec Pierre Bruneau au TVA Nouvelles de 17h, il n’a pas hésité à dire qu’on devrait tous «se calmer un peu».

Il a d’abord tenu à spécifier qu’il n’était pas contre la charte en soit, qu’il considère même comme la bienvenue après tant d’années.

«C’est très bien que le projet de charte établisse juridiquement des principes comme celui de la séparation de l’Église et de l’État, la laïcité de l’État, la neutralité de l’État à l’égard des questions religieuse, de la prépondérance de l’égalité entre homme et femme, ça règle les vrais problèmes», a-t-il expliqué.

Pour lui, là où le gouvernement va trop loin, c’est en ce qui concerne les signes ostentatoires.

«Quand la charte aborde la question des signes ostentatoires, là je trouve que ça va trop loin», a ajouté M. Parizeau qui considère qu’il n’y a pas de problème à ce niveau-là au Québec.

Il s’est lui-même dit surpris des résultats d’un récent sondage sur la question du port du voile où quelque 70% des répondants étaient contre le fait de renvoyer un employé qui refuse d’enlever son voile ou sa croix.

«Les Québécois qui ne sont pas méchants, les trois quarts disent « Ah bien non, ce n’est pas correct ». C’est ça que la charte impliquerait», a-t-il ironisé.

Pas tout de suite dans les écoles

L’ancien premier ministre croit toutefois que le projet de charte ne devrait pas s’appliquer tout de suite dans les écoles. Il croit que le problème réside dans notre système complexe de commissions scolaires alliant écoles francophones et anglophones ainsi que publiques et privées.

«L’école, ici comme partout ailleurs dans le monde, c’est le creuset où l’identité d’un peuple, l’identité d’une nation se définissent. La constitution nous impose depuis toujours deux systèmes publics. Un en français et un en anglais. C’est unique dans le monde», a-t-il dit.

Toutefois, le véritable problème selon lui réside dans le fait qu’on doit d’abord analyser notre système scolaire, particulièrement au privé.

«En plus de ça, on a un réseau d’écoles privées. Immense et religieux pour l’essentiel où on ne sait pas ce qu’il se passe là-dedans. Un beau jour il va falloir qu’on règle ça.»

Et le crucifix?

L’ancien politicien pense que l’on devrait retirer le crucifix qui trône à l’Assemblée nationale. Il a même exposé à Pierre Bruneau de quelle façon il procéderait.

«J’espère que le président de la chambre, quand tout le monde sera en vacances, discrètement en parlera aux différents partis politiques et qu’il le fasse déplacer ailleurs. Moi je suggère la galerie des présidents […] ça irait très bien là-bas, a-t-il raconté. Entre nous, les évêques sont d’accord avec ça. On va quand même pas être plus catholique que le pape!»

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