Himler RÉbu: Ie Musolini d’haïti cherche le leadership de l’extrême droite fasciste en appelant à la dictature de la bourgeoisie


Port-au-Prince le 8 juillet 2013 Son Excellence Michel Joseph Martelly Président de la République Palais national Monsieur le président, Le 14 mai 2013, vous avez fêté le deuxième anniversaire de votre accession au pouvoir. De nombreux citoyens, du nombre desquels je suis, ont jugé l’initiative rocambolesque.

D’autres, les mauvaises langues, et Dieu seul sait qu’ils sont nombreux, croient dur comme fer que ces décisions intempestives sont le produit de votre tempérament bambocheur que vous utilisez, intelligemment, comme couverture pour alléger les caisses de l’État, remplissant ainsi vos poches et celles de vos proches.

Ce sont là des choses qu’on ne vous dira pas ; c’est pourquoi, moi, je vous le dis. Personnellement, je crois que cette initiative vous a coûté de l’argent et de l’énergie qui pourraient être utilisés ailleurs, plus positivement, et, avec de sérieux bénéfices.

Au travers des ratés de cette mémorable soirée qui, en fait, vous a rapporté des emmerdes politiques : un parlementaire à genoux, en public, devant vous, une déstabilisation de votre équipe gouvernementale, j’ai plutôt vu votre entrée dans la troisième année de votre pouvoir.

C’est sur ce détail que je veux attirer votre attention. Mon observation de la scène politique haïtienne, m’a amené à la conclusion que le tissu social haïtien, face aux gouvernements désordonnés, a trois ans comme seuil de saturation.

La gestion chaotique de mes compagnons d’armes, après le coup d’État de 1991 a duré trois ans. Celle, ouvertement déviante et criminelle du président Jean Bertrand Aristide, suite à son retour frauduleux au pouvoir, aussi a duré trois ans. Les deux premières années de votre mandat ont été à la dimension de vos pulsions de star, politiquement inexpérimentée, absolument têtue et, tolérant très peu les idées contraires.

Vous avez pourtant fait la preuve que vous savez vous arrêter mais, uniquement, après que vous vous soyez échaudé et, face aux ultimes conséquences de vos décisions politiquement illogiques.

Vous avez, jusque là eu le bon réflexe de ne pas franchir le rubicond : Back dans l’affaire du député Arnel Bélizaire, back dans la bête saga de l’armée de vos anciens militaires et attachés, back dans le montage déraisonnable et carrément illégal de votre CEP adelante permanent, back dans cette affaire du Morne l’hôpital ; je vous fais grâce de toute la liste. Vous êtes entré, le 14 mai 2013, à l’orée de votre troisième année de mandat et, vous ne vous imaginez pas le nombre d’obstacles naturels qui jalonnent votre chemin et vous attendent de pied ferme. Vous ne pouvez pas vous soustraire, par vous-même, de cette voie imposée ; vous ne pouvez pas, non plus vous y engager sans en sortir meurtri et affligé.

Malheureusement, depuis le 4 avril 2011, vous êtes devenu le 56ème président d’Haïti avec toutes les conséquences qu’une telle fonction, dans notre pays, suppose. Les périls qui vous attendent ne sont pas uniquement les vôtres à vous tout seul ; ils sont surtout le lot de toutes les haïtiennes et de tous les haïtiens, surtout ceux qui croient ne pas faire de la politique. C’est pourquoi je vous écris à vous mais, à travers vous à toute la société haïtienne victime naturelle des déboires à venir. Sur la voie de l’échec d’un subtil aménagement politique Monsieur le président, Vous êtes le premier à savoir que votre arrivée au pouvoir est un subtil aménagement politique de l’international qui, de plus en plus, a conscience de s’être fourré dans un labyrinthe capable de le l’embarrasser si non le discréditer très fortement.

Aux premières heures des 7 et 8 décembre 2010, vous étiez le premier à remettre en question les élections et leurs résultats, le premier à manifester dans les rues pour le renvoi des joutes. C’est cet heureux accident de l’histoire qui a fait voir que vous aviez certaines qualités et un sens pulsionnel du leadership libertaire au coeur de circonstances particulières. Vous êtes devenu, pour cette raison et bien d’autres non encore déclarées, l’homme de la situation. Il ne faut pas croire, monsieur le président, que mon intervention accidentellement simultanée avec l’ambassadeur Mullet et l’ambassadeur Merten sur les antennes de signal FM, le 2 avril 2011, deux jours avant la proclamation des résultats, à l’émission MOMENT VERITE était innocente. Le mensonge démocratique dans lequel nous avons été entrainés n’a, dans les faits, après vingt cinq ans, produit qu’une totale déstructuration de la société haïtienne ayant transité par la mise en berne de toutes nos valeurs fondamentales.

Le système politique est uniquement alimenté par des partis politiques, branches d’un tronc unique, qui ont pu, le temps aidant, se structurer à partir d’une longue série d’élections frauduleuses et surtout à partir des caisses de l’État. Cette infrastructure politique s’est elle-même désintégrée à un point tel qu’arrivé au pouvoir avec uniquement, et sur le plan strictement théorique, trois députés, vous pouvez vous targuer, aujourd’hui, d’une majorité, à la chambre basse, forte de cinquante cinq membres. Aucun parti politique ne peut ramener, à part la secte lavalassienne, ces brebis galeuses dans le rang. C’est la preuve par quatre que les partis politiques, à part l’OPL, sont, aujourd’hui, une illusion en Haïti. Force est de reconnaître que les partis qui seraient de fondement idéologique opposé à certains groupes d’anarchistes de la gauche haïtienne n’ont jamais su s’organiser. C’était là, d’après moi, le sens de votre mission.

Le retour du président Jean-Claude Duvalier suivi de celui du président Jean Bertrand Aristide visait, simplement au recentrage des forces politiques et, votre présidence était le bras organisateur de la droite haïtienne pour le rééquilibrage du système. Malheureusement, vous ne l’avez pas compris. Et, votre entourage politique, probablement, avait d’autres soucis immédiats ou ne pouvait oser vous le dire.

Vous allez donc redéposer sur la table de l’international la même copie bourrée de fautes et d’erreurs en réinstallant au pouvoir le système Aristidien qui a eu l’intelligence de saisir le sens de la manoeuvre et a, au départ, infiltré votre pouvoir en flattant vos bas instincts et en vous promettant la paix des rues. En vous utilisant pour une si délicate manoeuvre, l’international s’est encore trompé en Haïti. Il n’y a que la structure politique du président Aristide qui se soit renforcée en occupant, dès les premiers moments de votre pouvoir, tous les espaces stratégiques de l’appareil politique.

Regardez autour de vous les agents politiques et la nature dévoyée des projets de votre gouvernement ! La manifestation de ce concept faussement populaire de cette réalité est la stupidité intellectuelle de cette UNIVERSITÉ D’INTÉGRATION prônée au cours de l’assemblée des pays du Petro caribe au Nicaragua. Vous avez validé l’idée et, l’avez même imposée aux autres membres de l’assemblée qui, à l’avenir se démarqueront subtilement de ce projet farfelu et bassement populaire.

Il y a trop de comparaisons trop vite faites sur ce qui se passe en Amérique Latine, il y a trop de pulsions faussement populaires dans votre équipe gouvernementale. Je suis un anti Aristide et un centriste de droite Je suis un anti Aristide. Je l’ai dit et, je l’écris afin que nul n’en prétexte ignorance. Je suis contre la méthode Aristide. Le président Jean Bertrand Aristide a un sens aigu du luxe et des hauteurs mais est convaincu qu’il ne peut l’obtenir qu’à travers la misère et la crasse du peuple. La misère est son vivier.

Or la misère qui nous entoure devient nôtre. N’est-il pas vrai que l’étranger refuse à l’Haïtien cultivé et non misérable sa qualité d’Haïtien ? La gauche qui aurait pu modifier la crasse du peuple était celle de Gérard Pierre Charles ou de Réné Théodore. Pas celle du faux adepte de la théologie de libération ; au fait, rejeton de la droite réactionnaire. Toute la clique ayant vécu autour de ces pouvoirs prétendument de gauche, pendant plus de vingt ans, a utilisé la misère et la crasse des gens des bidonvilles qu’ils se sont évertué à faire proliférer pour s’en servir comme vivier pour leur propre richesse.

Savez-vous pourquoi les oeuvres que vous inaugurez avec empressement sont celles que le président René Préval a conçues et engagées avant de s’en aller ? C’est que ce dernier n’a pas dans son histoire personnelle des raisons d’être un aigri. Il a vécu enfant et jeune dans une certaine hauteur même si la rébellion naturelle de l’âge et ses accointances universitaires l’ont fait dévier vers cette gauche qui nous habite tous à un âge de la vie. Monsieur le président, Vous vous souvenez, sans doute du jour où je suis accouru vers vous à votre bureau.

C’était pour vous mettre en garde contre le retour d’Aristide au pouvoir à travers les collectivités territoriales. C’était la première fois que je vous rencontrais et, je suis sorti de cette rencontre déboussolé face à la dimension incompressible de la vedette qui vous habite au point que vous ne puissiez que vous écouter vous-même. J’ai conclu que vous n’étiez pas aidable en dehors d’une série de petits échecs. Et, vous en avez eu. Deux ans d’égarements nous ont fait perdre le timing de l’organisation politique pour l’incontournable combat électoral. Vous avez, évidemment, gagné en sagesse et sobriété. La bête qui vous habite a, aujourd’hui, j’espère, le sens du danger qui rôde autour. Le jour de notre rencontre, vous avez demandé à ce que je sois installé à un bureau pour approfondir, pour votre jeune pouvoir ma réflexion. Je ne suis pas revenu car je n’étais pas venu chercher un poste qui, naturellement revenait à ceux qui avaient sué pour votre accession au pouvoir. J’avais raison car, je n’ai pas été, non plus rappelé. Ma présence à ce moment là eut été totalement contre productive.

Mes efforts pour monter un strategic team, en dehors des cercles exécutifs du pouvoir ont été contrés par ceux-là qui ne voient dans le pouvoir que l’accès aux privilèges, ignorant totalement le lourd fardeau des responsabilités se sachant à l’abri des conséquences. Votre pouvoir est, sur le plan dogmatique, doctrinal et idéologique, mon pouvoir même si vous n’avez qu’une très légère conscience de ces facteurs et des conséquences de leur mépris dans la sphère politique. Le 8 mai 2013, une fausse manoeuvre de votre entourage a fait sortir la bête de sa cage, la tirant de ses questionnements. Ceci a eu la vertu de consolider la base de ses espoirs. Des pas en avant dans le processus nous enliseraient tous en nous réduisant à un hypothétique espoir que l’homme, au travers des ses déboires eut appris, eut changé.

Voilà à quoi nous a réduit l’esprit débile et jouisseur des enfants qui alimentent certaines décisions de votre pouvoir. Pourtant, cette victorieuse sortie n’a pas que des défauts. Elle peut être utile à vous rappeler que je vous avais prévenu quand vous n’aviez même pas encore eu votre premier cabinet ministériel. Elle peut être utile à nous faire comprendre les potentielles conséquences de notre retard organisationnel. Elle devrait être à la base d’une pirouette stratégique nous permettant de rattraper le temps perdu. Le temps perdu et la spirale politique Du temps, nous en avons perdu monsieur le président. Deux précieuses années perdues dans de l’égarement, dans le mépris des règles de base qui gouvernent l’action politique. Une course folle de l’après-midi du 14 mai 2011 à la bête soirée du 14 mai 2013. Des déboires silencieux et de précieux succès ensevelis sous le poids d’une propagande inintelligente et tapageuse. Même la meilleure de vos réalisations, aux pieds du morne à cabris, ne peut témoigner de votre action tant on avait oublié, dans les prescriptions du GREH sur les villages que l’âme de l’affaire était la participation, au départ des bénéficiaires, dans toutes les phases de la construction.

Un nouveau village ne peut survivre que par l’existence de tous les services de base et un environnement économique intégrée. Vous risquez de faire émerger une classe d’affairistes s’appropriant les maisonnettes pour monter leur propre commerce et, finir par condamner l’oeuvre à la déchéance qui a été le sort d’un autre village voisin improprement conçu. Du temps de la non négociation en politique à celui d’un CEP qui n’existe dans aucune référence légale et constitutionnelle, nous semblons marcher vers des élections dont le destin le plus clair est le tohu-bohu qui vous emportera du fauteuil présidentiel et nous balancera vers l’inconnu des manoeuvres politiciennes. Plaise au ciel que le père lebrun nous soit épargné! Qui, aujourd’hui, est préparé pour remporter la palme dans cette ambiance qui s’annonce ? Vous l’avez reconnu vous-même que de l’année 2013 à l’année 2020, nos folles structures légales, encore que nous n’ayons aujourd’hui aucune certitude de leur existence, nous engagent dans une séries d’élections.

Nous ne sommes pas prêts pour le combat électoral. Vous vous retrouvez, Excellence dans la spirale politique. C’est le dernier endroit rêvé pour le meilleur des maquillons. Et, le spontané pulsionnel que vous êtes n’en est pas un. A moins que vous ayez été dès le départ un traître consentant, engagé avec Aristide dans un mariage diabolique du donnant-donnant politique. Il n’y a que vous à pouvoir répondre à cette hypothèse. A cette question. Moi, je crois que vous vous y êtes fourré dans une absolue inconscience des contours de la chose. What to do ? To be or not to be, that is the question! Lancinant moment au coeur de ma lettre ouverte du « que faire ?».

On approche de l’instant fatidique de la tombée des masques et mon angoisse nait. Participant à l’émission de MOMENT VERITE du samedi 1er juillet 2013 de signal FM en compagnie du porte parole du premier ministre Laurent Lamothe, ce dernier, dans un moment de compréhensible énervement m’a traité d’incohérent. Ce qui m’a surtout fait rire ; mais, quand il m’a dit que je me crois infaillible, j’ai sursauté. Le mot n’était pas de lui. Il était, dans sa transe, la caisse de résonnance de ce qui se dit dans vos milieux à mon sujet. Et, j’ai peur que vous vouliez, comme tout bon haïtien inconscient poursuivre votre chemin vers l’abîme juste pour donner la preuve de ma non infaillibilité.

Le danger est pourtant bien réel. Les stratèges d’en face jouissent déjà de mon accouchement, du moment fatidique où je vais vous dire comment je conçois la sortie du labyrinthe. Vous comprendrez, monsieur le président, que le devoir me commande de m’arrêter là même en risquant l’éclampsie. L’international a, évidemment ses responsabilités, mais il ne faut pas croire qu’il soit toujours à la base de tous nos malheurs. Je vous souhaite bon discernement et bon courage, Monsieur le président.

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