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FMI et Haiti: Des politique économique et monétaires qui étouffent les plus démunis de haiti


Le Fonds monétaire international est satisfait de la performance macroéconomique d’Haïti. Cependant, cette institution de Bretton Woods tacle les autorités haïtiennes qui continuent de renflouer les caisses de l’ED’H, une institution en faillite.

Sur le plan macroéconomique Haïti est stable. L’inflation est contrôlée et la politique monétaire est bonne. Le gouverneur de la BRH, Charles Castel, débit tranquille, ne feint pas sa satisfaction face à cette performance, à la salle de conférence du Ministère de l’Economie et des Finances, au terme d’une mission du FMI en Haïti, jeudi 6 décembre 2012.

Cette stabilité ne date pas d’aujourd’hui. Haïti applique cette discipline depuis 2004, soutient Castel, sans faire l’économie de souligner que la stabilisation de la monnaie oblige la discipline fiscale. En clair, la cure qu’impose ces jours-ci la puissance publique, à coups d’ajustement et de réactivation de taxes dormantes, table sur plus de 13 % de pression fiscale.  

Le chef de la banque des banques souligne aussi que les réserves brutes de 2,2 milliards de dollars US, équivalent à six mois d’importation de biens et services, « sont un signe de bonne santé macroéconomique ». « Le système financier est viable, profitable et solvable », souligne Charles Castel. Et, pour booster la croissance, facteur indispensable pour créer des emplois, élargir l’assiette fiscale afin  que l’Etat cesse finalement de dépenser plus que ses rentrées, un fonds de garantie partielle de 35 millions de dollars US et un capital risque d’une enveloppe de 25 millions de dollars ont été créés. Le premier instrument financier est  pour relancer l’économie et, le second, « supporter la création d’entreprises », explique Charles Castel, qui se réjouit au passage de la croissance du crédit privé.

De 24 % en 2011, le crédit privé est passé à 29 % en septembre 2012, souligne le gouverneur de la Banque de la République d’Haïti. « Il y a un dialogue très fructueux pour lever tous les obstacles au développement du crédit privé », soutient le gouverneur de la BRH, pays de la Caraïbe où 77 % des banques travaillent afin de sauter les verrous pour octroyer plus de crédit aux petites et moyennes entreprises (PME).

Charles Castel, économiste, reconnaît que tout n’est pas rose avec un taux de chômage élevé et un taux de croissance en berne. En deçà de 2,5 et 3% pour l’exercice 2011-2012, déplore, dans la foulée, Boileau Loka, chef de division adjoint du département de l’hémisphère occidentale  du Fonds monétaire international. Boileau Loko n’impute pas cette faiblesse de croissance qu’aux catastrophes naturelles.

L’Etat haïtien peine à augmenter sa capacité d’absorbation à cause d’un volume plus important de projets en cours après le séisme du 12 janvier 2010 et de la faiblesse des unités techniques de certains ministères clés que le FMI s’engage, dit-il, à aider avec le soutien d’autres partenaires de la communauté internationale. Révélant qu’Haïti doit réduire sa dépendance à l’aide externe dont le flux est à la baisse compte tenu de la crise économique affectant certains pays donateurs, Boileau Loko tacle les autorités haïtiennes.

« Il n’est pas possible de continuer à donner 200 à 250 millions de dollars de subvention à l’ED’H », tance le fonctionnaire du FMI. Cette compagnie, ajoute-t-il, doit développer une stratégie pour ne plus dépendre de ces subventions qui auraient pu servir à faire d’autres investissements productifs. Il faut une rationalisation des dépenses, ajoute Boileau Loko, insistant sur « la composition et la qualité des dépenses pour favoriser la croissance».

En dépit de la position du FMI, l’Etat haïtien maintiendra le cap de la subvention à l’ED’H encore quelques années. L’ED’H dispose d’une subvention de 2,5 milliards de gourdes dans le budget 2012/2013 et de 800 millions de gourdes en provenance du Bureau de monétisation des programmes d’aide au développement, selon une source au MEF.
Le gouverneur de la BRH, Charles Castel, souligne que la faillite de l’ED’H est complexe. Elle est due à des pertes de production liées à des problèmes techniques et au vol de courant électrique.

« C’est un problème lié au désordre urbain et à l’absence de l’Etat », rétorque le gouverneur, à côté de la ministre de l’Economie et des Finances Marie Carmelle  Jean-Marie, engagée dans une opération de rationalisation des dépenses publiques en vue d’économiser au moins 30 millions de dollars pour cet exercice. Ces économies seront investies dans des projets pour réhabiliter l’environnement, explique Marie Carmelle Jean-Marie, engagée elle aussi dans les efforts pour créer des leviers financiers accessibles au secteur privé. Les 25 millions de dollars américains dégagés du budget constituent un premier pas, souligne-t-elle.

Si ces fonds sont relativement maigres, il est difficile de trouver des  PME répondant aux exigences d’avoir 500 000 dollars US de fonds propres pour avoir accès au crédit. « Le tissu industriel est presque inexistant  », constate Marie Carmelle Jean-Marie, qui croit que les efforts doivent se poursuivre afin de créer plus d’entreprises de transformation dans le secteur agricole.

La stabilité macroéconomique est un acquis depuis 2004. Mais le reste ne suit pas au rythme qu’il faut pour changer les fondements d’une économie trop extravertie en vue de forcer l’Etat à jouer son rôle de principal acteur économique avec plus d’efficacité, soutient un jeune économiste.

« Cette critique ne tient plus la route », rétorque un haut cadre du MEF en « off ».  « Quand on donne des crédits à certains entrepreneurs haïtiens, ils achètent des maisons à Miami au lieu d’investir dans des secteurs productifs. Il faut finir avec les impostures », tempête-t-il, ajoutant qu’il est important d’avoir  une véritable synergie pour développer le pays, qui vient de passer l’examen du FMI. Pas avec mention. En Haïti, on est plutôt fan de Jacques Martin de l’Ecole des fans.

Roberson Alphonse roberson_alphonse@yahoo.com

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About Hermann H Cebert (994 Articles)
I am a citizen without Borders with simple and sincere ideas. Poet and philosopher for my hours of madness. I am old several centuries and I think that by ideas and thoughts the world can improve. I wait for nothing of anybody but I continue doing any good all around me. Force is a straw which the wind of intelligence takes in its please. My only wealth it is my intelligence which is superior to the average of people. I search neither glory nor honour and I am what I follow, me. There was only the only philosopher who is meconnu by more of one: it is always you.

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