Les Classes Sociales en Haïti: Comprendre la Répartition des Richesses en Haïti


Lorsqu’on parle d’Haïti on a tendance à faire des généralisations sans jamais prendre le temps de bien expliquer les particularités de ce pays. On dit souvent que Haïti est le pays le plus pauvre des Amérique s sans pour autant donner plus de détails sur les causes profondes de cette pauvreté.

Qu’il s’agisse de sociologues, d’anthropologues, d’économistes tous font l’unanimité sur l’idée de ne pas vouloir expliciter les causes profondes de l’état de pauvreté et de mendicité de ce pays. Lorsque les intellectuels parlent de la bourgeoisie, de la classe moyenne et du gros peuple, ils ont tendance à nous laisser sur notre soif de savoir et de bien comprendre de qui sont faites ces classes sociales ou plus précisément, des catégories et des couches sociales qui forment ces dites trois classes.

Cependant si nous essayons de creuser les non dits qui couvrent et recouvrent le discours généraliste de nos pseudo penseurs on peut voir et comprendre une certaine peur de se faire traiter de noiriste, mouvement que François Duvalier s’était approprié pour asseoir son régime autoritaire, ou encore par peur de se faire étiqueté d’anti-mulâtre et d’anti-blanc. Les intellectuels préfèrent donc maintenir des discours sans fond et sans idées de ce fait, ils se tiennent à l’écart des réalités et des véritables problèmes qui structurent la souffrance et les misères du peuple haïtien.

Dans les faits, quelles sont les classes sociales en Haïti et quelles sont les catégories sociales qui forment ces classes sociales?

Pour éclaircir ces deux questions fondamentales, nous allons faire un survol ethnographique du paysage social, économique et politique de ce pays. En effet, nous savons que durant la période coloniale l’île d’hispagnola était composée de 1% de blancs qui étaient les colons dominants et leur accouplement avec quelques esclaves de l’heure ils ont donné avec les esclaves noirs naissance à des individus mulâtres , une mixture entre le blanc et le noir et enfin comme essayons de le mentionner les noirs qui eux arrivaient des différentes régions de l’Afrique.

Compte tenu des besoins de production de la société coloniale dHaïti les blancs en faisaient arriver des milliers et des milliers de noirs. De ce fait on peut comprendre que les esclaves noirs étaient devenus la plus grande majorité de la population coloniale et ainsi, cela donnait une répartition approximative de 85% de noirs, 1% de Blancs et 14% de mulâtres. On peut se souvenir que sous la commande de Jean-Jacques Dessalines, les mulâtres, qui n’arrivaient pas avoir les mêmes droits que les blancs, en la personne de Alexandre Pétion leur représentant se sont alliés à la guerre de l’indépendance. Cette alliance des mulâtres aux noirs a été une véritable convergence des forces de l’opposition et qui a donné notre Indépendance nationale.

Avec donc l’alliance des Mulâtres au Noirs, les blancs avaient été expulsés du pays et ces deux catégories sociales ont dû pacte pour gouverner le pays. Cependant très tôt les mulâtres commençaient à réclamer les biens des blancs comme étant leur héritages puisque selon eux, ils étaient également les enfants des blancs de-là à dire qu’il s’agissait pour eux des droits légitimes sans aucun respect pour l’idée ou plus encore le projet de la création d’un Nouvel État d’Haïti.

L’étroitesse d’esprit des mulâtres ruinait de facto les fondements d’un État Haïtien Libre, Égalitaire et Fraternel. Voilà en quelque sorte les origines de la division marquante entre les riches et les pauvres en Haïti. Je n’ai guère besoin de mentionner l’assassinat du père de l’Indépendance Son Excellence l’empereur Jean-Jacques Dessalines. Dans les faits, l’arrivée de Pétion Mulâtre comme successeur à Desssalines doit nous en dire long sur les véritables assassins du Premier répartiteur de richesse du pays. Je laisse aux historiens de faire la lumière sur cette question.

Alors nous pouvons comprendre et retenir que les mulâtres ont participé activement aux côtés des noirs aux différentes guerres de l’indépendance, qu’ils ont essayé dès la proclamation de lacte de l’indépendance de s,approprier de l’ensemble des richesses du pays au nom d’un certain droit légitime d’héritage colonial; qu’il y a des doutes sur les véritables assassins du père de la patrie commune et que, l,arrivée de Pétion à la tête du pays puis également de Boyer ont contribué à conserver Un nouvel État Haïtien constitué de deux classes économiques: les mulâtres qui ont conservé les richesses qu’ils avaient accumulées durant la période coloniale puis que ce sont ces mêmes mulâtres qui sont allés récupérer les anciens biens des colons blancs.

De cet état des lieux, nous pouvons tout aussi comprendre déjà qu’à sa naissance, le nouvel État indépendant d’Haïti  campait sa fondation sur une division économique et sociale qui peut nous expliquer l’origine de la répartition actuelle de la richesse en Haïti. Comme nous aimons le dire chez nous en Haïti, il n’y a jamais fumée sans feu. Le feu d’inégalité qui ronge notre société doit trouver sa source, de ce point de vue, dans l,accaparement des biens nationaux par les mulâtres qui ont participé à la guerre de l’indépendance. Malgré cet état de fait, nous ne pouvons attribuer exclusivement la responsabilité de notre état de pauvreté actuelle aux seuls mulâtres participants à l’indépendance.

Certainement, de 1804 à  nos jours, la classe économique de Haïti a été modifiée et compensée par des étrangers venus de l’Europe, du proche et du moyen Orient. Il n’y a pas de doute que la bourgeoisie mulâtre issue de l’indépendance est quasi-inexistante actuellement en Haïti car celle a d’une part été dilapidée, massacrée et exilée dans la majorité par les régimes des Duvalier, celui de Jean-Claude Duvalier et celle de François Duvalier.

De plus, tant bien que mal cette ancienne bourgeoisie nationale était beaucoup plus préoccupée par l’enrichissement du pays et d’une bien meilleure répartition des richesses dans le pays. Nous pouvons même dire que cette ancienne bourgeoisie était une bourgeoisie certes nationale mais également nationaliste dans l’ensemble et très travaillante.

Nous pouvons nous souvenir de la capacité de payer de Haïti de la dette de l’indépendance, un vole flagrant de l’État français contre le peuple haïtien, cette dite capacité était rendue possible était en grande partie supportée par les taxes prélevées sur la production de cette grande bourgeoisie nationale. Sans les investissements de cette classe laborieuse que sont les mulâtres de l’indépendance, nous n’aurions pas été capables de faire fleurir l’économie nationale à la fois pour appuyer les luttes anticolonialistes de Simon Bolivar, du paiement de l’usurpation des français.

Si nous avions parlé de l’ancienne bourgeoisie cela signifie que l’actuelle bourgeoisie en Haïti est différente de cette ancienne et que celle-ci est différente idéologiquement par sa façon de faire les affaires dans le pays ou encore par sa façon de procéder èa la répartition de la richesse dans le pays. de façon évidente cette bourgeoisie ne semble pas suivre les mêmes parcours que la traditionnelle car cette nouvelle bourgeoisie locale d’Haïti elle, est issue de deux situations politiques: le débarquement des Yankees en 1915 et les exodes de l’Europe durant la deuxième guerre mondiale.

En effet, c’est à partir de 1915 que les premiers hommes d’affaires juifs et arabes sont arrivés en Haïti. Ces groupes commerçants d’origine juive, et arabe sont arrivés comme nous le disons avec l’occupation du pays par les américains. La deuxième vague est arrivée après 1945 compte tenu de la persécution de l’Allemagne nazi.

De ce rappel historique, nous devons retenir que l’ancienne bourgeoisie traditionnelle de Haïti a été renforcée par des commerçants et hommes et ces  femmes juives venues des États-Unis et de l’Europe plus particulièrement de l’Allemagne, de la France, de l’Italie.

De même il y a également des Hommes et des femmes d’affaires arabes venus plus particulièrement de la Palestine, de la Syrie et du Liban. D’entrée de jeu, il faut mentionner qu’un grand nombre de ces arrivants sur le sol d’Haïti n’avaient pas un seul sou lorsqu’ils ont débarqué dans le pays et ce fut grâce à des programmes d’investissement qu’ils ont pu acquérir asses d,argent pour pouvoir partir leurs commerces compte tenu de la qualité de gestion de ces derniers, très vite les juifs, les palestiniens, les syriens et les libanais n’ont pas pris beaucoup de temps pour s’enrichir et pour devenir extrêmement riches.

Or c’est la que le bas blaisse. Jusqu’à aujourd’hui je ne connais aucune étude ou rapport rédigé et publié sur la façon que ces étrangers devenus entre parenthèse aussi riches dans le pays. Je laisse le soin aux économistes, aux juristes et aux sociologues de résoudre cette question latente et urgente.

Comme nous pouvons le constater avec l’occupation américaine de 1915 et les exodes de la deuxième guerre mondiale, Haïti a connu l’arrivée massive d’une nouvelle classe d’affaire qui, avec la complicité des américains et de certains gouvernements haïtiens pour supplanter la classe d’affaire traditionnelle du pays.

Le système colonial imposé par les américains en collaboration avec les gouvernements mulâtres de cette occupation ont mis en place tout une stratégie de dilapidation et d’exécution de la bourgeoisie traditionnelle du pays, celle qui était travaillante et productive.

Peu à peu, avec des stratégies de destruction totale, la nouvelle classe d’affaire issue de l’occupation américaine de 1915 et plus tard de la deuxième guerre mondiale se sont mis à renverser la bourgeoisie traditionnelle en achetant les entreprises que celle-ci possédait pour enfin les démanteler et d’aller acheter à l’étranger les mêmes biens qui étaient produits localement. La grande majorité des entreprises nationales et stratégiques pour l’État haïtien sont donc vendues ou du moins forcées d’être vendues à la nouvelle classe d’affaire que forment les juifs, les palestiniens, les syriens et les libanais.

Alors compte tenu de ce renversement de l’ancienne bourgeoisie traditionnelle par une nouvelle bourgeoisie aux origines étrangères, nous pouvons aisément comprendre et accepter que la bourgeoisie actuelle est une bourgeoisie exotique et étrangère d’une part aux besoins légitimes de développement et de production nationale et d’autre part, de part les circonstances entourant de sa venue dans le pays et du fait même du mystère qui entoure les manières d’enrichissement de cette nouvelle bourgeoisie qui vit en Haïti mais qui demeure attachée aux intérêts étrangers, cette bourgeoisie ne s’accorde nullement avec les besoins réels du pays.

De même cette nouvelle bourgeoisie n’a jamais éprouvé aucun désir véritable de participer au développement du pays voire à son aucun gouvernement depuis Dumarsais Estimé n’a pensé à inciter cette bourgeoisie en Haillon comme pour répéter le Docteur Rony Durand dans penser le développement, son livre. Les juifs, les libanais, les syriens et les palestiniens qui forment l’actuelle bourgeoisie d’Haïti n’ont jamais manifesté un intérêt réel pour redonner au Pays sa splendeur d’après l’indépendance. Cette bourgeoisie est en rupture parfaite avec la vielle bourgeoisie nationale et locale d’Haïti.

Il faut noter qu’il existe encore quelques familles issues de la vielle bourgeoisie nationale cependant, cette catégorie sociale s’est beaucoup appauvris et ne constituent plus une véritable force économique capable de remettre le pays sur ses rails. Il nous faut un cri ou un renversement de conception pour forcer à cette actuelle bourgeoisie de s’impliquer activement dans un processus de développement et d’enrichissement national.

Nous espérons que l’arrivée de Michel Martelly correspond à une prise de conscience de la bourgeoisie actuelle du pays. Toutefois nous doutons fort que celle-ci soit consciente jusqu’à se sentir responsable de la reprise et du déblocage du pays.

Estimée à 5% les mulâtres et les blancs qui forment la bourgeoisie nationale, nationale en terme sur le territoire national, possède plus de 97% des richesses du pays doivent se rendre compte que le pays ne peu plus être géré et gouverné selon les échéanciers de leur minorité.

Ils ont l’occasion de s’impliquer maintenant dans la construction du pays et ils doivent enfin se rendre compte qu’ils possèdent toutes les banques privées du pays, qu’ils possèdent toutes les entreprises industrielles du pays, qu’ils possèdent la quasi totalité des entreprises de services dans le pays, qu’ils ont mains mises sur les importations des biens de consommation du pays par conséquent, ils doivent changer leurs façons de faire les affaires dans le pays. C’est également leur responsabilité de se sentir haïtiens et de participer au développement et  une meilleure répartition de richesse dans le pays. Ils ne peuvent plus continuer de se comporter en étrangers

Hermann Cebert

Le philosophe éveillé

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